LE DIRECT
Le duo calédonien KAORI formé par Alexis Diawari et Thierry Folcher.

Musique : KAORI, "A ciel ouvert" - Rentrée scolaire : la lutte des classes - Accord UE/Mercosur - Comment permettre aux enfants de réussir ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Le duo calédonien KAORI vous parle de son album "A ciel ouvert", et Gaspard Estrada de l'accord de libre-échange UE/Mercosur. Les chroniques s'intéressent à la sociologie de la rentrée scolaire et à la pédagogie enfantine.

Le duo calédonien KAORI formé par Alexis Diawari et Thierry Folcher.
Le duo calédonien KAORI formé par Alexis Diawari et Thierry Folcher. Crédits : Christophe Crénel - kaori-officiel.com

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le duo calédonien, KAORI - Alexis Diawari, guitare et voix, et Thierry Folcher, guitare lead vocal - de passage à Paris, pour nous parler de leur nouvel album : _A ciel ouvert_.

On a largué les amarres dans une autre vie et le chemin continue. Thierry et moi on s'est rencontrés un soir à Nouméa, autour de la musique anglo-saxonne, ça a accroché et on ne s'est plus quittés. Nouméa est la capitale. On vit en brousse, à l'intérieur, je suis Kanak et Thierry est Caldoche.  Alexis Diawari

On avait envie d'explorer des univers musicaux, on est allés sur la bossa, puis on a découvert un album de Clapton. A deux, on est une sorte de laboratoire, on partage beaucoup de moments. Nous sommes de fervents adeptes de la francophonie. L'anglais est une langue qui s'appauvrit, le français c'est la langue de la poésie, de la diversité culturelle.  Thierry Folcher

Album "A ciel ouvert du duo KAORI.
Album "A ciel ouvert du duo KAORI.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La rentrée approche : demain pour les enseignants, lundi pour les élèves. Le sujet monte dans la presse.

Dans les pages idées de Libération, Simon Blin et Sonya Faure rendent compte de la grande enquête menée pendant cinq ans par 16 sociologues sous la direction de Bernard Lahire et qui sort aujourd’hui au Seuil sous le titre Enfances de classe. Education, apprentissage des codes, alimentation, loisirs… l’enquête explore en profondeur comment les inégalités s’instaurent dès la maternelle. On savait que l’enfance connaît les inégalités : 7 enfants de cadres sur 10 exercent un emploi d’encadrement alors que 7 enfants d’ouvriers sur 10 demeurent cantonnés à des emplois d’exécution. Mais – soulignent les auteurs de l’article « ce qui se dessine au fil des pages d’Enfances de classe, c’est par quelles fines voies d’eau l’ordre inégal des choses s’infiltre, déjà, dans la vie d’enfants de 5 ans : l’espace plus ou moins grand dans lequel on vit (quand il existe un lieu à soi…), les lectures que l’on fait, les critiques qu’on se permet devant le poste de télé, ce qu’on mange, ce qu’on porte sur soi… » L’image employée par Bernard Lahire le résume bien : certains enfants vivent d’ores et déjà une réalité augmentée. « Les pouvoirs économique et culturel offrent une vie quasi infinie : avoir une résidence secondaire ou voyager, employer une femme de ménage et libérer du temps pour les sorties, avoir une alimentation saine et allonger son espérance de vie, visiter les musées et découvrir d’autres mondes… Autant “d’extensions de soi” pour l’enfant. » Pour d’autres, « qui cumulent les “handicaps” et les manques de ressources, c’est toute la vie qui se restreint. » Résultat : l’autonomie, par exemple, qui est valorisée par l’école, est une compétence acquise en famille par les enfants des milieux favorisés, qui savent déjà ce qu’on attend d’eux, quelles sont les consignes et comment les respecter. Autre exemple : la pratique du langage, évoquée par la sociologue Marianne Woollven, qui a contribué à cette enquête. L’usage du second degré, en particulier, « le fait de manipuler l’ironie suppose une réflexivité langagière élevée car on utilise le langage pour dire quelque chose qui n’existe pas. Cet usage non littéral du langage est plus présent chez les familles à fort capital culturel, où on aime faire des blagues et jouer avec les mots. » Or cet usage « réflexif » de la langue est le plus adapté à la pratique de l’écrit.

« Les enfants sont des super-ordinateurs, donnons-leur les données dont ils ont besoin », affirmait Stanislas Dehaene, chargé par le ministre de l’éducation de mettre au point les nouvelles pédagogies numériques basées sur les neurosciences. Dans la dernière livraison de la revue We Demain, Kyrill Nikitine fait le point sur les expérimentations en cours pour améliorer l’apprentissage du calcul et de l’écriture. Présentées comme un remède à l’échec scolaire, ces pédagogies d’appoint n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité mais elles révèlent déjà leurs limites. Le neuroscientifique Christian Xerri estime qu’elles pourraient menacer le bon développement du cerveau. Selon lui l’approche consistant à figer une fonction intellectuelle dans une région précise du cerveau ne convient pas à la plasticité neuronale essentielle au développement des capacités cognitives de l’enfant. « Réfléchir, c’est s’adapter à un contexte qui change. Si l’enfant est capable d’adaptation et de flexibilité, c’est parce qu’il fait appel à de multiples circuits cérébraux. » Alors que l’éducation « classique » met en œuvre des capacités diversifiées, essentielles pour la prise de décision, la planification ou la mémorisation et développées en interaction vivante, les jeux vidéo à usage pédagogique « ne feraient que formater le cerveau par des tâches routinières ». Sans compter le risque d’addiction précoce aux écrans ou d’isolement social.

Dans Le Monde diplomatique deux enseignants reviennent sur l’un des mots d’ordre du ministre de l’éducation nationale lors de sa première rentrée en 2017 : la « bienveillance », qu’ils analysent comme « un cache-misère de la sélection sociale à l’école. Le message est clair : professeurs sévères, en déployant au quotidien la panoplie du découragement (sourcils froncés, remarques acerbes, notes exagérément basses) vous portez la responsabilité première dans l’échec de centaines de milliers de chrysalides qui n’attendaient qu’un geste pour se faire papillons (Clothilde Dozier et Samuel Dumoulin, enseignants dans le secondaire).On pourrait entendre la préconisation « si elle ne tendait pas à substituer à la mission d’émancipation de l’école l’impératif d’épanouissement personnel ». Un discours pseudo-égalitaire qui a pour objectif « d’escamoter les causes réelles de l’échec scolaire ».

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

Si Emmanuel Macron a annoncé ne plus soutenir l'accord en l'état, officiellement par réaction à la nonchalance de Jair Bolsonaro face aux feux en Amazonie, les pays du Mercosur ne sont plus certains non plus de vouloir s'engager dans cet accord de libre-échange. Accord UE/Mercosur : en Amérique du sud aussi, on hésite.

Julie Gacon s'entretient avec Gaspard Estrada, directeur exécutif de l'OPALC, l’Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes - Sciences Po.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Comment permettre aux enfants de réussir ?

Un programme ambitieux mais j’ai la solution, ou plutôt elle m’a été soufflée par le magazine Le Point de cette semaine : puisque vous préférez les solutions aux problèmes, voici le retour de Céline Alvarez, la gourou de la pédagogie enfantine qui est à la maternelle ce que Michelin fut aux pneumatiques. Avant Céline Alvarez, on ne savait rien, maintenant on sait tout, et surtout on sait comment savoir. 

Voici donc sa nouvelle méthode éducative, parce que sa vieille méthode c’était l’an dernier, et celle-ci est dépassée — et la nouvelle est bouleversifiante. Céline Alvarez n’hésite pas à dire qu’il faut favoriser, je cite, les « fonctions exécutives », autrement dit les « fonctions cognitives supérieures de l’intelligence humaine ». Les fonctions cognitives supérieures de l’intelligence humaine, voilà l’ami, voilà ce qui doit être favorisé chez l’enfant. Ma connaissance du volapuk me permet même de traduire cette expression « fonctions cognitives supérieures de l’intelligence humaine » : cela désigne la part intelligente de l’intelligence. Et je crois que cette part intelligente de l’intelligence peut nous permettre de comprendre d’autres notions vertigineuses agitées par Céline Alvarez, ces notions qui permettent à coup sûr de faire de notre progéniture des petits Steve Jobs : le contrôle inhibiteur — c’est très bien le contrôle inhibiteur, cela veut dire réfléchir — ou bien encore plus savant, la flexibilité cognitive, autrement dit réfléchir beaucoup beaucoup. 

Et le voilà le secret : Céline Alvarez a raison, j’en suis sûr, pour développer les fonctions exécutives de la cognition apprenante — parce que, moi aussi, je vais développer une méthode éducative, vous allez voir — il faut apprendre aux enfants à réfléchir et même à réfléchir sur leur réflexion, en supprimant je dirais les fonctions inferieures de la rigidité cognitive parfois trivialement appelé la connerie. 

Car je dois vous l’annoncer, la pointe avancée des sciences cognitives l’a maintenant démontré en grande pompe, la connerie peut être l’ennemi de l’intelligence. Oui, la connerie est l’ennemi de l’intelligence, mais attention à trop vouloir remplacer l’une par l’autre on risque de ne plus rien y comprendre, sauf à vouloir développer bien sûr une intelligence de la connerie. 

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H03
26 min

Le Réveil culturel

Nouméa, au rythme de la variété française
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du jeudi 29 août 2019
6H40
5 min

Le Journal des idées

Rentrée scolaire : la lutte des classes
6H45
10 min

Les Enjeux internationaux

Accord UE/Mercosur: en Amérique du sud aussi, on hésite
7H00
11 min

Journal de 7 h

Les Britanniques manifestent devant les fenêtres de Boris Johnson contre la suspension des travaux du Parlement
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
À venir dans ... secondes ...par......