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Polar : Romain Slocombe "Sadorskki et l'ange du péché" / À quoi sert le néolibéralisme ? / Iran / L'hiver gastronomique

1h
À retrouver dans l'émission

Romain Slocombe vous parle de son polar "Sadorskki et l'ange du péché", et Clément Therme de la déstabilisation du régime iranien. Les chroniques s'intéressent au néolibéralisme et à l'hiver gastronomique de l'alimentation « sans ».

Repas en poudre Feed
Repas en poudre Feed Crédits : ©Feed

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel : Tewfik Hakem s'entretient avec le romancier Romain Slocombe qui, après L'Affaire Léon Sadorski (2016), et L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski (2017) publie, avec Sadorskki et l'ange du péché, (éditions Robert Laffont) un troisième polar consacré à son héros, Léon Sadorski  - le pire des salauds et le meilleur des enquêteurs - et brosse ce portrait d'un inspecteur des Renseignements généraux sous l'Occupation, grand spécialiste de la traque des Juifs.

Je commence à m'habituer à lui, je sais comment il va réagir en toutes circonstances. C'est un policier, un fonctionnaire en charge du "Rayon juif" ; un peu un loup solitaire dans son service, avec une morale un peu spéciale, à lui. Ce n'est pas un collabo, ce n'est pas non plus un pro nazi, c'est un pétainiste, relativement jeune, quarante-deux, quarante-trois ans, qui croit à la révolution nationale, qui croit au Maréchal Pétain, qui croit à l'ordre. Et qui croit aussi à ses propres fantasmes, notamment une obsession pour une jeune lycéenne juive qu'il cache dans son appartement. Il est entêté,  c'est un teigneux qui va se retrouver dans des histoires, des enquêtes qu'il va mener de manière opiniâtre.

"Sadorski et l'ange du péché" de Romain Slocombe
"Sadorski et l'ange du péché" de Romain Slocombe Crédits : © Editions Robert Laffont
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Le Journal des Idées par Jacques Munier : Des économistes de plus en plus nombreux mettent en cause le modèle néolibéral, qui n’a pas fait la preuve de son efficacité.

Comme le rappelle Daniel Cohen dans L’Express à propos des Etats-Unis, « en plus d’un demi-siècle, le revenu médian de l’ensemble de la population n’a enregistré qu’une hausse dérisoire de 0,2% par an » et depuis les années 1980, le 1% le plus riche « a doublé sa part du revenu national », passant de 10 à 20%, alors que les 50% les plus pauvres faisaient le chemin inverse, leur part dégringolant de 20 à 10% du revenu national. L’économiste évoque la fable du « ruissellement », une théorie qui voudrait que ceux qui créent de la richesse pour eux-mêmes en fassent bénéficier tous les autres grâce à la croissance générée et aux emplois induits… C’était la pierre angulaire de la « révolution conservatrice ». Mais déjà, « le premier secrétaire au budget de Reagan vendait la mèche en disant que le ruissellement était une astuce » pour faire passer les cadeaux fiscaux aux plus riches. « Curieux moment – ajoute Daniel Cohen – où l’on remettait à la mode les théories de Max Weber, avec son éthique du travail, de l’effort et de l’ascèse. L’illusion contenue dans cette promesse paraît enfin en pleine lumière. » Et de douter des capacités du système à s’amender lui-même… « C’est Roosevelt qui, face à la gravité de la crise des années 1930, invente un nouveau modèle. De même, c’est le collapsus de la Seconde Guerre mondiale qui mène à poser les bases d’un Etat-providence. » 

Pour Gilles Ravaud, « le libéralisme économique a perdu la bataille intellectuelle. Il peut perdre la bataille politique. » Il développe ses analyses dans un livre qui vient de paraître aux Seuil : Économie : on n’a pas tout essayé. Mettre la finance au service de l’économie, abandonner l’austérité et investir pour demain, réduire les inégalités pour sauver la société, voici quelques uns de ses titres de chapitre qui abondent de propositions concrètes. Dans Le Monde, Antoine Reverchon souligne à la lecture de ce livre que « ce qu'une poignée d'économistes s'évertuait à clamer dans le désert du consensus néolibéral de la fin du siècle dernier – les inégalités s'accentuent ; l'instabilité financière et le marché tout-puissant menacent la croissance, l'environnement et la démocratie ; l'Etat et les institutions économiques doivent jouer un rôle de régulateur, de garant et d'investisseur – est en train de devenir le consensus des économistes, jusque dans les bastions considérés comme les ordonnateurs de la politique économique menée jusqu'à la crise de 2008 : le Fonds monétaire international (FMI), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Commission de Bruxelles et même la Banque centrale européenne (BCE). » Et à propos de la crise de 2008, il relève qu’une fois le moment de panique passé, les Etats « ont transformé le rachat par l'argent public de la dette privée bancaire en crise de la dette publique européenne en 2010 ; ils ont fait supporter aux contribuables, aux salariés et aux chômeurs, au nom de l'équilibre budgétaire et de la compétitivité, ce qui aurait dû être une purge financière démantelant les banques ; ils ont ainsi, par l'accroissement des inégalités et le sentiment de " collusion des élites mondialisées ", jeté les victimes de la crise dans les bras de l'extrême droite ».

L’économiste Robert Skidelsky le confirme dans Les Echos : « La crise financière mondiale et la reprise incertaine qui a suivi nourrissent aujourd’hui encore l’extrémisme. Entre 2007 et 2016, l’électorat des partis européens correspondants a doublé. » Il constate que là où ils sont au pouvoir, les partis nationalistes ont su mettre en œuvre des politiques économiques favorables à la protection sociale. Et il « qualifie de mauvaise politique économique le fait de laisser les marchés financiers dicter leur loi à l’économie réelle ». Dans les pages Débats de La Croix, Gaspard Koenig et Dominique Méda s’opposent sur la question du modèle social français. Le chantre du libéralisme, qui parle de « mythe construit à la fin de la Seconde Guerre mondiale », estime qu’il repose « sur un immense transfert de richesses des jeunes et des actifs vers les baby-boomers, au prix d’une dette qui ne cesse de croître », et dont les seniors d’aujourd’hui seraient les seuls à profiter. Et même s’il est vrai qu’au final « notre modèle entretient les inégalités en bloquant les possibilités d’ascension sociale », ce n’est sans doute pas tant par excès que par défaut. Pour Dominique Méda, « bouc émissaire facile » ce modèle social a au moins permis d’amortir le choc des crises car « le taux de pauvreté français est l’un des moins élevé d’Europe ». Elle plaide pour une relance de l’investissement public, passé depuis dix ans de 4,2 à 3,5 % du PIB, une harmonisation européenne du salaire minimum et de l’assurance chômage et pour que les dépenses liées à la protection sociale soient « ôtées du calcul du déficit public tant elles sont décisives pour l’avenir ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet : Groupe séparatiste régional ou faction révolutionnaire, services secrets américains ou pays européens, opposants au régime… les pistes sont multiples pour tenter d'identifier les auteurs du dernier attentat meurtrier qui vient s'ajouter aux nombreuses tentatives de déstabiliser le pouvoir... Iran : qui veut déstabiliser le régime ?

Xavier Martinet s'entretient avec Clément Therme, chercheur pour le bureau Moyen-Orient de l’Institut  international d’études stratégiques (IISS) de Londres. Egalement, membre associé au Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques  et  centrasiatiques (CETOBaC, UMR 8032).

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner : Impossible de faire à manger pour un nombre de convive pair…

Un nombre de convive pair qui soit supérieur ou égal à deux, ou autrement dit il n’est plus possible de nourrir un autre que soi, dans nos contrées en tout cas. Alors, ça n’est pas qu’il soit techniquement difficile de faire à manger pour plusieurs, il existe désormais de très bonnes cocottes minutes, des autocuiseurs très perfectionnés, c’est juste que les pathologies alimentaires sont devenues non pas l’exception, mais la norme. Plus aucun être humain ne peut être considéré comme omnivore. 

Jadis quelques êtres refusaient d’ingérer des endives au jambon, en souvenir de la cantine qui leur avait fait tant de mal, je pense à moi là ; aujourd’hui c’est le règne des « sans » : sans fruit à coque, sans lait, sans gluten ,sans matière grasse animale — j’ai d’ailleurs récemment déjeuné avec une amie qui a commandé un cappuccino, le lait d’un côté, le café de l’autre, avec à la place du café un succédané de café, et ,à la place du lait, du lait d’amande. 

C’est probablement en songeant à ces gens-là qu’un machin a été inventé du nom de Feed, Feed comme son nom l’indique, puisque « feed » est le nom anglais de la nourriture que l’on donne au bétail. Alors, ça se présente sous la forme d’une poudre vendue à l’intérieur d’une bouteille, une poudre garantie, je cite, sans lactose, sans gluten, et bien entendu vegan. 

Vous l’avez cauchemardé jadis, dans les films d’anticipation, eh bien c’est fait, voici le repas à base de poudre, vous ne vous nourrissez plus, vous ingérez des nutriments. Bon, évidemment, ça n’est pas vendu comme cela sinon ils auraient du mal à vendre, ça se présente comme le meilleur du potager à emporter, ou bien encore un doux bouquet d’automne, mais, en lieu et place du bouquet d’automne, cela ressemble à un long hiver gastronomique rêvé pour des survivalistes attendant la fin du monde – d’ailleurs à quoi bon attendre la fin du monde ?

Une civilisation qui vous propose d’ingérer de la soupe instantanée froide mérite-t-elle de survivre ? Ce que je sais c’est que cette alimentation « sans », sans tout et avec plus rien, est là pour vous punir de devoir vous alimenter, manger est devenu une prise de tête. Jadis on mangeait trop gras et on avait la goutte, aujourd’hui on mange trop correct et on a juste mal à la tête.

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