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Gustave Courbet dans le jardin de son atelier à Ornans en juin 1864.

Expo : Bicentenaire Courbet / De Gaulle, plus grand mort que vivant ? / Retrait de Bouteflika / Qui a écrit le message à la nation de Bouteflika ?

56 min
À retrouver dans l'émission

Frédérique Thomas-Maurin et Marie-Marthe Fauvel vous parlent de Gustave Courbet à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, et Kader A. Abderrahim du scepticisme face au retrait de Bouteflika. Les chroniques s'intéressent à De Gaulle et à Bouteflika.

Gustave Courbet dans le jardin de son atelier à Ornans en juin 1864.
Gustave Courbet dans le jardin de son atelier à Ornans en juin 1864. Crédits : © Musée Gustave Courbet

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Frédérique Thomas-Maurin, conservatrice en chef et directrice du musée Courbet, commissaire générale de l'exposition "Courbet dessinateur", qui donne à voir une soixantaine de dessins, au Musée Courbet, à Ornans, jusqu'au 29 avril 2019, et Marie-Marthe Fauvel, chargée de mission du Bicentenaire Courbet, qui évoquera, pour nous, une programmation foisonnante sur toute l'année et sur l'ensemble du département du Doubs, autour du bicentenaire de la naissance du peintre.

Il y a des dessins d'enfance, et sans doute l'un de ses derniers dessins réalisés en exil en Suisse, le portrait de son ami, Baud-Bovy, donc on peut dire que la soixantaine de dessins montrés couvre toute la vie de Courbet. L'exposition met en avant le fait que Courbet a toujours dessiné, contrairement à ce qu'on imaginait, depuis tout jeune, il a ensuite pris des cours de dessin, c'est vraiment quelqu'un qui maîtrise complètement le dessin.   Frédérique Thomas-Maurin

Gustave Courbet, Les Amants dans la campagne, 1867, Encre sur papier, Ornans, musée Gustave Courbet.
Gustave Courbet, Les Amants dans la campagne, 1867, Encre sur papier, Ornans, musée Gustave Courbet. Crédits : © Musée Gustave Courbet, photo : Pierre Guenat

Courbet a  passé la moitié de sa vie dans sa vallée, l'autre à Paris, il revenait sans arrêt à Ornans. Il a peint à ma connaissance une seule scène urbaine ; il a peint des paysages, des autoportraits, des femmes - il aimait beaucoup les femmes - des truites, des animaux, tout ce qui le reliait finalement à une forme de nature. C'était un terrien, Courbet, avant tout un terrien qui le revendiquait lorsqu'il arrivait à Paris. C'est l'enfant terrible du pays.   Marie-Marthe Fauvel

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Il y a bientôt 50 ans, en avril 1969, le général de Gaulle quittait le pouvoir. À l’approche de cette date anniversaire, des historiens s’opposent sur l’héritage.

Dans un passage célèbre de Clio, Charles Péguy – l’un des auteurs préférés du général – évoque la différence entre l’histoire et la mémoire : « l’histoire est essentiellement longitudinale, la mémoire  est essentiellement verticale. L’histoire consiste essentiellement à  passer au long de l’événement. La mémoire consiste essentiellement, étant dedans l’événement, avant tout à n’en pas sortir, à y rester et à le remonter en dedans. La mémoire et l’histoire forment un angle droit. » On peut dire qu’avec de Gaulle, elles sont d’équerre dans le récit national, l’une à l’aplomb de l’autre. À tel point que ses plus farouches adversaires d’hier en revendiquent aujourd’hui les restes symboliques, comme le Rassemblement national, ex-Front national ainsi rebaptisé en écho au Rassemblement du peuple français, le RPF fondé en 1947 par le général. C’est pourquoi le détour par l’historiographie étrangère peut s’avérer éclairant, en particulier celle des anglo-saxons peu suspects d’idolâtrie. 

Dans le mensuel Books, deux historiens s’opposent encore, et qui plus est, l’un sur la lecture de l’autre : Ferdinand Mount rend compte dans la London Review of Books du livre de Julian Jackson, Une certaine idée de la France : la vie de Charles de Gaulle, à paraître au Seuil en septembre, et en retour son auteur conteste la vision négative que celui-ci a tirée de son ouvrage. Sur les trois aspects essentiels de l’héritage gaullien – la Libération sans guerre civile, la décolonisation et la Constitution de la Ve République – Mount ne retient qu’une forme de cynisme rétrograde. Évoquant le discours du 6 juin 1944 – « La bataille suprême est engagée… » – il rappelle le mot de Churchill à Roosevelt sur le speech d’autant plus « remarquable » que de Gaulle « ne dispose pas du moindre soldat dans la grande bataille » en question. La décolonisation de l’Algérie n’aurait été pour lui qu’un « marchepied pour l’Élysée ». Et la Constitution de la Ve République, un costume taillé à sa mesure qui s’est révélé au fil du temps trop large pour ses successeurs – à l’exception de Mitterrand qui avait su cultiver une même ambiguïté entre les deux France. 

Sur la politique algérienne, Julian Jackson admet que le général n’a pas été le « décolonisateur clairvoyant » qu’un gaullisme de gauche se plait à célébrer, ne serait-ce que parce que la crise – la guerre – se prolongea quatre années après son retour au pouvoir et que le sort des harkis en reste le point obscur. Mais sur la politique étrangère de la France à l’époque de la guerre froide, sa position de « non aligné » parmi les « non alignés » visait à maintenir l’indépendance de notre pays dans le concert des nations, et elle n’était pas dénuée de pensée stratégique au-delà de l’affrontement des blocs. Ainsi la leçon administrée à Richard Nixon en mars 1969 « sur les périls et la futilité de l’engagement américain au Vietnam » ou « sa mise en garde sur le fait qu’un jour les États-Unis pourraient ne plus penser que leurs intérêts sont inextricablement liés à ceux de l’Europe », et l’exhortant à organiser sa propre défense, un discours qui apparaît aujourd’hui prophétique. Le Figaro publie en pages Champs libres les bonnes feuilles du livre d’Arnaud Teyssier De Gaulle, 1969 (Perrin). L’historien revient notamment sur les semaines cruciales de mai 68. Selon lui, de Gaulle a parfaitement pris la mesure des évènements et « fort bien compris qu’un personnage nouveau est apparu dans l’histoire du pays : la société. »  

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Pas de cinquième candidature d'Abdelaziz Bouteflika, pas d'élection présidentielle le 18 avril : c'est l'annonce hier de la présidence algérienne dans un message lu à la télévision. Dans l'ensemble, les manifestants ont salué cette décision mais certains sont sceptiques face à la manœuvre. Retrait de Bouteflika, report de l'élection : vers une "perestroïka algérienne" ?

Xavier Martinet s'entretient avec Kader A. Abderrahim, chercheur à l'Iris, spécialiste du Maghreb et de l'islamisme, et maître de conférences à SciencesPo Paris.

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Archive INA : Abdelaziz Bouteflika "Je ne m'imposerai pas au peuple", 20 heures le journal, Antenne 2, le 15 avril 1999 :

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Archive INA : Qui est Abdelaziz Bouteflika ? 15 avril 1999 : 

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Qui a écrit le message à la nation que vient d’adresser le président Bouteflika aux algériens ?

C’est une vraie bonne question, et je me la pose d’ailleurs à chaque fois que je reçois un texte de plus de deux lignes en provenance d’un homme politique : je me demande quel khâgneux a bien pu écrire cela. D’ailleurs ça n’est pas pour me vanter mais je connais suffisamment d’intellectuels prolétaroides pour être désormais capable de deviner qui est le prof de lettre ou l’agrégé d’histoire qui a écrit cette inoubliable biographie que notre cher ministre vient opportunément de publier juste avant les élections. 

Oui, mais voilà le message d’Abdelaziz Bouteflika pose un problème supplémentaire : non seulement il ne l’a probablement pas écrit ce message, mais on peut même imaginer qu’il ne l’a pas relu. Alors, vous allez me dire que cela ne fait pas de différence fondamentale vis-à-vis d’autres hommes politiques, français, belges ou algériens, cela crée uniquement une différence en ce sens que l’on se demande évidemment si Abdelaziz Bouteflika est capable de relire un message. 

Du coup on se surprend à relire plusieurs fois cette longue lettre — j’imagine que la plume de Bouteflika était payée au feuillet – pour y voir le clin d’œil justement d’une plume un peu malicieuse, notamment au travers des répétitions insistantes du « Je comprends, je comprends, je comprends aussi, je comprends enfin » — manière de clouter, comme on dit dans le métier, que Bouteflika n’a rien perdu de sa légendaire alacrité : il comprend tout c’est juste que l’expression est un peu étrange. En outre les plumes algériennes n’ont rien à envier aux plumes françaises, je veux dire par là qu’elles aussi pourraient écrire plus lourd, mais elles devraient se forcer. 

Dans son dernier message Bouteflika concourt ainsi plusieurs fois au Nobel de la langue de bois et du style de plomb, en voici un exemple : « Je comprends — écrit Bouteflika, enfin sa plume, vous m’avez compris — aussi le décalage qui a pu être source de préoccupation entre, d’un côté, la tenue de l’élection présidentielle à une date techniquement appropriée en tant que jalon de gouvernance dans la vie institutionnelle et politique et, de l’autre, l’ouverture, sans délai indu, du vaste chantier, politiquement hautement prioritaire, de conception et de conduite de réformes profondes dans les domaines politique, institutionnel, économique et social, avec la participation la plus large possible et la plus représentative de la société algérienne » – et là je peux respirer, j’arrête là parce qu’il reste encore quelques feuillets. Comme aurait pu ajouter Bouteflika, si vous m’avez compris c’est que je n’ai pas été assez clair… 

@PetitsMatinsFC 

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Intervenants
  • Chargée de mission du bi-centenaire Courbet dans le département du Doubs
  • conservatrice en chef et directrice du musée Courbet, commissaire générale de l'exposition "Courbet dessinateur".
  • Chercheur à l'Iris, spécialiste du Maghreb et de l'islamisme, et maître de conférences à Sciences Po Paris
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