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Le philosophe Michel Serres en 2006.

Livre : Antoine de Baecque - L’art marketing - Terres rares : un levier stratégique invisible ? - Michel Serres avait confiance en l’homme

59 min
À retrouver dans l'émission

Antoine de Baecque vous parle de "Ma Transhumance. Carnets de routo", et Emmanuel Hache de l'enjeu stratégique des terres rares en Chine. Les chroniques s'intéressent à la domestication de l'art par le luxe, et rendent hommage à Michel Serres.

Le philosophe Michel Serres en 2006.
Le philosophe Michel Serres en 2006. Crédits : STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Antoine de Baecque, auteur de Ma Transhumance. Carnets de routo, paru aux éditions Arthaud. Ce récit nous mène sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, de cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950, depuis les plaines de basse Provence jusqu’aux vallées alpines du Piémont.

Il y a toujours des bergers, la culture pastorale existe encore. Ce qui n'existe plus depuis 60 ans c'est la transhumance massive ; des troupeaux de 50 000 bêtes en compagnie de mille têtes qui s'engouffrent dans cette marche de trois semaines, depuis les plaines de Provence jusqu'aux alpages.

Antoine de Baecque,Ma Transhumance, carnets de routo.
Antoine de Baecque,Ma Transhumance, carnets de routo. Crédits : éditions Arthaud

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La décision récente de la Fondation du patrimoine de clore la souscription pour Notre-Dame de Paris a suscité une controverse.

Comme le rappelle Jean-Christophe Castelain dans Le Journal des Arts, alors que les députés débattaient encore du projet de loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale, le président de la Fondation du patrimoine annonçait la fin de la collecte et une nouvelle souscription pour 2800 sites menacés en France. Une façon aussi, pour Guillaume Poitrinal, de provoquer une « prise de conscience que le patrimoine est globalement mal entretenu et fragile ». La Fondation Notre-Dame et le ministre de la Culture ont dénoncé « un acte unilatéral », ce dernier estimant qu’« il peut y avoir une différence entre les promesses de dons et le versement réel ». Jusqu’à présent, la Fondation Notre-Dame n’aurait récupéré que 13,5 millions d’euros, bien loin des 211 millions d’euros indiqués par l’AFP. Et en supposant que les familles Arnault, Pinault et Bettencourt – ou leurs entreprises – confirment leurs promesses, la souscription atteint 850 millions sans qu’on sache, au stade où en sont les expertises, si cela sera suffisant. 

Les dons annoncées par les géants du luxe, outre la polémique engendrée sur le ton « on trouve de l’argent pour les vieilles pierres mais pas pour les gens dans la précarité », soulèvent un autre problème : celui des stratégies adoptées pour investir les secteurs de l’art et du patrimoine. Dans le mensuel Alternatives économiques, Hervé Nathan les passe au crible. Bien qu’ils s’en défendent – comme Alain-Dominique Perrin, le Président de la Fondation Cartier : « Nous sommes là pour aider les artistes et non pour les utiliser » – le mélange des genres est monnaie courante entre marketing de luxe et profit bien compris. La « Pinault collection » s’installera à la fin de l’année dans l’ancienne Bourse du commerce, « reliftée par l’architecte Tadao Ando ». L’homme d’affaires y exposera une partie de sa collection, pour la montrer au public mais aussi pour vendre, comme à Venise au palais Grassi. 

D’autres, comme le groupe LVMH, n’hésitent pas à lier étroitement le mécénat à leurs affaires commerciales. On appelle ça l’« artketing », le marketing par l’art : « les œuvres soutiennent les marques et réciproquement ». Louis Vuitton produit des sacs avec une reproduction de Van Gogh « peinte à la main par Jeff Koons »… Une collection présentée au Louvre, dont LVMH est sponsor. Il y a mieux : la Fondation Louis Vuitton expose les toiles de Takashi Murakami, lequel dessine aussi les pyjamas Louis Vuitton à 1400 euros. Pour l’anthropologue Marc Abélès, auteur d’Un ethnologue au pays du luxe (Odile Jacob), la massification qu’entraîne la mondialisation de ces marques et leur présence aux quatre coins de la planète se traduisant par une forme de « trivialisation » préjudiciable à leur image et à leur croissance, s’associer à l’art et aux artistes serait une façon de « retrouver les caractéristiques du luxe ». Reste une autre question, soulevée par Hervé Nathan, celle des déductions fiscales. 

De l’argent aux deux tiers public, donc, le nôtre… Certains mécènes de Notre-Dame ont annoncé qu’ils renonçaient à cet avantage fiscal, mais c’est aussi parce qu’ils ont épuisé les possibilités d’en bénéficier. « Bernard Arnault a avoué devant ses actionnaires que les 200 millions promis à Notre-Dame ne pourraient être défiscalisés » de ce fait. 

Le magazine L’Œil, qui raconte « La véritable histoire de la flèche de Viollet-le-Duc », revient par ailleurs sur la fascination exercée par l’art préhistorique sur les artistes modernes, à l’occasion de l’exposition du Musée national d’art moderne. « Si les arts primitifs les confrontent à l’altérité, ceux de la préhistoire les interpellent au contraire par leur universalité », estime Marie Zawiska. Dans le même esprit que cette exposition qui se tient jusqu’au 16 septembre, elle rappelle que le MoMA en 1937 ou Londres en 1948 avaient déjà confronté œuvres modernes et œuvres préhistoriques, témoignant des affinités profondes entre les deux. Picasso fut l’un des premiers à l’illustrer, dès la fin des années 1920. « Ses baigneuses, peintes en Bretagne où il a pu voir des menhirs, ou ses bustes sculptés paraissent autant des femmes que des mégalithes ou ces vénus paléolithiques dont il possède des moulages dans son atelier. » De Miro à Giacometti – qui possède lui aussi un moulage de la Vénus de Lespugue – en passant par Jean Arp ou Henry Moore, des artistes d'avant-garde ont trouvé là le moyen de se libérer du modèle d’un art classique antiquisant.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

La Chine, premier producteur de terres rares, très utilisées dans les technologies de pointe, menace de se servir de cet atout pour sanctionner les États-Unis dans le cadre de leur conflit commercial. "Vitamines" de la transition énergétique, pourraient-elles devenir un levier géopolitique ?

Xavier Martinet s'entretient avec Emmanuel Hache, économiste, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de l’Asie du Sud-Est.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Si Laurent Wauquiez avait choisi Michel Serres, il n’en serait pas là…

Oui, je veux dire si Laurent Wauquiez avait choisi Michel Serres comme tête de liste aux élections européennes, il n’aurait peut-être pas été conduit à jeter l’éponge hier. Car François Xavier Bellamy est certes un homme estimable, mais parmi les philosophes médiatiques Michel Serres, qui nous a quitté samedi, avait une place à part. Pour le dire en un mot, il avait confiance en l’homme. 

Michel Serres plaisait aux médias et aux Français pour mille raisons, parce qu’il avait un beau visage, la crinière du philosophe, une voix envoûtante, à la fois le physique du prophète et le prophète de la physique puisqu’il appartenait à cette génération de philosophe pour qui philosopher c’était aussi connaître les sciences exactes. Prophète de la physique, aussi, parce que Serres préférait incontestablement la physique à la métaphysique. 

C’est probablement pour cela que Michel Serres avait un discours profondément différent des autres philosophes qui acceptaient de commenter l’actualité, ce n’était pas un prophète de malheur. Même s’il était lucide, Serres n’était ni Candide ni un candide, il pensait que le monde évoluait et pas forcément vers sa perte. S’il s’opposait au conservatisme, ce n’était pas au nom d’un progressisme un peu factice, c’est tout simplement parce qu’il croyait en la capacité des hommes à s’adapter, à ne pas courir vers leur perte. 

Rationaliste dans une époque plutôt irrationnelle, il a sans cesse distillé le même message : il faut raison garder. Se méfier des étiquettes, des faux clivages, qui empoisonnaient la vie des philosophes, mais aussi celle des hommes, et puis faire confiance aux hommes pour démentir les collapsologues, lui qui pensait qu’hier n’était pas un paradis perdu, qu’il ne fallait pas déployer des efforts insensés pour conserver ce qui ne pouvait pas l’être. 

Philosophe de la technique, historien des sciences, il avait confiance en l’homme pour maitriser ces évolutions et transmettre l’un et l’autre : comme il le disait en substance, la science c’est ce que le père enseigne au fils, la technologie c’est ce que le fils apprend au père. 

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner
Michel Serres avait confiance en l’homme
Intervenants
  • Professeur d'histoire du cinéma à l'Ecole Normale Supérieure
  • Economiste à l'IFP EN (Energies Renouvelables), directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de l’Asie du Sud-Est
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