LE DIRECT
"11 fois Fátima" de João Canijo.

Cinéma : João Canijo - Le blé du Kurdistan - Démocraties africaines : le temps des divergences ? - Etienne Chouard et l’idiotie inutile

1h
À retrouver dans l'émission

João Canijo vous parle de son film "11 fois Fátima", et Thierry Vircoulon dresse un état des lieux des systèmes "démocratiques" africains. Les chroniques s'intéressent à la bataille du blé en Syrie et à Etienne Chouard.

"11 fois Fátima" de João Canijo.
"11 fois Fátima" de João Canijo. Crédits : © JHR Films

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le réalisateur portugais João Canijo, à l'occasion de la sortie de son film 11 fois Fátima. Fátima est devenu au fil des années un lieu incontournable de pèlerinage pour les catholiques. Le cinéaste João Canijo suit le pèlerinage de onze femmes d'un même village du Nord du Portugal, qui parcourent 400 km à pied en dix jours jusqu'à Fátima. Une épreuve tout aussi physique que psychologique.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

En Syrie un nouveau conflit, alimentaire cette fois, menace les populations : la bataille du blé.

Trois djihadistes et leurs neuf enfants ont été remis hier à la justice française par la Turquie. Comme le précise Le Monde, il s’agit d’une opération, distincte des rapatriements d’enfants en provenance du Kurdistan syrien, et qui « s’inscrit dans le cadre des expulsions régulières de djihadistes par la Turquie. A la fin de mai 2019, les autorités françaises avaient enregistré le retour de 277 personnes. » Les enfants seront placés en Seine-Saint-Denis, dont dépend l’aéroport de Roissy par lequel se fait la majorité des retours. Le président (PS) du conseil départemental, Stéphane Troussel, déplore la démission de l’Etat. « En refusant d’assumer l’accueil des ressortissants français et de leurs enfants, il ne permet pas d’anticiper et ne prend pas ses responsabilités », a-t-il dénoncé, en appelant les autorités à donner au département « les moyens d’assurer cette mission essentielle ».

Sur le terrain syrien, un nouveau conflit, alimentaire cette fois, menace les populations : la bataille du blé. « Dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre meurtrière, où des millions de personnes sont incapables de répondre à leurs besoins alimentaires, le blé est aussi au cœur du conflit », résume Courrier international avec l’AFP. Après une récolte catastrophique en 2018, pour cause notamment de météo, celle de 2019 s'annonce généreuse, malgré de récents incendies qui ont ravagé des centaines d’hectares – certains revendiqués par le groupe Etat islamique. Pour le pouvoir de Bachar al-Assad mais aussi pour les autorités semi-autonomes kurdes du nord-est syrien, « il est vital de mettre la main sur les récoltes de cette région considérée comme le grenier à blé du pays ». D’où une surenchère sur les prix, pour amener les agriculteurs à vendre au plus offrant. « Après avoir tenté d'interdire aux fermiers de vendre leur blé à Damas, les autorités locales kurdes sont revenues en mai sur leur décision, tout en imposant une condition : les récoltes achetées par le régime ne peuvent pas quitter la région, afin que la population locale en reste la bénéficiaire. » Car les Kurdes estiment que la production est à peine suffisante pour la nourrir. Engagés dans de délicates négociations avec le pouvoir de Damas pour assurer leur autonomie sur le Kurdistan syrien, ils voient dans cette offensive sur le blé un moyen d'exercer une pression politique. De son côté, « le régime a besoin de l'accès aux céréales du nord-est pour prévenir une crise du pain dans les régions qu'il contrôle, affirme Nicholas Heras, expert du Center for a New American Security. Le blé est une arme très puissante dans cette prochaine phase du conflit. »Les Etats-Unis, alliés des Kurdes contre Daech, « veulent utiliser les ressources dans les territoires (kurdes), notamment les céréales, comme un levier pour faire pression sur le régime », souligne-t-il. L'objectif pourrait être « d'imposer des concessions » au régime et à son allié russe, au moment de négociations de paix menées sous l'égide de l'ONU, qui sont aujourd'hui au point mort. 

Dans l’est de la Turquie, aux élections de mars dernier, l’opposition kurde a repris des mairies dépouillées par les équipes d’Erdogan : les administrateurs nommés par Ankara avaient vidé les caisses et bradé le patrimoine immobilier avant de partir, comme le montre le grand reportage réalisé par Nicolas Cheviron pour Mediapart. « Ainsi à Yenisehir, un arrondissement de Diyarbakir d’une population de 226 000 habitants, l’administrateur judiciaire a profité de son mandat pour transférer gracieusement à diverses institutions étatiques et fondations privées, pour des durées allant de 5 à 25 ans, la plupart des biens immobiliers de la mairie. » Parmi les heureux bénéficiaires : la direction départementale des Affaires religieuses, qui hérite d’un centre culturel, ou la Fondation de la jeunesse de Turquie, spécialisée dans la promotion des valeurs islamiques… Pour Mehmet Zirig, le maire de Cizre, ce saccage des finances municipales répond à un objectif clair. « Depuis 40 ans, les habitants de la région ressentent l’action de l’État comme une oppression et n’ont confiance qu’en une seule institution, la mairie. L’objectif aujourd’hui est de montrer à la société que cette institution est inepte et ne sert à rien. Le Kurdistan est peut-être en train de devenir la région pilote d’une transformation en profondeur de l’administration locale. »

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Le régime démocratique est présenté comme une garantie durable dans les situations de conflit. Mais la succession d'élections dans nombre de pays africains débouche souvent sur des impasses politiques, conduisant à interroger cette évidence. État des lieux des systèmes "démocratiques" africains.

Xavier Martinet s'entretient avec Thierry Vircoulon, chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Faut-il être idiot pour être antisémite ? 

La réponse est non, mais ça peut aider quand même… Pour être franc, de grandes intelligences ont été, sont ou seront antisémites, de Voltaire à Karl Marx, en passant par Roger Garaudy. Et puis… 

Et puis il y a Etienne Chouard, ce prof qui s’est fait connaitre au moment du référendum sur l’Europe, en 2005, devenu, à la faveur de la crise des Gilets jaunes, l’un des théoriciens du RIC, le Référendum d’initiative Citoyen. Et lorsqu’il est question d’Etienne Chouard, on songe au mot de Bebel, ce social-démocrate allemand du XIX lequel estimait, « l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles ». Or donc, Etienne Chouard, interrogé sur Le Média sur l’existence des chambres à gaz, a estimé qu’il ne pouvait pas se prononcer puisqu’il n’avait pas travaillé la question. 

D’où le problème suivant : Etienne Chouard est-il un antisémite, un imbécile, ou bien les deux à la fois ? Car, cette forme de révisionnisme — sur le mode je ne sais pas ce qui s’est passé à Auschwitz, je n’y étais pas — arbore le chic radical du doute scientifique. Pour autant, ces Descartes au petit pied défendent une position impossible à tenir, car chaque page de chaque livre d’histoire est pleine d’histoires rapportées pour des gens qui n’y étaient pas. Je n’étais pas à Alesia, à Valmy ou au mur des Fédérés, et c’est d’ailleurs pour cela que ces événements relèvent de l’Histoire. Je ne suis pas plus capable de corroborer les théories d’Einstein ou de Darwin, et c’est la raison pour laquelle il existe une division du travail entre les spécialistes et ceux qui ne le sont pas. Je ne peux pas être spécialiste en tout, sauf à vouloir être ignorant en tout. Du reste, Descartes n’a jamais invité au doute radical, il a surtout incité à douter de nos sens, lesquels peuvent nous tromper. 

En réalité, on a tout lieu de soupçonner chez Chouard non pas un doute radical mais un doute sélectif, autrement dit on peut douter de son doute, et penser que ce doute-là lui fournit une certitude corroborant sa conception antisémite du monde. Pour Auschwitz, Chouard ne sait pas, et concernant l’antisémitisme contemporain, Chouard ne croit pas, il ne croit pas qu’il existe des gens qui détestent les juifs. Ces deux assertions suffisent à savoir à quoi s’en tenir au sujet de ce personnage, il y avait les idiots utiles de l’antisémitisme, Chouard vient d’inventer la catégorie d’idiot inutile.

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H02
26 min

Le Réveil culturel

João Canijo : "Ce pèlerinage à Fatima est une fiction déguisée en documentaire"
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du mercredi 12 juin 2019
6H40
5 min

Le Journal des idées

Le blé du Kurdistan
6H45
11 min

Les Enjeux internationaux

Démocraties africaines : le temps des divergences ?
6H57
2 min

L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Etienne Chouard et l’idiotie inutile
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......