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Tome 4 de la BD "Charles de Gaulle".

BD : Charles De Gaulle / Actualité de Nietzsche / Irlande – Londonderry / Remettre l’humain au cœur du projet

59 min
À retrouver dans l'émission

Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail vous parlent de leur série de BD "Charles De Gaulle", et Agnès Maillot des violences en Irlande du Nord. Les chroniques s'intéressent à Nietzsche et à l'humain en politique.

Tome 4 de la BD "Charles de Gaulle".
Tome 4 de la BD "Charles de Gaulle". Crédits : Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail - Editions Grand Angle

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

On connaît la fameuse boutade du Général de Gaulle rapportée par l'ancien ministre de la Culture André Malraux dans «Les chênes qu'on abat». Cinquante ans après son départ des affaires, le Général devient un héros de bande dessinée. La série Charles De Gaulle en quatre albums éditée par Grand Angle propose de revenir sur les grands moments de la carrière du Général. Tewfik Hakem s'entretient avec les deux auteurs, l'historien et scénariste Jean-Yves Le Naour et le dessinateur Claude Plumail.

Ce qu'on ne voulait pas faire, c'était un récit classique qui commencerait à la naissance et finirait par la mort. On voulait quelque chose de plus pointilliste. On met en avant son côté héroïque, mais il a un côté très vieille France, aussi. (...) Au départ, il part en guerre, comme tout l’État major, avec cette idée de sacrifice, cette idée qu'on doit être à la tête de ses hommes, gants blancs, avec l'épée à la main. Et on va découvrir une guerre industrielle, moderne, rien à voir avec la guerre napoléonienne qui est dans les esprits. C'est seulement finalement dans la captivité que De Gaulle se met à réfléchir et à critiquer ses chefs. Il commence à être plus politique que militaire.    Jean-Yves Le Naour

Tome 1 de la BD "Charles de Gaulle".
Tome 1 de la BD "Charles de Gaulle". Crédits : Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail - Editions Grand Angle

Je ne voulais pas être prisonnier des photos. La bande dessinée reste un art de l'interprétation graphique des choses, donc moi j'interprétais Charles de Gaulle, mais évidemment, avec des documents à l'appui. (...) Pour la première fois, j'ai eu à faire vieillir un personnage dans de la bande dessinée. C'était un challenge.    Claude Plumail

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Un Ve volume de la correspondance, le tome II des Œuvres dans La Pléiade et plusieurs lectures contemporaines – dont l’une est centrée sur la pensée de la Terre : Nietzsche est de retour.

Notre époque lui aurait sans doute inspiré de sanglantes diatribes : montée de fausses idoles et régime de la post-vérité, retour en force des religions sous leur aspect le plus réactionnaire, emballement de la technostructure… Le Magazine Littéraire lui consacre un dossier où Bernard Stiegler évoque l’aspect prémonitoire de sa pensée : lorsqu’il souligne par exemple dans Le Voyageur et son ombre le caractère disruptif de la combinaison de la machine à vapeur, du chemin de fer, du télégraphe et de la presse. « Il analyse la destruction de la proximité qui en résulte et la transformation radicale du rapport au lointain : exactement ce que nous sommes en train de vivre, porté à ses dernières extrémités. » Le philosophe explore dans son dernier livre – Qu’appelle-t-on panser ? (Les Liens qui libèrent) – l’événement anthropocène au prisme notamment de la pensée nietzschéenne et la nécessité de rétablir le lien entre le devenir et l’avenir. Lequel passe par une fidélité retrouvée à la Terre, comme le développe Pierre Montebello dans un ouvrage qui vient de paraître à CNRS Éditions : Fidélité à la Terre. L’auteur se réfère à un passage de Zarathoustra qui en appelle à cette disposition d’esprit et à cet engagement : « à la terre restez fidèles, et n’ayez foi en ceux qui d’espérances supraterrestres vous font discours ! Ce sont des contempteurs de la vie ! Jadis l’outrage contre Dieu fut l’outrage le plus grand, mais Dieu est mort… Faire outrage à la Terre est maintenant le plus terrible, et estimer plus haut les entrailles de l’insondable que le sens de la Terre ! » 

Le Gai Savoir est la pierre de touche d’une période particulièrement féconde pour le philosophe, entre 1876 et 1882, celle que couvre le tome II des Œuvres publiées dans La Pléiade, après Humain, trop humain et Aurore. Nietzsche est entré dans sa vocation de philosophe intempestif et s’est éloigné de la philologie grecque. C’est aussi le début d’une vie de voyages et d’errance avec la conception du Zarathoustra. Invité à Rome par Malwida von Meysenbug, en avril 1882, Nietzsche fait la connaissance de Lou Andreas Salomé dont il tombe amoureux. Ils se rendent en Suisse en compagnie de Paul Rée. On le sait, l’amitié de cœur ne tiendra pas et leur « communauté d’étude » va se dissoudre. En juillet 1883 il se brouille définitivement avec Lou. « Elle me manque, même avec ses défauts. [...] Maintenant c'est comme si j'étais condamné au silence ou à une sorte d'hypocrisie humanitaire dans mes rapports avec tous les hommes » Lettre à Franz Overbeck, fin août 1883.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Une semaine après la mort de la journaliste Lyra McKee, tuée d’une balle perdue tirée par un membre de la Nouvelle IRA, un groupe républicain dissident, lors d’une émeute à Londonderry, l’enquête se poursuit. L’événement a fait resurgir la crainte des « Troubles », le conflit armé d’avant les années 2000. Il a aussi dressé contre lui toute une classe politique désunie depuis 2 ans. Irlande – Londonderry : l’engrenage des violences enrayé ?

Xavier Martinet s'entretient avec Agnès Maillot, professeure à l’Université de Dublin (Dublin City University).

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Faut-il remettre l’humain au cœur du projet ? 

Evidemment oui, c’est ce qu’a indiqué Emmanuel Macron, il veut remettre l’humain au cœur du projet, il l’a dit hier soir. Une convergence inattendue avec la tête de liste du Parti Communiste Français, Ian Brossat, qui s’affiche en ville avec un slogan voisin « L’humain d’abord ». Cette convergence des luttes entre le PCF et LREM ne doit pas nous leurrer : tout homme politique, hier, aujourd’hui ou demain, proposera remettre l’humain au cœur de son projet. 

C’est à priori une bonne nouvelle, mais aussi une nouvelle singulière. Car que serait un projet qui ne mettrait pas l’humain au cœur ? Alors s’agit-il par exemple d’une lutte des humanistes contre les humanoïdes ? Bernanos, dans un livre que je cite finalement assez souvent, plaçait sa France contre les robots, mais c’était avant tout métaphorique. Depuis cette parution, les robots ont-ils gagné du terrain ? 

Il est vrai que l’on pourrait imaginer un parti des voitures, moi je voterai facilement pour la DS — 50 ans d’avance sur le reste de la production automobile —, mais il pourrait y avoir un parti Apple, Xiaomi ou Huawei — soupçonné de collusion avec l’étranger. A moins, à moins, et cette hypothèse est finalement moins onirique, que nos politiques se résignent à parler de l’homme quand il n’ont plus rien à dire : c’est la phrase du pauvre Jean Bodin, auteur oublié parmi les humanistes de la Renaissance, « Il n’est de richesses que d’hommes », c’est à peu près la phrase la plus usée de la galaxie, et la plus fausse aussi, puisqu’après tout on peut vendre sa mobylette mais pas son copain, preuve qu’il n’y a pas de richesses que d’hommes. 

Remettre l’humain au cœur du projet, voilà une proposition encore plus consensuelle que la guerre à la guerre, puisque, jusqu’ici, les non humains sont assez discrets en matière de politique. Et, dans sa grande période de « et en même temps », Emmanuel Macron n’est pas allé jusqu’à proposer une politique favorable à l’humain et à la mécanique — le rire selon Bergson était de la mécanique plaquée sur du vivant, peut-être pourrait-il naître aussi de la politique plaquée sur de l’humain ?

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Remettre l’humain au cœur du projet
Intervenants
  • Historien, spécialiste de la seconde guerre mondiale et de l'histoire du 20ème siècle, scénariste de bande dessinée
  • Dessinateur
  • Professeure à l’Université de Dublin (Dublin City University)
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