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Entrez dans la danse, éditions Delcourt.

BD : Richard Guérineau - La dynamique des émotions - Les parlementaires britanniques ne veulent pas se laisser suspendre - Deep state, l'état profond

1h
À retrouver dans l'émission

Richard Guérineau vous parle de son album "Entrez dans la danse", et Aurélien Antoine de la suspension du parlement britannique par Boris Johnson. Les chroniques s'intéressent aux émotions et à l'état profond.

Entrez dans la danse, éditions Delcourt.
Entrez dans la danse, éditions Delcourt. Crédits : © Richard Guérineau

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur de bande-dessinée, Richard Guérineau, à l'occasion de la parution de son album, Entrez dans la danse, aux éditions Delcourt (collection Mirages), mettant en bulles et en images cette incroyable épidémie de danse survenue il y a 500 ans à Strasbourg. D'après un roman de Jean Teulé.

Ce récit se passe à l'époque de la Renaissance, et je suis allé regarder du côté des grands chorégraphes. C'est Jean Teulé qui m'a proposé d'adapter son roman. "Ça se passe en 1518" est la seule information qu'il m'ait donnée.

 Entrez dans la danse, éditions Delcourt.
Entrez dans la danse, éditions Delcourt. Crédits : © Richard Guérineau

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Les émotions, qui reflètent nos états intérieurs, s’exposent et même s’exhibent en public. On s’est longtemps employé à les contenir mais aujourd’hui elles sont enrôlées dans la publicité ou la politique…

Et elles forment le tissu de nos relations virtuelles sur les réseaux sociaux, comme le relève le philosophe Laurent de Sutter à propos de l’indignation, sujet de son dernier livre. Devenue une posture convenue, l’indignation « est une espèce de jouissance qui ne cesse de se répéter, mais sans rien changer ni à l’état du monde ni au bien-être des personnes qui les expriment » explique-t-il dans un entretien accordé au site de l’hebdomadaire Le Point. Elle serait devenue constitutive de nos identités modernes, le lieu commun de nos frustrations bruyantes. Le constat est sans doute réaliste mais il relève aussi d’une vieille défiance de la raison à l’égard des émotions. 

Philosophie Magazine consacre un dossier à cette question. On sait aujourd’hui que les émotions jouent un rôle essentiel dans nos comportements et nos décisions, même les plus rationnelles. Darwin concédait à l’expression des émotions un avantage décisif dans l’évolution, du fait qu’elle représente une forme de communication rapide et efficace. Figurer la peur signale le danger, ce qui déclenche immédiatement et indique à tous le comportement adéquat : protection et coopération. C’est ce qu’explique le neuroscientifique António Damásio : quand la raison calculatrice, utilitariste prend son temps pour évaluer le rapport du coût et des bénéfices, les pressentiments, liés aux états émotionnels « permettent de fixer un cap, de trouver une ligne de comportement en situation de crise » et d’urgence. Selon lui, « il existe une forme d’intelligence préréflexive et précognitive, fondamentale pour la survie ». Sinon comment la vie, qui a 4 milliards d’années alors que le cerveau n’en a que 500 millions, aurait-elle pu se développer face à tous les défis de l’adaptation en prenant des décisions intelligentes, mais sans pensées, sans idées, sans esprit ? Le neurologue explique notamment le mouvement de va-et-vient permanent entre le corps et l’esprit par le canal du tronc cérébral, qui contrôle les émotions et les diffuse dans les zones profondes du cerveau, beaucoup plus anciennes en termes d’évolution que le cortex qui commande le raisonnement et le langage. S’il est vrai que les émotions expriment le langage inarticulé du corps, ce mouvement de va-et-vient permet aussi à une représentation intellectuelle – l’anticipation d’un événement dramatique ou heureux – de se traduire en émotion, tristesse ou joie. Philosophie magazine a demandé à six chercheurs de décrire une émotion cardinale : l’excitation, la léthargie, la surprise, le contentement, la colère ou l’humiliation. 

C’est Gloria Origgi, qui vient de publier un ouvrage collectif sur les Passions sociales (PUF), qui s’est coltiné cette dernière. « L’humiliation est une émotion fondamentale, car elle en fait naître beaucoup d’autres : la colère, l’indignation, le ressentiment, la honte. » Elle est « l’émotion statutaire par excellence » car elle émane le plus souvent du sentiment provoqué par le mépris social – le mépris de classe. Mais elle n’est pas forcément négative car elle peut susciter le sursaut de fierté qui conduit à la révolte, comme l’a montré le mouvement des gilets jaunes. 

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

Après la décision prise mercredi par Boris Johnson de proroger pour cinq semaines la session parlementaire, les opposants fourbissent leurs armes juridiques. Leurs recours ont-ils des chances d'aboutir ?

Julie Gacon s'entretient avec Aurélien Antoine, professeur de droit public à l'université Jean-Monnet Saint-Etienne, agrégé des Facultés de Droit.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il y a plus de trois pouvoirs en France… Trois pouvoirs : le législatif, l’exécutif et le judiciaire, si vous écoutez monsieur Montesquieu, un quatrième aussi, si vous considérez que les médias constituent le quatrième pouvoir.

Mais voilà qu’apparaît un nouveau quatrième pouvoir et c’est mon Président de la République qui en dévoile, ou en soupçonne l’existence : ça s’appelle « l’état profond ». Donald Trump qui lui aussi dénonce le sien, le désigne sous le nom de « deep state ». C’est par exemple ce que rapporte le journal _L’opinion_aujourd’hui : la politique de rapprochement avec la Russie, dit Emmanuel Macron, serait freinée par les diplomates, alias « l’état profond », qui n’en voudraient pas. A en croire le quotidien, le Président de la République soupçonne « l’état profond », c’est le terme qu’il emploie, de ne pas vouloir de ce rapprochement avec Vladimir Poutine. Emmanuel Macron a ainsi déclaré à deux reprises au moins qu’il lutterait contre cet « état profond », déclarant « qu’il ne voulait pas être otage de gens qui négocient » à sa place. 

Cette expression « d’état profond » a une véritable histoire, une histoire longue : le terme est probablement né en Turquie dans les années 1990 pour nommer des services secrets chargés de la sécurité intérieure, elle a été également utilisée en Italie pour nommer la loge P2, cette loge maçonnique véreuse, et plus généralement d’autres organisations mafieuses qui gangrènent l’état italien. Aujourd’hui la notion « d’état profond », « deep state », est surtout utilisée par Donald Trump pour désigner ceux qui à l’intérieur de l’appareil d’état américain l’empêcheraient de gouverner. 

L’expression est nouvelle, elle radicalise en quelque sorte une idée, notamment soutenue par Pierre Rosanvallon, selon laquelle en France, par exemple, c’est l’administration qui assure la continuité de l’état. Mais là, c’est en quelque sorte l’administration contre le pouvoir. « L’état profond » désigne une organisation anti démocratique, anti démocratique par haine ou par trop plein l’amour pour la démocratie, puisque dans le cas américain — comme désormais dans le cas français supposé — il s’agirait de faire faire à la nation quelque chose indépendamment de ce qu’a décidé le pouvoir légitime, Trump aux Etats-Unis, Macron en France. 

Au final, « l’état profond » est la manière légitime pour le pouvoir légitime d’être complotiste. Dénoncer un complot c’est complotiste, dénoncer l’état profond c’est profond.

@PetitsMatinsFC

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