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Sommet de Beijing 2018 du Forum Annuel sur la Coopération Sino-Africaine

Olivier Demangel "Station Service" / Le moment populiste / Afrique - Chine : un "piège de la dette" ? / La fête à Twitter

1h01
À retrouver dans l'émission

Olivier Demangel vous parle de son polar "Station Service", et Jean-Joseph Boillot des investissements chinois en Afrique. Les chroniques s'intéressent au populisme et à Twitter.

Sommet de Beijing 2018 du Forum Annuel sur la Coopération Sino-Africaine
Sommet de Beijing 2018 du Forum Annuel sur la Coopération Sino-Africaine Crédits : Lintao Zhang / POOL - AFP

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Le Réveil Culturel : Tewfik Hakem s'entretient avec le romancier Olivier Demangel, pour son polar "Station Service", publié aux éditions TohuBohu. 

Un homme dans les toilettes d'une station-service. Une femme sur le parking. Une balade, de trois jours dans la conscience d'un égaré. trois jours pour que cet homme et cette femme aillent au bout de leur fureur et de leur désir.

C'est le roman d'une cavale à deux qui va avec cette envie que j'avais de faire un roman d'émancipation et d'anticipation. Je me suis laissé porter par le personnage, je voulais m'échapper de la linéarité d'une structure classique.

Extrait de "Station service" d'Olivier Demangel.
Extrait de "Station service" d'Olivier Demangel. Crédits : TohuBohu, 2018

Le Journal des Idées par Jacques Munier : Selon l’ONG américaine Freedom House, la démocratie a connu en 2017 « sa plus sérieuse crise depuis des décennies ».

Pour la douzième année consécutive, le nombre de pays où elle recule (113) est largement supérieur à celui où elle progresse (62). Le rapport est cité dans L’Express, par Charles Haquet à propos du départ de la fondation de Georges Soros de Hongrie. Menacée par la croisade anti-migrants du gouvernement Orbán, Open Society ne consacre pourtant qu’une faible part de son budget aux demandeurs d’asile, l’essentiel étant dévolu à des projets d’éducation et de santé, à l’Université d’Europe centrale de Budapest, ou à des bourses d’études à l’étranger, dont Viktor Orbán lui-même avait bénéficié en son temps. Mais le journaliste rappelle que la démocratie représentative reste le modèle dominant dans le monde et pour 78% des personnes interrogées dans 38 pays par le centre de recherches américain Pew, elle reste le meilleur système de gouvernance. Pour autant, la menace est réelle et elle s’étend, notamment dans ses pays d’origine, en Europe et aux Etats-Unis. 

Les jeunes générations, nées dans l’évidence du système démocratique, semblent moins attachées à ses valeurs et à leur défense, comme le souligne le politologue Yascha Mounk. Auteur d’un ouvrage qui vient de paraître à L’Observatoire sous le titre Le Peuple contre la démocratie, il décrit dans la page Débats de La Croix le scénario immuable qui conduit les populistes à confisquer la démocratie qui leur a pourtant permis d’accéder au pouvoir. S’estimant seuls dépositaires de la légitimité populaire, ils s’attaquent à la presse critique, aux libertés publiques, à l’opposition ou aux institutions indépendantes, dont « ils finissent par prendre le contrôle, de telle manière qu’ils ne peuvent plus être chassés du pouvoir de manière démocratique. » Le jeune professeur à Harvard avance une explication à la montée des populismes : « la stagnation des standards de vie des classes moyennes ; la transformation de sociétés homogènes, mono-ethniques, en sociétés multiculturelles ; le développement d’Internet et des réseaux sociaux. Ce cocktail est d’autant plus destructeur pour nos démocraties libérales qu’elles sont nées à la faveur de circonstances exactement inverses, c’est-à-dire l’augmentation rapide du pouvoir d’achat, la domination d’une seule catégorie ethnique et une communication de masse contrôlée par les élites politiques et économiques. » Le moment populiste serait ainsi l’expression de la décomposition de la démocratie libérale qui « prétendait protéger les libertés individuelles et traduire la volonté populaire en politiques publiques », alors qu’elle est devenue « antidémocratique, tant les représentants politiques, notamment du fait de la puissance des lobbys, se sont éloignés du peuple ». 

Dans ce contexte, si le président français « sait revendiquer les valeurs de la République » et promouvoir une forme de « nationalisme inclusif » face aux populistes, il n’apparaît « pas assez énergique sur le plan de la redistribution et la limitation du pouvoir des plus riches ». On peut donc craindre, aux prochaines élections, le champ libre pour un affrontement des populismes de droite et de gauche, qui évacuerait la question de la démocratie. 

C’est aussi l’analyse de Jean-Yves Camus dans Charlie Hebdo. Macron a raison d’assumer le rôle d’adversaire que lui ont décerné Orbán et l’italien Salvini : soit l’affrontement de « deux conceptions de l’Europe, société ouverte contre société fermée. Mais le choix qui nous sera donné en mai prochain est-il vraiment binaire ? » Car s’il reste le seul à pouvoir défendre la démocratie libérale du fait du déclin de la social-démocratie et d’une droite conservatrice « destinée, par myopie ou complaisance, à imiter platement, et plutôt mal, le discours identitaire de l’extrême-droite », les élections européennes risquent de mettre en difficulté le « en même temps » macronien d’un discours « progressiste » et d’une réponse au réflexe identitaire alimenté par la crise migratoire. 

Dans Le Figaro, Jean-Pierre Chevènement envisage la question à un niveau global, dans le contexte du néoprotectionnisme américain et d’une conception où la nation reste « le cadre de la démocratie et de l’affirmation de la volonté politique des peuples ». L’Union européenne pourrait selon lui tirer parti de le situation à condition de surseoir au principe de l’intégration : « la défense de l’État social en effet exige des frontières. Une certaine régionalisation de l’économie mondiale permettrait une meilleure régulation sociale au plan intérieur ». Et en matière migratoire, « la prise en compte de tous les facteurs (développement des pays d’origine qui ont besoin de leurs élites, capacité d’intégration des sociétés d’accueil) pourrait conduire à un consensus entre pays du Nord et pays du Sud, autour de formules équilibrées, cohérentes avec le maintien des valeurs universelles : il faudrait pour cela aider les pays du Sud à devenir de véritables États nations. »

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet : 53 Etats africains représentés et 60 milliards de dollars de promesses financières : ce sont les chiffres spectaculaires du 7ème Forum sur la Coopération Sino-africaine (FOCAC) à Pékin. Afrique - Chine : un "piège de la dette" ?

Xavier Martinet s'entretient avec Jean-Joseph Boillot, professeur agrégé de sciences sociales et docteur en économie, conseiller au club du CEPII pour les grands pays émergents.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner : L’année dernière c’était la fête à Facebook, voici la fête à Twitter…

Oui, la fête à Facebook, je le dis bien sûr dans le sens de critiquer une personne ou une chose, l’année dernière nombre de révélations – des Etats-Unis à l’Inde – ont terni l’image de Facebook, cette année, c’est au tour de Twitter de manger chaud. 

Alors je vous passe les déboires boursiers de l’entreprise, pour aller droit vers ce qui m’intéresse, le bilan globalement négatif du réseau social, devenu la plus grande réserve de troll à ciel ouvert, toute personne un tant soit peu lucide ne peut que désespérer de l’humanité en voyant le torrent de bêtise et de bassesse qui s’y exprime quotidiennement. D’ailleurs s’il fallait incarner chaque medium, chaque moyen d’expression, si par exemple on expliquait que le roman épistolaire a le visage de Laclos, avec Les Liaisons dangereuses, Twitter aurait le visage de Donald Trump, je ne m’étends pas…

Il m’arrive d’ailleurs de penser avec compassion à mes semblables qui passent leur vie sur Twitter, et qui au jour du jugement dernier, verront quel pourcentage de leur existence terrestre ils ont passé à rédiger des crétineries en 140 signes, ou plus puisqu’il paraît maintenant que l’on a droit à un peu plus. « Le medium est le message » disait Mac Luhan, signifiant que la forme du moyen d’expression influait sur son contenu, eh bien toute personne plongée dans Twitter perd une bonne part de sa raison, un rapide survol d’une time line, d’une liste de tweets, suffit à le constater. 

C’est pour cela que le vent semble tourner pour Twitter, alors hier, par exemple, on trouvait un article de l’essayiste Gaspard Koenig, suggérant d’en finir avec ce réseau social, c’est aujourd’hui une grande tribune dans le New York Times intitulée « Maintenant c’est Twitter qui publie le New Yorker ». Cet article fait référence à une mésaventure arrivée au magazine le New Yorker, le New Yorker organisait comme désormais beaucoup de journaux, un cycle de conférences, où le public peut poser des questions aux conférenciers, et Steve Bannon, propagandiste de l’extrême droite fascistoide américaine, ex conseiller de Trump, Bannon faisait partie des invités. Bronca sur Twitter, suite à l’invitation de Bannon à cette conférence. Cette bronca a conduit à un rétropédalage du New Yorker, à la désinvitation de Bannon. 

Alors voilà chacun est libre d’inviter ou pas Bannon, mais la question est la suivante : comment reprocher aux politiciens leur manque de courage si ensuite on n’a pas le courage de maintenir une programmation, écrit le New York Times. Twitter ne représente que lui-même explique en substance cet article, et ce lui-même ce n’est pas grand-chose.

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Intervenants
  • Scénariste et écrivain
  • Professeur agrégé de sciences sociales et docteur en économie, chercheur à l'IRIS spécialiste des grands pays émergents
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