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Livre : François Beaune "Omar et Greg" / Penser les inégalités / Irak : Bassora, contre Bagdad ou contre Téhéran ? / Le téléphone portable est-il l’ennemi de l’enfant ?

1h
À retrouver dans l'émission

François Beaune vous parle de son livre "Omar et Greg", et Adel Bakawan de l'Irak. Les chroniques s'intéressent aux inégalités expliquées par l’histoire et la philosophie, ainsi qu'au téléphone portable, ennemi cognitif des enfants.

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Smartphones Crédits : JUNG YEON-JE - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel : Tewfik Hakem s'entretient avec l'écrivain François Beaune, pour Omar et Greg, publié aux éditions Le Nouvel Attila. Deux enfants de la ZUP, Omar et Greg - l'un, né à Orgeval - un quartier de Reims, l'autre, ayant grandi à  Vaulx-en-Velin, se rencontrent à Marseille, se lient d'amitié, intègrent le Front National, questionnent la société, l'intégration, leur place, ce que signifie "être français". Dans leur parcours, ils croisent l'écrivain, à qui ils se racontent.

Tout les opposait et tout les rassemble, et surtout leur origine. L'un s'est trouvé une seconde famille, au Front national, très jeune, à quinze ans, à Lyon ; l'autre, Omar, se vit comme un rebelle, anti-fasciste, qui va se battre contre les fachos, et qui fera tout un parcours  intéressant, avant d'atterrir finalement, au Front National. Avec leur rencontre au FN, j'avais trouvé la dramaturgie ; il y avait une histoire qui partait de leurs origines, depuis leur naissance à leurs questionnements, et cette montée, ce développement ; comment j'arriverai à trouver ma place dans cette société ? Cette question qu'on se pose tous, universelle : à quelle place je me trouve dans une société ? 

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Le Journal des Idées par Jacques Munier : Le plan pauvreté présenté jeudi dernier par le président a suscité le débat. L’histoire et la philosophie de la protection sociale peuvent l’éclairer.

Dans le supplément Idées du journal Le Monde, Serge Paugam revient sur cette histoire et sur ceux qui ont inspiré l’action publique de la solidarité envers les plus pauvres, à la fin du XIXème siècle, sous la IIIe République : « la loi de 1893 instaure la gratuité des soins pour les malades privés de ressources, celle de 1904 protège les enfants abandonnés, celle de 1905 organise l'assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables sans ressources ». Cette politique s’inspire des idées développées par le député Léon Bourgeois, notamment celle de la dette sociale : « nous sommes tous les héritiers du legs accumulé par les générations qui nous ont précédés », mais aussi redevables d’une part importante de notre activité, de notre propriété ou de notre liberté à « l'échange constant de services entre les hommes ». La solidarité est donc « le fondement du lien social, voire du contrat social ». Serge Paugam évoque également l’apport de la pensée de Durkheim, qui dans son premier livre (De la division du travail social, 1893) développe la notion de « solidarité organique ». Contrairement à la solidarité « mécanique » des sociétés traditionnelles, où les individus se ressemblent et partagent les mêmes valeurs, dans les sociétés modernes, où les individus sont différents et autonomes, c’est par le travail qu’ils maintiennent de fortes relations d'interdépendance, et parce qu’il instaure « une complémentarité des fonctions, il est devenu le fondement de l'intégration sociale ». Laquelle renforce « la conscience de l'utilité sociale de chacun, de l'intérêt des collectifs » et la nécessité d’intégrer ceux-là mêmes qui ont perdu leur emploi. À la Libération, l’aspiration générale à l’égalité conduit à la mise en place du système de protection sociale français. On pense alors qu’à terme il mettra fin à la pauvreté. 

Mais dans les années 1980, on assiste avec l’augmentation du chômage à l’apparition de ceux qu’on appelle les "nouveaux pauvres" : des chômeurs de longue durée en fin de droits mais aussi des jeunes qui ne parviennent pas à entrer dans le monde du travail et qui perdent du coup le bénéfice de la protection sociale. D’où le retour à l'idée d'une dette de la nation à l'égard des plus défavorisés, avec le RMI. Aujourd’hui c’est, après le RSA, le revenu universel d’activité présenté par le président comme la clef de voûte de son plan pauvreté. Dans les pages Débats de La Croix l’idée de fusionner le plus grand nombre possible de prestations et de simplifier leur accès paraît aller dans le bon sens. Mais Julien Damon regrette les exclus, notamment les étudiants, « dont une partie bénéficient des allocations logement même si leurs parents sont aisés ». Et Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde, estime que si la simplification devrait réduire le nombre de ceux qui abandonnent le recours aux aides, « une allocation unique ne doit pas être un prétexte pour baisser le montant des prestations sociales ». Elle relève également le fait qu’« Emmanuel Macron a conditionné le versement de cette allocation unique à des "devoirs" », celui par exemple de ne pas refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi ». S’il n’y a pas lieu de s’offusquer de la complémentarité des droits et des devoirs, tout dépend en l’occurrence de la nature des « offres », alors que se multiplient les petits jobs mal payés aux horaires invraisemblables… 

L’accent mis sur les « devoirs » dénote par ailleurs une évolution sensible dans les mentalités à l’égard de la pauvreté, illustrée par le discours lancinant sur l’assistanat et la stigmatisation des pauvres. Une remise en cause du principe de la solidarité qui en inverse les termes : la IIIe République avait proclamé la dette de la nation envers les pauvres, aujourd'hui on a parfois l'impression que ce sont les pauvres qui ont une dette à l'égard de la nation. La dernière livraison de la revue Esprit consacre tout un dossier à cette mutation dans les représentations politiques. François Dubet avait signalé le passage d’un modèle de « l’égalité des places » à celui de « l’égalité des chances », rappelle Anne Dujin. Ce qui modifie en profondeur notre conception des inégalités. La notion de justice sociale désigne moins « la possibilité d’une relative convergence des conditions de vie » que celle d’une compétition équitable pour accéder à des positions inégales. « Si bienajoute le sociologue dans ces pagesque la figure dominante de l’inégalité n’est plus celle de l’exploitation mais celle de la discrimination » : des femmes, des jeunes ou des immigrés. Et du coup la question des inégalités passe au second plan. L’idéologie méritocratique ajoute la touche « utilitariste » qui voudrait que la réussite de quelques-uns profite à tous. C’est la métaphore des « premiers de cordée » qui rappelle celle du « ruissellement » de la richesse du haut vers le bas, désormais obsolète alors que se creusent les inégalités et qu’augmente la richesse des plus riches.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet : Quatre mois exactement après les élections législatives, le Parlement irakien vient de choisir son président. Cet accord annonce un nouveau gouvernement plus favorable à l’Iran, alors que le pouvoir de Bagdad vacille face à la contestation sociale.

Depuis le début de l’été, vit une double crise ouverte : le grand retour de la question sociale – la révolte de Bassora depuis juillet en est un exemple – et une rivalité entre Etats-Unis et Iran de moins en moins cachée. A cette crise s’ajoutait le blocage au parlement après une élection qui a mis en minorité le Premier Ministre sortant Haïder al-Abadi.

Irak : Bassora, contre Bagdad ou contre Téhéran ? Xavier Martinet s'entretient avec Adel Bakawan, docteur en sociologie politique, chercheur associé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner : Le téléphone portable est-il l’ennemi de l’enfant ?

La réponse est oui évidemment pour toutes les familles et toute l’éducation nationale aussi, un cri unanime qui va du Parisien du jour aux livres censés aider les parents à savoir que faire des écrans vis-à-vis de leur progéniture, et on en reçoit de plus en plus. 

Que celui qui n’a jamais eu à régir les rapports de ses enfants avec les écrans me jette le premier smartphone, si vous n’avez pas de souci de portable avec votre enfant, c’est que vous n’avez probablement pas d’enfant. Car jusqu’ici on connaissait les paniques morales, ces moments ou une question morale suscite des frayeurs parmi le grand nombre, voici aujourd’hui, les paniques cognitives, l’idée plutôt inédite selon laquelle un objet s’attaque au cerveau de notre progéniture. 

Le portable crée une panique cognitive, au sens propre comme au sens figuré : il grillerait le cervelet des plus jeunes avec ses ondes nocives, provoquerait des courts circuits dans le cerveau par la place qu’il occupe dans la paume de la main de l’enfant, comme si une catastrophe nucléaire avait provoqué une mutation de l’espèce, avec désormais de jeunes individus dotés d’un bras, une main et un portable. 

Cette panique cognitive est nouvelle, jamais on avait redouté que les générations suivantes ne puissent plus apprendre, qu’elles deviennent incapables de se concentrer. Celle-ci est nourrie par de nouvelles légendes urbaines, par exemple celle selon laquelle les industriels de la Silicon Valley refusent de laisser des écrans à portée de leurs rejetons. 

Oui mais voilà, une fois de plus les enfants nous servent d’adultes en réduction. Les adultes se servent des enfants pour oublier leurs propres problèmes. En expliquant que les enfants sont obsédés par les marques, les adultes peuvent ainsi oublier momentanément leur rapport à la société de consommation. Comme si les enfants étaient seuls à passer leur vie à tapoter, l’écran des enfants sert à faire écran entre les adultes et leurs problèmes. 

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner
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Intervenants
  • écrivain
  • directeur du département recherche de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), directeur du Centre de Sociologie de l'Irak (CSI/ Université de Soran)
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