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Mais vous êtes fous.

Film : Mais vous êtes fous / Européennes / Pression maximale sur Téhéran / Un collectif de petits censeurs à Sciences Po Paris contre Alain Finkielkraut

1h
À retrouver dans l'émission

Audrey Diwan vous parle de son film "Mais vous êtes fous", et Thierry Coville des pressions des Etats-Unis sur Téhéran. Les chroniques s'intéressent à la « drôle de campagne » des européennes et

Mais vous êtes fous.
Mais vous êtes fous. Crédits : Audrey Diwan - Wild Brunch Distribution

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec la scénariste et réalisatrice, Audrey Diwan, pour la sortie de son premier film, Mais vous êtes fous, avec Céline Salette et Pio Marmaï, l'histoire d'un jeune couple qui met en danger sa famille pour une histoire d'addiction à la drogue. Un coup de cœur partagé avec Olivier Delcroix du Figaroscope

L'histoire du film a commencé le jour où j'ai fait cette rencontre qui m'a énormément marquée avec la femme dont c'est l'histoire. Elle s'est livrée comme on se livre aux gens qu'on ne connait pas. Une semaine avant, elle avait ce qu'elle appelle une vie normale. Au moment où je l'ai rencontrée, on lui avait retiré la garde de ses enfants, toute la famille avait été contaminée, elle avait découvert que son conjoint avait une addiction. Elle était à la fois sidérée mais, en même temps, quand elle parlait de cet homme, je sentais l'amour qu'elle avait pour lui et l'envie de le comprendre. L'addiction, c'est une trame de fond. Je voulais que cette drogue tienne la place d'une maîtresse. 

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

À un mois des élections européennes, la campagne peine à démarrer…

En cause notamment le Grand débat national dont l’issue se fait attendre et l’incendie de Notre-Dame qui a amené certains partis à annuler des meetings. Mais il y a plus : Le Monde cite un sondage IFOP du 19 avril, selon lequel 23 % seulement des électeurs se disent très intéressés par la campagne. 34 % se disent assez intéressés mais les sondeurs anticipent une abstention en hausse : 59 % n’iraient pas voter, contre 56 % en 2014. « Encéphalogramme plat » commente Brice Teinturier à Ipsos en observant les courbes… La campagne ne démarre pas. Les réunions publiques ne font pas recette, les Français semblent avoir la tête ailleurs. Il est vrai que les européennes n’ont jamais été des plus mobilisatrices, sans enjeu de pouvoir immédiat. Mais le cru 2019 promettait davantage, dans un contexte politique profondément renouvelé, l’idée européenne faisant son chemin dans les consciences, l’actualité étant plutôt fournie – notamment avec le feuilleton du Brexit. Certains accusent Macron d’avoir fait traîner le Grand débat pour « sauter au-dessus des européennes » et confisquer le débat public. Brice Teinturier rappelle « que la percée de Daniel Cohn-Bendit et des Verts en 2009 a eu lieu quatre à cinq jours avant le scrutin ». Et le parti présidentiel, s’apprête à mener une campagne « blitzkrieg » pour mobiliser les électeurs dans la dernière ligne droite. On peut estimer que c’est dommage, tant les questions européennes sont au cœur de nos destinées, individuelles et collectives. 

« La France est un drôle de pays, où l’on parle d’Europe au moment des élections nationales, mais si peu quand les élections européennes approchent » observe Bertille Bayart dans Le Figaro, en insistant sur la monnaie unique et le rôle de la BCE, absentes de la campagne : seraient-elles entrées dans les mœurs ? L’euro, avec une cote de popularité à 74 % dans la zone concernée et à 59 % en France « semble être devenu pour nombre d’Européens un gage de stabilité dans un monde par ailleurs si chaotique. La prudence de l’épargnant l’emporte sur les aigreurs nées des devoirs de la solidarité monétaire. » Quant au rôle de la BCE la journaliste rappelle que « la France paie une quinzaine de milliards d’euros de moins, chaque année, qu’en 2011 pour rembourser une dette qui dans le même temps a augmenté de 35 % en valeur ». Et combien de mètres carrés en plus les Français ont-ils obtenu grâce à des crédits immobiliers dont les taux ont fondu ? C’est juste, admettent David Cayla et Coralie Delaume dans un ouvrage didactique et utile publié chez Michalon : 10 questions 1 sur l’Union européenne. Mais la médaille a un revers : en privilégiant les épargnants avec une inflation contenue, on néglige les intérêts des emprunteurs – des actifs, des entreprises ou des États. Car là où l’inflation est égale au taux d’intérêt directeur arrêté, le coût réel de l’emprunt est pratiquement nul. Or les pays à forte croissance ont en général des taux d’inflation plus élevés que les pays en crise. Une politique monétaire commune a donc tendance à favoriser la croissance des pays les plus dynamiques et à plomber celle des pays déjà en crise.

Peut-être qu’au fond la vraie question est, une fois de plus, celle du sens. Pour Thomas Serrier et Valérie Rosoux sur le site AOC, c’est l’incapacité à faire émerger un « nous » à l’échelle du continent qui explique la désaffection à l’égard de l’aventure européenne. Pourtant « le sentiment d’avoir quelque chose en commun demeure bien réel ; inversement, le national fête depuis quelques temps déjà son grand retour, alors même que la densité des imbrications n’a jamais été aussi apparente ». 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

"Porter à 0 les exportations" de pétrole iranien : c'est ce que vise Donald Trump en menaçant de sanctions les pays qui en achèteraient à partir du 2 mai. Ce 2ème train de sanctions depuis 2018 vise a donner un "choix" à Téhéran : l'étranglement économique, ou un nouvel accord sur le nucléaire. "Pression maximale" sur Téhéran : quel est le calcul de Trump ?

Xavier Martinet s'entretient avec Thierry Coville, chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Hier, un groupe d’étudiants de Sciences Po Paris a tenté d’empêcher Alain Finkielkraut de donner une conférence. 

Oui, c’est une réalité, un collectif jusqu’ici inconnu appelé "Sciences Po en lutte — Institut Clément Méric", collectif auto proclamé antiraciste, a tenté donc d’empêcher Alain Finkielkraut de parler au motif qu’il serait profondément réactionnaire… 

On se demande évidemment de quel droit ces individus décident de priver quelqu’un de la parole, une manière de faire qui est au fond très éloignée de notre modernité. Car ce qui domine de plus en plus sur les réseaux sociaux, c’est une forme d’œcuménisme idéologique. Toutes les pensées, toutes, absolument toutes, ont droit de cité, voilà l’une des conséquences de la disparition des « gatekeepers », un terme anglais, littéralement les gardiens de la porte, autrement dit ces personnes qui décidaient, dans les médias par exemple, ou à l’université, qui avait droit à la parole… 

Avec internet, il n’y a plus de « gatekeeper », un prix Nobel et un ignorant ont strictement le même droit à la parole…mais dans ce contexte-là, toute forme de régulation de la parole, je ne parle même pas de censure, sont tenus comme inacceptables : le principe fondateur est de laisser chacun se faire une opinion, considérant donc, encore une fois, que personne n’a le droit de s’ériger en censeur pour déterminer ce que j’ai le droit d’entendre et ce que je n’ai pas le droit de savoir… 

Dans ces conditions, l’intervention de ce collectif de petits censeurs n’est pas seulement intempestive, elle témoigne finalement d’une grande condescendance. Elle revient à dire que le public a des facultés de raisonnement si faibles qu’il n’est pas capable de se faire une opinion : ce public exposé à la pensée d’Alain Finkielkraut ou de qui que ce soit d’autre se rangerait mécaniquement aux arguments de l’orateur. Ou bien ou bien, la pensée d’Alain Finkielkraut posséderait une force telle qu’elle contaminerait nécessairement toute personne qui y est exposée. 

Et c’est cela le paradoxe de la censure : penser que l’on est si peu capable de convaincre, qu’il faut interdire les arguments contraires aux siens, interdire parce que l’on se sait si peu convaincant…

@PetitsMatinsFC

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