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Abeilles, une histoire naturelle.

Exposition : Abeilles, une histoire naturelle / La pensée de la technique / Etats-Unis - Japon / Le philosophe Emmanuel Kant a donc battu François-Xavier Bellamy

59 min
À retrouver dans l'émission

Eric Tourneret vous parle de l'exposition "Abeilles, une histoire naturelle", et Valérie Niquet des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et le Japon. Les chroniques s'intéressent à la question de la technique et à la morale en politique.

Abeilles, une histoire naturelle.
Abeilles, une histoire naturelle. Crédits : © Eric Tourneret @Muséum d'histoire naturelle du Havre

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Eric Tourneret, photographe et commissaire de l'exposition Abeilles, une histoire naturelle au Muséum d'histoire naturelle du Havre, jusqu'au 10 novembre 2019.

J'ai envie de raconter le merveilleux. Lorsque vous ouvrez une ruche, c'est un moment magique. Vous avez une multitude d'abeilles devant vous qui grouillent et il y a beaucoup de douceur. Parfois, j’enlève les protections pour mieux ressentir les choses. J'essaye de ne pas brusquer les abeilles, de suivre le protocole pour réussir à ne pas les déranger. Il faut qu'elles soient dans un état naturel, sans stress, pour réussir à capter des moments d'intimités.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Plusieurs publications abordent la question de la technique, de ses promesses et de ses pièges, sous l’angle sociologique ou philosophique. Tour d’horizon en deux temps, trois mouvements…

La dernière livraison de la revue Socio s’attaque aux avatars contemporains de l’idéologie du progrès technique, ce que Jacques Ellul appelait déjà dans un livre du même titre « le bluff technologique ». Même si les notions de risque, de sécurité, d’éthique ou d’écologie semblent avoir pris le pas sur la croyance naïve et inconditionnelle aux vertus du développement technique, les discours et les pratiques des acteurs concernés continuent de la promouvoir sans façons. Résultat, comme le soulignent les coordinateurs du dossier Daniel Compagnon et Arnaud Saint-Martin, « chacun croit volontiers que la technique fournira les réponses nécessaires aux problèmes complexes de notre temps ». Les différentes contributions s’intéressent notamment aux « savoir-faire du faire savoir » : marketing, communication, « évangélisme technologique » dont « la doxa de l’innovation de rupture » développée dans la Silicon Valley constitue le modèle. 

Claude Rosental ethnographie ces évènements et conférences organisées dans les places fortes de l’innovation et autres hubs technologiques où des créateurs de start-up issus des grandes universités « pitchent un concept » devant des investisseurs de capital-risque. Le problème est que ce modèle a contaminé la recherche fondamentale en alignant les programmes « sur les intérêts des acteurs commerciaux », avec à la clé, « l’importation de standards d’évaluation des entreprises dans la vie des laboratoires » et « le recul du financement public des universités ». L’autre conséquence néfaste de l’adhésion spontanée aux promesses technologiques, c’est la « dépolitisation des choix collectifs ». D’où le plaidoyer pour une vraie « délibération politique autour des choix techniques ». En particulier sur la notion de « croissance verte », avec des technologies dites propres, mais qui ne remettrait pas en cause la logique de la croissance en faisant volontiers l’impasse sur les efforts réels à accomplir pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. 

Le « dogme fallacieux de la neutralité technique », qui prétend que « tout dépend de l’usage qu’on en fait » a été depuis longtemps battu en brèche, notamment par des penseurs qui ont mis en évidence dès le début du XXe siècle le caractère progressivement autonome du développement des technologies. Heidegger a pensé la technique comme un « dispositif » lancé en roue libre, dont l’essence et le champ d’expansion aboutit à déposséder l’humain de la maîtrise initiale de ce qui n’était qu’un instrument à son service, le fruit de son ingéniosité. Le Seuil publie un ensemble inédit de notes et ébauches sur l’essence de la technique moderne et son rapport à la métaphysique de la puissance sous le titre Pensées directrices. Dans sa perspective historiciste, Heidegger lie l’expansion technique à l’histoire de la métaphysique, depuis le sens aristotélicien du terme techné, qui renvoie à l’une des manières de « dévoiler la vérité » par un savoir, un tour de main, où l'artisan s’emploie à « faire apparaître » la solution. Le terme employé est « ajointement » (Fügung) à la « vérité de l’étant ». Pour lui, à terme, la technique n’est pas neutre, elle tend à modifier « l’étant dans son ensemble en vue de la conquête de l’auto-affirmation de l’homme », elle est dans ce sens « la figure véritablement fondamentale de l’accomplissement de la métaphysique ». Il conteste en particulier l’assignation de la technique moderne à « la figure du travailleur », allusion directe à l’ouvrage d’Ernst Jünger – Le Travailleur – qui, à la même époque, hypostasiait cet emblème en le dégageant de toute allusion au prolétariat pour en faire le héraut d’un projet planétaire de synthèse du mécanique et de l’organique, destiné paradoxalement à ressourcer le nationalisme germanique après la défaite de 1918, dans un sens impérialiste. Les éditions Allia publient l’étonnant réquisitoire de son frère, Friedrich Georg Jünger sous le titre La Perfection de la technique, une réponse directe à cette conception stratosphérique et idéologique de la condition ouvrière. Pour lui, le moteur de l’évolution technique n’est pas le travailleur mais la machine, dont celui-ci n’est que le servant. Même point de vue dans Méditation sur la technique, du philosophe germaniste, francophile et néanmoins espagnol Ortega y Gasset, un ouvrage publié par les mêmes éditions Allia. Non seulement la technique a partie liée avec l’histoire de la métaphysique, mais elle est même à l’origine de la science, et non l’inverse « La science physique naît avec la technique » affirme-t-il. 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

C'est sur une base navale que Donald Trump conclut aujourd'hui 3 jours de visite au Japon. Manière de manifester la proximité entre les deux plus proches alliés en Asie, à un moment où la Corée du Nord s'impatiente, et où Washington fait pression sur Tokyo pour rééquilibrer les échanges commerciaux. Etats-Unis - Japon : Trump en visite, pour fortifier ou "rééquilibrer" l'alliance ?

Xavier Martinet s'entretient avec Valérie Niquet, maître de recherches, Responsable du Pôle Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS).

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Le philosophe Emmanuel Kant a donc battu François-Xavier Bellamy…

Absolument, je m’explique. Le conservatisme en France, rassemble peu d’électeurs, comme en témoigne l’échec du parti Les Républicains aux européennes, parti Les Républicains qui avait adopté une ligne conservatrice en prenant comme tête de liste le philosophe François-Xavier Bellamy. Alors, Bellamy est un homme estimable, avec lequel on peut être d’accord ou pas, François-Xavier Bellamy incarnait une ligne conservatrice, ce que certains ont appelé la droite Trocadéro, il avait notamment été choisi par Laurent Wauquiez pour faire le plein de cette droite-là : de la droite Figaro magazine, la France des Puy — du Puy-en-Velay au Puy-du-fou. 

Eh bien aujourd’hui on peut mesurer l’importance de cette droite conservatrice en France, aux environs de 8 % des votants. Aucun autre parti n’incarne le conservatisme en France, le Rassemblement National n’est pas dans ce registre, Patrick Buisson théoricien de la droite conservatrice l’a d’ailleurs suffisamment déploré, quant à La République En Marche elle ne chasse pas sur ces contrées. Les Républicains avaient donc le monopole du conservatisme et aujourd’hui, cette droite la, séparée de la droite orléaniste portée sur le libéralisme économique, cette droite-là rassemble moins d’un électeur sur 12. 

Alors pourquoi ? Eh bien voici mon hypothèse. La France est un pays laïc, et ça n’est pas seulement une question religieuse. La laïcité française, est directement héritée des Lumières kantiennes, et finalement aucun pays n’est aussi empreint de la doctrine du philosophe Emmanuel Kant, forgée au XVIIIe siècle, relative à la définition du bien. Pour Kant, la modernité, c’est l’indifférence à l’égard des formes substantielles du bien. La modernité pour Kant, c’est le moment où je ne peux pas dicter à autrui ce qu’est le bien, où je dois accepter que chacun en décide pour soi-même. D’où la difficulté de concilier ces visions d’une vie bonne avec des visions religieuses où c’est la religion qui décide de ce qu’est une vie bonne pour tous. Or, la position conservatrice incarnée par cette liste Les Républicains conduit mécaniquement à des enseignements en matière de mœurs, sur l’avortement, le mariage pour tous ou pas pour tous, la fin de vie avec l’affaire Vincent Lambert. 

Eh bien tout cela en France, ça ne fonctionne pas : seule une petite minorité de Français attendent d’un parti politique un programme de vie ou de mort, dans le cas de la fin de vie. Ou pour le dire autrement, les Français veulent de la morale en politique, et non des politiques qui leur dictent une morale. 

@PetitsMatinsFC

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