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Derniers préparatifs du Festival de Cannes 2019.

Cinéma : Festival de Cannes / Géographie humaine de l’Europe / Tensions Iran-USA / « Une vie donnée n’est pas une vie perdue »

59 min
À retrouver dans l'émission

Gérard Lefort et Éric Garandeau vous parlent du Festival de Cannes, et Clément Therme des fortes tensions dans le Golfe Persique. Les chroniques s'intéressent à l'Europe et à l’idée que donner sa vie est le don suprême.

Derniers préparatifs du Festival de Cannes 2019.
Derniers préparatifs du Festival de Cannes 2019. Crédits : Christophe SIMON - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Gérard Lefort, critique de cinéma, pour ses souvenirs du Festival de Cannes, La foire aux vanités, publiés aux éditions Hors Collection, et Éric Garandeau, ancien président du CNC et ancien vice-président du Festival de Cannes, pour son premier roman, Tapis rouge, paru aux éditions Albin Michel.

A quoi sert le Festival de Cannes ? J'ai envie de répondre de façon provocante : à rien, et c'est ça qui est superbe. C'est-à dire que pendant une dizaine de jours, on voit forcément les plus beaux films du monde dans les meilleures salles de cinéma du monde, il y a quelque chose d'une attitude et de gestes complètement gratuits. Pourquoi?  Comment? Qu'est-ce qu'on fait là... ? Il y a de l'irréalité. Gérard Lefort

Les membres du 72ème Festival de Cannes, 14 mai 2019.
Les membres du 72ème Festival de Cannes, 14 mai 2019. Crédits : LOIC VENANCE - AFP

J'ai eu envie de laisser la plume à des choses plus légères, plus divertissantes. C'est l'histoire même du Festival de Cannes, créé une première fois en 1939 - mais avec la Guerre, il n'y eut qu'un seul film projeté cette année-là - qui renaît de ses cendres en 1946. Il fallait trouver une façon de faire, c'était un défi que ce roman d'aventures. [...] Le Festival, c'est un peu le Graal pour tout cinéaste, ce livre c'était rendre un hommage. Le héros se retrouve embringué dans une histoire rocambolesque qui va l'entraîner très loin. Mais c'est vrai que Tapis rouge, c'est aussi le festival des vanités... Éric Garandeau

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

L’Europe, c’est aussi un continent dont la géographie a façonné l’histoire, jusqu’à celle de l’union à 28 pays membres.

C’est pourquoi les récits de sa traversée mêlent inextricablement les territoires et les cultures, les paysages et l’histoire. Le modèle, c’est le beau livre de Claudio Magris intitulé Danube, qui des sources du fleuve en Forêt-Noire à son delta en mer Noire côtoie les méandres et les accidents d’une épopée millénaire tout en croisant des figures tutélaires de la Mitteleuropa : Kafka, Canetti, Lukács, Joseph Roth, Cioran… Dans les pages idées de Libération, l’écrivain et géographe Emmanuel Ruben évoque le périple à vélo qui l’a conduit, en sens inverse d’Odessa à Strasbourg à la découverte d’une humanité pittoresque et diverse, une traversée au long cours qu’il raconte dans un livre publié chez Rivages sous le titre Sur la route du Danube

Deux géographes, Sylvain Kahn et Jacques Lévy, ont entrepris d’arpenter le continent politique sous l’angle de l’espace. Ils publient chez Odile Jacob un livre intitulé Le Pays des Européens. Pour eux « Le genre d’espaces qui caractérisent d’abord l’Europe ce sont les réseaux : réseaux de voix de circulation, de monastères, d’universités, de création scientifique et esthétique, d’entreprises et bien sûr de villes. » Lesquelles sont consubstantielles à l’idée européenne par « leur capacité à desserrer l’étau des institutions territoriales (États et Églises) » pour faire émerger des espaces de liberté et de solidarité, comme en témoignent les hospices, la prise en charge des enfants abandonnés ou la protection des serfs en fuite du pouvoir féodal. Ce que résume le dicton médiéval allemand : « l’air de la ville rend libre », qu’illustre par exemple l’autonomie du réseau des villes hanséatiques. C’est là aussi que prend forme une notion essentielle pour la démocratie à venir : l’espace public. Après les paroxysmes des guerres déclenchées par les États-nations pour affirmer leur autorité totalitaire, « la construction européenne marque le retour à l’équilibre entre territoires et réseaux ».
« Si c’était à refaire, je commencerais par la culture ». On prête à Jean Monnet ces propos que cite Emmanuel Tibloux sur le site AOC. Le directeur de l’École des arts décoratifs plaide pour une politique culturelle ambitieuse pour l’Europe, en se référant notamment aux conceptions opposées de Kant et Herder, le premier sur le cosmopolitisme d’une histoire universelle, le second sur la Kultur qui fonde l’essence d’un peuple (Volk), et qui soutiendra la construction de l’identité nationale. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, le philosophe Theodor Adorno incriminera un échec de la culture dans la catastrophe qui produisit Auschwitz, la reléguant pour longtemps aux marges du projet européen. En écho aux regrets de Jean Monnet, on pense à la déclaration prémonitoire de Pierre Mendès France devant l’Assemblée nationale en 1957, après avoir pris connaissance du Traité de Rome : « L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes : soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de tous ces pouvoirs à une autorité extérieure laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique car, au nom d’une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

De fortes tensions et une certaine confusion dans le Golfe Persique : Ryad dénonce un "sabotage" après que 4 navires ont été endommagés dimanche. Washington renforce ses troupes et invoque une possible attaque iranienne. Mais hier M. Pompeo et A. Khamenei assuraient ne "pas vouloir la guerre".

Xavier Martinet s'entretient avec Clément Therme, chercheur pour le bureau Moyen-Orient de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) de Londres.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

« Une vie donnée n’est pas une vie perdue » a déclaré Emmanuel Macron… 

C’est cette phrase que l’on retient ce matin, une phrase prononcée hier par le président de la république lors de l’hommage aux deux soldats tués en libérant les otages du Burkina Faso. Cette phrase « Une vie donnée n’est pas une vie perdue » est aujourd’hui dans toutes les têtes, parce qu’elle rejoint les raisons pour lesquelles paradoxalement, l’armée est à nouveau si populaire en France. 90 % des français ont une bonne opinion de l’armée, je dis paradoxalement parce que cette bonne opinion tranche avec les années de pacifisme où les fana mili étaient minoritaires, avec une période où l’armée, entre la défaite de 1939 et les guerres de décolonisation, était rien moins que sympathique. 

Alors, pourquoi ce regain ? Eh bien en raison d’un paradoxe, finalement assez bien résumé par la phrase d’Emmanuel Macron : l’armée incarne aujourd’hui une forme de gratuité dans une société qui se pense comme malade de l’argent. L’armée incarne finalement une forme de résistance vis-à-vis de relations monétaires qui viendraient flétrir l’existence humaine, les militaires constituent désormais une alternative à cette société marchande, en proposant le don de soi, donner sa vie pour autrui. 

Donner sa vie comme un antidote au règne de la marchandise, voilà pourtant quelque chose qui ne va pas de soi. Si l’on songe, par exemple à ce que disait le sociologue Georg Simmel dans l’un de ses livres principaux, La philosophie de l’argent. Pour Simmel, l’argent est né justement pour compenser la perte d’une vie humaine. Il existe d’ailleurs, selon lui, une étymologie commune au verbe tuer — « to kill » en anglais — et à l’argent, les différentes monnaies. Le sociologue évoque encore ce que l’on appelle le « Wergeld », en allemand, la somme d’argent versée lorsque quelqu’un a été tué, une somme proportionnelle, jadis, à l’importance sociale de la personne tuée. Or Simmel explique que l’une des conséquences du christianisme est précisément de considérer que la vie humaine quelle que soit la vie, celle d’une personne importante ou pas, n’a pas de prix et ne peut donc pas être compensée par une somme d’argent. 

D’où l’idée que donner sa vie est le don suprême, donner sa vie non pas pour un être cher mais pour la communauté nationale, la vie comme valeur, valeur suprême, à telle enseigne qu’elle ne peut être compensée par de l’argent. 

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner
« Une vie donnée n’est pas une vie perdue »
Intervenants
  • Journaliste, critique de cinéma et écrivain
  • Ancien membre du Conseil d'administration du Festival de Cannes, auteur d'un roman,"Tapis rouge" (éd. Albin Michel)
  • chercheur associé à l'Institut universitaire européen de Florence
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