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Cécile Hennion

Livre : Cécile Hennion / Espagne, le passé qui ne passe pas / Espagne : la bataille des nationalismes évitée ? / Le superfail de Bayer Monsanto

1h
À retrouver dans l'émission

Cécile Hennion vous parle de son livre "Le fil de nos vies brisées, Portraits de Syriens en exil", et Barbara Loyer des législatives espagnoles. Les chroniques s'intéressent à l'Espagne et à Bayer Monsanto.

Cécile Hennion
Cécile Hennion Crédits : Laurent Van der Stockt

 @PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Cécile Hennion, journaliste au Monde, et correspondante à Beyrouth de 2009 à 2013, pour la parution de son livre, Le fil de nos vies brisées, _Portraits de Syriens en exil_, aux éditions Anne Carrière.

Je ne suis jamais allée à Alep et, malheureusement, je ne la verrai jamais. Alep, c'était un peu le point zéro de notre histoire, quelque chose qui appartient à notre patrimoine et une ville à laquelle tous nos ancêtres autour de la Méditerranée pouvaient se rattacher. [...] C'est une ville qui est tellement détruite que leurs habitants ne reconnaissent même plus le tracé du chemin qu'ils empruntaient tous les jours, qu'on peut sortir pour aller chercher à manger et revenir chez soi cinq minutes plus tard pour découvrir que la maison et ses habitants ont disparu dans ce laps de temps. 

Ce qui est poignant avec eux, c'est qu'ils avaient la vigueur de la jeunesse et ses idéaux, sans doute réservés à cet-âge là, qui leur faisaient penser qu'eux pourraient, contrairement à leurs pères ou à leurs grand-pères, changer leur monde. Ce qui est tragique, c'est de voir à quel point leur innocence, leur jeunesse s'arrête de façon aussi brutale, par les combats, par les bombardements, par les destructions qui s'abattent autour d'eux. 

"Le fil de nos vies brisées" Cécile Hennion (Anne Carrière éditions)
"Le fil de nos vies brisées" Cécile Hennion (Anne Carrière éditions)
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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Les électeurs espagnols se prononcés hier et selon des résultats partiels, la percée du parti d’extrême droite Vox est confirmée.

Avec 10% des suffrages, c’est un résultat en gros conforme aux estimations. Ce nouveau parti d’une droite nostalgique du franquisme n’est pas né par génération spontanée, il s’est constitué à partir de la frange la plus réactionnaire du Parti populaire où ce courant d’opinion s’était fondu. Tous les commentaires soulignent que c’est la poussée des indépendantistes catalans et leur volonté de faire sécession qui les a fait sortir du bois. Anti-avortement et anti-mariage homosexuel, défenseur de la tauromachie et de la chasse, de « l’Espagne éternelle », et d’une vision traditionnelle de la famille, cette nouvelle formation a séduit des électeurs en particulier dans le monde rural et les villes moyennes. « Vox a surgi comme une conséquence, dans le reste de l’Espagne, de la crise catalane », confirme Benoît Pellistrandi sur le site AOC. Résultat paradoxal : les formations nationalistes ou indépendantistes pourraient devenir les arbitres, et favoriser soit la majorité « Frankenstein » sortante, unissant les socialistes aux indépendantistes, soit une majorité « Francostein » qui unirait « les droites » dans un tout sauf l’indépendantisme ou un « tout sauf Sánchez ». L’avenir proche le dira. La majorité « Frankenstein » sortante, « c’est le nom que les anciens barons du socialisme ont donné à la formule Sánchez – l’actuel premier ministre – pour dénoncer le fait d’avoir fait des indépendantistes des compagnons de route », l’expression de majorité « Francostein » est due à Felipe González, l’ancien chef du gouvernement socialiste, pour désigner l’alliance qui unirait les droites contre le séparatisme ou contre Sánchez. 

Vox recrute majoritairement ses électeurs chez les hommes, âgés de 25 à 44 ans, qui n’ont donc pas connu le franquisme. Dans un déni de la dictature qui s’est imposé en Espagne pendant des décennies, ils rejettent la mauvaise conscience d’un « passé qui ne passe pas ». Tout récemment, pour commémorer les 80 ans de la « Retirada », l’exode à la fin de la guerre civile, le chef du gouvernement espagnol s’est rendu dans le sud de la France pour rendre hommage – le premier depuis la mort de Franco – à Manuel Azaña, le dernier président de la République espagnole, au cimetière de Montauban, ainsi qu’au poète Antonio Machado à Collioure, et à ses compatriotes venus mourir sur la plage d’Argelès. L’événement, passé inaperçu chez nous, nous remet en mémoire l’importance de l’écho de la guerre civile dans notre pays. « Au cours des années 1930, aucun conflit extérieur n’a provoqué chez les intellectuels français de passions et de clivages plus importants que la guerre d’Espagne », soulignait Geneviève Dreyfus-Armand dans l’ouvrage collectif dirigé par Christophe Charle et Laurent Jeanpierre : La vie intellectuelle en France(Seuil). À partir d’une documentation exhaustive, Pierre-Frédéric Charpentier livre une somme détaillée sur cette « guerre civile par procuration » dans un livre qui vient de paraître aux éditions du Félin sous le titre Les intellectuels français et la guerre d’Espagne. « Le printemps de 1937 a sans douté été l’un des plus tragiques des printemps français, un printemps de guerre civile » écrivait Georges Bernanos dans Les Grands Cimetières sous la lune

Tout comme Bernanos, des écrivains catholiques – Emmanuel Mounier, Jacques Maritain ou François Mauriac – ont dénoncé les massacres commis par les troupes franquistes et les milices au nom de la sainte foi. Dans l’autre camp, des intellectuels ayant rejoint le front, comme Malraux, Benjamin Péret ou Simone Weil se refusent à entériner les désastreuses divisions du camp républicain entre communistes, trotskistes et anarchistes. Simone Weil en fera les frais, délibérément négligée par le personnel de l’hôpital où elle est soignée à la suite d’une grave blessure accidentelle, du fait qu’elle est identifiée comme anarchiste. C’est aussi le premier conflit à avoir bénéficié d’une telle couverture médiatique. Courts, moyens et longs métrages, émissions de radio, la liste des reporters de presse est également impressionnante dans les deux camps : Robert Brasillach, Drieu La Rochelle, Blaise Cendrars, Joseph Kessel, Paul Nizan ou Saint-Exupéry, pour ne citer qu’eux… Retronews, une nouvelle collection de la Bibliothèque nationale, réédite en intégralité des journaux d’époque et notamment quatre titres sur la Guerre d’Espagne. Dans l’un d’eux - le quotidien Ce soir - Ernest Hemingway, de retour de Teruel, apporte son témoignage sur la reprise de la ville par les troupes républicaines. Question : « Y a-t-il eu des représailles ? » Réponse de l’écrivain : « J’ai été témoin que pas une seule personne n’a été fusillée… Ce n’est pas ce qui s’était passé lors de la prise de Teruel, au début de la guerre civile, par les troupes de Franco. »

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Victoire de la gauche, percée historique de l’extrême droite, aucun parti n’a de majorité seul : Pedro Sanchez gagne la bataille de la légitimité mais doit négocier une alliance fragile. Ces troisièmes élections en trois ans apporteront-elle moins d’instabilité ?

C'est une victoire mais aussi un nouveau défi pour les socialistes espagnols : les élections législatives anticipées s'annonçaient très serrées mais le favori des sondages, le Premier ministre Pedro Sanchez, a remporté le scrutin ce dimanche 28 avril. Selon les résultats partiels du ministère de l'Intérieur, le PSOE a remporté 29% des voix, soit 123 députés qui seront présents aux Cortes Generales, le Parlement espagnol.

Xavier Martinet s'entretient avec Barbara Loyer, politologue spécialiste de l'Espagne et enseignante et chercheure en géopolitique à l'Université de Paris-VIII.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

On ne redira jamais assez le bien que Monsanto fait à l’écologie.

Oui, oui, Monsanto, l’industriel producteur du Roundup… Alors, je sais que dis comme cela peut paraître un peu étrange et, pourtant, Bayer est en train d’effectuer une véritable leçon d’écologie depuis son rachat de Monsanto. Voici en effet l’une des plus belles histoires de superfail, comme le rappelle encore aujourd’hui Les Echos. Voici donc une fusion acquisition, une de plus, le rachat du siècle, comme il y en a plusieurs fois par mois, sauf que là il s’agit de deux grands méchants qui font leur beurre dans le produit chimique, le pesticide, bref dans le pas écologique pour deux dollars. Et, à l’époque de cette fusion, Bayer a racheté Monsanto pour 56 milliards de dollars. 

Et les risques liés au Roundup ? Eh bien connais pas, le Roundup ça ne risque rien. Alors de deux choses l’une : ou bien le PDG de Bayer — Werner Baumann — n’y crois pas, refuse de voir, et pense que le Roundup c’est sacrément bon, ou bien il voit et pense que jamais, ô grand jamais, un tribunal ne condamnera Monsanto pour la commercialisation d’un produit atroce et cancérigène comme le Roundup. 

Manque de bol, les procès s’accumulent et depuis la date de rachat, juin 2018, Bayer Monsanto, donc l’union des deux, vaut 56 milliards de dollars, c’est-à-dire à peu près le prix déboursé pour le rachat de Monsanto. Un peu comme si un plus un valait un… Et ça n’est pas fini puisque l’on estime à 13400 le nombre de plaintes touchant Monsanto rien qu’aux Etats-Unis, ce qui veut dire que le risque financier est estimé entre 36 et 80 milliards de dollars, il se pourrait donc que la valeur de bayer Monsanto soit négative… Une sorte de trou noir du business, une immense machine à détruire de la valeur, le tout lancé dans une chute impossible à arrêter puisqu’aujourd’hui Bayer ne peut pas se séparer de Monsanto et de la somme infinie ou presque de procédures qui s’annonce avec cette entreprise, comme si Monsanto avait filé la peste a Bayer, comme s’il existait une forme de justice divine dans le capitalisme.

Bayer Monsanto, tant que le Roundup détruisait les mauvaises herbes et la biodiversité, plaisait au capitalisme mais depuis qu’il détruit de la valeur, sûr que ce type de produit va devenir radioactif pour l’actionnaire… 

@PetitsMatinsFC

Chroniques

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Cécile Hennion : "Alep, c'était un peu le point zéro de notre histoire"
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Législatives en Espagne : le choc des nationalismes évité ?
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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Le superfail de Bayer Monsanto
Intervenants
  • journaliste au Monde, correspondante de guerre pendant 15 ans
  • Politologue spécialiste de l'Espagne et enseignante et chercheure en géopolitique à l'Université de Paris-VIII
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