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Odontodactylus scyllarus.

Expo : Océan / Tintin géographe / Corée du Nord - Etats-Unis / Placer l’âme de la France dans les vieilles pierres

1h
À retrouver dans l'émission

Anne-Camille Bouillé vous parle de l'exposition "Océan, une plongée insolite", et Dorian Malovic des relations tendues entre les USA et la Corée du Nord. Les chroniques s'intéressent à Tintin et à la manière dont nous traitons les vieilles pierres.

Odontodactylus scyllarus.
Odontodactylus scyllarus. Crédits : © MNHN - Tin-Yam Chan

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Anne-Camille Bouillé, conceptrice de l'exposition "Océan, une plongée insolite", présentée au Museum d'Histoire Naturelle, dans la Grande Galerie de l'Évolution, à Paris, jusqu'au 5 janvier 2020. Pour les 5 ans et plus. 

L'Océan, c'est 71% de la surface de notre planète. C'est un milieu très contraignant pour l'Homme à cause du fait qu'on ne puisse pas respirer sous l'eau, qu'il y fasse obscur et que la pression soit très forte. Il a fallu inventer, au cours des siècles, des outils qui permettent d'aller à la rencontre d'une biodiversité étonnante. C'est encore un monde très méconnu. Le concept de l'exposition, c'est de s'éloigner des figures familières ; les baleines et les requins, pour partir à la découverte de bêtes qu'on ne connait pas du tout et que les scientifiques commencent à découvrir. 

Pterois volitans - Rascasse volante.
Pterois volitans - Rascasse volante. Crédits : © MNHN - Samuel Iglesias
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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Pendant les vacances, pourquoi ne pas écouter la radio en famille ? Les aventures de Tintin se poursuivent sur France Culture, toute cette semaine à 20H30, avec Le Temple du Soleil.

Dans une superproduction quasiment hollywoodienne associant notre chaîne, la Comédie-Française, Moulinsart et l’Orchestre national de France, une réalisation signée Benjamin Abitan… L’occasion d’évoquer un dernier opus dans la bibliographie déjà imposante des études consacrées au reporter du Petit Vingtième : Les géographies de Tintin, publié à CNRS Éditions. Vincent Veschambre évoque dans les albums la présence des cartes, outils privilégiés du géographe. D’une manière générale, elles font partie du décor, accrochées au mur derrière un personnage représentant l’ordre – policier ou militaire – dont elles apparaissent comme l’un des attributs de pouvoir. De ce point de vue elles jouent le rôle que Thierry Groensteen assigne aux icônes dans la bande dessinée : introduire une tension dans le récit séquentiel, comme dans l’exemple du tableau, « icône fixe, isolée, alors que les cases sont solidaires et animées par leur succession ». Ce qui ouvre une zone de résistance à réduire ou contaminer par tous les moyens : le meilleur exemple, c’est celui « du portrait du chevalier de Hadoque, que son descendant finit par incarner en crevant la surface de la toile, suite à un combat imaginaire et alcoolisé dans Le Secret de la Licorne ». Sinon, l’usage de la carte géographique pour se repérer dans l’espace est plutôt rare. C’est le cas de la première case du Temple du Soleil qui situe le Pérou dans le continent sud-américain, et le port de Callao où Tintin et le capitaine viennent de débarquer à la recherche du professeur Tournesol, enlevé pour avoir été mêlé à l’expédition qui a profané la sépulture du roi Inca Rascar Capac et ramené sa momie. 

Écouter
39 sec
Tintin, Le Temple du soleil, "Le pisco"

Le « pisco »… Dans la géographie alimentaire de Tintin – et surtout du capitaine Haddock – Jean-Robert Pitte relève l’omniprésence des boissons alcoolisées. Le whisky, bien évidemment, à l’origine de nombreux débordements qui relancent l’intrigue au moment opportun. À cet égard le sobre – voire abstinent – Tintin est d’une indulgence constante, comme le montre l’épisode du Temple du soleil où le capitaine achève sur un rocher au bord d’un précipice une vertigineuse dégringolade dans les Andes, due à un excès du breuvage. Commentaire résigné qui reflète le mélange de respect et d’affection que Tintin porte à son aîné : « Il y a un Dieu pour les amateurs de whisky »… À part ça, les scènes de gueuleton sont rares, du fait sans doute de leur caractère statique dans des aventures au rythme d’action soutenu et le frugal Tintin mange peu. Ses semelles de vent semblent suffire à son hyperactivité. Par contre les scènes de tablées renversées et de vaisselle brisée sont fréquentes. Si un certain nombre de mets locaux typiques sont évoqués, c’est plus souvent dans les noms de personnages : Hippolyte Bergamotte – l’américaniste des 7 boules de cristal – le général Tapioca, Rodrigo Tortilla, Porfirio Bolero y Calamares, Kaviarovitch, Walter Risotto ou le marquis Di Gorgonzola… 

Écouter
30 sec
Tintin, Le temple du soleil, "Les injures du Capitaine Haddock "

« Bougres de marchands de guano »… Les légendaires insultes du capitaine peuvent à l’occasion prendre une couleur locale. C’est un chapitre à part entière, assumé par Aymeric Landot : les injures géographiques. Au top du palmarès : mille sabords, tonnerre de Brest – qui dénotent leur contexte marin – ou Bachi-Bouzouk, bayadère de carnaval, Canaque et Apache, plus connotées ethniquement et disons aussi géographiques pour arrondir les angles d’un racisme latent. Mais justement, la plupart des insultes sont « axiologiquement neutres », histoire de les « dévulgariser », souci constant d’un auteur s’adressant à un public protégé par la loi sur la littérature jeunesse. C’est ainsi que sonnent des injures aux consonnes et palatales trébuchantes, juste sonores et suggestives : pantoufle, logarithme, anacoluthe, nyctalope, catachrèse… Toute une litanie de malédictions métaphoriques et hautes en couleur.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Kim Jong-Un « prochainement » en Russie probablement demain ou jeudi : ce sera la première rencontre entre dirigeants nord-coréen et russe depuis 8 ans. Deux mois après l'échec du sommet de Hanoï avec Donald Trump, Pyongyang cherche à diversifier ses relations, et à le montrer : dans quel but ?

Xavier Martinet s'entretient avec Dorian Malovic, chef du service « Asie » au quotidien La Croix, auteur de "Le Monde selon Kim Jong-un".

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il faudra écrire une histoire du traitement de l’incendie de Notre-Dame.

Oui, ce qui m’inspire cela, c’est, par exemple, la couverture du magazine L’Express daté d’aujourd’hui, un magazine qui arrive un peu après la bataille ou plutôt après l’incendie et qui, du coup, est obligé d’en faire plus encore que les autres : « L’âme de la France », voilà ce qu’arbore cette couverture, en montrant Notre-Dame — un titre que l’on aurait adoré au cours du XIXème siècle, avec différents auteurs du psychosociologue Gustave Le Bon, jusqu’au milieu du XXème siècle avec le géographe André Siegfried.

Je dis cela parce que cela fait longtemps que les théories fumeuses d’âme des peuples ont toutes été abandonnées : l’âme du peuple français n’est pas plus dans le clocher de Notre-Dame qu’à Alésia ou au sommet de la colonne de la Bastille, l’âme des peuples est une théorie qui a été abandonnée depuis des décennies au profit d’une vision probablement plus vivante de la société, beaucoup essentialiste, celle défendue par exemple par Renan qui parlait de la nation comme d’un plébiscite de tous les jours. 

Et il y a quelque chose d’étrange dans cette surenchère de superlatifs, cet exercice hyperbolique relatif à Notre-Dame, comme si l’on voulait se rassurer en se disant qu’il existe un bâtiment au moins où la France entière se retrouve sans même se rendre compte ce qu’il y a de problématique dans le fait que ce soit une cathédrale… Alors inutile même de dire que cette focalisation contredit le principe de laïcité — il suffit par exemple de constater que ce soudain intérêt pour Notre-Dame jure avec les autres édifices religieux en France qui tombent en ruine dans l’indifférence générale…

Notre-Dame n’est pas l’âme de la France, c’est tout simplement le stigmate de la manière dont nous traitons les vieilles pierres. Le New York Times en parle de manière très convaincante : Notre-Dame a brûlé parce que le patrimoine en France n’est pas suffisamment surveillé. Et maintenant que la cathédrale croule sous les millions, il suffit de voir qu’à coté de cette même cathédrale, à une heure en vélo, une basilique n’a toujours pas assez d’argent pour se refaire une beauté, la basilique de Saint-Denis dont la flèche n’est toujours pas remontée. 

Si l’on veut vraiment placer l’âme de la France dans les vieilles pierres, alors situons-la à Saint-Denis, là où la ruine se poursuit sans que personne finalement ne s’en émeuve… 

@PetitsMatinsFC

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Corée du Nord - Etats-Unis : Kim Jong-Un peut-il rebattre les cartes ?
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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Placer l’âme de la France dans les vieilles pierres
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