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Thomas Daloz dans Les Particules de Blaise Harrison.

Cinéma : Blaise Harrison - Éloge de la discrétion - Soudan : une répression sous influence ? - Jouer sa peau

59 min
À retrouver dans l'émission

Blaise Harrison vous parle de son film "Les particules", et Marc Lavergne de l'interruption des accords de transition démocratique au Soudan. Les chroniques s'intéressent à la discrétion et à un nouveau dilemme dans les relations internationales.

Thomas Daloz dans Les Particules de Blaise Harrison.
Thomas Daloz dans Les Particules de Blaise Harrison. Crédits : Copyright Les Films du Losange

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le cinéaste Blaise Harrison, à l'occasion de la sortie de son film, Les particules, sortie en salles le 5 juin 2019.

C'est un film dans lequel j'ai eu envie de parler de l'adolescence en m'inspirant des souvenirs et des sensations que je garde de cet âge-là, dans cette région du pays de Gex en particulier où j'ai grandi, une région très banale, entre la ville et la campagne, un peu à l'américaine, et en même temps, pleine d'étrangeté particulière, parce que située entre cette grande métropole genevoise où vivent beaucoup d'internationaux, et la nature la plus sauvage due au Jura.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

L’introversion, la discrétion, la réserve ne sont pas des qualités valorisées. C’est vrai dès l’école, où elles peuvent même être des facteurs discriminants.

Comme disait Anaïs Nin, « notre culture a élevé au rang de vertu le fait de vivre comme des extravertis ». Et en effet, Rachid Zerrouki souligne dans les pages idées de Libération que « l’institution scolaire n’y est pas étrangère : on attend de tous les élèves qu’ils engagent des conversations, participent, répondent aux questions ou en posent ». Dans le cas contraire, la sanction tombe sur le bulletin comme un indice de manque d’investissement. Le prof en Segpa à Marseille sait de quoi il parle : ces Sections d'Enseignement Général et Professionnel Adapté accueillent des élèves en difficulté dont la relégation provient souvent d’une telle disposition négative à la mise en scène de la vie quotidienne, pour reprendre le titre d’une des plus célèbres enquêtes du sociologue Erving Goffman. En l’occurrence, il convient de distinguer introversion et timidité. On les mélange « parce qu’elles sont toutes deux liées à la socialisation – mais le manque d’intérêt pour l’interaction n’est pas la même chose que la peur de l’humiliation sociale » insiste Sophia Dembling, l’auteure de La revanche des discrets. Lyna, une interne en psychiatrie qui a connu les sermons rituels dans les bulletins de notes, citée par Rachid Zerrouki, en témoigne.
_J’ai mis du temps à comprendre que je n’étais pas timide, seulement réservée dans le sens où fournir une réponse orale exigeait de moi une réflexion préalable. _Dans La force des discrets, sous-titré Le pouvoir des introvertis dans un monde trop bavard (JCLattès), Susan Cain explique que « les introvertis vivant dans le monde de l’idéal extraverti sont, comme des femmes dans un monde d’hommes, bafoués pour un trait de caractère indissociable de leur identité profonde ». À l’école, ce dénigrement prend la forme « de remarques blessantes ou de tentatives infructueuses pour «libérer» l’introverti ». Pourtant, observe Susan Cain, « les introvertis se concentrent sur le sens qu’ils donnent aux événements qui les entourent pendant que les extravertis plongent au cœur de ces événements. Les introvertis rechargent leurs batteries dans la solitude ; c’est au contraire s’ils n’ont pas assez d’interactions sociales que les extravertis ont besoin de les recharger. » La nouvelle orientation des programmes scolaires, qui fait de l’usage de la langue française à l’oral la première compétence du « socle commun » avant l’écrit ne risque-t-elle pas de « jeter l’enfant avec l’eau du bain » ? S’il est bon que l’oral fasse l’objet d’un enseignement spécifique pour lutter contre les inégalités sociales, Jean-Yves Mas met en garde dans l’ouvrage collectif dirigé par Laurence De Cock et Irène Pereira Les pédagogies critiques (Agone), contre « une récupération de thématiques progressistes par les théories issues du management ».

Dans Le Monde diplomatique, Laurence De Cock dénonce l’idéologie qui inspire selon elle le projet de loi « pour une école de la confiance » actuellement débattu au Parlement, de la maternelle à la sélection inavouée à l’université instaurée par le dispositif « Parcoursup », en passant par la réforme du lycée et du baccalauréat. « L’objectif de démocratisation scolaire, défini comme la volonté de compenser les inégalités sociales, culturelles ou territoriales par un système éducatif obligatoire, gratuit et laïque y laisse place à un modèle concurrentiel, où les déterminismes sociaux se trouvent contrebalancés par des coups de pouce individualisés aux plus méritants. » Elle évoque notamment l’épreuve dite du « grand oral », calquée sur le modèle des grandes écoles, qui « ne pourra aboutir qu’à valoriser des élèves déjà habitués aux épreuves orales – c’est-à-dire souvent ceux des établissements favorisés ». 

Philosophie magazine consacre un dossier à l’art de l’éloquence. Martin Legros rappelle les trois principes de la rhétorique classique selon Aristote : l’éthos, l’autorité morale de l’orateur ; le pathos, sa capacité à susciter l’empathie par les émotions ; et le logos qui argumente selon les règles de la logique. Cicéron les traduira ainsi : plaire, instruire, émouvoir. À l’époque moderne, deux auteurs introduiront un élément décisif pour la suite : l’authenticité de l’expression de soi. 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Alors que les forces de sécurité avaient violemment mis fin au sit-in de Khartoum la veille, mardi 5 juin, le général Al-Burhane a annulé ses accords avec le mouvement de protestation. L'espoir de voir émerger une transition démocratique négociée entre civils et militaires est-il perdu ?

Xavier Martinet s'entretient avec Marc Lavergne, géopolitologue, directeur de recherche au CNRS.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Faut-il obliger nos dirigeants à jouer leur peau ?

Jouer sa peau au sens littéral du terme, autrement dit si vous voulez survivre, vous réussissez, sinon... C’est la formule barbare qui a été appliquée en Corée du Nord puisque l’échec du dernier sommet entre coréens et américains a entraîné l’exécution de l’émissaire spécial de Kim Jong Un, et de quatre autres responsables du Ministère des affaires étrangères. Quant à l’interprète nord-coréen de la rencontre, il aurait commis une faute de traduction, ce qui se serait traduit par un séjour dans un camp de prisonnier — bref votre cauchemar existe, il se trouve en Corée du Nord. 

Oui mais voilà, il se trouve que Jouer sa peau est aussi le titre d’un livre, un livre signé par un essayiste génial, foutraque et délirant, Nassim Nicolas Taleb, et publié l’année dernière aux éditions des Belles Lettres. Dans ses livres, Taleb théorise, explique un certain nombre de choses alambiquées, mais qui donnent à chaque fois de quoi penser, même si un pays régi conformément par les théories de Taleb serait promis à l’injustice et au chaos. 

Et donc, dans ce livre intitulé Jouer sa peau, Taleb explique que le monde occidental va mal précisément parce que nos responsables ne risquent plus leur peau. Si l’on en croit Taleb, jamais auteurs de preneurs de non risques — c’est comme cela qu’il appelle nos responsables, des personnes qui ne s’exposent pas personnellement — n’ont exercé une telle emprise sur le cour des choses. 

C’est ainsi que Taleb dénonce le poids des asymétries dans la vie quotidienne, autrement dit de ces mécanismes qui se présentent sous la forme de  l’alternative “face je gagne, pile tu perds”. Une situation non risquée pour les uns, où seuls les autres peuvent perdre, c’est par exemple ce jeu qui a permis aux financiers en 2008 de plonger le monde dans une profonde dépression. Et pourquoi s’en seraient-ils privés explique Taleb, puisque pendant des années, ils ont gagné des milliards en vendant des produits très risqués, bref ils ont gagné beaucoup, et lorsqu’ils ont perdu, ils ont perdu bien peu. En l’occurrence, ils n’ont jamais joué leur peau. 

Tout le contraire de ce qui se passe en Corée du Nord où une erreur de traduction peut vous envoyer en camp. Oui mais voilà : imaginez un peu vous êtes un responsable américain et vous savez que si vous refusez l’accord proposé par vos interlocuteurs nord-coréens, la personne que vous avez en face de vous va être exécutée. Comment négocier dans ses conditions ? Voilà un nouveau dilemme dans les relations internationales — une autre asymétrie — où l’on doit se risquer à risquer la peau de l’autre...  

@PetitsMatinsFC

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