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Hommage à Michel Legrand lors des Victoires de la Musique 2019.

Musique : Hommage à Michel Legrand / Ce que les mots nous disent / Soudan / Le cas Kotarak

1h01
À retrouver dans l'émission

Richard Galliano rend hommage à Michel Legrand, et Clément Deshayes de la démocratie en dents de scie au Soudan. Les chroniques s'intéressent aux mots et à Andréa Kotarac qui est passé de la France Insoumise au Rassemblement National.

Hommage à Michel Legrand lors des Victoires de la Musique 2019.
Hommage à Michel Legrand lors des Victoires de la Musique 2019. Crédits : Thomas SAMSON

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le compositeur, accordéoniste, Richard Galliano, à l'occasion de la sortie d'un album hommage à Michel Legrand, The Tokyo Concert - (label Jade) ; un Live enregistré en 2018, lors d’un festival à Tokyo.

C'était un très grand harmoniste - mélodiste est plutôt réducteur. Si vous prenez les chansons de Michel Legrand, elles ont toutes leur tonalité différente.  Il faut savoir que c'est assez difficile les musiques de films ; c'est des rencontres. Michel Legrand disait qu'à chaque décennie, il faut changer. 

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La nouvelle édition du Petit Robert paraît aujourd’hui. Parmi les mots qui ont fait leur entrée dans le dictionnaire : infox, jober, et – pour ceux qui se réveillent – latte, un café nappé de mousse de lait chaud…

Jober nous vient de Belgique, il conviendra aux milléniaux – autre mot nouveau, désormais francisé – à l’heure où les embauches en CDI se raréfient et les petits jobs se multiplient. Dans sa présentation, Alain Rey évoque le mot infox, qui permet d’éviter l’américanisme fake news. « Dans infox, on entend fox », comme pour « nous méfier du renard qui nous ment ». Le lexique de la communication numérique est bien représenté parmi les entrants : scroller, de l’anglais scroll – rouleau, manuscrit – signifie « faire défiler un contenu sur un écran informatique ». N’en déplaise à ceux qui lui préfèreront le mot données, data est désormais intronisé dans le Petit Robert comme un vocable français, en version invariable ou au pluriel. Blockchain, cyberharcèlement, ou vidéoverbalisation aussi, lequel évoque un univers orwellien – nouvel entrant – pour désigner la verbalisation effectuée à l’aide de caméras de surveillance. La politique n’est pas en reste : démocrature, ou encore transpartisan – c’est d’actualité pour dépasser les clivages… Je retiens ochlocratie, du grec okhlos qui signifie la foule : une dégénérescence de la démocratie représentative, selon Rousseau, le gouvernement par le peuple. Les gilets jaunes et leur RIC apprécieront. Sinon, quelques aimables curiosités lexicales venues du monde francophone : niaisage – perdre son temps en futilités – et du même Québec jarnigoine – bon sens – ou encore cadeauter où l’on entend cadeau, qui rappelle à notre bon souvenir la prochaine fête des mères et nous vient d’Afrique. 

Pas de mots qui sortent de cette nouvelle édition du Petit Robert, juste certains signalés comme vieillis. Et pas davantage de mots manquants, qui avaient déjà fait l’objet d’une recension originale dans un dictionnaire imaginé par Belinda Cannone et Christian Doumet, ouvert à tous les vents de l’inspiration littéraire, comme celle de Cécile Ladjali déplorant l’absence de celui qui définirait « le bruit si particulier que produit un pas dans la neige ». Crisser ? Mais non, il lui fallait un mot idoine, unique et adéquat, comme l’un de ceux dont disposent les Inuits pour dire tous les états de la neige et de la glace. Aujourd’hui les mêmes auteurs publient un Dictionnaire des mots parfaits aux mêmes éditions Thierry Marchaisse et suivant le même principe : faire parler les écrivains d’une ressource essentielle pour eux, les mots. Il s’agit évidemment d’un exercice différent mais pas si éloigné : même parfaits, les mots manquent toujours à l’écrivain car il faut à chaque fois les attirer à soi depuis leur usage commun, comme le soulignait Michel Leiris dans Langage tangage ou Ce que les mots me disent

Dans leur chronique de L’Humanité, Francis Combes et Patricia Latour signalent que 150 mots ont fait leur entrée dans cette nouvelle édition, dont plusieurs traduisent des évolutions dans le monde du travail, comme « ubérisation » ou « smicardisation »…

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

9 blessés et les négociations entre civils et militaires suspendues : c'est le bilan de la journée d'hier, après l'annonce à l'aube d'un accord sur une transition démocratique. Après 5 mois de manifestations, les manifestants qui ont obtenu le départ d’Omar el Béchir auront-ils raison de l'armée ?

Xavier Martinet s'entretient avec Clément Deshayes, doctorant à l’Université Paris-8, chercheur en sociologie politique, spécialiste du Soudan.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Vous voulez évoquer le cas Kotarak…

Eh bien oui, Andréa Kotarak, l’Insoumis qui a succombé aux sirènes du Rassemblement National, c’est le titre de Libération, ce membre de la France Insoumise qui est donc passé de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, enfin sauf que les uns refusent qu’on les dise de gauche, et les autres ne veulent pas qu’on les place à l’extrême-droite, bref Andréa Kotarak est une excellente affaire journalistique. 

Bonne affaire journalistique puisque son passage au RN recèle trois informations en une : Andréa Kotarac est passé au Rassemblement National, Andréa Kotarac était à la France Insoumise, Andréa Kotarak existe. Les journalistes ont besoin de personnages, de nouveaux personnages, en voici un qui pourrait, en fonction de vous , amis auditeurs, accréditer l’existence même de la catégorie de rouge brun : après avoir effectué de nombreux passages sur la chaine de télévision Russia Today, après avoir témoigné de nombreuses fois d’amitiés pro-russe, il quitte la France Insoumise, pour rejoindre le parti le plus efficace dans sa lutte, selon lui je cite, contre la balkanisation de la société française — balkanisation, néologisme qui n’a évidemment rien à voir avec Balkany actuellement jugé pour différentes malversations. 

Andréa Kotarac est un bon sujet, puisqu’il permet aux uns d’avoir le rouge brun, aux autres de dénoncer une boule puante, en somme il est la polémique de la semaine, une preuve qui ne prouvera rien, et qui ne convaincra que les convaincus. Plus singulier encore, Andréa Kotarac a une formule assez alambiquée pour expliquer son départ de la France Insoumise : il explique qu’il quitte ce parti non parce qu’il adhère aux idées du Rassemblement National, ce serait trop simple, mais pour faire barrage aux idées de La République En Marche. 

D’où un problème aussi vieux que Maimonide : que vaut ce type de conversion, que vaut une conversion où ce qui compte ce n’est pas le but mais la manœuvre, où l’on ne se convertit pas parce que l’on est touché par la grâce mais pour des raisons de circonstance ? Alors, pour Maimonide, une telle conversion, autant le dire, ne vaut rien ou pas grand-chose. D’où finalement une question classique, Kotarak est-il un traître, un relapse ou bien une marrane ? 

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H02
25 min

Le Réveil culturel

Richard Galliano rend hommage à Michel Legrand
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du jeudi 16 mai 2019
6H39
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Le Journal des idées

Ce que les mots nous disent
6H45
9 min

Les Enjeux internationaux

Soudan : la démocratie en dents de scie ?
6H57
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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Le cas Kotarac
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