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Brigitte Fontaine.

Livre : Brigitte Fontaine / Algérie : y a-t-il un président dans l’avion ? / Algérie : le régime fragile / Bernard Tapie est un vrai symbole français

59 min
À retrouver dans l'émission

Brigitte Fontaine vous parle de son recueil de poésies "Paroles d'Evangile", et

Brigitte Fontaine.
Brigitte Fontaine. Crédits : © TAN, Editions Le Tripode 2019

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Pour fêter la 21e édition du Printemps des Poètes, Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur, interprète de chansons, comédienne, écrivain - qui déteste le terme écrivaine - Brigitte Fontaine. Elle est notre invitée pour un recueil de textes poétiques, drôles ou sombres, publiés aux Editions Le Tripode : _Paroles d'Evangile_.

Les expliqueurs/expliqueuses de textes devraient tous être défenestrés, passés par les armes et châtrés. Pour une fois, j'ai raison. Je fais de la poésie, dans le sens étymologique, véritable, du grec, "faire", alors là, je suis d'accord - mais autrement, au lieu de poésie, j’appellerai ça, la poésie, soul blabla. Là, oui d'accord, c'est de la poésie, au sens de "faire", parce que j'ai fait cela, et je ne peux pas l'expliquer : je fais ce que je fais. Et c'est pas mal. C'est pas mal du tout.

Paroles d'Evangile, de Brigitte Fontaine/ Editions Le Tripode.
Paroles d'Evangile, de Brigitte Fontaine/ Editions Le Tripode. Crédits : © Enki Bilal [dessin de couverture] © Editions Le Tripode

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Le ministre de l’Enseignement supérieur a décidé d’avancer à ce dimanche 10 mars la date des vacances de printemps prévues le 21 mars. Et dans la soirée, l'avion présidentiel faisait retour à Alger.

Pour le site d’information Tout sur l’Algérie, relayé par Courier International, cette décision « constitue sans doute le premier grand test pour la mobilisation populaire après le succès des marches pacifiques ». La réponse des étudiants ne s’est pas fait attendre : ils ont lancé des appels « à occuper les facultés et à retourner à la fac dès dimanche ». Les enseignants, les lycéens, commencent également à rejoindre le mouvement. Par ailleurs, le site de l’hebdomadaire Le Point relève un « succès mitigé » de la mobilisation suite au mot d’ordre de grève générale. Si à Alger, les transports publics sont à l’arrêt, et que de nombreux commerçants ont baissé leur rideau, « la plupart des administrations semblent fonctionner, de même que les entreprises privées ». Dans les mairies de la région d’Annaba, la quatrième ville du pays, les personnels ont cessé le travail. Et à Béjaya, en Kabylie, un syndicaliste a évoqué à l’AFP une « paralysie totale de la ville ». 

Dans ses pages Débats L’Humanité se demande « où va l’Algérie ? » Kader Abderrahim estime que, dans la situation actuelle, les trois piliers du régime – le clan Bouteflika, l’armée et les oligarques – se sont mutuellement « neutralisés » pour assurer « l’immobilisme ». Mais le politologue relève des « craquements dans la hiérarchie militaire. Si dans les années 1960-1970, il y avait 20 colonels qui exerçaient leur monopole sur la politique, aujourd’hui il y a 300 généraux et 1200 colonels, dont la majorité a reçu une formation universitaire. Si un consensus est facile à obtenir avec 20 officiers supérieurs, qu’en est-il avec 1500 ? » D’où le fait, selon lui, que « L’armée et le peuple pourraient être les arbitres d’un jeu qui s’ouvre et dans lequel les rapports de force comptent autant que la capacité de mobilisation. » 

Sur le site de Marianne, Alice Schwarzer évoque le double combat des femmes algériennes : « celui pour une vraie démocratie et celui pour leurs droits de citoyennes. Ce moment est capital pour elles. » Pour en finir avec un droit de la famille qui leur donne « un statut d’enfant », affirme la journaliste et féministe allemande, spécialiste de l’Algérie. C’est pourquoi on les voit prendre possession de l’espace public. D’autant que les islamistes sont en embuscade. Comme en témoigne notamment le port du foulard : « pendant la guerre civile et les années noires algériennes, elles ont subi une terrible pression pour remettre le foulard. Depuis, beaucoup de ces femmes l'ont conservé. » Aujourd’hui on peut voir « des jeunes étudiantes dans des universités le porter ». La journaliste qui les a rencontrées les a trouvées « ouvertes, intéressées par le féminisme » mais oublieuses du fait « que ce foulard, qui est revenu en 1979 avec la révolution iranienne, est un drapeau politique. » 

Dans l’hebdomadaire, l’écrivain Boualem Sansal suggère aux jeunes manifestants trois mesures pour en finir avec la dictature : « un engagement ferme en faveur de la laïcité ; l'abrogation immédiate du code de la famille, et la reconnaissance que l'Algérie est un pays francophone, car le français lui appartient aussi (c'est « un butin de guerre », disait Kateb Yacine) et parce qu'il est une fenêtre sur le monde et un puissant moyen d'accès à la connaissance moderne ». 

Dans Le MondeKamel Daoud revient sur la personnalité d’ Abdelaziz Bouteflika. « Le roman politique algérien aime collectionner les anecdotes sur le caractère rancunier de cet homme, son ancienne ambition devenue colère après qu’il a été écarté, chassé du pouvoir en 1981, ses blagues racontées aux visiteurs étrangers, dépeignant les Algériens sous le pire des portraits, ses grimaces et ses envolées égocentriques. C’était au temps où il parlait. » L’écrivain évoque ses mots rares et « les images désastreuses d’une décomposition en live, que son frère surveille comme monteur d’images à la télévision publique. » Une époque qui « est aussi celle de l’inflation des titres : « Son Excellence », « Fakhamatouhou ». « Il faut traduire « Sa Grandeur ». Le mantra est obligatoire dans la bouche de chaque ministre, de chaque haut fonctionnaire, en prologue ou en conclusion de chaque déclaration publique, de chaque annonce de projet. Ceux qui ne sacrifient pas à l’usage finissent mal. En témoigne un journaliste de la télévision nationale qui, oubliant le titre, se fit remercier. » L’écrivain estime que « Son règne est aussi celui d’une kadhafisation lente du pays depuis son élection après la guerre civile : destruction des institutions, encanaillement généralisé de l’Etat, de ses hommes, concentration abusive des pouvoirs, monarchisation. » L’exécutif en a subi les conséquences : « on a très vite remplacé le chef du gouvernement, comptable devant le Parlement, par un premier ministre comptable devant le Palais ». 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Après deux semaines d’absence, Abdelaziz Bouteflika est rentré hier de Suisse où il était en clinique. Alors que les manifestations semblent de plus en plus massives dans le plus grand pays africain, les Etats alentours restent majoritairement discrets. Algérie : le régime fragile, les diplomaties prudentes ?

Xavier Martinet s'entretient avec Brahim Oumansour, chercheur associé à l’IRIS.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Bernard Tapie est un vrai symbole français…

Oui, d’ailleurs il est à la une de Libération ce matin, avec comme titre « Procès Tapie, on refait le match », mais en réalité pas un jour ne se passe sans une interview de Tapie, une révélation sur sa maladie, ses commentaires politiques, son soutien ou non des Gilets Jaunes, son refus de répondre à une interview, par exemple quand la journaliste lui demande en substance s’il préfère guérir du cancer ou gagner son procès. Donc Tapie est un symbole, mais le problème, c’est que l’on ne sait plus de quoi il est le symbole. 

La vie est injuste, dans l’existence certains peuvent être Victor Hugo ou rien, eh bien Tapie n’aurait probablement pas pu être Victor Hugo — encore que je n’en sais rien — il aurait pu être chanteur, homme, patron de club de foot ou bien, vous n’allez pas me croire, chef d’entreprise. Je dis qu’il aurait pu être tout cela parce que l’on ne voit pas très bien ce qu’il a été dans ce domaine… Sa carrière d’homme politique se résume à un débat avec Jean-Marie Lepen — et aujourd’hui on apprend qu’il aurait eu un rendez-vous masqué avec le même Jean-Marie Lepen — une direction d’entreprise, comment dire, hasardeuse, on ne sait pas très bien quelle entreprise Bernard Tapie a sauvé mais on voit à peu près quelle entreprise il a plantée. 

Tapie aurait pu tout faire mais on ne sait plus très bien ce qu’il a fait. Du coup, on ne comprend pas à quel titre il occupe l’espace médiatique aujourd’hui — ce n’est pas en raison des services rendus à la nation, il s’est plus servi qu’autre chose. Mais voilà, Bernard Tapie est devenu en quelque sorte un encombrant, un être dont on ne sait trop quoi faire : il est là, il existe, on ne sait pas pourquoi, c’est une prime rendue à ses anciennes mauvaises actions, une sorte de clémence étrange et étonnante et c’est peut-être cela finalement qui lui permet de durer. 

Il a suffi d’un mensonge — un très gros mensonge — à Jérôme Cahuzac pour disparaître dans les abysses de la popularité et sa réapparition provoquerait l’ire de nos compatriotes. Tapie, lui, a menti mille fois et il est toujours là… C’est peut-être le signe que la France est un paradis fiscal pour les milliardaires en mensonge… 

@PetitsMatinsFC 

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