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"Falafel sauce piquante" de Michel Kichka.

BD : Michel Kichka "Falafel sauce piquante" / Faire le buzz / Allemagne – Turquie / Dépenser son argent : un problème de riches ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Michel Kichka vous parle de sa BD "Falafel sauce piquante", et Dorothée Schmid de la réconciliation de la Turquie et de l’Allemagne. Les chroniques s'intéressent au buzz et aux super super riches qui ne savent plus comment dépenser leur argent.

"Falafel sauce piquante" de Michel Kichka.
"Falafel sauce piquante" de Michel Kichka. Crédits : Michel Kichka - Editions Dargaud

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel : Tewfik Hakem s'entretient avec Michel Kichka, dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et professeur aux Beaux-Arts de Jérusalem, à l'occasion de la parution de Falafel sauce piquante (éditions Dargaud). Un récit autobiographique où l'auteur évoque quarante-quatre ans de vie adulte à Jérusalem, après avoir quitté la Belgique de son enfance et de son adolescence.  Artiste et pacifiste, il y croque, brosse, raconte, en filigrane du récit de sa vie, ses rencontres, les événements politiques, l'évolution de la société israélienne,  les contradictions et les espérances d'une terre de conflits, complexe mais choisie.

Cette bande-dessinée raconte mon expérience israélienne, le bilan de quarante-quatre ans depuis que je vis là-bas. J'y étais allé adolescent dans un camp d'été en kibboutz, en 69. Un jour, à Tel Aviv, j'ai vu des gens qui mangeaient quelque chose dans la rue ; je croyais que c'était des boulettes à la sauce tomate, mais c'était des falafels à la sauce piquante, très piquante même.  Ça a été un choc gustatif. C'est anecdotique pour moi d'Israël, qui était idéalisé, que je ne connaissais pas vraiment mais où je sentais que j'avais des racines, une histoire qui m'attendait et une histoire passée.

"Falafel sauce piquante" de Michel Kichka.
"Falafel sauce piquante" de Michel Kichka. Crédits : Michel Kichka - Editions Dargaud
"Falafel sauce piquante" de Michel Kichka.
"Falafel sauce piquante" de Michel Kichka. Crédits : Michel Kichka - Editions Dargaud
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Le Journal des Idées par Jacques Munier : Avec les dernières sorties d’Éric Zemmour ou de Yann Moix et leur reprise en boucle par les médias, on semble avoir passé un seuil dans la surenchère des petites phrases provocatrices.

Alors que le niveau de violence verbale augmente, celui de la tolérance du public a tendance à baisser, observe Isabelle Veyrat-Masson dans la page Débats de La Croix. Ceci expliquant sans doute en partie cela, et inversement, l’historienne et sociologue des médias ajoute que « l’information s’est toujours nourrie de la répétition, voire du ressassement. C’est la fameuse "circulation circulaire" de Pierre Bourdieu ou le plaisir de la répétition analysé par Walter Benjamin », une tendance naturelle amplifiée par « la multiplication des chaînes et autres canaux d’information en continu ». La compétition effrénée pour l’audience dans la sphère médiatique encourage la polarisation du débat autour d’opinions tranchées, expéditives et sommaires, elle ne favorise pas l’expression de « la pensée nuancée, complexe, troublante… » La spécialiste de la communication politique estime que « c’est aussi le mal d’une société en crise de confiance, où l’on ne croit plus ni à l’objectivité des journalistes, ni à la sincérité des hommes politiques, ni, parfois, à la compétence des institutions… Cette perte de confiance pourrait favoriser l’esprit critique, mais elle s’avère inquiétante quand elle alimente les théories du complot. » L’accoutumance aux « excès et, plus encore, la manière dont l’information évolue vers le spectacle, non sans une dimension "trash" », risque de devenir à terme délétère. 

« D’où l’importance de la culture et de la connaissance de l’histoire pour interpréter, de manière fine et éclairée, l’avalanche médiatique que nous subissons jour après jour » conclut celle qui est aussi l’une des rédactrices en chef de la revue Le Temps des Médias. Sa dernière livraison porte justement sur La fausse information de la Gazette à Twitter. Laurent Bigot s’y arrête sur la pratique du fact-checking, la vérification des infos, et il pointe « l’ambivalence des médias face aux fausses informations », qu’ils peuvent pourtant contribuer à divulguer, ce qui ramène parfois leurs efforts à un effet d’affichage. Un paradoxe qui « trouve une explication dans l’histoire du "fact-checking", né aux États-Unis dans les années 1920 et dont la version moderne procède d’une réinvention, voire d’une adaptation aux contraintes économiques et éditoriales auxquelles sont aujourd’hui soumis les médias », qui aurait transformé en « stratégie de vérification ostentatoire » cette volonté de mise à l’épreuve des faits. De façon significative, les rubriques Désintox de Libération, Les décodeurs du Monde.fr, Le Vrai du Faux de nos confrères de France info ou d’autres, s’emploient principalement à débusquer les inexactitudes ou les mensonges des politiques, rarement ceux des médias, réputés se contenter de divulguer les infos et les propos. Camille Alloing et Nicolas Vanderbiest s’attaquent à la fabrique des rumeurs numériques, notamment sur Twitter. Un réseau qui « n’est pas seulement un moyen de produire de la fausse information, mais de la mettre en mouvement ». Ils étudient, à partir de l’étude de rumeurs apparues suite aux attentats du 14 juillet 2016 à Nice en France, la manière dont ce dispositif favorise la circulation de ces rumeurs autant que leur démenti. 

La revue Questions de communication publie un dossier sur le genre des controverses. Il s’agit d’analyser le rôle joué par la délibération politique et les débats médiatiques « dans la reproduction des rapports et des identités de genre », de position sociale ou de race. Nelly Quemener insiste sur la dimension affective, qui opère comme « un processus social auto-réalisateur ». Elle étudie la place des émotions dans les rapports de pouvoir en mettant en évidence « des logiques d’intensification » dans la mise en scène des débats télévisés. Logique « performative » qui incite à réagir et légitime en retour les réactions qu’elle suscite. S’ajoute aujourd’hui à cette scénographie l’écho répercuté par les réseaux sociaux, augmenté des innombrables traces des actions subreptices mais enregistrées des internautes – likes, commentaires, nombre de vues… Le tout créant un « effet de vérité » stochastique dans une co-construction aléatoire du sens qui, au final, efface les structures asymétriques des systèmes d’oppression.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet : Recep Erdogan effectue une visite officielle d'Etat de trois jours en Allemagne. Sont au menu: la Syrie, le terrorisme, la lutte contre la migration clandestine, les sujets régionaux et internationaux, ainsi que les relations économiques, politiques, sociales, sécuritaires et culturelles mutuelles. Le président Erdogan a été reçu en grande pompe hier à Berlin, mais Angela Merkel sera absente du dîner officiel ce soir : après deux ans de brouille sévère, la réconciliation de la Turquie et de l’Allemagne sera sans effusion, mais pas sans controverse. Allemagne – Turquie : qui a besoin de la réconciliation ?

Xavier Martinet s'entretient avec Dorothée Schmid, politiste, directrice de recherche à l’Institut français des relations internationales - Ifri, responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l'Ifri.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner : Et si l’on se souciait un peu des riches…

Oui, je n’ai pas dit que l’on en faisait trop pour les pauvres, je voulais juste que l’on réserve une pensée, avant que le jour ne se lève, aux riches, attention pas aux riches un peu riches, je veux parler des super super riches, même pas du 1 % mais du 0,1 % qui capitalise aujourd’hui de plus en plus de capital à la surface de la planète. 

Parce que ces hyper riches ont un souci, que dis-je un vrai problème : comment dépenser ? Ça peut paraître simple de dépenser de l’argent quand on gagne quelques centaines d’euros, mais lorsque l’on en gagne des millions de millions, comment faire ? 

C’est ce problème qu’évoquait déjà au XIX e siècle le sociologue Thorstein Veblen lorsqu’il expliquait que lorsque l’on a tout, il vous manque l’essentiel, autrement dit la consommation ostentatoire. Et, comme aujourd’hui les personnes qui ont mille fois tout, sont mille fois plus nombreuses, une industrie s’est créée pour elles : l’industrie du snobisme. Une industrie qui doit déployer de nombreux efforts pour aider les poches profondes à se vider. 

Songez, par exemple, que Paul Manafort, ex-conseiller de Trump, aujourd’hui sous les verrous, a dissimulé une petite paye de 60 millions de dollars au fisc. Mais le problème n’était pas de comment gagner 60 millions de dollars, mais bien de comment les dépenser. Et il faudrait rendre hommage à cet homme qui a réussi à dépenser un million de dollars en vêtements, dont, notamment, un par-dessus en cuir d’autruche. 

Pour ces super riches, une industrie s’est mise en place, incarnée par le supplément du Financial Times dont j’ai un exemplaire sous les yeux, How to spend it, autrement dit comment le dépenser : où trouver, par exemple, une voiture à 4 millions d’euros, l’Aston Martin Valkyrie — soit 350 Clio — une voiture si rare à en croire le Financial Times que les individus déboursent plus d’un million en plus — 100 Clio donc — pour en obtenir une. Même chose pour ce sac Kelly de chez Hermès, vendu 50 000 euros — 4 Clio, une affaire — il paraît qu’à la boutique Hermès, il faut un ticket, comme à la Sécurité Sociale, pour pouvoir en acheter un. 

La règle de la société de consommation est « je dépense donc je suis », mais justement comment faire pour que là où je suis, personne ne puisse plus suivre. 

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Allemagne – Turquie : qui a besoin de la réconciliation ?
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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Dépenser son argent : un problème de riches ?
Intervenants
  • Dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et professeur
  • Chercheuse, responsable du programme Turquie contemporaine et Moyen-Orient de l'IFRI
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