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L’écrivaine et psychanalyste Sarah Chiche, en 2018.

Livre : Sarah Chiche / Les cahiers de doléances / Russie - Japon : l'autre bataille du Pacifique / Dur dur d'être journaliste

59 min
À retrouver dans l'émission

Sarah Chiche vous parle de son livre "Les enténébrés", et Franck Michelin des îles Kouriles disputées par la Russie et le Japon. Les chroniques s'intéressent aux des « cahiers de doléances » mis à disposition par les mairies et aux journalistes.

L’écrivaine et psychanalyste Sarah Chiche, en 2018.
L’écrivaine et psychanalyste Sarah Chiche, en 2018. Crédits : ©Hermance Triay @Editions du Seuil

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'écrivaine, psychanalyste, psychologue clinicienne, Sarah Chiche, auteure d’une Histoire érotique de la psychanalyse : de la nourrice de Freud aux amants d’aujourd’hui (éd. Payot, 2018), qui publie aujourd'hui son troisième roman : Les enténébrés, aux éditions du Seuil. 

Une femme se rend en Autriche, pour écrire un article sur les conditions d’accueil des réfugiés. On est en 2015. Sarah, psychologue, vit à Paris avec Paul, un intellectuel connu ; à Vienne, elle rencontre Richard, un musicien célèbre, c'est l'amour fou. Qui fait surgir le secret, voit resurgir les fantômes - les siens, ceux de l'Histoire.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

À la veille du « grand débat national », on en sait un peu plus sur le contenu des « cahiers de doléances » mis à disposition par les mairies.

Anne Michel dans le Finisterre et Patrick Roger dans les Yvelines en ont épluché un grand nombre pour Le Monde. Avec un succès « variable » et une surreprésentation des retraités, ces registres expriment « la colère, le sentiment d’injustice » et formulent « de nombreuses suggestions ». Dominent, sans surprise, les doléances sur le pouvoir d’achat et l’injustice fiscale, le rétablissement de l’ISF… Nombreux sont ceux qui suggèrent de lutter contre les paradis fiscaux européens, d’imposer les GAFA. Un habitant de Plouguerneau réclame une meilleure redistribution des richesses et l’évaluation chiffrée des « cadeaux fiscaux » aux entreprises : « Y a-t-il eu des retombées en matière d’emplois, ou ces sommes sont-elles allées grossir les dividendes des actionnaires ? » Certains évoquent la taxation des transactions financières ou la réévaluation des taux de TVA, notamment sur les produits de première nécessité, comme cet habitant des Yvelines, Michel Guy, qui observe que certains produits sont « taxés comme des produits de luxe alors qu’ils sont de consommation courante (bonbons, chocolats, couches pour bébé) ». Le train de vie des élus et ministres est également une critique récurrente, tout comme l’exigence du maintien des services publics : « Nous payons de plus en plus d’impôts et taxes mais nous avons de moins en moins de services publics. Où va l’argent ? » demande un autre Yvelinois.

Dans Les Echos, l’économiste Christian Saint-Etienne estime qu’une vraie réforme fiscale est possible. Il fait d’abord le constat que « la France détient le triste record de la dépense publique la plus lourde et la moins efficace de l’Union européenne ». Selon lui, « le poids de la protection sociale casse les mécanismes de la prospérité, car on finance massivement le non-travail », retraites et chômage. Sur un ton volontiers sarcastique, le professeur titulaire de la chaire d’économie au CNAM suggère quelques solutions chiffrées, et pour répondre à la demande générale de « taxer les plus riches », il propose une innovation en matière fiscale : un « impôt Gini » sur les très hauts revenus visant à réduire les inégalités sociales après redistribution. Le coefficient de Gini sert à mesurer la distribution des richesses dans une population donnée, c’est un indice courant de l’inégalité des revenus. Détail de « l’impôt Gini » : 1 % sur le revenu fiscal de référence au dessus de 100.000 euros, 2 % au-dessus de 200.000 euros et 3 % au-dessus de 300.000 euros. L’idée serait d’en affecter les recettes « au financement de la prime d’activité afin de créer un lien direct entre fiscalité sur les très riches et incitation à travailler pour les revenus modestes ».

Dans les pages idées de Libération, Simon Blin et Sonya Faure évoquent le Manifeste pour le progrès social (La Découverte) d’un groupe de 300 experts internationaux, économistes, sociologues, juristes… parrainés par le Prix Nobel Amartya Sen. Sur le modèle du GIEC pour le climat, ce Panel international sur le progrès social pour le XXIe siècle – le Pips – estime que si l’« on ne peut se passer du marché, on peut aller au delà du capitalisme ». En s’appuyant sur l’entreprise privée, sur un « Etat émancipateur » plutôt que sur un Etat-providence « et sur l’individu, qu’il soit citoyen-militant ou entrepreneur éclairé ». Pour Marc Fleurbaey, professeur d’économie à l’université de Princeton, « nous ne vivons plus dans des oppositions de classe, mais dans des coalitions variées, difficilement lisibles, comme le montrent les gilets jaunes ». D’où la proposition de réformer la finalité comme la gouvernance de l’entreprise. « Le principe de "responsabilité limitée", grâce auquel les actionnaires ne peuvent être tenus pour responsables des dettes d’une société, doit être abrogé ou réformé. » Il faut également « briser le mythe selon lequel les entreprises appartiennent aux actionnaires ». Leur gouvernance doit s’ouvrir aux salariés, clients, fournisseurs, communauté locale. Le rapport insiste sur la piste américaine des benefit corporations (B-Corp), qui adossent leur valeur, non pas seulement à celle de leur action, mais aussi à leur impact environnemental ou aux collectivités qui les entourent. Des idées bienvenues dont il n’est pas dit qu’elles suffisent à résorber la colère.

Philosophie magazine consacre un dossier à cette question, avec notamment l’interview de Pankaj Mishra, qui a publié L’âge de la colère, une histoire du présent, à paraître dans notre langue en avril chez Zulma. Pour lui, cette colère est l’expression du ressentiment contre les promesses non tenues de la modernité, dont il nous faut reformuler le projet d’émancipation. Il souligne notamment le sentiment d’impuissance et l’isolement de ceux dont on attend « qu’ils soient des entrepreneurs individuels compétitifs sur le marché ». Et d’ajouter : « Nous sommes face à un étrange désordre psychique qui a été très tôt diagnostiqué par Rousseau lorsqu’il craignait l’avènement d’une société régie par l’intérêt individuel et gangrenée par l’envie, l’insatisfaction et la vanité. Ce sont ces pathologies qui se combinent pour former une guerre civile de basse intensité. »

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Après son Ministre des affaires étrangères aujourd'hui, Shinzo Abe sera dans une semaine à Moscou. Depuis quelques mois il est question d'un accord de paix pour régler la souveraineté sur les îles Kouriles. Plus de 70 ans après la guerre, le Japon peut-il espérer récupérer ses "Territoires du Nord" ?

Xavier Martinet s'entretient avec Franck Michelin, professeur à la Teikyo University (Faculty of Economics), Tokyo, et membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Cela valait le coup d’être Charlie…

Oui, cela valait le coup de commémorer la liberté d’informer pour que la même semaine où l’on commémore l’attentat contre Charlie, des journalistes se fassent agresser alors qu’ils tentaient de faire leur travail — équipes de télévision ou journalistes de presse écrite. A quelque chose malheur est bon, cela permet de rappeler qu’en France, des journalistes doivent travailler sous protection, qu’il s’agisse des journalistes de Charlie Hebdo ou bien de ceux qui suivent les manifestations des « gilets jaunes ».

J’avoue avoir du mal à partage la démarche qui consiste à critiquer une profession, en l’occurrence les journalistes. De la même façon qu’il serait mensonger d’assimiler tous les « gilets jaunes » à des casseurs fascistoides, pourquoi laisser assimiler tous les journalistes à des laquais du pouvoir ? Tout se passe comme si le discours critique qui touche les journalistes généralisait à l’ensemble de la profession les turpitudes de quelques-uns, un peu comme si l’on construisait une critique générale des historiens à partir de l’œuvre de Laurent Deutsch. 

C’est d’autant plus absurde que les journalistes sont soumis aujourd’hui à cette paupérisation et à cette précarité que dénoncent les « gilets jaunes » : très peu de CDI, des piges à 50 euros. Mais tout cela n’a pas d’importance, c’est si facile de décréter que les journalistes sont des chiens de garde du pouvoir, et ce alors même que la macronie s’est montrée brutale vis-à-vis des journalistes. 

Heureusement qu’il ne viendrait à l’esprit d’aucun intellectuel de qualifier les journalistes de chiens de garde, puisque cette expression utilisée par Nizan dans les années 1930, désignait la poignée de penseurs perdus dans l’abstraction, perdus au point d’oublier que le chômage, la misère et la violence affectaient les peuples. Peut-on sérieusement accuser aujourd’hui les journalistes d’oublier que la misère existe ? 

La vérité, c’est que les jeunes journalistes sont souvent des intellectuels prolétaroïdes, les vieux journalistes fréquemment des dinosaures surnuméraires, un peu des chiens de garde, puisqu’on les traite déjà comme des chiens. 

@PetitsMatinsFC

France Culture ouvre le débat. Journée spéciale à la veille du lancement du Grand débat national

A la veille de l’ouverture du Grand débat national, France Culture propose une journée spéciale, le lundi 14 janvier 2019. A l’antenne, experts, philosophes, écrivains, économistes, politiques exploreront les 4 volets des enjeux de cette consultation inédite : transition écologique, fiscalité et dépenses publiques, démocratie et citoyenneté, organisation de l’Etat et service public, et éclaireront la notion même de débat public, ses vertus, ses modalités et ses éventuelles dérives…

Un dossier spécial à suivre sur le site de France Culture franceculture.fr

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JOURNAL DE 6H30 du lundi 14 janvier 2019
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Les Enjeux internationaux

Russie - Japon : l'autre bataille du Pacifique
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1 min

L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Dur dur d'être journaliste
Intervenants
  • écrivaine, psychanalyste, psychologue clinicienne.
  • Professeur à la Teikyo University (Faculty of Economics), Tokyo, et membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer
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