LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Violoniste aux Folles Journées de Nantes en 2019.

Musique : musicothérapie - Une loi contre la haine - Contestation à Hong Kong - Sacs plastiques et théorie du nudge

59 min
À retrouver dans l'émission

Edith Lecourt vous invite à découvrir la musicothérapie, et Jean-Pierre Cabestan se demande si Pékin a plié devant les manifestants. Les chroniques s'intéressent à la loi « visant à lutter contre la haine sur Internet » et à la théorie du nudge.

Violoniste aux Folles Journées de Nantes en 2019.
Violoniste aux Folles Journées de Nantes en 2019. Crédits : LOIC VENANCE - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec la musicienne et musicothérapeute Edith Lecourt à propos de son ouvrage La musicothérapie paru aux Editions Eyrolles, un guide de sensibilisation pratique avec une méthode, des exercices, des exemples.  

Le pouvoir de la musique c'est le pouvoir sur le corps et sur le rythme cardiaque, sur le rythme respiratoire. Il y a d'abord, pour nous, à connaître la personne, et la connaître différemment, par son histoire sonore et musicale. On part de là, et on obtient un bilan psycho musical. Ce bilan nous sert à établir un dialogue, avec l'écoute de morceaux de musique très variés et aussi, l'offre d'un certain nombre d'instruments de musique mis à disposition pour savoir comment vous allez les approcher. Ces éléments-là vont nous donner une possibilité de démarrer un programme avec une proposition à moyen ou long terme.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Hier, le texte porté par la députée Laetitia Avia, « visant à lutter contre la haine sur Internet », était présenté à l’Assemblée. Le débat est ouvert…

Et dans Le Monde, une tribune cosignée par plusieurs ministres, dont Nicole Belloubet, Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner, défend ce projet de loi en évoquant quelques-unes de ses dispositions : « l’introduction de la plainte en ligne, la spécialisation d’un parquet rompu aux usages du numérique et la formation de ses juges aux problématiques spécifiques aux réseaux sociaux ». Les signataires soulignent que « seule la justice pourra effectivement permettre d’assurer l’équilibre entre liberté d’expression et sanction des abus de cette liberté, déjà prévue par la loi ». Et c’est là que le bât blesse… Car cette loi, c’est celle de 1881 sur la liberté de la presse, dont on envisage de sortir l’injure et la diffamation pour les inscrire dans le droit pénal commun. 

Comme le rappelle Jérôme Hourdeaux dans Mediapartce texte fondateur a mis en place un régime spécifique permettant de protéger la liberté d’expression, « avec des garanties procédurales, comme des délais de prescription plus courts ou encore l’interdiction de la détention provisoire. Le passage de ces infractions dans le code pénal permettrait, notamment, de faciliter les perquisitions ou encore les comparutions immédiates ». Me Christophe Bigot, avocat spécialisé en droit de la presse, rappelle que l’injure et la diffamation représentent 90 % du contentieux et que les exclure de la loi de 1881 reviendrait à la vider de sa substance. « Il y a déjà tout dans la loi », estime-t-il, et notamment « une disposition, à l’article 57, qui oblige normalement le juge à trancher dans un délai d’un mois. Mais elle ne peut pas être appliquée faute de moyens. » Le risque serait aussi de créer « une nouvelle bureaucratie de la censure », voire de « privatiser » le contrôle de la liberté d'expression, en imposant notamment aux plateformes la mise en place de dispositifs de censure automatique. Or les affaires d’injure et diffamation sont souvent complexes et méritent un traitement équilibré, difficilement compatible avec les algorithmes ou la comparution immédiate. Dans le FigaroVox, François Sureau estime que « si le but affiché par la proposition de loi est louable, elle risque de provoquer censure et autocensure sur tous les sujets de société qui font polémique ». L’écrivain et avocat doute que la haine puisse constituer une notion juridique

Sur la délégation de pouvoir du juge à des opérateurs privés pour assurer le contrôle des contenus haineux sur le web, François Sureau considère que « dès lors que la fonction de l’État n’est plus de mettre en œuvre le projet des libertés, mais simplement d’accompagner les sentiments des groupes opposés qui s’affrontent dans l’espace public, cette évolution est probablement inévitable. Dans le cas particulier de la proposition de loi, on voit bien comment son dispositif constitue un puissant encouragement à la censure, puisque les opérateurs privés préféreront, dans le doute, censurer plutôt que de voir leur responsabilité mise en cause. » Conclusion en deux temps : « Nous assistons au remplacement de la liberté par le culte des droits. Nous cherchons à recréer une forme de civilité par la répression. Il n’y a pas de civilité sans liberté. »  

À propos de la presse, Jérôme Lefilliâtre rend compte, dans les pages idées de Libération, d’une étude de l’Institut Montaigne, qui fait état d’un fonctionnement vertical du secteur, avec en haut, des journaux qui imposent l’agenda du débat public et en bas, des médias périphériques ou « alternatifs » aux idéologies aussi disparates que leur niveau de rigueur journalistique, et qui s’affirment en s’opposant aux premiers. Le résultat est une forme d’entre-soi au carré. Les grands médias se citent les uns les autres sans accorder plus d’intérêt aux petits, lesquels ne se construisent et n’existent que par la confrontation aux premiers. Mais, relève le journaliste, « en accordant si peu d’attention à ces satellites, donc aux revendications et thématiques politiques qu’ils tentent d’imposer, l’élite médiatique est susceptible de passer à côté de préoccupations pourtant bien réelles et d’alimenter au sein de la population un soupçon de déconnexion. À terme, le risque, avertit l’étude, est celui d’un détournement du public de ces médias, jugés trop institutionnels, et de leur fossilisation. »

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Dimanche 16 juin, un nombre record de manifestants s'est mobilisé à Hong Kong, réclamant le retrait total du projet de loi d'extradition ainsi que le départ de la cheffe de l'exécutif. Deux jours plus tard, Carrie Lam présentait ses "excuses" à la population. Mais Pékin a-t-elle réellement plié ?

Xavier Martinet s'entretient avec Jean-Pierre Cabestan, Directeur du département de sciences politiques à l’université baptiste de Hong Kong, directeur de recherche au CNRS et chercheur associé à Asia Centre.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il y a deux sortes d’humains… 

Oui deux sortes d’humains : la première catégorie sort d’un sex-shop avec un sac plastique, et la seconde catégorie n’hésite pas à utiliser un sac plastique pour porter les emplettes mais, lorsqu’elle sort d’un sex-shop, elle y renonce… Alors vous allez me dire qu’il existe aussi une troisième catégorie d’humains, celle qui ne va pas dans des sex-shops par exemple, parce qu’elle recourt aux achats sur internet d’articles coquins mais je vous propose de la mettre de côté pour ne pas compliquer les choses… 

En réalité, l’expérience que je veux vous présenter n’a à peu près rien à voir avec l’achat de différents produits au sex-shop. Elle a été menée par un commerce — un commerce comme il faut — de Vancouver, noble bourgade du Canada, lequel commerce était désireux de diminuer la consommation de sacs plastiques de nos contemporains. Oui parce que je ne sais pas si vous le savez, le sex-shop c’est votre droit d’y aller, mais les sacs plastiques ça pollue. Par conséquent, ce commerce fort respectable s’est proposé de distribuer gratuitement des sacs plastiques, à condition que ceux qui s’en emparent acceptent de se balader dans les rues de la ville avec un sac plastique où il était écrit « best sex-shop in town » ce qui veut dire à peu près « meilleur sex-shop de la ville ». 

Comme vous êtes des auditeurs attentifs de France Culture, vous reconnaissez là, la fameuse théorie du nudge — théorisé notamment par Robert Thaler, l’un des prix Nobel d’économie — une théorie qui consiste à lancer des incitations ou bien des désincitations aux individus pour qu’ils agissent moralement. Qu’ils prennent moins de frites à la cantine par exemple, ou qu’ils utilisent moins de sacs plastiques. 

Oui mais voilà même si cette théorie du nudge a donné lieu à un prix Nobel, elle m’a toujours laissé dubitatif. En effet les incitations, c’est très bien, mais dans le domaine de l’humain les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets. Et, ici, ce magasin désireux de limiter la consommation de plastique, s’est retrouvé face à un phénomène complètement inattendu : ces sacs plastiques sont devenus incroyablement mode. Autrement dit au lieu de ne pouvoir ne pas vouloir s’afficher avec ce type de publicité la ville s’est arraché les sacs plastiques de sex-shop. Moralité : il n’y en a pas et c’est la raison pour laquelle le nudge est une théorie astucieuse mais probablement fort hasardeuse.

@PetitsMatinsFC

Chroniques
6H02
26 min
Le Réveil culturel
Dernières nouvelles de la musicothérapie
6H30
10 min
Journal de 6h30
JOURNAL DE 6H30 du jeudi 20 juin 2019
6H40
5 min
Le Journal des idées
Une loi contre la haine
6H45
10 min
Les Enjeux internationaux
Contestation à Hong Kong : Pékin a-t-elle plié ?
6H57
2 min
L'Humeur du matin par Guillaume Erner
Sacs plastiques et théorie du nudge
Intervenants
  • Musicienne, musicothérapeute, professeur de psychologie clinique, co-fondatrice de l'Association Française de Musicothérapie
  • Directeur du département de sciences politiques à l’université baptiste de Hong Kong, directeur de recherche au CNRS et chercheur associé à Asia Centre
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......