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Sylvain Prudhomme.

Livre : Sylvain Prudhomme - L'Europe et la Russie - Tensions au Moyen-Orient et cours du pétrole - Les gens sont trop gentils

1h
À retrouver dans l'émission

Sylvain Prudhomme vous parle de son roman "Par les routes", et Francis Perrin de la production de pétrole au Moyen-Orient. Les chroniques s'intéressent aux relations diplomatiques entre la Russie et l'Union Européenne, et aux "ratings".

Sylvain Prudhomme.
Sylvain Prudhomme. Crédits : Francesca Mantovani @ Editions Gallimard 2019

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le romancier Sylvain Prudhomme pour la parution de Par les routes (éditions L'Arbalète/ Gallimard) qui fait partie des dix romans de la rentrée sélectionnés par France-Culture et l'Obs. Avec la participation d'Oriane Jeancourt, du Magazine Transfuge, pour ses coups de cœur de la rentrée littéraire.

L'auto-stop peut paraître d'un autre temps, j'avais envie de jeter un personnage donquichottesque sur les routes, un auto-stoppeur de quarante ans. C'est cette idée de s'abandonner au hasard, ne pas savoir si on arrivera, sur qui on va tomber ; l'auto-stoppeur est la métaphore de celui qui s'abandonne à ce qui vient.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Les ministres français des affaires étrangères et de la défense se rendent aujourd’hui à Moscou pour rencontrer leurs homologues russes lors d’une réunion du comité consultatif de coopération et de sécurité.

Comme le rappelle Marc Semo dans Le Monde, « il n’y en avait pas eu depuis cinq ans. Cette structure « 2 2 » avait été mise sur pied dans les années 1990 pour renforcer les liens, y compris sur le terrain militaire, avec une Russie que l’on pensait alors réellement engagée dans la voie de la démocratie. Elle avait été gelée au printemps 2014 après l’annexion de la Crimée ». Jean-Yves Le Drian expliquait ainsi cette volonté de relance du dialogue, le 3 septembre devant l’Association de la presse diplomatique : « La défiance ne sert finalement à personne, même si les raisons qui l’ont alimentée – l’Ukraine, la Syrie, les assassinats à l’arme chimique, les cyberattaques – sont toujours là, et le dialogue se doit donc d’être exigeant ». Tenter de le renouer est d’ailleurs un objectif constant pour le président de la République, réaffirmé lors de sa rencontre avec le président russe au fort de Brégançon, le 19 août. Mais il faut pour cela que les intentions soient claires de part et d’autres. Dans les pages idées du Monde, Michel Eltchaninoff et Bruno Tertrais décryptent la diplomatie de Vladimir Poutine et mettent en garde contre l’illusion d’une « nouvelle architecture de sécurité » en Europe. 

La Russie semble avoir amorcé un processus de détente en Ukraine, avec le récent échange de prisonniers de part et d’autre. Parmi eux, côté ukrainien, figure le cinéaste Oleg Sentsov, accusé de « terrorisme » et de trafic d’armes par la justice russe qui l’avait condamné à vingt ans de camp en Russie. Comme le rappelle The Moscow Times, journal indépendant lancé en 1992 pour la communauté étrangère russe, et relayé par Courrier international, « Oleg Sentsov a chèrement payé son engagement politique lors du soulèvement pro-européen du Maïdan à Kiev à l’hiver 2014. Peu après, il avait également déclaré qu’il n’acceptait pas l’annexion de la Crimée par Moscou. » En 2018, le Parlement européen lui a décerné le prix Sakharov “pour la liberté de l’esprit.” En mai de la même année, Oleg Sentsov avait entamé une grève de la faim qu’il a interrompue au bout de 145 jours. Mais parmi les prisonniers relâchés par l’Ukraine figure Volodymyr Tsemakh, un chef militaire des séparatistes pro-russes de l’est du pays, le témoin-clé et principal suspect dans le crash du vol MH17, abattu par un missile russe il y a cinq ans. Le Point cite les regrets du porte-parole pour le groupe d’enquête néerlandais : « Nous aurions voulu qu’il soit disponible pour l’enquête ».

Dans Les Echos, Dominique Moïsi se demande si l’on peut raisonnablement continuer à isoler la Russie « alors même qu’elle est incontournable sur de nombreux dossiers, de l’Ukraine à la Syrie ? Mais peut-on aussi, en se rapprochant d’elle – comme le souhaite le président Macron – faire comme si elle ne cherchait pas de manière systématique à intervenir dans nos processus démocratiques ? » Et dans cette guerre d’influence sur les valeurs, il s’agit aussi de ne pas en rabattre sur les nôtres en faisant semblant d’ignorer l’existence d’une société civile qui demande à être écoutée en Russie.

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

Congrès mondial de l'énergie aujourd'hui, conférence de l'OPEP jeudi: les pays producteurs de pétrole ont les yeux rivés sur son prix sur les marchés. Pour l'instant en baisse, il pourrait subir l'impact des tensions dans le Golfe et du détroit d'Ormuz. Les tensions au Moyen-Orient vont-elle changer le cours... du pétrole ?

Julie Gacon s'entretient avec Francis Perrin, directeur de recherche à l'IRIS (Paris) et chercheur associé à l'OCP Policy Center (Rabat).

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Et vous, combien allez-vous noter ce billet ?

Vous savez qu’aujourd’hui, tout peut et même tout doit être noté. Votre appel au centre d’appel de votre fournisseur d’accès internet : la réponse fournie vaut-elle un 4/5 ? Le restaurant que vous avez choisi pour votre rendez-vous amoureux mérite-t-il vraiment son 4,5/5 ? Et l’Uber qui vous a ramené, seul comme un gros loser, allez-vous lui donner ses 5 étoiles réglementaires ? 

Eh bien ne cherchez pas, d’après le Financial Times du jour, ces ratings, autrement dit ces notes, ne sont pas fiables. Plus exactement, elles ne signifient pas grand-chose parce que les gens sont trop gentils. Il n’y a pas de Bachar El Assad : la vie serait plus simple, les individus n’hésiteraient pas à être sévères et injustes. Oui, mais hélas, les démocraties sont donc remplies de gens trop mous. Autant quelques sociopathes — un sociopathe, c’est un dingue habitué des réseaux sociaux —vont vous faire un roman sur le fait que la clim dans l’hôtel était bruyante, ou que le thon rosé est arrivé mi cuit, autant la majorité des individus sont indéfectiblement bons, trop bons. 

La faute notamment à Uber, explique le Financial Times, qui a fait savoir qu’en dessous de 4,6 sur 5 un chauffeur serait viré, et c’est la raison pour laquelle les gens mettent toujours cinq étoiles. Une étude de l’Université de Boston a ainsi examiné la note de 600.000 Airbnb : eh bien catastrophe, la plupart avait des notes entre 4,5 et 5 sur 5… Même les Airbnb installés sur un échangeur autoroutier, même les Airbnb qui abritent un élevage d’acariens, même les Airbnb où il faut choisir entre le chauffage et le micro-onde, tous ces lieux obtiennent un 4,5 sur 5. Au pire — mais alors vraiment au pire — les internautes mettent un 3,5 sur 5, une note qui équivaut en réalité à un 2 sur 20. 

Donc ne vous fiez pas aux notes, les gens sont trop gentils… Il ne reste plus qu’une seule chose à faire : noter les notants ! Lénine se demandait qui allait former les formateurs, aujourd’hui il se demanderait comment évaluer les évaluateurs.

@PetitsMatinsFC

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