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Festival Branche & Ciné.

Cinéma : Juliette Binoche "Festival Branche & Ciné" - Le style de la critique - Relations entre l'UE et la Russie - Critères d’admission

59 min
À retrouver dans l'émission

Juliette Binoche vous parle du "Festival Branche & Ciné", et Tatiana Jean des divisions entre l'Europe et la Russie après le vote au Conseil de l'Europe. Les chroniques s'intéressent à la critique littéraire et aux critères d’admission.

Festival Branche & Ciné.
Festival Branche & Ciné. Crédits : © ONF 2019

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'actrice Juliette Binoche, présidente d'honneur pour la deuxième année consécutive du Festival Branche & Ciné, du 28 juin au 20 juillet 2019. Un rendez-vous proposé par l'ONF (Office national des Forêts) de l'expérience d'un cinéma en forêt, et par le biais de l'art, veut faire prendre conscience du rôle de la forêt dans notre vie. Une sélection de 27 longs métrages en Île-de-France, en Normandie et dans les Hauts-de-France.

L'ONF est une organisation qui protège les forêts de France avec à peu près 350 forestiers qui gardent ces forêts. Il n'y a pas de forêt primaire comme au Brésil, en Amazonie, en Nouvelle-Guinée en Indonésie aussi... mais de moins en moins, parce qu'ils coupent les arbres. Quand on demande des bois exotiques, en fait, on tue des arbres qui ont deux cents voire trois cents ans, sans vergogne. C'est à nous de nous responsabiliser, de refuser les bois exotiques et de privilégier des bois français produits spécialement pour nos besoins. [...] Ces films nous aident à nous relier à la vie sauvage, à ces espaces, ces lumières, à ces sons, à ces odeurs qui nous échappent lorsqu'on vit en ville.

En 2018, 42 films ont été projetés en forêt et en salle. Ici, un visonnage du film Dans la forêt de Gilles Marchand.
En 2018, 42 films ont été projetés en forêt et en salle. Ici, un visonnage du film Dans la forêt de Gilles Marchand. Crédits : © Giada Connestari / ONF
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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La critique littéraire est un art, mais elle est rarement abordée comme telle. Un ouvrage récent se propose de l’étudier comme un genre littéraire à part entière.

C’est la Poétique de la critique littéraire de Florian Pennanech, publié au Seuil dans la collection de Gérard Genette. Sur le site de critique En attendant Nadeau, Éric Loret l’apparente à « une sorte de magistral Figures VI » comme une suite à la série de Genette qui s’arrête au chiffre V. Et il ajoute que « c’est aussi le récit des multiples expressions de la folie critique, totalitaire et autotélique : on y voit comment les commentateurs ne reculent devant rien pour réduire textes et corpus à leur lit de Procuste. Soit qu’ils en coupent des morceaux, en ajoutent, en déplacent, soit qu’ils réécrivent carrément tout. » Paradoxalement « obsédés par la cohérence et l’unité », ils « supposent qu’un auteur se répète nécessairement », et se ressemble à lui-même d’un bout à l’autre de l’œuvre, mais « personne ne s’est encore avisé, note plaisamment Pennanech, qu’il y a quand même beaucoup trop de passages non zoliens chez Zola pour être honnêtes ». La critique elle-même n’échappe pas à la règle de l’isotopie, la redondance des thèmes et champs lexicaux qui selon Greimas « rend possible la lecture uniforme du récit ». Comme le soulignait Roland Barthes dans Qu’est-ce que la critique ?, celle-ci ne peut qu’« ajuster le langage que lui fournit son époque (existentialisme, marxisme, psychanalyse) au langage, c’est-à-dire au système formel de contraintes logiques, élaboré par l’auteur selon sa propre époque ». On pourrait ajouter le structuralisme pour ce qui le concerne.

« Étymologiquement, critiquer signifie discerner, disjoindre, trier », rappelle Florian Pennanech. « Qu’elle s’assigne pour tâche l’interprétation ou l’évaluation, la critique fragmente l’œuvre, sélectionne parmi les éléments qu’elle constitue ainsi, ceux qui lui paraissent pertinents. » Barthes en était parfaitement conscient, qui considérait les opérations habituelles de la critique – résumer et juger – comme une activité « cosmétique », alors qu’il défendait la fragmentation comme méthode censée « libérer le sens ». C’est particulièrement vrai dans S/Z, où il s’emploie à découper la nouvelle de Balzac, Sarrasine, qui comporte elle-même un récit enchâssé. Et c’est ainsi qu’il présente son projet : « Ne vous est-il jamais arrivé, lisant un livre, de vous arrêter sans cesse dans votre lecture, non par désintérêt, mais au contraire par afflux d’idées, d’excitations, d’associations ? En un mot, ne vous est-il pas arrivé de lire en levant la tête ? » Commentaire de Florian Pennanech : la critique est une fabrique de l’écriture « parce que la fragmentation transforme un texte en collection de commencements », et par là même assimile « ce qui relève d’un procédé métatextuel » à « une propriété du texte ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

La délégation russe a retrouvé lundi son droit de vote au Conseil de l'Europe, 5 ans après sa suspension en raison de l’annexion de la Crimée. L'organisation est la première à lever des sanctions contre la Russie, sous l'influence de la France et de la Belgique. L'institution en ressort divisée.

Xavier Martinet s'entretient avec Tatiana Jean, directrice du Centre Russie / NEI à l'Ifri.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Bourdieu aurait adoré ces deux histoires : une histoire de non-reproduction et une histoire de reproduction sociales.

La première est racontée dans le journal Libération de ce matin : c’est l’histoire d’un sociologue qui s’appelle Akim Oualhaci, il se présente pour la troisième fois au concours du CNRS, et pour la troisième fois il est sélectionné par le jury d’admissibilité — il a notamment été classé premier ex-aequo en 2017 — mais, pour la troisième fois, il est recalé par le jury d’admission. Ce sociologue a mené différentes études en France et aux Etats-Unis. Des études sur quoi ? Eh bien justement, l’ironie de la chose n’échappera à personne, Akim Oualhaci travaille sur les processus de domination dans les espaces urbains marginalisés en France et aux Etats-Unis… De là à penser que ces refus réitérés de le recruter sont des manières de vérifier, à son détriment, les structures de domination du champ universitaire français, il n’y a qu’un pas que 200 universitaires ont franchi. Alors, bien entendu, il faudrait pouvoir entendre les arguments du jury qui a refusé son admission pour la troisième fois, mais comme celui-ci explique que ce qui est dit au sein du jury reste dans le jury, il est difficile de se faire une opinion…

La deuxième histoire est racontée dans Le Figaro : Sciences Po Paris supprime son concours écrit d’entrée. Autrement dit, à partir de 2021, l’école sélectionnera ses élèves sur les résultats obtenus au lycée et sur un oral. Et c’est là où le bât blesse car l’oral, on ne le sait que trop, a pour caractéristique de privilégier bien souvent le savoir-être sur le savoir-faire, donc de sélectionner sur des critères sociaux, bien plus que sur des critères de connaissances. Alors, Sciences Po se défend de cela, arguant que 15% des places seront réservées aux élèves boursiers…

Tiens, mais en 2021, où en sera Harvard, l’université américaine, puisque Sciences Po ambitionne d’être le Harvard français ? Eh bien, en 2021, la moitié des étudiants d’Harvard seront issus des minorités, une proportion qui a encore progressé de 3% : 15% des étudiants d’Harvard sont les premiers dans leur famille à faire des études universitaires. Bref, une comparaison avec les Etats-Unis qui, pour une fois, ne nous donne pas raison…

@PetitsMatinsFC

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