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Exposition "Futuropolis 1972-1994, un éditeur aux avant-gardes de la BD"

Exposition ; Futuropolis 1972-1994 / Le traité d’Aix-la-Chapelle / Brexit : l'iceberg irlandais encore évitable ? / Brexit : l'iceberg irlandais encore évitable ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Étienne Robial et Florence Cestac vous parlent de l'exposition "Futuropolis 1972-1994", et Agnès Maillot de l'Irlande sous pression avec le Brexit. Les chroniques s'intéressent au traité de coopération franco-allemande et au journalisme "gilet jaune".

Exposition "Futuropolis 1972-1994, un éditeur aux avant-gardes de la BD"
Exposition "Futuropolis 1972-1994, un éditeur aux avant-gardes de la BD" Crédits : © Musée de la Bande dessinée d'Angoulême

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec les créateurs de la maison d'édition Futuropolis, Étienne Robial et Florence Cestac, dans le cadre de l'exposition Futuropolis 1972-1994, un éditeur aux avant-gardes de la BD, au Musée de la Bande dessinée d'Angoulême, du 23 janvier au 19 mai 2019. Avec la participation de Jean-Pierre Mercier, conseiller scientifique au Musée.

Tout commence en 1972, avec la découverte d'une librairie de bande-dessinée dans le 15e  arrondissement de Paris. Nous l'avons reprise - à trois, au départ - sans même être spécialistes de BD.    Florence Cestac

"La véritable histoire de Futuropolis, 1972-1994" de Florence Cestac
"La véritable histoire de Futuropolis, 1972-1994" de Florence Cestac Crédits : © Dargaud

Dans cette librairie très orientée, l'idée était de présenter des auteurs - Fred, Gottlieb... - créer ce lieu de rencontres où se côtoyaient aussi bien les comics de la côté Ouest que ceux de la côte Est, où les jeunes Tardi imberbes venaient traîner les basques...    Etienne Robial

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

C’est aujourd’hui que doit être signé par Emmanuel Macron et Angela Merkel le traité franco-allemand destiné à renforcer la coopération entre nos deux pays.

Comme il arrive souvent dans l’histoire des idées, on peut féliciter les détracteurs d’un texte ou d’une pensée pour l’avoir transmis à la postérité, ne serait-ce que sous la forme de citations, même tronquées. En l’occurrence c’est la bordée d’inexactitudes et d’interprétations fallacieuses, voire saugrenues, qui a introduit dans le débat public les principales dispositions du traité de coopération franco-allemande. Car on ne peut pas dire que la publicité lui soit venue des canaux officiels, et encore moins des médias, qui ne s’intéressent en général à la construction européenne que sous l’angle de ses failles ou de ses impasses. Si l’on veut avoir quelques détails sur ce texte censé réactiver l’historique traité de l’Élysée, signé par de Gaulle et Adenauer le 22 janvier 1963, il faut se reporter aux rubriques de vérification des quotidiens Le Monde (Les décodeurs) ou Libération (CheckNews). 

Et non, « Le traité ne prévoit ni de céder le siège de la France au conseil de sécurité des Nations Unies ni l'Alsace et la Lorraine à l'Allemagne », comme a fait mine de s’en émouvoir Marine Le Pen, toujours à l’affût d’une discorde avantageuse concernant l’Europe. Pour résumer l’esprit du nouveau traité, on peut citer la résolution adoptée conjointement par l’Assemblée nationale et le Bundestag, qui lui assigne de développer les convergences dans des domaines comme l’« approfondissement de la coopération transfrontalière », « l’espace économique franco-allemand et le marché intérieur européen », « les droits sociaux en France et en Allemagne »… Concernant le siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l’ONU, le traité prévoit d’étendre la coopération avec la diplomatie allemande, dans le cadre d’une politique étrangère commune « afin de promouvoir aux Nations Unies les positions et les engagements de l’Union européenne face aux défis et menaces de portée mondiale ». Et dans la perspective d’une réforme du Conseil de sécurité, il affirme comme une « priorité de la diplomatie franco-allemande » l’admission de la République fédérale au titre de membre permanent, l’objectif étant de représenter les positions et les intérêts de l’Union européenne. Donc d’accroitre à la fois sa surface internationale et son intégration politique. 

Dans un contexte difficile pour le projet européen, c’est ce que soulignent Jean-Dominique Giuliani et Frank Baasner dans Le Figaro, dont les pages Champs libres s’ouvrent au débat. Le président de la Fondation Robert-Schuman et le directeur de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg se félicitent du message ainsi adressé à l’Europe, notamment en matière de défense. « La France et l’Allemagne s’assurent d’un soutien total, y compris par tous moyens militaires, en cas d’agression par des forces étrangères. » La coopération accrue, non seulement pour les équipements et matériels mais sur les opérations extérieures « est, pour l’Europe, une garantie de sécurité et d’autonomie ». Sur le plan économique, le nouveau traité « évoque une convergence en matière de fiscalité et de transposition concertée des directives européennes en droit national ». Et surtout, « Toutes les possibilités offertes par ce traité sont ouvertes à d’autres partenaires européens. » Mais le juriste Olivier Gohin estime que plusieurs clauses du traité ne sont pas conformes à notre Constitution, notamment en matière de défense, où la stratégie de dissuasion nucléaire « ne peut être que nationale ». Passons sur la coopération transfrontalière avec l’Alsace et la Lorraine, objet de l’agitation lepéniste des vieux symboles, mais qui a le mérite de laisser entrevoir une Europe des régions, alternative au repli nationaliste. Le constitutionnaliste dénonce le préambule du traité, qui affirme « la volonté d’une Union européenne « souveraine », alors que cette organisation internationale n’est pas un État ». 

Or, c’est précisément l’objet du plaidoyer de Jean-François Billeter, publié chez Allia sous le titre Demain l’Europe. Le brillant sinologue estime en citoyen européen que nous devons repenser cette notion de souveraineté qui nous vient de l’âge des nationalismes, où « la souveraineté de la nation a été placée au-dessus de celle du citoyen », alors qu’il nous faut « placer la souveraineté du citoyen au-dessus de celle de la nation. L’Europe est en crise parce que les Européens ont besoin d’un Etat européen fort et démocratique, mais tiennent à leurs états nationaux parce que l’Union européenne n’est ni forte, ni démocratique. » Si nous ne parvenons pas à trancher cette question de la souveraineté, nous n’aurons ni l’un ni l’autre, ni état fort, ni Europe puissante et démocratique car dans la logique actuelle de concurrence entre les nations européennes, c’est le moins-disant fiscal et social qui s’impose avec les lois du marché. Les démagogues qui manipulent l’opinion à des fins électorales font le jeu des grandes puissances qui veulent affaiblir l’Europe, pour des raisons économiques – comme les Etats-Unis aujourd’hui – ou politiques, comme la Chine ou la Russie opposées au modèle démocratique des libertés publiques.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

L'Irlande est sous pression alors que Theresa May n’a pas proposé de plan B à l’accord sur le Brexit. Le risque d’un "no-deal" s'accroît : avec lui, celui du rétablissement de la frontière entre Belfast et Dublin et un risque de tensions communautaires.

Xavier Martinet s'entretient avec Agnès Maillot, professeure à l’Université de Dublin (Dublin City University).

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il parait qu’il y a un journaliste gilet jaune...

Un journaliste gilet jaune, l’idée étant je présume d’en finir avec l’entre soi des journalistes, lesquels penseraient tous la même chose, et viendraient tous des mêmes couches de la société. 

Et cependant il y a une règle essentielle en sciences humaines, et le journalisme se situe à la lisière des sciences humaines, c’est la maxime du sociologue Max Weber, il n’est « pas utile d’être Jules César pour comprendre Jules César ». Cette maxime est à la fois un choix méthodologique et un choix éthique. Choix éthique parce qu’il faut refuser une humanité éclatée façon puzzle, il faudrait être gilet jaune pour parler aux gilets jaunes, sous-entendu chaque communauté parlerait à sa communauté, parce qu’alors ce serait la fin de l’universel. Choix méthodologique parce que précisément il n’y a pas d’essence sociale, les êtres humains ne sont pas servilement soumis à leur classe, à leur profession, ou à leur milieu. 

L’idée selon laquelle nous serions réductibles à notre place dans la société est une erreur répertoriée, elle a pour nom le sociologisme, si le sociologisme disait vrai, alors les êtres humains seraient de purs automates sociaux, il n’auraient ni libre-arbitre, ni émotions, ni subjectivité. 

Si l’on peut faire de la sociologie, écrire des romans, mais aussi parler à un inconnu dans un train, c’est parce que les êtres humains se comprennent, peuvent être en désaccord, bien sûr, mais peuvent toujours échanger. A l’évidence, chaque milieu social peut avoir une certaine propension à héberger certaines valeurs, à défendre certaines idéologies, mais cette propension ne rend pas pour autant les hommes uniformes. Chez les êtres humains, les convictions ne sont jamais réductibles aux intérêts, on peut vouloir penser contre soi-même, aimer penser contre soi-même. Il n’est pas utile d’être ouvrier comme Proudhon pour défendre les ouvriers, la plupart de ceux qui ont pensé contre la bourgeoisie étaient des bourgeois, de Marx à Emmanuel Berl nombre d’entre eux ont milité en faveur de la mort de la pensée bourgeoise, pour reprendre le titre de l’un des ouvrages d’Emmanuel Berl. 

Ce que nous enseignent les sciences humaines, c’est que les personnes ne sont pas des pierres. Les pierres sont soumises à la gravité, elles n’ont pas le choix. En ce qui concerne les personnes, les choses sont un peu différentes, les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets, et c’est pour cela qu’un gaulois réfractaire ou pas, peut tenter de comprendre ce qui a conduit Jules César à penser comme Jules César. 

@PetitsMatinsFC

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