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Portrait non daté de l'actrice américaine Ava Gardner.

Livre : Thierry Froger "Les nuits d'Ava" / Sorcières / Assemblée Générale de l’ONU / Acheter un journal

1h
À retrouver dans l'émission

Thierry Froger vous parle de son roman "Les nuits d'Ava", et Guillaume Devin de la 73e Assemblée générale de l'ONU. Les chroniques s'intéressent au riche univers symbolique de la pleine lune et aux nouveaux patrons de presse.

Portrait non daté de l'actrice américaine Ava Gardner.
Portrait non daté de l'actrice américaine Ava Gardner. Crédits : AFP ARCHIVES - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel : Tewfik Hakem s'entretient avec le romancier Thierry Froger, pour la parution de son roman "Les nuits d'Ava", aux éditions Actes Sud.

Le point de départ du roman se situe en août 1958, alors qu'Ava Gardner tourne un film "La Maja Desnuda", d'après Goya. En continuant mes recherches, je tombe sur des articles qui disaient qu'Ava Gardner avait inspiré Fellini pour "La Dolce Vita" avec Anita Ekberg. Je crois que le roman pose cette question, et ces images qui l'innervent, sorte d'enquête, sont peut-être une rêverie... 

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Le Journal des Idées par Jacques Munier : La pleine lune est pour demain, l’occasion d’évoquer un riche univers symbolique.

La lune libère un espace saturé de représentations, notamment érotiques. Sa lumière bleutée suscite le désir et l’effusion amoureuse. « Belle comme la pleine lune » est un compliment courant en arabe et les poètes ont souvent chanté les étreintes sous la lune, dans un rapport mimétique avec – je cite Baudelaire – « le dos satiné des molles avalanches » de celle qui « mourante, se livre aux longues pâmoisons ». « Dès que la lune est apparue dans les vers du poète – ajoute Italo Calvino – elle a toujours eu le pouvoir de communiquer une impression de légèreté, de suspension, de silence et de calme enchantement ». 

Mais il y a aussi la face cachée de la lune, celle qui abrite les manigances des sorcières et l’agitation des spectres, la fièvre des insomnies… Lunatique était le nom d’un trouble mental qu’on disait causé par une fréquentation imprudente de l’astre mort. L’infernal sabbat des sorcières avait lieu sous la pleine lune et gare à celui qui le croisait. Dans les pages idées de Libération, Mona Chollet s’entretient avec Anaïs Moran et Catherine Calvet de son dernier livre, publié à La Découverte sous le titre Sorcières. La puissance invaincue des femmes. Elle analyse la grande chasse aux sorcières, qui a fait des dizaines de milliers de victimes en Europe entre les XVIe et XVIIe siècles, comme un « phénomène de haine misogyne intense ». Le paradoxe, c’est que ce déchaînement de violence collective que nous considérons obscurantiste s’est produit en pleine Renaissance, à l’époque dite « moderne » et non au Moyen Age. Ludovic Viallet l’avait éclairé dans un ouvrage publié chez Armand Colin : Sorcières ! La Grande Chasse. L’historien étudiait l’appareil juridique et pénal qui se constitue alors et s’alimente de sa jurisprudence pour construire un délit, à travers notamment la mise en place de ce que Foucault appelait les « technologies de l’aveu ». Héritière des hérésies et de leur répression, la grande chasse aux sorcières est un phénomène contemporain de la mise en place de machines administratives employées à fabriquer de l’ordre « et qui, pour ce faire, ont besoin du désordre ». C’est dans le contexte de la genèse de l’Etat moderne que s’est ainsi produite une cogestion avec l’Eglise, sur le plan du droit et de la justice pénale, chacun apportant à l’autre son pouvoir spécifique dans l’entreprise de construction et de consolidation de la puissance souveraine de l’Etat. Le gouvernement des âmes à l’appui du pouvoir sur les corps… « Quel est le profil de ces femmes accusées d’être maléfiques ? – demande Mona Chollet. Des femmes fortes, insolentes, indépendantes. Les veuves ou sans époux, échappant à toute autorité masculine, sont surreprésentées parmi les victimes. » D’autant que les sorcières étaient aussi guérisseuses, voire avorteuses « et que le sabbat était considéré comme la fête de la stérilité ». 

D’où les résonances contemporaines de cette histoire, à l’heure où le droit des femmes sur leur corps, notamment le droit à l’avortement, est partout mis en cause. Mona Chollet rappelle l’indécent « renversement des symboles » tenté par Donald Trump, qui a « osé parler de chasse aux sorcières pour défendre des hommes accusés de harcèlement sexuel ». Du coup, les femmes lui opposent un retournement des stigmates, « comme ces militantes qui, au pied de la Trump Tower, font un cérémonial néopaïen une fois par mois… » 

Mais revenons à la lune. Dans l’imaginaire rural, danser sous la lune était considéré comme dangereux, au risque de réveiller des fantômes. C’est pourtant ce qu’ont fait des milliers de strasbourgeois en l’an de grâce 1518, il y a cinq siècles exactement. Comme l’indique John Waller * dans un article du Guardian publié par Courrier international, c’est la chaleur exceptionnelle de l’été qui répand cette épidémie galopante, l’une des « plus curieuses jamais consignées par l’histoire ». Dans les archives de la ville, l’historien a retrouvé un poème décrivant les faits : « Beaucoup de gens, par folie, se sont mis à danser jour et nuit […] jusqu’à en tomber évanouis, plusieurs en sont morts. » Après des décisions contradictoires – laisser faire ou interdire – les édiles décident de transférer les danseurs impénitents « dans un sanctuaire dédié à saint Vit, une grotte humide dans les hauteurs autour de la ville voisine de Saverne ». D’origine sicilienne, ce saint est réputé guérisseur. Ce qui a eu pour effet d’éteindre l’incendie. Dans le registre des causes du mal, « un champignon qui parasite le seigle ou l’orge, et qui produit une substance proche du LSD, capable de provoquer de terribles hallucinations et de violentes convulsions. Mais il est peu probable que ses victimes aient pu danser pendant des jours. D’autres sources affirment que les danseurs étaient en fait des hérétiques. » On revient alors à la sorcellerie, car « la plupart des témoins attestent que ces gens ne voulaient pas danser ». Hystérie collective ou réaction à des récoltes catastrophiques et à la hausse du prix des céréales, la danse frénétique était sans doute une réponse à une situation globale.

* Les Danseurs fous de Strasbourg, La Nuée bleue/Tchou, 2016.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet : La 73ème réunion annuelle de l’Assemblée Générale de l’ONU et ses différents organes débute aujourd'hui à New York. 130 dirigeants prendront part à cette tribune : un record de participation, alors que le contexte politique international est pourtant plus tendu. AG de l'ONU : le multilatéralisme est-il si menacé ?

Xavier Martinet s'entretient avec Guillaume Devin, professeur des universités en sciences politique à Science Po Paris, chercheur au CERI.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner : Si vous avez envie de vous faire plaisir, pourquoi ne pas s’offrir un journal ?

Oui, enfin, pas aller au kiosque pour vous acheter un journal, de toute manière les kiosques ont souvent mis la clé sous la porte, mais pourquoi ne pas vous acheter un journal complet, locaux, machine à café et journaliste compris. C’est la grande mode à la Silicon Valley : un vrai média est désormais un média qui appartient à un tycoon de l’internet. 

C’est ainsi que le Wahsington Post a été racheté par le patron d’Amazon, The Atlantic par la veuve de Steve Jobs, et cette semaine Marc et Lynne Benioff, fondateurs de Salesforce.com, une société de stockage informatique sur internet, viennent de racheter le magazine Time pour 190 millions de dollars. En France, la situation n’est pas complètement différente, au vu du poids que Xavier Niel et Patrick Drahi, ont désormais dans les médias. 

Internet rachetant des magazines papiers, c’est un peu comme si Netflix rachetait des vidéo clubs, c’est un peu comme si un secteur absorbait celui qu’il avait contribué à ruiner. Mais ce mouvement amorcé depuis quelques temps, montre qu’un cycle s’est achevé. Comme le rappelle The Economist de cette semaine, fut une époque où l’on pouvait devenir un nabab grâce à la presse. 

Le même magazine Time a été créé en 1923 par Henry Luce, lequel avait emprunté 86000 dollars pour le fonder, et avait, à sa mort en 1967, une fortune de 100 millions de dollars. Aujourd’hui, c’est l’inverse, il faut être milliardaire dans la presse pour devenir millionnaire, acheter un journal sans y laisser sa chemise. 

Mais de toute façon, le problème n’est même plus là, ces investisseurs n’ont absolument aucune intention de gagner de l’argent dans la presse, ils veulent en perdre le plus possible – c’est leur différence avec les anciens industriels présents dans la presse, à l’instar de Claude Perdriel fondateur de l’OBS. Aujourd’hui, Jeff Bezos et autres Marc Benioff, dépensent dans la presse comme ils dépensaient naguère en sponsorisant un opéra ou en aidant la recherche contre le cancer. 

Investir dans la presse est devenu un acte de philanthropie pure, ces milliardaires voulant uniquement aider leurs idées à se diffuser dans le débat public. Bref on voudrait accréditer l’idée selon laquelle la presse est entre les mains des puissants, on ne s’y prendrait pas autrement. Quant aux journaux, ils n’ont plus à se vendre puisqu’ils sont déjà achetés. 

@PetitsMatinsFC

Chroniques
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Le Réveil culturel
Thierry Froger : "Les nuits d'Ava racontent l'histoire de ce monde, des rires, de l'alcool, des colères, et la mélancolie"
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Journal de 6h30
JOURNAL DE 6H30 du lundi 24 septembre 2018
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Les Enjeux internationaux
AG de l'ONU : le multilatéralisme est-il si menacé?
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