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Le 4 juin 1989, la place Tiananmen est livrée aux chars du régime chinois. Ils répriment dans le sang un mouvement pro-démocratique inédit. Le nombre précis des morts reste inconnu.

Expo : Jérôme Zonder - Tiananmen, le degré zéro de la mémoire - Italie / UE : un an après, la coalition en sursis ? - La bataille du Thermomix

1h
À retrouver dans l'émission

Jérôme Zonder vous de son exposition "Portraits", et Alberto Toscano de l'ultimatum du président italien à la coalition de la Ligue et du M5S. Les chroniques s'intéressent à l’assaut contre les manifestants de la place Tiananmen, et au Thermomix.

Le 4 juin 1989, la place Tiananmen est livrée aux chars du régime chinois. Ils répriment dans le sang un mouvement pro-démocratique inédit. Le nombre précis des morts reste inconnu.
Le 4 juin 1989, la place Tiananmen est livrée aux chars du régime chinois. Ils répriment dans le sang un mouvement pro-démocratique inédit. Le nombre précis des morts reste inconnu. Crédits : CHENGDU - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le dessinateur, Jérôme Zonder, au cœur d'une exposition intitulée, Portraits au Cabinet des dessins Jean Bonna, aux Beaux-Arts de Paris, jusqu'au 29 juin 2019. Dix-huit portraits - proches, modèles, autoportrait - de l'artiste sont à découvrir. 

Pour des raisons qui sont propres à mon travail de dessin, j'avais commencé à travailler sur cette question du portrait pour expérimenter le dessin à la main que je fais d'une façon plus physique, et j'avais mis en chantier tout un ensemble expérimental autour du portrait, ce qui m'a permis de répondre à une commande. (...) Le portrait, c'est un endroit qui me permet de travailler un certain type de dessin avec cette technique à ce moment-là, et la relation qui se fait avec le modèle vivant est un prétexte à dessiner. Dans le va-et vient qui se fait entre la restitution de quelqu'un et ce que je dois produire de dessin artificiel, c'est un petit espace qui pourrait être réducteur mais au contraire qui me permet plus d'invention que si j'étais tout seul avec le papier.

Virginie 1. 2019.
Virginie 1. 2019. Crédits : Jérôme Zonder

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Il y a trente ans, le 4 juin 1989, l’armée lançait l’assaut contre les manifestants de la place Tiananmen. Aujourd’hui encore, le sujet est tabou en Chine.

Pour Michel Bonnin, « il y a de nombreux tabous, comme la Grande Famine et la Révolution culturelle, mais le plus grand de tous est le 4 juin ». L’historien de la Chine rappelle dans Le Monde qu’après avoir maintenu sa version des faits, celle d’une « émeute contre-révolutionnaire » manipulée par les Américains, tout en niant les centaines de victimes, le régime chinois a fait machine arrière. « Lorsque le mensonge est trop gros, il peut se retourner contre son auteur, si bien que Deng Xiaoping a rapidement opté pour la censure totale et l’oubli imposé. » Une censure qui s’applique aujourd’hui à Internet et aux réseaux sociaux : tous les termes, les images et vidéos liées à la date du 4 juin sont systématiquement bloqués. Pour l’historien, cette date constitue un tournant : « le massacre a mis fin à la période optimiste et résolument tournée vers l’avenir des années 1980, alors que le souvenir de la catastrophique Révolution culturelle poussait le pays vers la réforme et l’ouverture. » Un tournant opéré en dépit de l’opposition au massacre de nombreux militaires et membres du Parti, vers une nouvelle légitimité du régime par la combinaison du nationalisme autoritaire et de l’économie de marché. Et même si le 4 juin n’est pas la seule cible du contrôle, il en reste « le symbole, et dans une large mesure la cause, car c’est la crainte d’un autre mouvement démocratique qui est à l’origine de la mise en place de l’énorme appareil de protection de la stabilité, qui coûte aujourd’hui à la Chine plus que le budget de la défense. » Un système tentaculaire, mobilisant toutes les ressources du Big data et des réseaux sociaux, de la reconnaissance visuelle ou de l’empreinte vocale, en vue d’attribuer un « crédit social », et que le juriste Teng Biao désigne dans les même pages Idées du Monde comme une forme de « totalitarisme technologique ». Non sans relever la complicité des Occidentaux, en particulier les entreprises de l’économie numérique : Cisco, Microsoft, Intel, Apple et autres. « Yahoo! a livré des informations sur ses clients à la police chinoise, entraînant leur condamnation. »

Teng Biao, avocat et professeur de droit en Chine, exilé aux Etats-Unis depuis 2014 après avoir été arrêté et torturé, est une figure majeure du Mouvement de défense des droits, animé par les avocats et juristes chinois à partir des années 2000. Ce mouvement illustre la nouvelle forme de résistance des intellectuels chinois après le mouvement étudiant de 1989. Le sinologue Sebastian Veg la définit comme plus « concrète » : « leur domaine d’intervention est spécifique ». Ce sont les intellectuels _minjian, un mot qui signifie « parmi le peuple : Les historiens amateurs, qui reconstruisent un savoir sur le passé ; les documentaristes, qui enquêtent sur la société actuelle ; les avocats, qui cherchent à constituer un savoir citoyen, un savoir sur la politique ; et les journalistes ou blogueurs, qui contribuent à une nouvelle culture publique. » Dans les années 90, avant que l’État ne parvienne à verrouiller internet, un autre avocat, Yu Jianrong, a relayé sur son compte Weibo – l’équivalent chinois de Twitter – fort de plusieurs millions d’abonnés, les doléances des « pétitionnaires », ces Chinois déboutés du système judiciaire et qui se rendent à Pékin pour faire valoir leurs droits. Il a accumulé plus de 20 000 dossiers et milité pour une réforme du système, au moyen de rapports et d’interventions sur Internet. 

Dans une enquête très documentée et vivante, publiée au Seuil sous le titre La Chine sous contrôle Tiananmen 1989-2019, François Bougon confirme l’importance de l’événement dans le tournant politique et culturel opéré par la Chine contemporaine. Le correspondant de l’AFP de 2005 à 2010 l’a observé en direct : dans ce pays à la culture plurimillénaire où le confucianisme refait surface, la résilience du pouvoir communiste n’est pas étonnante. « Tiananmen est le terreau – et le secret de famille – de la dictature qui se déploie sous nos yeux. » En axant sa politique de réforme sur le développement économique, Deng Xiaoping traçait la nouvelle ligne que ses successeurs, jusqu’à Xi Jiping suivront à la lettre. Ce dernier en rajoute une couche sur la reprise en main idéologique : « il renoue dans ses discours avec des lieux-communs empruntés à l’imaginaire du parti des années 1950 ». De retour d’une balade sur l’Agora à Athènes, premier espace public européen « que tout éloigne de cette place Tiananmen sous contrôle », François Bougon constate que le pouvoir autoritaire chinois impose sa présence, pas seulement par l’achat du port du Pirée qui décharge les conteneurs de marchandises à destination du marché européen. Une exposition vante les inventions de l’Empire du Milieu – la boussole ou l’imprimerie… « Une histoire nationaliste sans recul, sans égard pour les autres cultures. »

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Ultimatum à la coalition : le Président du Conseil Giuseppe Conte menace de démissionner si la Ligue et le M5S ne s’entendent pas sur un budget acceptable par la Commission Européenne. Après 1 an de pouvoir, l'alliance est incertaine. Salvini, victorieux aux européennes, tente de pousser l'avantage.

Xavier Martinet s'entretient avec Alberto Toscano, correspondant de la radio italienne Radicale, écrivain.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Faut-il s’émouvoir de la nutella-isation du Thermomix ?

Oui dit comme cela, cette question est tout sauf compréhensible… Alors je m’explique. Le Thermomix c’est ce robot ménager qui chauffe qui coupe qui cuit, un ustensile très à la mode dans les cuisines, eh bien, hier, la chaine de magasin LIDL a mis en vente des copies du Thermomix, au tiers de son prix, de bonnes copies dit-on puisque le bol de préparation est même légèrement plus important, 3 litres alors que dans le Thermomix on galère avec un peu un peu plus de 2 litres de contenance… 

Bref, une bonne affaire en apparence en tout cas, qui s’est traduit par des scènes de panique dans les magasins, les clients s’arrachant les exemplaires de cette copie de Thermomix curieusement baptisée monsieur cuisine, pourquoi genrer ce machin on ne sait pas trop… 

Des scènes en supermarché qui en rappellent d’autres celles où une foule s’était précipitée sur des pots de Nutella, se bagarrant presque pour bénéficier d’une promotion sur cette bombe calorique. A l’époque, je me disais que cette scène de quasi émeute pour bénéficier de prix sur le Nutella était bien triste, témoignant du caractère hors de prix du Nutella pour certains budgets, de ce que les familles étaient prêtes à faire pour offrir du Nutella à leurs enfants. 

Sauf qu’ici c’est l’inverse, on ne se bat pas pour un symbole de la malbouffe mais pour un symbole de la bonne bouffe, on murmure par exemple que les chefs possèdent des batteries de Thermomix, des batteries à cause de sa contenance d’un peu plus de 2 litres, je vous en ai déjà parlé. Bref il s’agit de s’arracher à la nourriture ultra transformée, c’est ainsi que l’on appelle la nourriture industrielle, et les dégâts qu’elle est censée causer sur nos organismes. 

D’où cette bataille du Thermomix, rien à voir avec la bataille des thermopiles, même scène que la bataille du Nutella, mais ici il ne s’agit plus de prendre son quota de gras sucré mais au contraire de pouvoir enfin se faire des soupes maison, pour échapper au glutamate, d’avoir droit à son risotto quotidien sans passer 17 minutes à touiller au-dessus d’une casserole. Et c’est ainsi qu’un robot est devenu le symbole d’une vie bonne ou en tout cas d’une bonne cuisine. 

@PetitsMatinsFC

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