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La Princesse de Clèves (éditions Dargaud)

BD : Claire Bouilhac et Catel Muller - L’esprit des fleuves - Pays du Golfe : unis dans la rivalité ? - Commémorer les commémorations

1h
À retrouver dans l'émission

Claire Bouilhac et Catel Muller .vous parlent de leur album "La princesse de Clèves", et Karim Sader des 3 sommets Arabes et du Golfe. Les chroniques s'intéressent à la dégradation de la biodiversité des fleuves, et aux commémorations.

La Princesse de Clèves (éditions Dargaud)
La Princesse de Clèves (éditions Dargaud) Crédits : Bouilhac et Catel

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec les scénaristes dessinatrices de BD, Claire Bouilhac et Catel Muller, pour la parution de leur album La princesse de Clèves, aux éditions Dargaud.

C’est un livre formidable qui va être au programme du bac l’an prochain et qui garde une très grande modernité. Une jeune épouse tombe amoureuse :  on sait qu’on a le droit de tomber amoureux, mais cette action se passe au XVIe siècle, à été écrite au XVIIe. (...) On a travaillé à quatre mains, on a fait tout le scénario ensemble, je me suis occupée du prologue et de l'épilogue. On met un peu en miroir cette époque avec la vie-même de Madame de Lafayette, entre cette histoire vécue et fantasmée. Même si le mot autrice existait - il date du XVIIe siècle - les femmes n'écrivaient pas ou du moins, elles ne signaient pas. Et si elles passaient à l'acte, elles ne voulaient pas qu'on sache que c'était elles.

La Princesse de Clèves (éditions Dargaud)
La Princesse de Clèves (éditions Dargaud) Crédits : Bouilhac et Catel

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Un rapport alarmant de l’IPBES – le groupe international d’experts sous l’égide de l’ONU – a récemment fait état d’une dégradation irréversible de la biodiversité. Les fleuves forment une part essentielle des écosystèmes menacés.

Car ils sont, selon l’expression de Gilles Boeuf, « les rives de la biodiversité ». Le biologiste signe un article éclairant sur l’anatomie et la pathologie des fleuves dans la dernière livraison de la revue Reliefs, consacrée à la physiologie des fleuves. Il rappelle que « les rives et les berges constituent des milieux très riches en espèces, à la charnière entre l’air et l’eau », qu’ils sont « des systèmes extraordinairement vivants, qui conditionnent aussi bien le cycle de l’eau que celui du carbone, la richesse des sols que le grouillement des espèces » et qu’ils ont chacun « une personnalité propre ». Même s’ils sont, comme le souligne Roberto Epple, « parmi les écosystèmes ceux qui, grâce à leur dynamique, se régénèrent le plus rapidement », ils sont uniformément pollués. L’hydrobiologiste revient quant à lui sur l’histoire immémoriale de leur présence familière et propice à la vie. Ils collectent l’eau de la fonte des glaciers, les pluies, le ruissellement dans les montagnes et les collines, creusent gorges et vallées, s’entremêlent et se rassemblent par bassins hydrographiques, créant d’immense réseaux d’artères qui irriguent la planète  ».. C’est sur leurs rives que naquirent les premières civilisations. « Et ce sont les corridors fluviaux qui ont servi de voies de communication pour la diffusion du savoir, de la culture et des biens ». Jadis sauvages, libres et sacrés, ils sont aujourd’hui surexploités « pour produire l’énergie mécanique puis hydroélectrique, alimenter des usines par leurs eaux détournées, soutenir une agriculture intensive et polluante ». 

En Europe, un million de seuils ou de barrages entravent leur libre circulation, celle de l’eau, des sédiments et de la vie aquatique. La revue publie un extrait de L’histoire d’un ruisseau par Élisée Reclus. Chacun a « son babil, son murmure ou son grondement à lui ». Mais « la source qui naît à la plus grande hauteur et fournit la plus grande course jusqu’à la vallée est celle du pic le plus élevé ». Là, c’est une nuée blanche qui est à l’origine. « La montagne a mis son chapeau », dit le paysan. « Après avoir été nuage, brouillards, pluie traînante, elle va reparaître fontaine à quelques centaines de mètres plus bas, dans une crevasse ou dans un léger pli de terrain. » Pour le géographe, la suite de l’histoire n’est pas une course chaotique de descente entre « les brusques inégalités du sol, les différences de pente les plus soudaines », les « plans où l’eau semble s’endormir » avant de s’élancer avec fureur dans « les précipices perpendiculaires ». Lorsqu’il calcule et trace « la courbe décrite par le ruisseau jusqu’à la verdoyante vallée, il trouve que cette ligne est d’une régularité presque parfaite : le torrent, travaillant sans relâche à se creuser un lit à son gré, abattant les saillies, emplissant de sables et d’argile les petits creux de la roche, a fini par se développer en une parabole régulière ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

L’Arabie saoudite a réuni les dirigeants arabes du Golfe lors de 3 sommets à La Mecque pour tenter de constituer un front arabe commun timide et d'isoler la République Islamique d'Iran, notamment à la suite d'attaques qui ont ravivé les tensions régionales. Quelle véritable unité pour la région ?

Xavier Martinet s'entretient avec Karim Sader, politologue et consultant, spécialiste du Moyen-Orient et du Golfe arabo-persique.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

En découvrant hier les commémorations du Débarquement, je me suis dit qu'il ne serait pas inintéressant d'avoir une histoire des commémorations : comment en est-on arrivé à commémorer ainsi la Seconde guerre mondiale.

Tenez, cette année par exemple, cette question : comment a-t-on réussi à effacer les Russes de la photo, à commémorer un événement de la Seconde guerre mondiale sans que les Russes soient présents ? Alors, juste un chiffre sur ce que la Seconde guerre mondiale doit aux Russes : 68% des hommes nés en Russie en 1923 sont morts pendant la Seconde guerre mondiale ; sur 5 soldats allemands morts au front pendant la Seconde guerre mondiale, 4 sont morts sur le front de l'Est. Et pourtant pas de Russes donc pour cette nouvelle Seconde guerre mondiale.

Pas de Russes, probablement parce que les Russes de maintenant nous dérangent. Pas sûr, pour autant, qu'ils soient pires que les Staline ou même les Brejnev que l'on conviait évidemment naguère aux commémorations, mais enfin, notre rêve est d'avoir une histoire propre. Alors, peut-être un jour allons-nous commémorer la Révolution française sans Robespierre, ou bien aura-t-on droit à un baptême de Clovis éco-responsable. 

Donc, une Seconde guerre mondiale sans soviétiques, très bien, et puis une Seconde guerre mondiale gagnée par les Français... Je veux dire qu'un martien, débarqué hier sur les plages du Débarquement, aurait pu croire que nous avons remporté la bataille, et bien évidemment la guerre. Une manière d'évacuer les mille questions que continue à nous poser notre défaite : d'abord, comment a-t-on réussi à perdre la guerre puisque, je vous le rappelle — sinon personne ne le fera — la France avait en 1940 plus d'armes, d'hommes et de tanks que l'Allemagne ? 

Dès lors, notre devoir de mémoire doit nous inciter bien sûr à célébrer les 177 hommes du commando Kieffer qui étaient sur les plages du Débarquement, mais il ne serait pas inutile non plus de nous rappeler les autres, ceux qui ont accueilli l'armistice comme un lâche soulagement, parce que comme le disait Marc Bloch, mort assassiné pendant la Seconde guerre mondiale : « Jusqu'au bout, notre guerre aura été une guerre de vieilles gens ou de forts en thèmes, engoncés dans les erreurs d'une histoire comprise à rebours ». Je ne suis pas sûr du tout, je suis même sûr du contraire, que ce genre de commémoration nous aide à comprendre les événements censés être commémorés...

Marc Bloch, encore lui, estimait, je le cite, que « L'incompréhension du présent naît fatalement de l'ignorance du passé ». Eh bien, en ne commémorant pas l'étrange défaite, on ne risque pas de comprendre notre toute aussi étrange victoire...

@PetitsMatinsFC

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Commémorer les commémorations
Intervenants
  • Dessinatrice, scénariste de BD
  • Scénariste dessinatrice de BD
  • politologue et consultant, spécialiste du Moyen-Orient et du Golfe et professeur à l'université St Joseph de Beyrouth.
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