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Le groupe touareg TINARIWEN.

Musique : TINARIWEN - Politique : les nouvelles donnes - Nouvelle Commission européenne et "groupe de Visegrad" - Peut-on demander la grâce de son tortionnaire ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Eyadou Ag-Leche et Arnaud Contreras vous parlent du dernier album du groupe Tinariwen, et Patrick Martin-Genier de la Commission européenne vue depuis le "groupe de Visegrad". Les chroniques s'intéressent à nos institutions démocratiques et à la grâce.

Le groupe touareg TINARIWEN.
Le groupe touareg TINARIWEN. Crédits : © Marie Planeille // Wedge/PIAS

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Eyadou Ag-Leche, bassiste du groupe touareg multi-générationnel, Tinariwen, pour la sortie de leur neuvième album, Amadjar, enregistré dans le désert de Mauritanie, et éclairage par Arnaud Contreras, producteur de documentaires et auteur de Sahara Rocks, paru aux Editions de Juillet.

"Amadjar", veut dire l'étranger ou plutôt, l'invité - dans notre langue, avec un seul mot tu peux imaginer beaucoup de choses, Amadjar dit tout - parce que chez nous, l'invité c'est celui dont tu dois prendre soin, il a du poids, on n'oublie jamais ce côté-là. L'invité te fait réfléchir, il est celui qui est utile.  Eyadou Ag-Leche

"Amadjar", c'est un disque, en même temps qu'un hommage. On entend plus de sons, d'influences, de bruits de conversations, de sons de vie ; il y a moins de grosses guitares.  Arnaud Contreras

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Le feuilleton du Brexit est l’occasion d’une réflexion politique sur le fonctionnement – ou le dévoiement – de nos institutions démocratiques.

Sur le plan politique, la crise qui secoue le Royaume-Uni révèle notamment « l’absence de garde-fous efficaces pour contrer la dérive autoritaire du premier ministre », estiment dans Le Monde Pauline Schnapper et Emmanuelle Avril. « Le bras de fer entre le gouvernement, qui prétend tirer sa légitimité du résultat du référendum censé représenter la volonté du peuple, et la Chambre des communes, démocratiquement élue, montre combien le fameux « modèle » de Westminster, sous-tendu par une constitution informelle et dont l’une des caractéristiques est la fusion presque totale des pouvoirs exécutif et législatif, souffre de graves déséquilibres qui ont rendu possible cette crise sans précédent. » Les deux professeures de civilisation britannique contemporaine à l’université Sorbonne-Nouvelle ajoutent que cette crise est aussi « l’aboutissement logique de tendances politiques et sociétales lourdes qui réclament des changements profonds dans le fonctionnement démocratique du Royaume-Uni ». 

Si l’on élargit la focale, on conviendra que ces « tendances politiques et sociétales » ne concernent pas que la démocratie britannique. Dans L’Express, Mark Lilla évoque son dernier livre, à paraître la semaine prochaine chez Desclée de Brouwer sous le titre L’esprit de réaction. L’historien des idées, francophile, analyse la pensée réactionnaire pour dénoncer les impasses d’une idéologie revenue au goût du jour dans l’orbite des populismes. « Personne ne comprend plus comment fonctionne le marché international, surtout la finance, ni comment les contrôler démocratiquement dans les Etats souverains – résume-t-il. Face à cette absence de lisibilité et cette peur de ne pas pouvoir maîtriser leur destin, beaucoup de gens préfèrent rêver du passé. »
Mais la nostalgie n’a jamais tenu lieu de programme politique. Pour le réactionnaire, deux options sont possibles face au désenchantement du présent : soit « le retour en arrière, pour rétablir les structures sociales anciennes – mythifiées », soit enjamber « le présent pour fonder une société nouvelle, inspirée du passé mais plus autoritaire, plus agressive, tout en utilisant les outils modernes ». La première option était celle d’un Charles Maurras, la deuxième celle des fascistes « prônant un futur inspiré par des fondements éthiques et culturels enracinés dans le passé, mais sous une forme moderne ou même hypermoderne, reposant sur l’industrie, la science, la technologie ». 

Dans un précédent livre sur la gauche identitaire américaine, Mark Lilla fustigeait une gauche « sans soubassement intellectuel » et obnubilée par le sort des minorités. Mais aujourd’hui, depuis que Bernie Sanders a brandi le mot « socialisme », de nombreux militants et élus démocrates se sont engouffrés dans la brèche. Michael Carter, 28 ans, a dirigé la campagne d’Alexandria Ocasio-Cortez, la plus jeune femme jamais élue au Congrès. Il parle d’une révolution culturelle : « nous n’avons pas subi le lavage de cerveau organisé durant la guerre froide autour du mot socialisme… Nous avons grandi avec la guerre en Irak et l’effondrement du système financier… et avec un accès démocratisé à l’information. » L’un des éléments qui a poussé ces jeunes américains à se gauchiser serait aussi le fardeau des dettes contractées pour mener leurs études.

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

La nouvelle Commission européenne vue depuis le "groupe de Visegrad". Ce groupe qui date des années 90 et réunit la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, avait peur d'être floué par la composition de la nouvelle Commission, telle qu'Ursula von der Leyen l'a annoncée cette semaine. Entretien avec Patrick Martin-Genier.

Julie Gacon s'entretient avec Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po Paris et à l'INALCO, spécialiste des questions européennes.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Peut-on demander la grâce de son tortionnaire ?

Face à certaines histoires, « on sait ». Eh bien là, j’avoue que je ne sais pas. Cette incroyable histoire est racontée dans Le Monde d’aujourd’hui par Benoît Hopquin, c’est l’histoire d’une quasi centenaire, Noëlla Rouget qui s’est engagée dans la résistance en 1941, y a rencontré un fiancé. Elle était croyante, chrétienne, lui plutôt communiste, aux prises avec une foi en pointillé. Le 7 juin 1943, les deux amoureux sont arrêtés, ils croient au début avoir affaire à des allemands, mais non l’un des hommes qui les arrêtent est Français, il s’appelle Jacques Vasseur. La suite est bien triste, l’amoureux de Noëlla est atrocement torturé par ce Jacques Vasseur, elle ne le reverra qu’une seule fois. Avant d’être exécuté, il lui laisse une lettre que l’on ne peut pas lire sans retenir ses larmes, « sois heureuse, très heureuse, fais le pour moi ». Noëlla est déportée à Ravensbrück, et lorsqu’elle est libérée le 5 avril 1945 elle pèse 32 kg. 

La vie reprend avec ses joies, les peines, elles, ne peuvent égaler ce que les déportés, les résistants ont vécu. Quand, au début des années 1960, Noëlla apprend que Jacques Vasseur, le collabo qui l’a arrêté elle et son amoureux, est retrouvé et arrêté. Et le portrait de ce type se dessine, dans toute sa monstruosité. Dans la région d’Angers où il a sévi, on se souvient des centaines de crimes qu’il a commis. Jacques Vasseur n’est pas un Lacombe Lucien, ce n’est pas une petite frappe manipulée par la Gestapo c’est au contraire un lettré cynique et cruel, une sorte d’idéal type du monstre. Et là, Noëlla, celle à qui ce type a volé son amour et sa jeunesse, Noëlla demande la grâce de cet homme au général de Gaulle, et l’obtient. Stupeur incompréhension et même colère autour d’elle, où l’on se souvient des crimes perpétrés par ce monstre. Noëlla dit, « seul Dieu a le droit de reprendre une vie, j’ai vu trop de monstruosité dans ma vie pour en ajouter une autre ». 

Un peu à la manière du philosophe René Girard, elle pense qu’il faut briser le cercle infernal du crime et de la vengeance, la manière à eux de briser cet enchaînement, c’est de croire au Christ. Depuis hier, je songe à cette histoire, et je ne sais que penser, je vous laisse avec elle. 

La morale de cette histoire c’est qu’il n’y a rien de plus aiguisé que l’éthique, on ne tranche pas en la matière sans couper dans sa chair. 

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