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Hollywood menteur

BD : Luz / Le genre des mots / Sultanat de Brunei, homosexualité et adultère / Tous malades de la thyroïde

1h01
À retrouver dans l'émission

Luz vous parle de son nouvel album "Hollywood menteur", et Marie-Sybille de Vienne du renforcement de l'islam au Sultanat de Brunei. Les chroniques s'intéressent aux physionomies sociales révélées par les mots et au scandale du Levothyrox.

Hollywood menteur
Hollywood menteur Crédits : Luz - Éditions Futuropolis

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le caricaturiste de presse et dessinateur de bande dessinée, Luz, à l'occasion de la parution de son nouvel album, _Hollywood menteur_, aux éditions Futuropolis, dans lequel il revient sur le tournage du film mythique, Les Désaxés - The Misfits - de John Huston, avec Clark Gable, Montgomery Clift, Marilyn Monroe (1960).

C'est au Champollion que j'avais vu Les Misfits, dans un vrai cinéma, en 2014, avec mon épouse, on venait de se marier à Las Vegas et on avait regardé les aventures de Roselyn, de Gayde, de Pierce, de ces cowboys, de cette femme apparemment un peu perdue dans le désert du Nevada, et quelque chose s'est insinué en moi, une intrigue, cela ne m'a plus jamais lâché... 

Hollywood menteur
Hollywood menteur Crédits : Luz - Éditions Futuropolis
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Luz, à écouter aussi dans Plan large, d'Antoine Guillot, sur le cinéaste américain, John Huston, samedi 6 avril, 14h-15h.

Luz expose ses dessins d'Hollywood menteur à la Hubery & Breyne Gallery, jusqu'au 4 mai 2019. 

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Au delà de leur sens propre, les mots reflètent des représentations, ils sont chargés d’histoire. En analyser les usages et les effets permet d’esquisser des physionomies sociales.

Dans les pages idées de Libération, Alex Alber interroge l’usage du tutoiement qui se répand dans les entreprises : près des deux tiers des salariés dans le privé tutoient leur supérieur hiérarchique direct, selon une enquête de 2006. « Plus égalitaire, plus moderne, plus simple, le tutoiement n’a apparemment que des avantages – écrit-il – face à un vouvoiement qui semble de plus en plus guindé, formel, distant ; un héritage d’Ancien Régime qui sépare les conditions sociales, une frontière linguistique qui souligne autant qu’elle produit les inégalités statutaires. »

On devrait donc y voir « le signe d’une modernisation des organisations productives ». Les entreprises seraient-elles devenues plus égalitaires ? À y regarder de près, rien n’est moins sûr. Pour le sociologue, « le tutoiement est porteur de logiques managériales qui le rendent très ambigu ». L’enquête révèle notamment qu’il va de pair avec l’introduction de nouvelles méthodes de travail, là où le contrôle est plus distant, où « les salariés sont libres d’organiser leur activité, de proposer des améliorations, etc. » Mais c’est là aussi « que les objectifs chiffrés et les parts salariales variables sont les plus répandus. Autant de méthodes qui responsabilisent les salariés en individualisant leurs conditions d’emploi, quitte à faire peser sur eux une pression accrue. » Le tutoiement viendrait ainsi « euphémiser » les rapports de pouvoir. Par ailleurs, les femmes ont moins tendance à tutoyer leur chef – 49% seulement contre 71% pour les hommes – un écart significatif qui s’explique du fait « que les femmes ont souvent des chefs hommes, et qu’elles évitent par prudence un registre trop familier avec eux ».

Christine Bard et Frédérique Le Nan publient un ouvrage collectif sous le titre Dire le genre (CNRS Éditions). Elles relèvent la part de l’histoire dans la domination du masculin. « Le neutre a longuement existé en français, il est issu d’un latin tardif et parlé. » Au pluriel, sa principale désinence était en a. En témoigne par exemple l’évolution d’un mot comme folium, donnant folia au pluriel puis feuille, le suffixe _a_étant identifié comme féminin s’est transformé en e, devenu muet. Résultat : « le féminin ne s’entend plus ». De même, l’accord pluriel au masculin selon le principe « le masculin l’emporte sur le féminin », n’a pas toujours prévalu. Au Moyen Âge, cet accord est « de proximité », au plus près du mot auquel un adjectif ou un participe se rapporte. Le genre est devenu sous l’Ancien Régime et « la volonté farouche » d’auteurs comme Malherbe ou Vaugelas « une grammaire » exclusive. Écrivaine ou autrice existaient respectivement au XIVe et au XVIe siècle. Aujourd’hui l’écriture inclusive s’emploie à démentir cette évolution mais elle reste improbable à l’oral. 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Le sultan du Brunei Hassanal Bolkiah appelle à un renforcement de l'islam en instaurant un nouveau code pénal légiférant la lapidation pour punir l'homosexualité et l'adultère. Des mesures qui ont suscité une vague d'indignations internationales mais dont la mise en oeuvre reste incertaine. Sultanat de Brunei, homosexualité et adultère : les châtiments islamiques, une manœuvre politique ?

Xavier Martinet s'entretient avec Marie-Sybille de Vienne, professeur à l'Inalco.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Nous sommes tous des malades de la thyroïde.

Oui, nous avons tous besoin de Levothyrox ou nous pourrions tous en avoir besoin. C’est ce que témoigne ce scandale, un scandale dans le scandale lié au médicament Levothyrox, destiné aux malades de la thyroïde, scandale que révèle le journal Le Monde daté d’aujourd’hui. 

L’histoire je vous la rappelle : les laboratoires Merck mettent sur le marché une nouvelle formule du Levothyrox, et de nombreux patients se plaignent d’effets secondaires, d’un retour des maux que ce médicament soignait auparavant, avec l’ancienne formule… Les critiques pleuvent alors sur ces malades, on dit qu’ils malades de la thyroïde mais aussi malades de la tête, qu’ils s’inventent des maladies, qu’ils sont hypocondriaques, que les deux médicaments sont identiques, et que des études le prouvent etc. 

Oui mais voilà, hier, coup de théâtre : les deux formules ne sont pas du tout identiques, 60 % des patients pourraient ne pas réagir aux deux versions du médicament. En d’autres termes, 60 % des patients pourraient ne pas être du tout soignés par la nouvelle formule du médicament, sachant que ce médicament n’avait rien pour eux d’un médicament de confort… 

Alors, encore une fois, c’est le discours des laboratoires qui est mis en cause : comment, après le scandale du Mediator, et d’autres scandales, comment expliquer qu’une nouvelle fois, on se soit trompé à ce point, comment lutter contre le complotisme dans ces conditions, comment lutter contre ceux qui disent que tous les vaccins sont mauvais, si les laboratoires sont aux mieux incompétents, au pire malhonnêtes ? Car effectivement le doute subsiste.

On ne sait pas si l’erreur a été commise à dessein. En revanche, on sait quelle erreur a été commise et là aussi c’est tout à fait effrayant. Les données des études donnaient des résultats moyens identiques entre les deux formules, entre la nouvelle et l’ancienne formule donc. Oui, les résultats moyens étaient identiques mais les dispersions statistiques ne l’étaient pas… Et ce type d’erreur est d’un niveau élémentaire : c’est la différence classique entre un salon rempli de millionnaires et un bar où se trouvent des milliers de pauvres et Bill Gates. Au final, la moyenne des revenus est peut-être identique dans l’un et dans l’autre des cas, mais pas la dispersion… Même chose pour les patients du Levothyrox. En moyenne ce médicament les soignait mais en réalité, leur état de santé était très en deçà de la moyenne. 

@PetitsMatinsFC 

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