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"Les clés de la bande dessinée" de Will Eisner.

BD : Jean-Paul Jennequin - Poésie du cabaret - Géopolitique au lycée - L'autre Abbaye du Bec Hellouin

59 min
À retrouver dans l'émission

Jean-Paul Jennequin vous parle de l'œuvre de Will Eisner, et Pascal Boniface de l'enseignement de la géopolitique au lycée. Les chroniques s'intéressent à l’histoire et l’esthétique des cabarets et au Bec Hellouin, mecque de la permaculture.

"Les clés de la bande dessinée" de Will Eisner.
"Les clés de la bande dessinée" de Will Eisner. Crédits : © Editions Delcourt

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Jean-Paul Jennequin, auteur de bande-dessinée et spécialiste de l'œuvre de Will Eisner (1917-2005), à l'occasion de la réédition de la trilogie didactique de Will Eisner, Les Clés de la Bande Dessinée aux éditions Delcourt. Figure majeure de la bande-dessinée américaine et de la pop culture du XXème siècle, auteur du Spirit et salué comme l'un des pionniers du roman graphique, Will Eisner était aussi l'un des premiers théoriciens de la BD.  

Les origines de ce livre sont dans les cours qu'Eisner donnait à New-York et qu'il avait repris sous forme d'une rubrique dans le "Spirit Magazine" qui paraissait à la fin des années 70. Dans cette rubrique, il exposait ses réflexions sur les mécanismes de la bande-dessinée. 

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

À l’approche du weekend, petite digression sur l’histoire et l’esthétique des cabarets, souvent liés aux mouvements artistiques d’avant-garde.

Lionel Richard nous rappelle l’origine du mot et le type d’établissement qu’il désigne dans son livre, publié à L’Harmattan sous le titre Cabaret, Cabarets. De Paris à toute l’Europe, l’histoire d’un lieu de spectacle. « Le mot est attesté en français dès le XIIIe siècle ». Il proviendrait de l’ancien picard camberete, qui signifie « petite chambre ». Au départ, c’est un débit de boissons de modeste catégorie où l’on peut à l’occasion se restaurer. La bohème parisienne du XIXe siècle va l’investir et le transformer en un lieu culturel dévolu au spectacle anticonformiste et aux réunions littéraires. Cette invention française va s’exporter à l’étranger tout en conservant son nom. Le modèle c’est évidemment Le Chat Noir, auquel l’auteur consacre tout un chapitre. D’abord au pied de Montmartre, boulevard Rochechouart, puis sur la butte elle-même, le style nouveau imprimé à l’établissement d’origine doit beaucoup à la personnalité de son fondateur Rodolphe Salis. « Histrion né » selon Laurent Tailhade, il haranguait les assistants en « mélangeant à bon escient le vinaigre et le miel, terminant un discours dont il perd le fil sur une pirouette bariolée de clown ». C’est ainsi que les séances du Chat Noir ont été « évoquées comme d’aimables occasions de défoulement pour les artistes et poètes à la mode : Hugo, alors bien vieux, et Vallès, Villiers de l’Isle-Adam, Zola les auraient fréquentées, ainsi que Puvis de Chavannes, Manet, Degas, Cézanne, Toulouse-Lautrec »… 

Lionel Richard est spécialiste des avant-gardes du XXe siècle, en particulier en Allemagne. Il poursuit sa visite avec les répliques européennes de ce phénomène culturel. À Saint-Pétersbourg ou Moscou, Le Chien Errant et la Lanterne Rose ont constitué les bases arrière des Futuristes russes. Là, les chantres de la valeur expressive du mot comme Khlebnikov expérimentaient une langue nouvelle, le zaoum, conglomérat de phonèmes et de sons. « Moins radical, le poète de vingt ans qu’est Maïakovski se contente d’images audacieuses, de la violence verbale, de l’outrance ». Enfin, c’est au Cabaret Voltaire, à Zurich qu’est né officiellement le mouvement Dada, au printemps 1916, annoncé par un ami de Hugo Ball. « Le Surréalisme aurait-il été possible sans le café ? » demande Lionel Richard, qui rappelle qu’aussi bien pour les admissions que pour les exclusions, tout se passait là, sans compter les réunions régulières qui donnèrent corps et vis sociale au groupe : « Il y a, en principe, réunion chaque jour à l’heure de l’apéritif, au café qu’a choisi Breton » écrit Henri Pastoureau, entré dans l’orbite du mouvement en 1932. 

Si le café est quasiment une institution parisienne, il  a dû subir dès le Second Empire la concurrence des brasseries. Alphonse Daudet en 1908 dans Trente Ans de Paris, écrit que « La brasserie rendait des arrêts, on était célèbre par la brasserie ; et dans le grand silence de l’Empire, Paris se retournait au bruit que faisaient là, tous les soirs, quatre-vingts ou cent bons garçons, en fumant des pipes, en vidant des chopes. On les appelait bohèmes ». Le breuvage du lieu ne tardera pas à gagner l’ensemble des débits de boisson. Les Editions Apogée publient un ouvrage de Guirec Aubert sur La bière dans tous ses états, sous-titré Le renouveau de la culture brassicole. Il commence par relever ce paradoxe : « C’est l’une des boissons les plus consommées au monde, mais elle est très mal connue ». Le Français reste d’ailleurs un petit buveur, avec 34 litres par an, contre 135 litres pour le Tchèque. Mal connue et méprisée : « Elle est souvent juste bonne à étancher la soif du jardinier du dimanche. Et se trouve affublée de surnoms réducteurs, de la mousse à la roteuse. » Pourtant, le renouveau annoncé par l’auteur est bien réel, il se manifeste notamment par l’apparition d’une considérable diversité dans les styles de bières. Et comme le souligne Benjamin Roffet, Meilleur sommelier de France 2010, « Gambrinus et Bacchus ont de tout temps suscité une passion commune. » Parmi les nombreux points communs, celui de la table : la bière possède « une dimension gastronomique qui permet de très bons accords, notamment grâce à son effervescence ». Combinée à son amertume, elle se décline en tons chatoyants, du blond clair à l’ambre et au cuivre, et du brun au noir.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Dans un an, certains lycéens passeront une épreuve de géopolitique : la discipline figurera parmi les 12 spécialités des nouveaux programmes du BAC. C'est une première dans le monde et une reconnaissance pour un domaine autrefois "sulfureux" ou réservé aux études supérieures. Dans quel but ?

Xavier Martinet s'entretient avec Pascal Boniface, Directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques).

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il y a deux abbayes au Bec Hellouin. La première, c'est une abbaye du 11e siècle, dans une vallée normande, la vallée du Bec, avec une petite rivière qui longe le site. Et puis l'autre Abbaye, on la trouve dans un paysage à la Tolkien. Cela ressemble à la Comté des Hobbits.

C'est verdoyant, luxuriant et apaisant, plus moderne. Elle a été fondée en 2003 et c'est la ferme du Bec Hellouin, devenue une mecque de la permaculture - la permaculture désignant plus un rapport à la nature qu'un mode de culture - le Bec hellouin développant une méthode radicalement nouvelle pour l'agriculture écologique en général, et le maraîchage en particulier. Abbaye du Bec Hellouin, mecque de la permaculture, on songe bien évidemment à ce qui serait la dimension religieuse de l'écologie. Il y a quelques jours, le sociologue Jean-Pierre Le Goff qualifiait l'écologie de religion séculière. Une religion séculière, c'est traditionnellement une idéologie qui emprunte les traits d'une religion - le nazisme et le communisme étaient des religions séculières. Eh oui, rien que ça. Et donc, une religion séculière,  ça se termine mal en général. Et puis cette semaine c'est le directeur du Point, Etienne Gernelle, qui s'y met. Il faudrait libérer l'écologie de l'ésotérisme. L'accusation est grave mais si on peut la libérer, c'est qu'il y a un espoir. Dans ces deux remarques, on trouve une part de vérité. Les écolos convaincus ont souvent un rapport religieux à la nature, ce temple aux vivants piliers. Ils ne sont pas les seuls. Les poètes artistes et âmes sensibles développent depuis longtemps un amour de la nature, lequel peut s'accompagner d'une dimension mystique. Au Bec Hellouin, on retrouve cette forme de mystique, l'espoir que le beau, le bon, le bien pourraient se trouver réunis en un même lieu. Nourrir les hommes, guérir la terre, c'est la maxime du lieu. Mais plus qu'une religion, on a affaire à un culte moderne ici, le « less is more », le moins c'est le plus. « Less is more », cela signifie que la frugalité est une forme de création sous contrainte, cultiver sans tracteur, sans engrais évidemment, et sans herbicides bien sûr. Refuser aussi une forme d'agriculture high tech qui pourrait se passer de pétrole et d'engrais mais n'aurait pas la robustesse, la résilience désirée ici. Et c'est la raison pour laquelle cette tentative, qu'on la fasse sienne ou pas, peut fort bien parler à tous, aux croyants comme aux laïcs.

@PetitsMatinsFC

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