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Tintin au Congo

BD : Tintin au Congo / Le grand débat / Accord UE - Japon / Une Chandeleur sans Nutella ?

57 min
À retrouver dans l'émission

Daniel Couvreur et Jul parlent de "Tintin au Congo", et Sébastien Jean de l'accord commercial JEFTA. Les chroniques s'intéressent au débat sur le grand débat national et à l'augmentation du Nutella.

Tintin au Congo
Tintin au Congo Crédits : © Hergé © Editions Moulinsart

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Daniel Couvreur, journaliste au Soir de Bruxelles, critique et scénariste de bande-dessinée, et le dessinateur scénariste, Jul, à l'occasion de la sortie en album numérique et colorisé de Tintin au Congo, oeuvre problématique qui n'en finit pas de provoquer moult débats et polémiques, d'une manière cyclique.

"Tintin au Congo" est un album qu' Hergé a créé aux Editions du Petit Vingtième, l'édition originale était sortie en noir et blanc en 1931. L'édition qu'on connaît aujourd'hui, c'est la version en couleur sortie en 1946, elle compte moins de pages, a été redessinée et certains phylactères ont été modifiés, du vivant d'Hergé. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on ressort l'édition de 1931 en version colorisée. Daniel Couvreur

Tintin au Congo.
Tintin au Congo. Crédits : © Hergé © Editions Moulinsart

Hergé a regretté cet album beaucoup plus tard. En 1931, on est encore en pleine gloire coloniale, le Congo est toujours belge. En 1960, il n'est évidemment plus question de cela avec l'indépendance du Congo. On n'avait pas retiré l'album mais on ne le mettait plus en avant. Il a fait son grand retour au début des années 1970 quand au Congo même, on a voulu le rééditer. Et là, Hergé a publiquement exprimé des regrets sur la manière dont ça avait été fait, en le remettant dans le contexte de l'époque où il l'avait créé.  Daniel Couvreur

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Le grand débat national a débuté le 15 janvier et déjà il fait débat…

« Dans l’inépuisable conversation démocratique qui s’est ouverte en France depuis le 17 novembre – écrit Albert Ogien dans les pages idées de Libérationil n’est pas d’argument fustigeant l’irrationalité ou l’incapacité politique des citoyens qui n’ait été opposé aux revendications des troupes jaune fluo. » Le sociologue plante le décor et prévient qu’il va falloir s’y faire : « un nouvel ordre est en gestation, dont témoigne la multiplication de ces pratiques politiques autonomes de citoyens qui entendent, directement et à l’écart des organes officiels de la représentation, peser dans l’avenir du monde où leurs vies s’inscrivent. » Pour lui faire place, il faudrait adopter « une tout autre façon d’envisager les relations politiques », davantage « d’humilité et d’intelligence des raisons d’autrui du côté des gouvernants », en rabattre sur le « dogmatisme » chez les idéologues et développer le sens de l’écoute et du débat argumenté côté protestataires.

Aujourd’hui, les conditions d’un grand débat national ne sont pas vraiment réunies, selon Julien Talpin dans le mensuel Alternatives économiques. Le chercheur en sciences politiques, codirecteur du Groupement d’intérêt scientifique Démocratie et participation, a observé sur le terrain un « sentiment croissant de perte de souveraineté » que reflète l’importance des questions démocratiques dans les revendications des gilets jaunes. Jean-Pierre Le Goff, dans Le Figaro, estime que « Le grand débat a des allures de boîte à idées managériale pour améliorer la productivité et la qualité. Il renvoie à la société l’image d’un État qui demanderait aux citoyens de lui faire des propositions pour améliorer sa politique et consolider ses fonctions. Le message est paradoxal et brouillé dans une situation anxiogène où les citoyens se demandent sur quoi cette crise va déboucher. » 

Dans Le Monde, Thibault Genouville se demande où sont les jeunes ? Alors que l’abstention des jeunes a atteint un nouveau record en 2017, avec moins de 20 % des électeurs de moins de 29 ans ayant voté, « leur participation aux échanges sera scrutée de près par un gouvernement soucieux de renforcer son lien avec les Français. » Or, jusqu’à présent ils brillent par leur absence. Renaud George, le maire LRM de Saint-Germain-au-Mont-d’Or (Rhône), qui accueillait le 16 janvier la première réunion citoyenne du grand débat national, évoque « une génération plutôt smartphones et réseaux sociaux que troquets et réunions publiques (…) qui ne s’intéresse à la vie locale qu’à partir du moment où ils ont des enfants ». Et Charles Fournier, vice-président de la région Centre-Val de Loire en charge de la transition écologique et citoyenne, ajoute deux facteurs plus politiques : la « faible représentativité des jeunes dans le paysage politique » et « la nature des sujets, trop généralistes et pas assez contextualisés en fonction de la jeunesse ». Le mouvement Allons enfants, qui s’emploie à impliquer les jeunes en politique, compte bien saisir l’occasion pour se faire entendre. « Les jeunes souhaitent être associés aux décisions dont ils subiront les conséquences », affirme Pierre Cazeneuve, le fondateur du mouvement âgé de 23 ans. Parmi les sujets mobilisateurs : le développement durable et l’évolution des institutions. Denis Saint-Amand a collecté pour le site d’information et d’analyse AOC quantité de tags et slogans des gilets jaunes dans l’esprit potache de mai 68. Le grand débat national a inspiré ce genre de « détournements » : « Ce n’est qu’un débat, continuons le combat », « La grande débâcle », « Vivement le grand dégât national ! », ou encore le charmant « On préfère les grands ébats au grand débat ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Avec 30 % du PIB mondial et 635 millions de consommateurs, le JEFTA qui entre aujourd'hui en vigueur est l'accord commercial le plus important au monde. Ses retombées économiques sont estimées assez faible, mais il est aussi un signal politique dans le contexte de guerre commerciale sino-américaine. Accord UE - Japon : l'accord du siècle ou du siècle dernier ?

Xavier Martinet s'entretient avec Sébastien Jean, directeur du CEPII.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Comment va-t-on mettre du Nutella sur les crêpes ?

Oui, je sais l’expression originelle était le beurre dans les épinards, mais qui a envie de mettre du beurre dans les épinards, je veux dire qui a envie de manger des épinards ? Ce que l’on aime, c’est évidemment le gras salé ou sucré, autrement dit le Nutella, par exemple. Et voilà le Nutella qui augmente aujourd’hui, ou, plus exactement un certain nombre de produits alimentaires ne pourront plus bénéficier de promotions comme auparavant. 

Et évidemment tout cela nous rappelle les émeutes du Nutella, vous vous souvenez, c’était il y a exactement un an jour pour jour, en janvier 2018. Des consommateurs s’étaient battu pour profiter d’une promotion sur le Nutella organisée dans certains hypermarchés. Ces scènes étaient parfaitement annonciatrices de l’épisode des Gilets jaunes, puisque l’on y voyait en acte les conséquences du manque de pouvoir d’achat… Je me souviens qu’à l’époque une anthropologue se demandait si l’on aurait eu de telles émeutes en cas de promotion sur des pots de cornichons, et elle répondait par la négative — réponse raisonnable, une promotion sur les épinards à la vapeur n’aurait pas déclenché non plus de scènes d’hystérie. 

Il va falloir s’y faire : même si l’on nous met en garde contre le gras et le sucre en permanence, rien n’est meilleur que le gras sucré et qui mieux que Nutella peut incarner ce délicat mélange de sucre sucré et de gras grassouille. Pour le reste, les émeutes du Nutella nous révèlent aussi ce que cela veut dire d’être pauvre dans une société de consommation : manquer de pouvoir d’achat dans une société d’abondance, au point de se battre pour des pots de Nutella. Elles montrent également la manière dont ces gens modestes ont été infantilisés et partant ridiculisés par ces supermarchés, puisque l’on avait monté cette opération en cachant ces pots de Nutella, à la manière d’une chasse au trésor dans les rayons, mais ce trésor était du Nutella. 

Eh bien aujourd’hui, le Nutella va être vendu plus cher, et, comme toujours, l’enfer est pavé de bonnes intentions, pour préserver les marges des agriculteurs auprès de la grande distribution, pour permettre aux agriculteurs de mettre du beurre dans les épinards quand ils vendent des épinards. Bref, pour la Chandeleur prochaine, il ne nous restera plus qu’à tester les crêpes aux épinards…

@PetitsMatinsFC 

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner
Une Chandeleur sans Nutella ?
Intervenants
  • Journaliste au Soir de Bruxelles, scénariste et critique de BD
  • Dessinateur de presse et auteur de bande dessinée
  • Economiste, directeur du CEPII et directeur de recherches à l’INRAE
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