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an Pei-Ming, L'homme qui pleure.

Exposition : Yan Pei-Ming - Hong Kong, port franc de la révolte - Le Hezbollah a-t-il intérêt à une guerre contre Israël ? - L’information n’est pas une marchandise comme les autres

59 min
À retrouver dans l'émission

Yan Pei-Ming et Franck Gautherot vous parlent de l'exposition "Yan Pei-Ming, l'homme qui pleure", et Aurélie Daher des attaques et contre-attaques entre le Hezbollah et Israël. Les chroniques s'intéressent à Hong Kong et au prix de l'information.

an Pei-Ming, L'homme qui pleure.
an Pei-Ming, L'homme qui pleure. Crédits : André Morin © Yan Pei-Ming, ADAGP Paris 2019

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'artiste franco-chinois Yan Pei-Ming et Franck Gautherot, commissaire de l'exposition Yan Pei-Ming, l'homme qui pleure, au Musée des Beaux-Arts de Dijon ( jusqu'au 23 septembre 2019) et directeur du Consortium Museum de Dijon. Une exposition composée d'une trentaine d’œuvres de l'artiste, tel un journal intime ouvert sur la brutalité du monde, et qui rend hommage à sa mère et à ses amis récemment disparus.

Allumez la télévision à 20 heures, les sujets sont sombres, catastrophiques. Pour moi, c'est une sorte de paysage contemporain. J'avais envie d'exprimer une sorte d'inquiétude. Quand je vois mes copains disparaître, ça me fait très mal. Oui, la mort est très présente dans mon oeuvre. Aussitôt qu'on naît, on est confronté à la mort, et pour les animaux c'est la même chose.   Yan Pei-Ming

Un jour noir  2019, huile sur toile, 100 x 100 cm.
Un jour noir 2019, huile sur toile, 100 x 100 cm. Crédits : Photographie : André Morin © Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2019.

La peinture selon Ming n'est pas une caresse, et cela qualifie son travail dans la façon de l'exécuter, ce n'est pas de "l'entertainment", c'est une chose grave. Son travail c'est des allers retours perpétuels entre sa  biographie et l'état du monde. Comment un artiste peut à la fois, rendre compte de sa propre histoire - l'histoire de ses proches - et aussi, de l'histoire du monde, et comment ce dialogue, ces allers et retours peuvent s'exprimer dans une exposition. Avec des moyens - on pense notamment aux animaux qui tiennent une place importante dans son travail.   Franck Gautherot

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La rentrée scolaire et universitaire a été largement boycottée hier à Hong Kong. Et les pressions de Pékin s’accentuent pour mettre fin à la contestation.

L’agence officielle Xinhua a publié un texte virulent, annonçant que "le jugement approche pour tous, qu’ils participent, fomentent, organisent ou mènent les émeutes à Hong Kong". Hier, des milliers d’étudiants se sont rassemblés à l’Université en signe de soutien aux cinq revendications du mouvement de contestation. Comme le rappelle Florence de Changy dans Le Monde, il s’agit notamment du retrait total d’un projet de loi - pour l'instant suspendu - permettant les extraditions vers la Chine, d’une enquête indépendante sur les brutalités policières et de la désignation des ­dirigeants politiques au suffrage universel. La correspondante à Hong Kong évoque les pressions et l’ingérence chinoise au sein des entreprises, comme la compagnie aérienne Cathay Pacific. Des employés ont été licenciés pour avoir soutenu le mouvement social et le directeur l’a payé de son poste. Du coup les entrepreneurs marchent sur des œufs : "tout le monde est sur ses gardes, de peur de se faire épingler par la Chine et de déclencher une campagne virale ingérable", confirme l’un d’entre eux. "L’économie de Hong­ Kong est en effet classée depuis des décennies comme la plus libre du monde, essentiellement du fait de la liberté de circulation des capitaux, des biens et des personnes, d’une fiscalité minimale et d’un gouvernement le moins interventionniste possible. Mais ce climat de liberté économique pourrait être affecté si les libertés de penser, de communiquer, d’échanger des idées étaient remises en cause" conclut la journaliste. 

Sur Mediapart, Margot Clément rappelle que "ce territoire continue de représenter un maillon clé de la stratégie d’investissements à l’étranger des entreprises chinoises, qui profitent de son système capitaliste pour s’aligner sur les standards internationaux". Aujourd’hui, le gouvernement de Hong Kong agite le spectre d’une grave crise économique due au mouvement de contestation mais la grande perdante serait la Chine "car le petit territoire capitaliste reste un élément clé de ses investissements entrants et sortants". Car c’est grâce à Hong Kong que la Chine a pu réaliser son ouverture aux marchés mondiaux à l’aube des années 1980 : "du fait de la non-convertibilité de la monnaie chinoise, de nombreuses sociétés ont utilisé la Bourse de Hong Kong pour lever des capitaux étrangers". À cause du mouvement de contestation, le secteur du tourisme est touché, "avec une chute de 50 % des réservations de groupes en juillet, et des mastodontes comme HSBC ou Standard Chartered ont chacun fait paraître la semaine dernière des pages de publicité dans des journaux locaux pour appeler à une résolution pacifique de la crise". 

C’est pourquoi Jean-Pierre Cabestan, professeur de science politique à l’université baptiste de Hong Kong et auteur, notamment, de Demain la Chine : démocratie ou dictature ? (Gallimard, 2018) estime dans Le Figaro que "Pékin et Carrie Lam (la cheffe de l’exécutif hongkongais) devraient accepter une vraie négociation avec les protestataires". Ayant misé en vain sur un pourrissement de la situation par la radicalisation du mouvement, qui aurait justifié une répression policière plus féroce, ils devraient entamer "une véritable négociation entre le gouvernement local et le mouvement, avec des concessions de part et d’autre". Même si Pékin reste sur ses positions et "tente de faire croire que le mouvement est porté par des casseurs indépendantistes alors qu’il reste soutenu par une majorité de Hongkongais inquiets de l’avenir politique de Hong Kong". Pour Jean-Pierre Cabestan, les forces chinoises stationnées à la frontière ont pour seul but de faire monter la pression. "La police locale a été dotée de moyens supplémentaires pour rétablir l’ordre. Elle multiplie par ailleurs les arrestations (plus de 900 depuis début juin)." Mais elle reste "incapable de régler une crise qui est fondamentalement politique". Seule une solution politique, et non policière ou militaire, peut la résoudre.

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, assure être capable de frapper Israël « en profondeur » en cas d’agression. Depuis la fin août, attaques et contre-attaques confrontent l'Etat hébreu à ce mouvement chiite libanais, au faîte de sa puissance. Le Hezbollah a-t-il intérêt à une guerre contre Israël ?

Julie Gacon s'entretient avec Aurélie Daher, enseignante-chercheuse à Paris-Dauphine et à Sciences Po Paris.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

L’information n’est pas une marchandise comme les autres. Non, non, c’est une marchandise pire que les autres. C’est une marchandise plus compliquée que les autres.

Je m’explique : le destin d’un kilo de pomme de terre est assez simple à décrire. Ou bien vous achetez le kilo de pomme de terre, ou bien vous ne l’achetez pas. Et, si vous décidez de l’acheter, alors vous devrez payer le prix du kilo de pomme de terre — j’en ai récemment vu à 10 euros les 10 kilos — et pour les acheter, il ne faut pas verser 20 centimes à celui qui a fabriqué le filet, 3 euros à l’agriculteur, 6,80 euros à celui qui les revend. 

Si je vous dis cela, c’est que pour 10 kilos de BFM TV, les choses ne sont pas aussi claires. Supposons que vous vouliez acheter 10 kilos de BFM TV — c’est une supposition mais soyez sympa dites que vous voulez — vous avez le problème suivant : à qui devez-vous les payer ? A BFM, autrement dit au groupe Altice, ou bien au fournisseur d’accès qui vous permet indirectement de capter BFM, comme les plus de 18,5 millions de Foyers français qui regardent BFM via une box Free ou Orange ? Aujourd’hui, un désaccord sur le prix à payer entre Free et les chaînes du groupe Altice fait que vous ne pouvez plus regarder ces chaînes sur votre box Free. Un même désaccord pourrait conduire Orange à cesser la diffusion de BFM TV et consort.

Le dilemme est assez cornélien. Pour le faire court, ces entreprises ne sont pas d’accord sur qui doit payer : est-ce la chaîne qui bénéficie ainsi de la diffusion, ou bien le fournisseur d’accès qui peut ainsi proposer la diffusion de la chaîne parmi ses services ? Ils sont en désaccord sur les sommes à régler, en conséquence de quoi, cette diffusion pourrait cesser. Voilà une situation entièrement nouvelle puisqu’elle signifie qu’une société tiers, en l’occurrence Free ou Orange, peut décider ou non de l’information qui transite sur son canal. On avait perdu l’habitude de cela depuis internet, depuis la désintermédiation, depuis le moment où avec internet je pouvais décider de regarder ce que je voulais, sans passer par un tiers distributeur.

C’était oublier que le pouvoir d’internet, c’est aussi le pouvoir du tuyau, et que la neutralité du tuyau n’est pas neutre. En somme, avec internet, l’information demeure une marchandise, mais on ne sait plus à qui on doit la payer. 

@PetitsMatinsFC

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