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Photo non datée du saxophoniste ténor américain John Coltrane en concert à Paris.

Musique : John Coltrane / L’image à l’ère numérique / Djihad mondial / Jean-Pierre Marielle, la voix grave d’une France encore joyeuse, nous a quitté

1h
À retrouver dans l'émission

Nicolas Fily vous parle de la vie de John Coltrane, et Wassim Nasr de la pression djihadiste en Asie du Sud. Les chroniques s'intéressent aux effets produits par le traitement numérique des images et rendent hommage à Jean-Pierre Marielle.

Photo non datée du saxophoniste ténor américain John Coltrane en concert à Paris.
Photo non datée du saxophoniste ténor américain John Coltrane en concert à Paris. Crédits : AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Nicolas Fily, chroniqueur de jazz et auteur d'une biographie du saxophoniste de jazz et compositeur, John Coltrane, parue aux éditions Le Mot et le Reste, John Coltrane : The Wise One.

Les rencontres, c'est le trait principal du début de carrière de John Coltrane. Il a besoin de se nourrir de plein d'expériences donc il rencontre beaucoup de gens, beaucoup d'univers vraiment différents. Ce n'est pas un musicien comme certains qui ont un don de naissance qui fait d'eux des génies. Lui, il avait besoin d'apprendre, de travailler. C'était un acharné de travail. 

John Coltrane, c'est un halo de bienveillance, c'est ce que tous les témoignages de l'époque ont en commun. Affable, certes, peut-être un peu taciturne. C'était un universaliste religieux, à la fois musulman, à la fois chrétien, une conjonction de plein de croyances. Il voulait, en fait, rendre ce que Dieu lui avait donné à travers sa musique. C'est vraiment là qu'on peut parler de lui comme d'un mystique.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Quels effets produit le traitement numérique des images ? De la reconnaissance faciale aux nouveaux usages de la télévision ou la photographie en passant par le droit, plusieurs publications font le point.

Dans les pages idées de Libération, Pierre-Antoine Chardel et Asma Mhalla, respectivement professeur de sciences sociales et d’éthique à l’Institut Mines-Télécom Business School, et maîtresse de conférences à Sciences-Po, analysent les conséquences de l’extension de la reconnaissance faciale au domaine de la sécurité. Mis au point par les grandes plateformes numériques dans un but commercial et publicitaire, la technique serait aujourd’hui en passe d’être déployée au quotidien dans les dispositifs de surveillance généralisée, comme c’est déjà le cas en Chine. C’est probablement « l’un des sujets majeurs cristallisant le combat actuel pour les libertés fondamentales », soulignent-ils. Passer de la Smart City à la Safe City pose la question « du droit à évoluer dans l’espace public sans être identifié ». Face à des algorithmes qui s’emploient à figer une fois pour toutes notre profil, les auteurs rappellent l’exigence éthique ouverte par le visage « par essence irréductible », telle que l’a définie Emmanuel Levinas. Et dans un contexte judiciaire, « cette normativité algorithmique et la sécurité du résultat statistique risquent d’automatiser les décisions et de priver à terme les agents de leur esprit critique, de leur nécessaire autonomie d’appréciation ou de leur libre arbitre. Or le propre de la police et de la justice est que chaque affaire soit examinée pour ce qu’elle est, avec sa part de complexité propre qu’aucun logiciel ne saurait modéliser. »

La dernière livraison de la revue Les cahiers de la justice (Dalloz) publie un dossier sur le rôle des images. Le magistrat Denis Salas plaide pour une ouverture encadrée des cours de justice aux caméras « qui donnerait un supplément de légitimité démocratique à l’institution, et affirmerait, dans les procès à dimension historique, sa contribution à la mémoire collective ». Sophie Jehel y livre le compte-rendu d’une enquête éclairante sur l’emprise des images violentes chez les adolescents et les différentes formes de déprise mises en œuvre, de l’indifférence au dégoût ou la peur, en passant par l’évitement. Il s’avère que les difficultés de certains ados à se distancier de ces images provient d’une difficulté de « symbolisation » et que ceux dont les parents ont été présents pour limiter la consommation numérique « sont plus souvent capables de démarches autonomes » pour sortir du labyrinthe émotionnel où les enferment les algorithmes de « recommandation » par profilage. Là où les parents ont été absents, pour certains « l’écrit est apparu comme une protection et un appui : par la lecture des commentaires ou des articles liés à des vidéos, qui permettent de les contextualiser et de compléter son niveau d’information ». 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

L'Etat Islamique a finalement revendiqué mardi les attentats qui ont tué 359 personnes au Sri Lanka. C'est la plus importante attaque hors Irak et Syrie, dans une Asie du Sud déjà sous pression djihadiste. Colombo reconnaît une « défaillance » sécuritaire : les Etats du Sud sont-ils mal préparés ?

Xavier Martinet s'entretient avec Wassim Nasr, journaliste à France 24, spécialiste des mouvements djihadistes.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Apres la tragédie de Notre Dame, voici celle de notre monsieur, Jean-Pierre Marielle.

Et oui, et pas que notre monsieur de Paris : nous avons perdu Jean-Pierre Marielle, l’acteur est mort hier à l’âge de 87 ans, alors je m’en voudrais d’user d’expressions toutes faites pour journalistes fatigués — entre monstre sacré et légende du cinéma français — et, cependant, je suis sûr que la disparition de Marielle nous touche tous. 

Marielle, c’est le condensé sociologique d’une France des années 1970, la traduction joyeuse d’une thèse de l’EHESS, c’est un visage aussi rassurant qu’un appuie-tête de DS ou un accoudoir de R16. Je n’ai pas vu tous les films de Jean Pierre Marielle, j’ai l’impression d’en avoir vu un seul, un seul continu, avec un rôle unique dans des films dotés de titres et de réalisateurs différents, depuis Calmos de Bertrand Blier jusqu’au On est toujours trop bon avec les femmes de Michel Boisrond, en passant par les Caprices de Marie de Philippe de Broca, ou Sex shop de Claude Berri. Tous ces films racontent finalement la même histoire, une histoire où le visage de Jean-Pierre Marielle en personnage masculin, masculiniste dirait-on aujourd’hui, se confond avec ceux de Philippe Noiret ou de Jean Rochefort. 

Tous les films de Marielle ou presque ont été tournés dans une France pré-houellebecquienne, la France d’avant le glauquisme, une France où le travail est abondant même s’il est mal payé, une France où la consommation résonne encore comme une promesse de bonne vie. Les personnages joués par Marielle sont bien souvent des hommes contraints dans une vie étriquée : dans Les Galettes de Pont-Aven, Marielle est un représentant en parapluie habitant Saumur, qui déserte le domicile conjugal pour vivre une existence de débauché — peindre et faire l’amour. 

La grande différence entre la France de Houellebecq et celle de Marielle, c’est que dans la France de Marielle le bonheur est encore possible, il suffit pour l’atteindre d’ignorer le regard social. Le bonheur est possible avec les autres, à condition d’oublier la société. Dans tous ces films, Marielle est un James Bond luttant, non contre le Spectre ou une organisation terroriste, mais se mesurant à la société, tentant de déjouer ses ruses, de se libérer de son emprise. Marielle, c’est le nom d’un homme qui sait que l’aliénation n’est pas une fatalité, c’est la voix grave d’une France encore joyeuse.

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Jean-Pierre Marielle, la voix grave d’une France encore joyeuse, nous a quittés
Intervenants
  • Chroniqueur de jazz, disquaire et auteur de la biographie "John Coltrane : The Wise One" (éditions Le Mot et le reste)
  • Journaliste à France 24, spécialiste des mouvements djihadistes
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