LE DIRECT
Formica, Une tragédie en trois actes, éditions 6 Pieds sous terre.

BD : Fabcaro - L’année de la BD - L'étude des conflits et la question climatique - Manuel Valls et Valérie Trierweiler se remarient

1h01
À retrouver dans l'émission

Fabcaro vous parle de son album "Formica, une tragédie en trois actes", et Bastien Alex de l'impact des aléas et changements climatiques sur les conflits. Les chroniques s'intéressent à la BD et à Paris Match.

Formica, Une tragédie en trois actes, éditions 6 Pieds sous terre.
Formica, Une tragédie en trois actes, éditions 6 Pieds sous terre. Crédits : © Fabcaro

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur de BD, Fabcaro, à l'occasion de la parution de son album, Formica, une tragédie en trois actes, (éditions 6 Pieds sous terre), qui nous dit tout du "charme" du repas en famille du dimanche. Une farce construite comme une pièce de théâtre.

J'avais envie de faire une BD en jouant avec les codes de la tragédie, avec des actes, une unité de lieu, de temps ; un repas de famille où on ne sait pas quoi se dire. Ça dit quelque chose des familles d'aujourd'hui, mais j'espère que celle-là n'existe pas, car j'ai poussé tout de même le curseur de l'absurde très loin. Disons, une famille de la classe moyenne, populaire, avec poulet du dimanche, une famille allez, de droite. Ils n'ont pas de sujets de discussion, se demandent de quoi ils pourraient parler, de politique par exemple, ils cherchent un sujet de discussion raciste, cherchent des pistes. 

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

2020 a été décrétée « Année nationale de la bande dessinée » par le ministre de la culture, et le CNL – le Centre national du livre – vient d’ouvrir un concours de jeunes talents pour la création de l’affiche de l’événement.

On leur conseillera de ne pas s’inspirer des vignettes de Tintin. Après tant d’autres, le dessinateur Emmanuel Lepage vient de faire les frais de l’obsession procédurière des ayants droit d’Hergé pour une affiche destinée au trentième anniversaire du Centre belge de la bande dessinée de Bruxelles, où la fusée d’_Objectif Lune_figurait à côté de l’espadon d’Edgar P. Jacobs ou du ptérodactyle de Tardi. « Tintin marche sur la lune et Moulinsart sur la tête », titre le site de l’hebdomadaire Le Point. Bernard Quiriny s’insurge contre « un zèle qui frise l’acharnement contre-productif. Personne ne conteste qu’il faille protéger l’image du reporter contre les utilisations abusives ; mais de là à interdire à quiconque de reproduire sans autorisation le plus petit bout de case, à s’acharner avec une sorte de jouissance sadique contre les humbles tintinophiles, qui cherchent avec leurs petits moyens à communiquer leur passion pour l’œuvre d’Hergé, il y a un pas. Le résultat, c’est que le monde de Tintin, qui devrait être synonyme d’aventure, d’évasion, d’émerveillement et de souvenirs d’enfance, est aujourd’hui synonyme surtout d’avocats, de propriété intellectuelle, de courriers menaçants, de merchandising et d’assignation au tribunal. » 

Vous ne verrez pas la moindre vignette ou allusion graphique, même en couverture, dans la dernière livraison de la revue Europe, consacrée à Tintin sous le regard des écrivains. Il est vrai que nous sommes là dans l’univers intérieur de l’anamnèse et, comme chez Jean-Christophe Bailly, elle renvoie à l’expérience initiatique de la première lecture. L’aspect iconique de la ville comme décor interchangeable, par exemple – qui contraste avec les vues de Londres ou Paris dans les albums de Blake et Mortimer – réveille sans bruit « quelque chose du train des jours et des nuits de l’enfance ». De la lecture sans fin recommencée des albums l’écrivain retient « la formidable impulsion voyageuse », mais dans des lieux hors-lieu, «  des lieux-refrains où l’on revient toujours mais qui semblent faits pour être quittés, Tintin, contrairement au capitaine Haddock, cédant toujours avec entrain à la tentation de l’aventure qui s’y entrouvre ». Autre signe fort : « toute l’action se déploie au sein d’un monde privé d’ombres ». C’est particulièrement frappant dans les cases nocturnes du début de L’Étoile mystérieuse. Sans ombre, les vivants semblent « ne pas appartenir au monde vrai ». C’est le résultat de la fameuse ligne claire. « Le réalisme de Tintin, s’il existe, est toujours contrôlé par la déréalisation que libère le règne absolu du contour. » 

L’image revient à foison dans le troisième N° du mook coédité par le magazine GEO et les Éditions Moulinsart : Tintin c’est l’aventure. Au sommaire : les îles, terres d’imaginaire ; la recherche du Yéti dans les contreforts de l’Himalaya ; et sans doute la dernière interview de Michel Serres, tintinologue de la première heure. Lui aussi évoque des souvenirs d’enfance : « une première fenêtre vers le voyage et l’exploration ». Selon lui, si Jules Verne a vulgarisé les découvertes scientifiques de son époque pour nous faire rêver, Hergé permet de « comprendre le cheminement des sciences humaines au XXe siècle et résoudre leur plus grand mystère : la découverte de l’autre ».

Schnock, la revue des vieux de 27 à 87 ans, rend hommage à Astérix le Gaulois en publiant notamment le grand entretien de Numa Sadoul avec René Goscinny d’août 1973 pour les Cahiers de la bande dessinée. Il y revient sur l’invention du personnage : « Les Gaulois étant moins nombreux et moins forts, on leur donnera un druide qui fabrique une potion magique ». Il y raconte la genèse du fanzine Pilote, avec tous les grands de la BD française qui finiront par rejoindre Charlie après l’interdiction de Hara-Kiri : Gébé, Gotlib, Cabu, Reiser… Le ton était lancé, « à la fois d’expérimentation et de satire ». Et à propos de la potion magique, il s’amuse du rapprochement esquissé par un journaliste de L’Express avec la personnalité charismatique du général De Gaulle. Lequel, selon Malraux dans Les chênes qu’on abat, prétendait que son seul rival international était Tintin : « Nous sommes les petits qui ne se laissent pas avoir par les grands. On ne s’en aperçoit pas à cause de ma taille… »

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

Les aléas climatiques, le changement climatique sont-ils de plus en plus pris en compte par les chercheurs qui travaillent sur les conflits? A l'occasion de la Semaine internationale pour le climat, Julie Gacon pose la question à Bastien Alex, qui dirige l'Observatoire Défense et climat à l'IRIS.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Manuel Valls et Valérie Trierweiler se remarient.

Absolument, mais pas ensemble, et c’est en une de Paris Match…. Ça n’est pas évident d’écrire Paris Match, je ne sais pas si vous avez déjà essayé. L’essentiel est dans le non-dit, cela ressemble à une suite de jugements de faits mais, en réalité, ce sont des jugements de valeur… 

C’est ainsi que Match présente le mariage de Manuel Valls avec Susana, je cite, « héritière des laboratoires pharmaceutiques Almirall », mariage à Minorque où Susana, je cite toujours Paris Match, possède une « finca », magnifique propriété de 10 hectares. Un mariage plus gai que Matignon explique le magazine, avec un prix Nobel et même des socialistes, enfin des ex-socialistes précise Match, la plume trempée dans l’acide. Valls a souhaité que cet événement soit privé, poursuit Match, blagueur, et effectivement le magazine ne lui consacre que six pages — l'événement eut été public, cela aurait donné lieu à un numéro spécial. 

Autre remariage qui préoccupe Paris Match, celui de son employée, Valérie Trierweiler, « la journaliste présente son compagnon », car ajoute Match, Valérie a retrouvé le bonheur d’aimer, et le magazine de poursuivre sur un étonnant exercice de réflexivité, puisque l’article de Paris Match évoque combien Valérie Trierweiler a fait de couvertures de Paris Match, comment, je cite Match, « connaissant son intimité avec François Hollande, on l’avait priée de ne plus participer aux conférences de rédaction ». 

Manuel Valls, Valérie Trierweiler, deux personnages que Match a suivis dans leurs amours et présente dans leurs nouveaux amours, vérifiant en cela les conclusions du philosophe Stanley Cavell : les comédies majuscules aujourd’hui sont les comédies du remariage. Ce qui fait rêver expliquait-il en substance, ce n’est pas le mariage, chacun sait qu’il n’est pas heureux, c’est le remariage, lui au moins porte une promesse de bonheur. Il y la vie conjugale, expliquait Cavell, laborieuse, pleine d’obligation — Valérie attendant François, François ne venant pas, qu’est-ce qu’il pouvait bien faire, ou encore François pourquoi ne venait il pas se coucher ? — et puis il y a ce nouvel amour, où la liberté règne, il n’y a plus que de la légèreté, la seule contrainte est celle du bonheur, en attendant peut-être le « re-remariage ». Mais ça, bien sûr, pourquoi en parler, puisque de toute façon Paris Match est encore le dernier lieu où l’on croit en l’amour. 

L’amour est à Paris Match ce que la révolution est à l’humanité : la, c’est sûr, ça va marcher. 

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H03
26 min

Le Réveil culturel

Fabcaro : "Ces repas de famille qui n'en finissent pas où on ressasse les mêmes thèmes c'est traumatisant"
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du vendredi 20 septembre 2019
6H40
5 min

Le Journal des idées

L’année de la BD
6H45
11 min

Les Enjeux internationaux

L'étude des conflits et la question climatique
7H00
11 min

Journal de 7 h

Procès de Jean-Luc Mélenchon : le point sur la première journée d'audience
Intervenants
  • Dessinateur, auteur de bande-dessinée
  • chercheur et responsable du programme Climat, Énergie et Sécurité à l'IRIS
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......