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"Le Château de Cagliostro" d'Hayao Miyazaki (1979)

Cinéma : Miyazaki / Journalistes : l’autocritique / Inde : les femmes au temple / Un défilé Chanel sans Karl Lagerfeld

59 min
À retrouver dans l'émission

Sébastien Bénédict vous parle du film d'animation de Hayao Miyazaki, "Le Château de Cagliostro", et Virginie Dutoya de l'enjeu politique de l'accession au temple pour les femmes. Les chroniques s'intéressent aux journalistes et au défilé Chanel.

"Le Château de Cagliostro" d'Hayao Miyazaki (1979)
"Le Château de Cagliostro" d'Hayao Miyazaki (1979) Crédits : © Hayao Miyazaki

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Sébastien Bénédict, critique de cinéma et auteur d'un ouvrage sur Miyazaki ; Hayao Miyazaki, au gré du vent, paru aux éditions Rouge profond. Il est l'invité du Réveil Culturel à l'occasion de la sortie du tout premier film d'animation de Miyazaki, Le Château de Cagliostro, précédée d'une autre sortie en salles (2 janvier 2019) d'un documentaire sur le maître du film d'animation japonais : _Never Ending-Man : Hayao Miyazaki_, de Kaku Arakawa. Un film France-Culture.

Comme beaucoup de gens de ma génération, j'ai découvert Miyazaki sans le savoir, enfant, avec des séries comme "Gentleman cambrioleur", "Sherlock Holmes", "Conan le fils du futur"... Tous ses films sont sortis en France bien après ; "Princesse Mononoke", "Le voyage de Shihiro" ont été une consécration. 

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Les médias n’ont pas la cote chez les « gilets jaunes », c’est peu de le dire. Si les violences à l’égard des journalistes sont inacceptables, rien n’empêche un examen de conscience.

C’est paradoxal, compte tenu de l’intérêt suscité dès le début par le mouvement, la couverture intégrale des chaînes d’info en continu, la parole généreusement accordée, les nombreux reportages et même les pages idées quotidiennement ouvertes aux analyses et aux débats. Mais comme le constate Jérôme Lefilliâtre dans une enquête au long cours sur le site de Libération, « Le mouvement des gilets jaunes rappelle très durement aux médias la défiance dont ils font l’objet auprès d’une grande partie du public. » Parmi les causes, une sorte d’endogamie géographique et sociale. « En 2018, 20 000 des 35 000 cartes de presse en circulation étaient détenues par des habitants de la région parisienne. Rien d’étonnant : tous les médias nationaux, à l’exception notable des réseaux publics France 3 et France Bleu, sont installés à Paris. » Avec leurs difficultés économiques, la concentration capitaliste dans le secteur, un lectorat de plus en plus élitaire, les reportages hors les murs se raréfient, même dans la presse régionale, dont les bureaux ferment comme les maternités ou les services publics. Résultat : de plus en plus éloignés du réel, « Les journalistes écrivent librement ce qu’ils sont socialement programmés à écrire », résume Sylvain Morvan, cofondateur de Médiacités, un site qui publie justement des enquêtes menées partout en France. Une étude récente du CSA sur la diversité sociale à la télévision révèle « que les catégories socioprofessionnelles supérieures y représentaient 88 % des personnes présentées dans les programmes d’information en 2018. Autrement dit, les classes populaires et moyennes n’apparaissent presque pas à la télévision ». D’où la question posée par Jérôme Lefilliâtre : « Et si les médias avaient majoritairement renoncé à être un contre-pouvoir, critique de tous les ordres établis ? »

Cible favorite des « gilets jaunes », les chaînes d’information en continu et notamment BFM TV. Eric Fottorino, directeur de l’hebdomadaire Le 1 se démarque : « On ne fait pas le même métier. Elles organisent le spectacle autant qu’elles le captent. » Pas de distance nécessaire à la compréhension de l’événement, ni de mise en contexte par l’addition des points de vue : à la place, des « éditorialistes et chroniqueurs qui passent des heures en plateau à commenter l’actualité » et à « pérorer sur tout et rien, y compris sur les sujets dont ils ne sont pas de grands spécialistes ». Les journalistes s’insurgent aujourd’hui contre la propension de la chaîne à feuilletonner le même événement à l’infini, comme le montre l’enquête de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts pour le site d’information Les Jours. En première ligne du mouvement des gilets jaunes, les violences exercées contre eux les contraignent à se camoufler, ils ne sont plus filmés sur le terrain de peur d’être repérés par les manifestants. Ils ne savent pas s’ils vont passer à l’antenne ni quand : « On n’a plus un angle, plus une consigne, on est devenu une espèce de tuyau » témoigne l’un d’entre eux en marge de l’AG du 8 janvier, la première depuis la création de la chaîne il y a treize ans. L’occasion de déballer les questions de fond : management agressif, choix éditoriaux uniquement dictés par la concurrence et la courbe d’audience, bavardage ininterrompu des « toutologues » en guise d’analyse et pour y remédier la restauration du dialogue. « Les conférences de rédaction, où se prépare toutes les trois heures le menu de chaque tranche, sont ouvertes à tous mais seuls y participent les journalistes directement concernés : il n’y a pas d’espace critique au sein de BFMTV pour revenir sur le boulot accompli. »

La dernière livraison de la revue Savoir/agir (Éditions du Croquant) publie un dossier sur la critique sociologique du journalisme. Jean-Baptiste Comby et Benjamin Ferron font le constat « d’une double recomposition de ce champ depuis une dizaine d’années : d’un côté, la poursuite et l’intensification de l’emprise du pôle commercial sur les pôles culturels et politiques, ces derniers voyant leur pouvoir de structuration s’affaiblir ; d’un autre, une verticalisation de la distribution des positions journalistiques avec une accentuation des écarts entre dominants et dominés ». 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

La Cour Suprême vient de reporter son jugement définitif sur l’accès aux femmes dans les lieux sacrés. Depuis quatre mois, le Temple d’Ayappa dans le Kerala est l’objet d’une âpre dispute judiciaire et de violentes manifestations. C'est aussi un enjeu politique à l'approche des élections générales.

Xavier Martinet s'entretient avec Virginie Dutoya, chercheuse au CNRS, Centre d'Etudes de l'Inde et de l'Asie du Sud.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Karl Lagerfeld n’est pas venu saluer hier à la fin du défilé Chanel… On dit le créateur de 85 ans fatigué, et pourtant il assiste à l’une de ses victoires, puisqu’on l’avait vu poser en gilet jaune, expliquant que c’était moche, n’allait avec rien mais que cela pouvait vous sauver la vie. 

Lagerfeld est probablement la silhouette la plus célèbre du monde depuis la disparition d’Albert Einstein et de Michael Jackson. Sa silhouette est plus célèbre que ses silhouette car finalement l’homme au catogan n’est pas rattaché à un style ou à un vêtement, il n’a pas créé le smoking pour femme, c’est Saint-Laurent, ni travaillé les rayures comme Rykiel. Il a travaillé son génie publicitaire, il a surexploité les deux piliers de la mode, du grec et de l’hébreu, de l’hubris et de la chutzpah. Hubris autrement dit la démesure en grec, Lagerfeld a créé pour plus de maisons de couture qu’aucun autre créateur dans la galaxie, et la chutzpah autrement dit le culot en hébreu, il en faut dans la mode et ailleurs. Lagerfeld a toujours fait preuve d’une chutzpah folle, osant beaucoup de choses, exhibant ce qui se devinait généralement, je veux parler de la marque bien sur, plus précisément du logo. Le logos ou la logorrhée du maître étant mise au service du logo, Chanel pour les intimes. Mais pas seulement, puisqu’il réalisa la même opération avec Chloé ou pour Fendi. Inscrire un logo sur un vêtement, vendre du logo, c’est la plus belle idée commerciale du XX e siècle, la concrétisation de ce que Freud appelait le narcissisme des petites différences. Quelle est la différence entre un tee shirt comme disait l’autre, il y a des tee shirts à 5 euros et d’autres à 500. Sur les tee shirts à 5 euros, il est marqué Bricorama, sur les tee shirts à 500, il est peut être inscrit Chanel. Pourquoi y a-t-il des gens qui se damnerait pour porter un tee shirt orné du logo Chanel et se battraient jusqu’au bout pour refuser de porter un tee shirt décoré du mot Bricorama – c’est cela le secret de la mode. C’est cela aussi le secret de la marque, puisque la marque c’est bien connu, c’est la marge. Lagerfeld a construit son empire sur le snobisme des autres et lui n’a jamais été snob, la preuve, il n’a pas hésité à poser en gilets jaunes.

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Un défilé Chanel sans Karl Lagerfeld
Intervenants
  • enseignant en littérature et critique de cinéma à Chronic’Art et pour la revue Carbone
  • chercheuse au CNRS, Centre d'Etudes de l'Inde et de l'Asie du Sud
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