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Les Ritournelles de la Chouette d'Anaïs Sorrentino.

Cinéma : Célia Rivière et Anaïs Sorrentino / La Retirada / Trump : discours sur l’état des divisions ? / Délicat sujet de la doudoune et de la gauche

59 min
À retrouver dans l'émission

Célia Rivière et Anaïs Sorrentino vous parlent de leurs deux films d'animation, et Marie-Cécile Naves décrypte le discours sur l'état de l'Union. Les chroniques s'intéressent à l’exil républicain espagnol et au rapport entre doudoune et politique.

Les Ritournelles de la Chouette d'Anaïs Sorrentino.
Les Ritournelles de la Chouette d'Anaïs Sorrentino. Crédits : Anaïs Sorrentino © Cinéma Public Films

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec les réalisatrices de La cabane aux oiseaux et Les ritournelles de la chouette ; Célia Rivière et Anaïs Sorrentino, à l'occasion de la sortie en salles de leurs deux films d'animation.

A l'origine, on a des livres qu'on a sélectionnés pour leurs grandes qualités, parce qu'ils nous ont beaucoup plu, et on a eu l'idée de les adapter à l'écran pour donner aux enfants l'envie d'aller les lire. Et avec des interludes de petits oiseaux qui prennent possession de la cabane pour aller picorer d'un livre à l'autre les histoires de ces ouvrages...   Célia Rivière 

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Les ritournelles de la chouette ce sont des courts-métrages fabriqués pour le cinéma, un public jeunesse. Ça s'adresse aux enfants, c'est basé sur un schéma qui se répète mais pas tout à fait, qui s'enrichit à chaque fois avec le point de vue d'un personnage différent ; par exemple dans Un travail de fourmi, la petite fourmi est très faible mais va rencontrer le blaireau qui se sent malin mais pas assez fort, lequel va rencontrer le loup qui est plus fort, le bison qui est plus puissant, pour dire qu'ils n'arrivent à rien tout seuls. Nous allons induire toutes ces notions d'entraide, d'humilité, où est la place de chacun...  Anaïs Sorrentino

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Au début de l’année 1939, la prise de Barcelone par les troupes de Franco provoque l’exode vers notre pays d’un demi million de réfugiés.

À  la mi-janvier, le gouvernement républicain demande à la France d’accueillir 150 000 personnes. Face à l’afflux de 500 000 réfugiés, le gouvernement Daladier commence par fermer la frontière puis la rouvre en deux temps : le 28 janvier pour les civils – femmes et enfants, essentiellement – et le 5 février pour les hommes en âge de porter les armes, soit presque jour pour jour il y a quatre-vingts ans. Comme le rappelle l’historienne Geneviève Dreyfus-Armand dans L’Humanité, qui consacre un dossier à l’événement, cette vague sans précédent fait suite à d’autres exodes au fil des victoires franquistes et de leurs lots de massacres. Dès l’été 36 lorsque tombe la région de San Sebastian et d’Irun, côté Atlantique, puis en 1937 après la chute de Bilbao et d’Oviedo, où près de 120 000 personnes partent en exil, depuis l’Aragon également, en 1938. Ces trois exodes « représentent entre 160 000 et 170 000 personnes qui partent essentiellement vers la France ». Au départ, sous le gouvernement du Front populaire, l’accueil est organisé, les préfets ont des consignes et « il y a une forte solidarité de la société, des associations, des syndicats et des comités d’entreprise ». Mais l’une des premières mesures prises par le gouvernement Daladier arrivé au pouvoir en avril 1938 est dirigée contre les étrangers et réfugiés, notamment l’assignation à résidence pour ceux qui n’ont pas trouvé de pays pour les accueillir. Et en novembre, un décret est promulgué pour que les étrangers indésirables soient internés dans des camps. En février 1939, comme rien n’a été prévu, nombreux sont ceux qui se retrouvent sur les plages d’Argelès ou de Saint-Cyprien, entourés de barbelés et de troupes coloniales. On construit des cabanes pour se protéger de la tramontane hivernale. Des camps disciplinaires sont également édifiés, comme à Collioure, Agde ou Gurs.

Un an plus tard, en juin 1940, au cours de sa cavale depuis Paris à l’arrivée des troupes allemandes, Walter Benjamin retrouve sa sœur Dora qui vient de quitter le camp de Gurs. À Marseille où il se rend pour régulariser en vain sa situation il tombe sur Hannah Arendt à qui il confie le manuscrit de ses Thèses sur le concept d’histoire, et ses envies de suicide – rapporte Mathieu Arnal dans la dernière livraison de la revue Gibraltar, qui consacre un dossier aux voix de la liberté

Dans un ouvrage paru récemment à la Petite bibliothèque Payot et qui rassemble le beau texte sur La tâche du traducteur ainsi que celui sur Le conteur, Walter Benjamin évoque dans Expérience et pauvreté le déclin de la valeur de l’expérience après le traumatisme de la Grande Guerre. Le mutisme des soldats revenus du front lui suggère que l’emballement d’une technique meurtrière a définitivement appauvri les gens en « expériences communicables ». « Une génération qui était encore allée à l’école en tramways tirés par des chevaux s’est retrouvée à découvert dans un paysage où rien n’était épargné par le changement », au milieu d’un « champ de forces traversé de flux destructeurs et d’explosions ».

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

Ce mardi 5 février, Donald Trump a adressé son discours sur l'état de l'Union au Congrès, réuni en séance conjointe, et à la nation, une tradition annuelle lors de laquelle le président a présenté son programme pour 2019. Fragilisé par le récent shutdown, le plus long de l'Histoire des Etats-Unis, le chef d'Etat se trouve en très mauvaise posture pour poursuivre son projet de mur à la frontière du Mexique. Malgré une économie en pleine forme, son isolement politique est de plus en plus flagrant et sa politique étrangère se trouve contestée aussi bien chez les démocrates que chez les républicains.

Le président a appelé les démocrates à travailler avec lui sur des dossiers qui leur tiennent à cœur, sans renoncer à son mur sur la frontière. Trump : discours sur l’état des divisions ?

Julie Gacon s'entretient avec Marie-Cécile Naves, docteure en science politique, chercheuse à l’IRIS, vice-présidente du think tank "Sport et Citoyenneté".

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Délicat sujet de la doudoune et de la gauche… 

C’est la couverture des Inrocks, avec Raphaël Glucksmann, qui m’a mis le logo à l’oreille. Alors, sur cette couverture, on voit Raphaël Glucksmann, essayiste, fondateur du mouvement de gauche Place Publique, armé d’un mégaphone et doté d’une doudoune, une doudoune bleu foncé. 

Rien de notable sur cette photo, car ce qui est notable c’est ce qui n’y est pas : un petit logo sur la manche de cette doudoune, indiquant que cette doudoune est une Canada Goose, marque canadienne, marque onéreuse, ce vêtement valant environ 800 euros. 

Pourquoi les Inrocks ont-ils décidés d’effacer le logo ? Est-ce pour des considérations esthétiques, pour ne pas faire de pub à cette marque en couverture ? Une hypothèse vraisemblable puisque, dans les pages intérieures du magazine, on retrouve la doudoune de Glucksmann munie cette fois ci de son logo. Les Inrocks ont-ils décidé de supprimer ce logo pour des raisons esthétiques donc, comme ils l’expliquent, ou pour des raisons politiques, afin de ne pas nuire à la cohérence du mouvement — sous-entendu un vrai homme de gauche ne peut pas avoir de Canada Goose. Qu’est-ce qu’il peut porter ? Je n’en sais rien moi, disons une Celio s’il est social-démocrate, ou bien carrément une Quechua s’il est NPA, la gageure consistant à en trouver une sans marque mais j’imagine que c’est beaucoup plus cher. 

Ce n’est  pas la première fois que la gauche est confrontée à cette délicate question de la doudoune, puisque Raquel Garrido de la France Insoumise a, elle aussi, été photographiée en gilet jaune lors d’une manif, mais un gilet jaune portée sur une Canada Goose, l’un, en quelque sorte, annulant l’autre, un peu comme si elle avait levé le poing, et que l’on avait vu à son poignet une Rolex. 

Cette histoire de doudoune témoigne d’une demande, finalement aussi vieille que la gauche, de cohérence entre le mode de vie et les idées, aussi vieille que Paul Nizan à qui l’on reprochait d’être un communiste habillé comme un dandy. Mais cela témoigne aussi du formidable triomphe du logo. Car, au fond, rien ne distingue cette doudoune d’une autre doudoune s’il n’y avait pas ce logo, ce que Freud appelait le narcissisme des petites différences : distinguer les choses par des détails, des détails qui révéleraient des abîmes. 

Qu’est-ce qui distingue deux doudounes, comme se demandait l’autre, et la critique adressée à ceux qui les portent vaut finalement aussi pour les partis politiques : qu’est-ce qui distingue deux partis ?

@PetitsMatinsFC 

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner
Délicat sujet de la doudoune et de la gauche
Intervenants
  • Réalisatrice de films d'animation
  • Réalisatrice de films d'animation
  • Politologue, spécialiste des Etats-Unis. Directrice de recherche à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) où elle dirige l’Observatoire Genre et Géopolitique.
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