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Wim Wenders participant à un débat avant de recevoir le prix "People in Europe Art award" à Passau, en Allemagne le 11 octobre 2018.

Cinéma : Wim Wenders / Contrôler la finance / Salvini et l'extrême-droite européenne / Faut-il être né avec une cuillère en argent dans la bouche pour être journaliste ?

1h01
À retrouver dans l'émission

Wim Wenders vous parle de sa vision de l'Europe, et Pascal Delwit de l'extrême-droite européenne en campagne. Les chroniques s'intéressent aux dérives du système financier et à la sociologie des journalistes.

Wim Wenders participant à un débat avant de recevoir le prix "People in Europe Art award" à Passau, en Allemagne le 11 octobre 2018.
Wim Wenders participant à un débat avant de recevoir le prix "People in Europe Art award" à Passau, en Allemagne le 11 octobre 2018. Crédits : Armin Weigel / dpa - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le réalisateur allemand Wim Wenders à propos de sa vision de l'Europe. Alors que son documentaire, Le Pape François, un homme de parole, sort en DVD, il explique ce qu'il entend par "les racines chrétiennes de l'Europe".

Je suis un Européen de la première heure. Quand j'étais gosse et que j'ai vu de Gaulle et Adenauer se serrer la main, c'était un grand moment historique, et  l'Europe était et est restée la plus grande utopie de ma vie. En remettant en cause cette d'idée d'Europe, je trouve qu'on retombe dans quelque chose de pire et qui a été la cause d'une souffrance incroyable pendant des centaines d'années. Il faut plutôt réinventer l'Europe des émotions et l'Europe de nos cultures, il faut réinventer ce grand toit que l'Europe peut être dans cette mondialisation.La culture européenne, c'est la somme de tous les penseurs, musiciens, architectes, auteurs... C'est la somme de nos histoires, de nos guerres, de nos conflits.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Pour contenir les dérives du système financier, et pallier l’impuissance des États, le répertoire d’actions citoyennes s’étoffe de jour en jour.

Dernier exemple en date de ces dérives : le montage financier mis en place par la Banque mondiale face à l’épidémie de virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo. Dans les pages Idées de Libération, Guillaume Lachenal décrit ce dispositif consistant à émettre des « obligations pandémies » pour lever des fonds utilisables en cas d’épidémie dans des pays du Sud. « Le principe était d’utiliser les marchés financiers comme une assurance : des investisseurs prêtent des fonds » utilisables « immédiatement en cas d’épidémie (les fonds étant alors perdus pour les investisseurs) ; en l’absence d’épidémie, les investisseurs récupèrent leur mise à l’échéance du contrat, en ayant entre-temps empoché des intérêts ». Mais le bilan s’avère peu reluisant : sur 140 millions de dollars, seule une vingtaine a servi à lutter contre la maladie, le reste a été remboursé aux fonds d’investissement, avec les intérêts. Pourtant l’épidémie s’est bien développée. 

La dernière livraison de la revue Mouvements (La Découverte) est consacrée à la lutte contre la finance. Depuis le mouvement Occupy Wall Street, les pratiques militantes se sont développées en prenant acte de la transformation du capitalisme : ce n’est plus le patron qui est l’interlocuteur dans le cadre traditionnel du conflit social, mais l’investisseur – actionnaire, prêteur, assureur. Il s’agit désormais de « retourner contre elles-mêmes les logiques spéculatives de la finance ». Des mobilisations d’endettés – étudiants ou expulsés de leur logement – aux citoyens exigeant de leurs élus qu’ils cessent d’obérer l’avenir des populations en recourant à des emprunts toxiques, en passant par les « subalternes » d’Inde du sud ou les Indiens Sioux contraignant des multinationales de la finance à se désengager d’un projet d’oléoduc au Dakota, « la réussite des mobilisations dépend de l’adéquation du diagnostic et des instruments de lutte aux défis que pose le capitalisme financier ». D’où l’importance du travail de prospection de l’information financière, plus accessible qu’on ne l’imagine en raison de son caractère stratégique pour la bonne marche du système. 

Les parlementaires viennent de rejeter la privatisation d’ADP (Aéroports de Paris). « Leur soupçon : une privatisation cousue sur mesure pour le groupe français, en compensation de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. » rapporte Le Monde. « La cession d’ADP imposée par la loi Pacte n’a pas seulement le tort de satisfaire les intérêts privés d’un capitalisme de prédation – estime la philosophe Barbara Stiegler dans l’hebdomadaire Le 1. Elle s’inscrit aussi, symboliquement, dans l’agenda du néolibéralisme : promouvoir le monde prétendument ouvert de la compétition jusque sur les zones frontalières, traditionnellement réservées à la souveraineté ». Pour le géographe Jacques Lévy, qui évoque les revenus des boutiques duty-free, « on peut se demander si c’est une bonne idée que l’État soit vendeur d’alcools, de cigarettes et de parfums ». En revanche, « la mobilité est typiquement un bien public », coproduit par celui qui le propose et par celui qui en dispose. « La société en paye une partie pour que tous les citoyens puissent y avoir accès. » C’est la forme actuelle de la coproduction de biens publics. « À l’âge de l’étatisme tend à succéder l’âge du contrat. » Là, nous avons encore quelque pouvoir sur nos conditions de vie. 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Danois, Finlandais, Allemand : ces trois partis réunis autour de la Ligue de Matteo Salvini ont scellé lundi leur alliance pour les Européennes. Le Ministre de l’Intérieur italien a fixé un objectif : constituer « le groupe le plus important au Parlement européen ». Salvini et l'extrême-droite européenne en campagne : unis dans la diversité ?

Xavier Martinet s'entretient avec Pascal Delwit, professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB).

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Faut-il être né avec une cuillère en argent dans la bouche pour être journaliste ? 

C’est la vraie interrogation posée par Libération dans une sorte d’auto enquête : Libération est-il un journal rédigé par des enfants de CSP , qui ont tous fait les études dans les mêmes villes, et les mêmes écoles ? S’en est suivi un débat avec différents protagonistes, notamment Daniel Schneiderman, un vrai débat ce qui n’est pas étonnant puisque c’est une question qui interroge les fondements même de la sociologie. 

D’après les résultats de cette enquête une majorité de journalistes sont nés dans des familles bien dotées en capital social et/ou culturel : c’est ainsi que sur un échantillon de 112 personnes,  seuls 31 journalistes de Libération (un petit tiers des répondants donc) n’ont aucun parent CSP , et l’on note dans cette rédaction une surreprésentation notamment des enfants de profs. Alors je n’ai pas fait l’enquête à France Culture mais il se pourrait fort bien que l’on trouve les mêmes résultats, même si certains dispositifs au sein de Radio France encouragent la mixité sociale : par exemple, le fait que seuls les étudiants boursiers soient admis en contrat d’alternance. 

En admettant en tout cas que les journalistes soient majoritairement filles et fils de bourgeois, qu’est-ce que cela dit sur la manière de voir le monde de ces dits journalistes ? A cette question, il existe deux fausses réponses. La première, c’est ce que l’on appelle le déterminisme ou le sociologisme, elle consiste à dire que l’on n’est finalement que le prolongement de son milieu, et que les fils de bourgeois sont condamnés à reproduire la vision du monde de la bourgeoisie. On connait l’objection traditionnelle adressée à cette règle, tous les penseurs révolutionnaires ou presque sont des filles et des fils de bourgeois. Mais, à l’inverse, si aucun déterminisme social n’existe, s’il n’y a pas de régularité sociale, à quoi bon faire de la sociologie, pourquoi ne pas remplacer la sociologie par une multitude de récits de vie, comme si la société n’était agitée que par des mécanismes aléatoires ?

D’autant qu’il n’y a finalement pas de grande surprise dans le fait de découvrir que les journalistes recrutés désormais à bac plus 5, soient comme les autres étudiants, plutôt fils de CSP Plus. On peut le déplorer, il faut le constater. Mais pourquoi cela générerait-il une même vision du monde. La question n’est pas seulement le point de départ, elle est aussi le point d’arrivée. Et là, les chiffres sont imparables. Parmi les titulaires de carte de presse, un quart sont des précaires. Parmi ceux qui vivent de piges, un peu moins de 20000 journalistes, à comparer avec les 35000 cartes de presse, touchent un peu moins de 1000 euros par mois. 

Voilà pourquoi, en matière de diversité dans les médias, il ne faudrait pas que l’éditorialiste cache les journalistes, ou, pour employer le vocabulaire de la critique des médias, que le chien de garde, cache les chiens errants… 

@PetitsMatinsFC 

Chroniques

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Faut-il être né avec une cuillère en argent dans la bouche pour être journaliste ?
Intervenants
  • Réalisateur, producteur, scénariste de cinéma et photographe allemand
  • professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB)
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