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Jeune bergère de Delphine Detrie

Film : Delphine Detrie "Jeune bergère" / Secret Défense / Elections au Nigeria / Après le point Godwin, le point hijab

1h
À retrouver dans l'émission

Delphine Detrie vous parle de son documentaire "Jeune bergère", et Laurent Fourchard de la réélection de Muhammadu Buhari au Nigeria. Les chroniques s'intéressent au secret défense et à la polémique suscitée par le hijab de course de Decathlon.

Jeune bergère de Delphine Detrie
Jeune bergère de Delphine Detrie Crédits : © Delphine Detrie © KMBO Films

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec la réalisatrice Delphine Detrie, dont le documentaire, Jeune bergère, sort en salles ce jour. Une jeune mère célibataire, Stéphanie, graphiste et parisienne d’origine, quitte tout pour réaliser un rêve : vivre plus plus près de la nature et se réinventer en apprenant le métier de bergère. Avec la participation d'Olivier Delcroix, rédacteur en chef du Figaroscope, qui vient évoquer, avec Jeune bergère, les autres coups de cœur du magazine.

J'avais envie que le spectateur ressente ce paysage. Le film s'est étalé sur 35 jours de tournage. C'est un paysage qu'il faut arpenter pour pouvoir le restituer dans le film.

Jeune bergère de Delphine Detrie
Jeune bergère de Delphine Detrie Crédits : © Delphine Detrie © KMBO Films

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Alors que des centaines de personnes ont quitté hier encore le dernier réduit du groupe Etat islamique, le colonel Legrier a critiqué la stratégie de la coalition en Syrie.

Il était jusqu’à sa relève récente – au terme de son mandat – à la tête des 200 artilleurs qui ont contribué à la réduction des derniers bastions de Daech. Il s’exprime à propos de la bataille d’Hajin, achevée en janvier dernier, et non de celle qui est en cours à Baghouz, mais ses analyses valent également dans ce cas. Le Monde publie de larges extraits de son texte qui dénonce une guerre par procuration, sous-traitée aux FDS arabo-kurdes sur le terrain, et une approche exclusivement « tournée vers la suprématie technologique ». La coalition aurait ainsi perdu la maîtrise du « tempo stratégique » et intensifié les bombardements au prix de la destruction des infrastructures, une approche assumée sans complexe par les Américains mais que le colonel Legrier estime ne pas être la nôtre. Il rappelle que Mossoul et Raqqa ont subi le même sort : une destruction quasi complète. Résultat : nous avons donné « une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire ». 

L’article est d’abord paru dans la revue Défense nationale, et publié à la une de son site avant d’être retiré suite à « un coup de fil courroucé de l’état-major », où l’on fustige le « manque de discernement » de l’auteur, voire son « défaut de loyauté », comme l’indique Jean Guisnel dans Le Point.fr. Il précise que cet article n’est pas son rapport de fin de mission, « classifié et inaccessible, comme il se doit », et que sur son blog, le colonel Michel Goya apporte son soutien au colonel Legrier, ce qu’il fait également dans les pages idées du Monde, en rappelant qu’« en 2005, le général Petraeus demandait au général britannique Aylwin-Foster de faire dans la Military Review une critique de l’action militaire américaine en Irak ». Et d’ajouter que « c’est comme cela qu’on évolue et qu’on développe des idées neuves, avec une dose de critique autour de l’action, qui n’exclut en rien la discipline dans l’action. »

Dans la dernière livraison de la revue Inflexions, qui s’emploie à faire le lien entre civils et militaires, le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de Défense nationale, a publié un article sur sa revue, où il dénonce le cliché de la « grande muette ». Car « en contribuant au débat sur la défense et ses enjeux », les militaires apportent une expertise essentielle. Et Claire Legras revient sur le devoir de réserve, largement basé sur la jurisprudence et qui « prête à interprétation ». Elle souligne que notre pays s’honore « d’une longue tradition d’expression libre de la pensée militaire, de Lyautey à de Gaulle en passant par Foch et Castex ». La directrice des affaires juridiques au ministère des Armées précise que « l’obligation de réserve pèse sur tous les fonctionnaires, avec des nuances importantes ». Dans le cas des militaires, elle est codifiée comme pour les magistrats, les membres du Conseil d’État et les policiers. «

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Avec 55,6 % des voix, Muhammadu Buhari est réélu pour un second mandat de 4 ans à la tête du Nigeria. Ce choix de continuité clair avec une avance de 4 millions de voix sur son principal rival Atiku Abubakar s'est effectué dans un climat moins violent que les années précédentes, pas moins polémique. Nigeria : de la violence au soupçon, quelle avancée démocratique ?

Xavier Martinet s'entretient avec Laurent Fourchard, historien, politiste et directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Après le point Godwin, le point hijab...

Oui, il n’y a pas que le point Godwin dans la vie, le point au-delà duquel sur internet on va évoquer le nazisme, preuve que tout débat est impossible, il y a aussi le point hijab, car dès qu’il est question de voile en France, c’est l’hystérie qui remplace la raison, plus personne n’a la tête froide à défaut de l’avoir couverte. 

Et à l’occasion de cette polémique déclenchée par l’apparition d’un hidjab de course que Décathlon voulait mettre en vente, j’ai appris l’existence d’un Community Manager, comme on dit, employé par Décathlon pour répondre à tous les messages d’insultes haineux ou simplificateurs que Décathlon a reçu au sujet de la mise en vente de ce voile de course, car que l’on soit favorable ou hostile à l’existence de ce voile, rien n’explique le torrent de haine que déclenche dans le débat public l’apparition du terme « voile »… 

Ce hijab de course est une sorte de conte moderne, même si c’est un conte qui déclenche la colère et l’hystérie, un conte moderne parce que pendant longtemps on a évoqué la religion de la modernité, et maintenant voici la modernité qui s’attaque à la religion. Chaque religion voit ainsi l’irruption d’une dose de modernité dans ses pratiques ancestrales, des petites diodes remplaçant les bougies dans les églises, de la fausse crevette à base de poisson remplaçant les crevettes interdites dans la cuisine casher, des hidjabs de course recouvrant la tête des coureuses, prescription qui n’avait probablement pas été formulée à l’époque où la notion de voile est devenue coutumière dans une partie de l’Islam. 

Et c’est pour cela que cette polémique est aussi rude, parce que finalement aucun point de vue ne s’impose, entre ceux qui pensent qu’il s’agit d’une manière de moderniser la religion, autrement dit d’en sortir un peu, et ceux qui considèrent au contraire qu’il s’agit d’introduire de la religion dans la modernité, autrement dit de faire marche arrière, ou course arrière comme vous voudrez. 

Au sujet de l’Islam chaque camp fourbit ses armes en permanence en France, voilà pourquoi le point hijab n’attend qu’un signe pour être franchi. Encore peut-on se féliciter que le débat n’ait pas été encore plus violent, par exemple si Décathlon avait proposé à la vente ce hijab de course assorti d’un gilet jaune.

@PetitsMatinsFC 

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Après le point Godwin, le point hijab
Intervenants
  • Cinéaste
  • Ecrivain, journaliste, rédacteur en chef du Figaroscope
  • directeur de recherche au CERI-Sciences Po et ancien directeur de l’IFRA (l’Institut Français de Recherche en Afrique) au Nigéria (2000-2003)
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