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Foujita, Autoportrait, 1929, The National Museum of Modern Art, Tokyo.

Exposition : Foujita / Profils sociologiques des émigrés / Etats-Unis / Strasbourg, la ville de Marc Bloch

59 min
À retrouver dans l'émission

Sophie Krebs vous parle de l'exposition Foujita, et Marie-Cécile Naves se demande quel obstacle est pire pour Trump : le mur ou le Congrès ? Les chroniques s'intéressent aux émigrés et à l'historien Marc Bloch.

Foujita, Autoportrait, 1929, The National Museum of Modern Art, Tokyo.
Foujita, Autoportrait, 1929, The National Museum of Modern Art, Tokyo. Crédits : © FONDATION FOUJITA / ADAGP, PARIS, 2018

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Sophie Krebs, commissaire de l'exposition Foujita, Œuvres d'une vie, 1886-1968, à la Maison de la Culture du Japon qui retrace l'ensemble de la carrière du peintre, de son arrivée à Paris en 1913 jusqu'à sa mort en 1968, et réunit ainsi, trente-six peintures significatives de son évolution - dont ses tableaux de guerre - sélectionnées parmi les collections de musées japonais et français, et montrées pour la première fois, en France. Exposition à voir jusqu'au 16 mars 2019.

Il y a beaucoup de tableaux de Foujita qui ne sont jamais passés par la France, notamment ses fameuses œuvres de la guerre  confisquées par le gouvernement américain à la fin de la guerre comme œuvres de propagande, et qui sont toujours propriété de Washington, et qui ont voyagé pour la première fois hors du Japon. On sait que le Japon n'a pas eu le procès de Nuremberg, est resté un pays avec une certaine fierté, qui n'a pas tellement reconnu, de par le monde, toutes ses exactions commises pendant la guerre. 

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Les conditions de vie ou de survie des migrants se sont considérablement aggravées dans le monde. Et ceux qui leur portent secours risquent désormais des poursuites pénales.

Un éditorial du Washington Post, publié par Courrier international, s’indigne du sort de quatre bénévoles de l’aide humanitaire qui risquent la prison pour avoir laissé des vivres dans le désert d’Arizona, où l’on dénombre des centaines de morts, alors que les procureurs fédéraux ont renoncé à poursuivre un agent de la police des frontières qui a tiré seize coups de feu en direction du Mexique et tué un adolescent. « On a là un aperçu de la justice tordue qui règne à la frontière à l’ère Trump. Sauvez la vie d’un migrant et vous risquez de devenir un prisonnier politique ; tuez un adolescent mexicain et vous sortez libre du tribunal. » 

La dernière livraison des Actes de la recherche en sciences sociales a choisi de changer de focale pour aborder la question. S’il est vrai que l’urgence humanitaire de la crise des réfugiés et les faits de traitements dégradants, voire d’esclavage, dans certains pays de transit ont « durablement installé une image misérabiliste de la migration internationale dans l’opinion publique », la revue s’intéresse aux ressources des candidats au départ en termes de capital social. Bourdieu l’avait défini comme « l’ensemble des ressources actuelles ou potentielles qui sont liées à la possession d’un "réseau durable de relations" plus ou moins institutionnalisées d’interconnaissance et d’inter-reconnaissance ; ou en d’autres termes à "l’appartenance à un groupe" ». On le sait, ce sont souvent les plus dotés qui tentent l’aventure, ne serait-ce que parce qu’il y faut des moyens auxquels pourvoient les membres de la famille élargie. Et parce que le projet migratoire est le plus souvent une manière d’améliorer son statut social et celui de sa famille restée au pays. C’est pourquoi « la moindre reconnaissance symbolique dans le pays d’accueil peut coexister avec une forte reconnaissance au sein du groupe familial et vicinal d’origine, ce qui renforcera d’autant plus l’ancrage matériel dans l’espace de départ », mais aussi paradoxalement l’intégration dans celui d’arrivée. 

La Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée consacre sa dernière livraison aux mobilités et migrations dans la mer commune autour d’une « anthropologie de l’absence ». Émigrer et s’absenter – parfois définitivement – faire l’épreuve de l’absence dans l’angle mort des politiques d’État, activer l’absence comme une ressource à distance vers sa famille ou sa communauté d’origine, tous les cas de figure sont au sommaire. L’ethnomusicologue Eckehard Pistrick étudie la dialectique du son et du silence dans la perception des émigrés albanais. L’environnement sonore du pays constitue une mémoire fragile mais entêtante – les sonnailles des brebis, les sons des ensembles de clarinettes qui accompagnent les fêtes, le murmure d’une rivière… Rétrospectifs et prospectifs à la fois, ils ont « la capacité de négocier entre plusieurs spatialités et plusieurs temporalités ». Quitte à se confronter douloureusement aux remugles de la grande ville de l’exil. Il arrive aussi que, dans un accès de nostalgie – le mal du pays – la silencieuse « phonosphère de la mort » se rappelle crûment à l’émigrant, ravivant le sentiment que sa fuite en avant s’apparente à une disparition temporaire.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Ce devait être aujourd'hui, c'est finalement le 5 février que le président américain prononcera son discours sur l'Etat de l'Union devant le Congrès : avancée obtenue après la pause dans le "shutdown" jeudi dernier. La bataille pour le Mur est reportée et Donald Trump recule pour la première fois. Etats-Unis : le mur ou le Congrès, quel est le pire obstacle pour Donald Trump ?

Xavier Martinet s'entretient avec Marie-Cécile Naves, docteure en science politique, chercheuse à l’IRIS, vice-présidente du think tank "Sport et Citoyenneté".

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Strasbourg, c'est la ville de Marc Bloch. Comme Lyon est la ville de Jean Moulin.

Marc Bloch est un immense historien, assassiné à 57 ans, en 1944 par les nazis, juif et résistant, né en patriote, mort en patriote. La famille de Bloch était une famille d'optants — les optants ce sont ceux qui ont choisi la France au moment de l'annexion de l'Alsace et de la Loraine. Il est, avec Lucien Febvre, le fondateur de l'école historique des Annales, une manière d'écrire l'Histoire qui fait passer la société avant les individus. 

On lui doit de grands livres d'histoire médiévale, et notamment Les rois thaumaturges, un livre qui résonne étrangement aujourd'hui puisque Bloch y interroge la tradition française qui consiste à donner au roi des pouvoirs guérisseurs. Et si le livre de Bloch est un grand livre, c'est parce qu'il explique la manière dont les Français ont voulu croire que leurs souverains, alliés à l'église, avaient des pouvoirs miraculeux. C'est ainsi que le roi était considéré comme pouvant soigner la peste ou les scrofules, il était plus qu'un homme, doté dans l'imaginaire d'une force peu commune, capable de résister aux ennemis les plus féroces. Marc Bloch a expliqué comment le Moyen Age avait adhéré à ces croyances, et quand je dis qu'il l'a expliqué, cela signifie qu'il a donné les raisons de ces croyances au lieu de renvoyer nos ancêtres à une supposée irrationalité, à une bêtise généralisée. Car finalement, au travers de ces pouvoirs prêtés au roi, ce qui se jouait c'était les alliances et les luttes du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Et au final, cette erreur collective était le fruit d'une illusion collective, d’un acte de foi, les rois étaient thaumaturges parce que le peuple les croyaient thaumaturges, parce que, finalement, en croyant aux rois, ils croyaient en eux-mêmes.

Aujourd'hui le peuple de France a tendance à penser que le roi Macron ne peut même pas guérir la peau sèche ou les rhumes de saison. D'où la colère, née de nos déceptions, comme si nous avions toujours la nostalgie des rois thaumaturges. L'illusion collective s’est dissipée, nous ne croyons plus aux souverains et, surtout, nous ne croyons plus en nous-mêmes, nous autres Français. 

Si nous ne reprenons pas confiance en nous, par exemple au travers du débat en cours, alors nous passerons à l'autre grand livre de Marc Bloch : L'étrange défaite.

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Strasbourg, c'est la ville de Marc Bloch
Intervenants
  • Conservatrice générale du patrimoine, musée d'Art moderne de la Ville de Paris, commissaire de l'exposition " Foujita, Oeuvres d'une vie 1886-1968 ", Maison de la Culture du Japon, 2019
  • Politologue, spécialiste des Etats-Unis. Directrice de recherche à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) où elle dirige l’Observatoire Genre et Géopolitique.
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