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Baudelaire et Apollonie,Thomas Couture, 1860.

Livre : Baudelaire et Apollonie / Humanisme du soin / Elections européennes / La grande défaite des sondeurs

59 min
À retrouver dans l'émission

Céline Debayle vous parle de la relation de Baudelaire et de sa muse Apollonie, et Christian Lequesne de la politique étrangère post-élections européennes. Les chroniques s'intéressent au soin et au naufrage des sondages.

Baudelaire et Apollonie,Thomas Couture, 1860.
Baudelaire et Apollonie,Thomas Couture, 1860. Crédits : ©Selva / Bridgeman

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Céline Debayle, auteure de Baudelaire et Apollonie, paru aux éditions Arléa.  Le roman nous plonge dans l'univers du poète et de sa muse, Apollonie Sabatier, qu'il aima de façon idolâtre cinq années durant, et qui lui inspira dix poèmes des Fleurs du Mal. Avec la chronique d'Oriane Jeancourt, du magazine Transfuge.

Le rendez-vous charnel commence le soir, Baudelaire rencontre Apollonie et ça se termine quelques heures plus tard. Baudelaire fut amoureux fou d'Apollonie Sabatier pendant cinq ans, lui écrivit des poèmes qu'il lui envoyait par la poste, d'une écriture déguisée. 

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Alors que la grève des urgences s’étend, les personnels soignants se sont réunis ce samedi à Paris pour faire le point sur leur mouvement.

« C’est une grève qui s’étend à bas bruit, dans l’indifférence du gouvernement » – note Caroline Coq-Chodorge dans Mediapart. Alors qu’elle dure depuis plus de deux mois, les médecins appellent à leur tour à un débrayage. À la Bourse du travail, « l’assemblée générale a débuté par les témoignages des différents services. Ils se ressemblent, apportant tous le même écho d’un système de santé au bord de la rupture ». Isolé, peu relayé dans les médias, peu visible car la plupart des grévistes sont réquisitionnés pour assurer la continuité des soins, le mouvement fait l’épreuve de ses limites, conduisant « au mieux, à quelques renforts d’effectifs, toujours pris sur les autres services de l’hôpital ». Le collectif de paramédicaux appelle à une manifestation nationale mercredi 6 juin et il a adopté une motion qui reprend leurs revendications, notamment la réouverture des lits d’hospitalisation, car l’engorgement des urgences provient souvent du manque de places en aval dans les services. « Tous les hôpitaux sont engagés dans un mouvement sans précédent de fermeture de lits, dans le but d’atteindre un taux d’occupation optimal et absurde, car incompatible avec une activité aussi aléatoire. » Le mouvement est en train de s’élargir aux médecins, comme à Saint-Nazaire : « Certaines soirées, on a 140 patients aux urgences, pour quatre médecins, cela me donne le vertige », témoigne Florian Vivrel, médecin qui partage son activité entre les urgences de Nantes et de Saint-Nazaire.

La dernière livraison de la revue Pratiques – Les cahiers de la médecine utopique – publie un dossier intitulé Réhumaniser le soin en psychiatrie et ailleurs. Question cruciale à l’heure où la loi santé est discutée au Parlement… « Partant du constat d’un système de santé en crise du fait du vieillissement de la population et de l’explosion des pathologies chroniques » le projet présenté par l’exécutif « a trouvé la solution pour faire des économies : amplifier le virage ambulatoire, aller-retour hôpital dans la journée ! » L’édito dénonce « la destruction de pans entiers de la psychiatrie, mais aussi la transformation des lieux de soin en systèmes de réparation organique ambulatoire, sans accompagnement ni suivi sérieux », provoquant « la démobilisation, voire la démission des professionnels les plus engagés ». Toutes les contributions de psychiatres, médecins généralistes, aides-soignants témoignent dans ce dossier de la disqualification du temps consacré à l’écoute et de « la volonté de cantonner les soignants à des actes techniques tendant à les déposséder de leur capacité à inventer face aux situations du quotidien ». Ils en appellent à la nécessité « de retrouver l’essence même du soin » dans ce lieu de « repli ultime » qu’est l’hôpital.

C’est à cela que s’emploie Cynthia Fleury dans un opuscule de la collection Tracts chez Gallimard : Le soin est un humanisme. Elle y évoque aussi « cette vision capacitaire et imaginative du soin », liée à une approche du malade comme sujet. La philosophe et psychanalyste, qui a créé une chaire de philosophie à l’hôpital, estime que « les facultés de médecine et la formation continue des professionnels donnent encore trop peu de place à l’enseignement des humanités », et que « la sollicitude, la prudence, la réflexion éthique… ne sont pas des suppléments d’âme mais des facultés humaines, comportementales, psychiques et psychosociales à développer chez les soignants pour leur permettre d’être plus efficaces dans le soin des patients. » Soulignant que « la vulnérabilité est liée à l’autonomie », qu’il convient de travailler à la rendre « la moins irréversible possible », elle cite L’Existentialisme est un humanisme, de Sartre : « quand nous disons que l’homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l’homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu’il est responsable de tous les hommes ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Pas de grand vainqueur, a l'issue des élections pour le Parlement. Les tractations se poursuivront demain avec un sommet des chefs d'Etat pour négocier les principaux poste, dont celui de chef de la diplomatie européenne. Federica Mogherini revendique une "maison en ordre" : pour quelle bataille ?

Xavier Martinet s'entretient avec Christian Lequesne, professeur à Sciences Po, spécialiste de la politique étrangère et européenne de l'Union Européenne.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il y a eu une grande défaite hier…

Oui et c’était celle des sondeurs, car tout ne s’est pas passé comme prévu, loin s’en faut. Plusieurs surprises : tout d’abord l’excellent score des Verts, parfaitement inattendu, ensuite l’écart de points entre le Rassemblement National et La République En Marche, qui n’est pas celui qui était annoncé, on évoquait un Rassemblement National très haut, et puis enfin un score pour Les Républicains très inférieur à celui qui était annoncé, l’effet Bellamy plusieurs fois pronostiqué ne s’est absolument pas traduit dans les urnes. Dans une moindre mesure, La France Insoumise a été généralement surévaluée, et le PS sous-évalué…

Si je dis cela, ce n’est pas seulement pour être méchant, c’est au contraire pour apporter ma compassion à une profession durement frappée la décomposition politique… Alors, certes, il se pourrait fort bien que la parole des sondeurs ait eu un effet performatif, ce qu’on lui a toujours reproché d’avoir. Vous savez, c’est une critique récurrente, les sondages ne se contenteraient pas de mesurer l’opinion, ils la fabriqueraient… Il se pourrait donc que le score élevé, le score élevé annoncé du Rassemblement National ait incité des électeurs à voter contre le Rassemblement National, mobilisant par exemple les électeurs de La République En Marche. 

En revanche, il est beaucoup plus compliqué d’attribuer à la performativité des sondages le score des Verts, des Républicains ou bien encore le score plus bas qu’annoncé de la France Insoumise. Les sondages se sont lourdement trompés, pas en gros puisqu’ils avaient tous prévu le duel Rassemblement National / La République En Marche, avec une avance du premier, mais dans le détail, puisque jamais les verts n’avaient été crédités d’un tel pourcentage, même chose pour Les Républicains mais dans le sens de la contre-performance… 

Ça n’est pas la première fois que cela arrive, je veux dire pas seulement en France mais un peu partout dans le monde, c’est l’un des signes de la décomposition politique, c’est le fait que la politique est de moins en moins lisible. Ce fut le cas au Pays-Bas il y a quelques jours avec les élections européennes, en Angleterre avec le Brexit, aux Etats Unis avec l’élection de Donald Trump. Les opinions politiques sont devenues de plus en plus morcelées et volatiles : personne n’avait prévu le bon score du Parti Animaliste, un bon score pour une petite liste, plus de 2 %, personne n’avait envisagé les variations du score des Verts, des Républicains ou bien encore de La France Insoumise, d’une élection à l’autre avec des résultats électoraux qui peuvent varier de 1 à 3 depuis dix ans. Avec une conclusion, ce qui est désormais certain, c’est que plus rien n’est certain.

@PetitsMatinsFC

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