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Donna Strickland

Musique : Fred Hidalgo - Jacques Brel / Exil, la condition humaine / Etats-Unis - Afrique : action forte, leadership faible ? / Une femme prix Nobel mérite-t-elle une page Wikipédia ?

1h
À retrouver dans l'émission

Fred Hidalgo vous parle de Jacques Brel, et Jeff Hawkins des implications de la visite de Mélania Trump en Afrique. Les chroniques évoquent l'exil et l'immigration clandestine, ainsi que la discrimination de Wikipedia envers les femmes.

Donna Strickland
Donna Strickland Crédits : Cole Burston / GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Fred Hidalgo, éditeur, fondateur du mensuel Paroles et Musiques, de la revue Chorus, et auteur d'un récit sur Jacques Brel, une enquête qu'il a menée et qui retrace les dernières années de la vie du chanteur, né en 1929, mort en 1978 : Jacques Brel, Le voyage au bout de la vie,  publié aux éditions l’Archipel.

On ne connaît pas Jacques Brel sous cet angle-là des dernières années de sa vie. C'était une quête personnelle de voir ce qu'il était devenu, loin des feux de la rampe, et je me suis dit : il faut la partager. On pourrait dire que ce livre, c'est le récit de Jacques Brel aventurier. C'est un aventurier au long cours qui a passé sa vie à accomplir tous les rêves de son enfance. Chanteur, comédien, il allait au bout de ses rêves. Et le rêve suivant, c'était de faire le tour du monde en bateau. Il était parti pour un tour du monde de cinq ans mais pendant ce temps, le cancer gagnait du terrain.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Cinq ans après le naufrage de Lampedusa qui avait provoqué 366 morts le 3 octobre 2013, le maire de la ville de Riace, en Calabre, soupçonné d'aide à l'immigration clandestine, a été arrêté.

Et c’est tout un symbole, que relèvent Jérôme Gautheret et Margherita Nasi dans Le Monde, « du virage opéré par l'Italie, ces derniers mois, sur la question migratoire ». Il y a cinq ans, le drame « avait poussé le gouvernement Letta à mettre sur pied l'opération " Mare Nostrum " (visant à secourir les migrants en mer) ». L’homme qui a été placé aux arrêts domiciliaires est lui aussi tout un symbole, celui de l’accueil et de l’intégration des migrants. Domenico Lucano a relancé l’activité de la petite ville de 2000 habitants dont il est le maire grâce aux 600 étrangers qui y ont élu domicile. Le modèle d’intégration mis en place permet de combler les vides créés par l'exode rural, de rétablir l’artisanat, et de rouvrir l’école et les bars. En août, " Mimmo " Lucano avait entamé une grève de la faim pour protester contre la décision du ministère de l'intérieur de lui couper les fonds. Il avait reçu le soutien du président de la région Calabre, Mario Oliverio (Parti démocrate), dénonçant une « volonté politique d'étouffer le modèle Riace, qui contredit la ligne xénophobe du gouvernement ». Et celui de Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra. Dans le grand entretien accordé aux Inrockuptibles à l’occasion de la sortie son premier roman Piranhas, qui raconte le quotidien des jeunes mafieux de cette ville-monde qu’est devenue Naples, l’écrivain revient sur la question des migrants : « Le gouvernement italien dit que des gens comme moi ou comme les ONG favorisent l’arrivée des migrants, alors qu’ils savent bien que le flux de ces personnes qui souffrent ne pourra être arrêté. Plutôt que de comprendre comment l’Europe va vivre avec ce flux, on communique autour d’un petit théâtre morbide en trouvant de nouveaux mots pour exprimer le racisme et la xénophobie. Mark Twain disait : Un mensonge peut faire le tour de la terre le temps que la vérité mette ses chaussures. »

La page Débats de La Croix pose la question lancinante du sauvetage en mer à propos de l’Aquarius, privé de pavillon par Gibraltar puis par le Panama, et toujours à quai à Marseille. SOS Méditerranée, l’association qui l’affrète, appelle les citoyens français et européens à se rassembler samedi pour soutenir sa mission. Christophe Deltombe, le président de la Cimade, estime que l’Aquarius, dernier bateau humanitaire actif en haute mer, doit poursuivre sa mission. « La prétendue collusion entre les passeurs et les ONG en Méditerranée est une accusation lancée en 2016 par le groupuscule d’extrême droite néerlandais Gefira. Elle a été reprise par le Financial Times qui l’a ensuite démentie. L’agence européenne Frontex s’est aussi fait l’écho de cette rumeur, avant de faire machine arrière. »

Et de pointer la responsabilité de l’Union européenne, qui « a contribué à arrêter l’opération Mare Nostrum par laquelle la marine italienne pratiquait le sauvetage en mer des migrants jusqu’en 2014 ». Le président de l’organisation créée en 1939 pour venir en aide, notamment, aux populations évacuées d’Alsace et de Lorraine, l’affirme haut et fort : « La France se grandirait aujourd’hui en accordant son pavillon à l’Aquarius. Ce bateau doit continuer à sauver des vies. Bien sûr, il ne peut prendre en charge qu’une partie infime des sauvetages. Mais c’est un symbole. » Un symbole… Le mot revient, il en remontre aux discours qui recyclent sans relâche les images de la submersion, de l’invasion, de l’insécurité. Faut-il rappeler que « si l’on rapporte le nombre de migrants à la population des pays européens, l’an dernier, l’Allemagne a accueilli 4 000 réfugiés par million d’habitants. Le ratio en France a été de 608 réfugiés par million de Français » ? 

De quoi le migrant est-il le nom ? L’exilé ne se réduit pas à l’instrumentalisation dont il fait l’objet dans la rhétorique de l’extrême-droite, qui gagne à droite et ailleurs dans le vide sidéral des idées politiques. L’exilé, le migrant, est une figure anthropologique de haute époque, l’autre nom de la condition humaine. Sans pour autant remonter aux grandes migrations préhistoriques qui ont donné à l’humanité son visage actuel, on peut rappeler la tradition des anciens Hébreux qui désignait comme exilique ou exilien tout ce qui a trait à la déportation à Babylone : la littérature, l’histoire, les rites et la liturgie. Exilarque était le nom de celui d’entre eux qui conduisait les déportés. D’où le néologisme « exiliance » qui consonne vaguement avec « résilience », pour définir l’existence des exilés – le plus souvent sans retour, pourtant. Évoquant un autre épisode biblique relatif à l’exil, Emmanuel Levinas écrivait dans Humanisme de l’autre homme : « La condition – ou l’incondition – d’étrangers et d’esclaves en pays d’Égypte rapproche l’homme du prochain. » De là vient chez lui cet impératif éthique qui tranche avec l’idéologie du sol natal chère à son maître Heidegger : « Personne n’est chez soi ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Melania Trump est depuis hier en tournée dans 4 pays africains. C'est une visite rare de la part de la Maison Blanche, sur un continent dont les puissances du monde se disputent les marchés ou le leadership politique… Le mystère qui entoure Melania Trump et les propos dénigrants de Donald Trump sur le continent africain donnent à ce voyage à but humanitaire une tonalité très spécifique. Bons offices, ou inflexion stratégique à venir ?

Xavier Martinet s'entretient avec Jeff Hawkins, ancien ambassadeur des USA à Bangui et Consul général à Lagos, chercheur associé à l’IRIS.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Une femme prix Nobel mérite-t-elle une page Wikipédia ? 

Question abrupte, à laquelle je vais d’abord répondre par une autre question. Combien y a-t-il eu de femmes prix Nobel ? Eh bien très exactement trois.

La bonne nouvelle c’est que la troisième, Donna Strickland, c’était cette année ; la mauvaise c’est que la seconde c’était Maria Mayer en … eh bien en 1963, pour ses découvertes sur la structure de l’atome. Quant à la première, cela ne vous étonnera pas c’était Marie Curie, en 1903. 

Donc cette année, le prix Nobel de physique a été attribué à Donna Strickland, en compagnie de ses deux co-découvreurs, le Français Gérard Mourou et l’Américain Arthur Ashkin, pour leurs travaux destinés à accroitre la puissance des lasers. 

Mais tout cela c’est de la physique et moi je veux vous parler non pas de l’état de la matière mais de l’état de la société. Car lorsque le nom de Donna Strickland a été révélé au public, comme lauréate du prix Nobel, l’ensemble de l’humanité, les amoureux des sciences, les curieux, les journalistes, tout ce petit monde s’est précipité pour savoir qui était ces trois spécialistes évidemment inconnus du grand public, Strickland, Mourou et Ashkin. Et tous ces curieux n’ont pas eu de mal à trouver des informations sur les deux hommes lauréats, Mourou et Ashkin… 

En revanche, comme l’a révélé The Atlantic, impossible de se renseigner sur Donna Strickland, elle n’avait pas droit à sa page Wikipédia. Plus précisément encore, elle n'avait pas droit à sa page Wikipédia car, à l’avenir, chaque être humain aura peut-être droit à son quart d’heure de célébrité, mais pas à sa page Wikipédia. Pour être dans cette encyclopédie en ligne, par ailleurs irremplaçable, il faut en être jugé digne par les contributeurs. 

Or justement, d’après The Atlantic, un contributeur de Wikipédia a tenté en Mai dernier de confectionner une page Wikipédia à Donna Strickland, page dont bénéficient donc depuis longtemps, je le rappelle, ses collègues hommes, mais cette page a été supprimée au motif que la personne dont il était question ne remplissait pas — je cite — les conditions pour qu’on lui consacre une page de l’encyclopédie. Comprenez, on ne va pas encombrer les serveurs avec un personnage de second rang. 

Depuis évidemment, le retard a été rattrapé pour la page de Donna Strickland, mais combien d’autres femmes n’ont pas encore droit à leur page Wikipédia alors que leurs homologues masculins, eux, en bénéficient ? C’est une question qui ne concerne pas uniquement le comité du prix Nobel mais chacun d’entre nous.

@PetitsMatinsFC

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Intervenants
  • Auteur, éditeur
  • ancien ambassadeur des USA à Bangui et Consul général à Lagos, chercheur associé à l’IRIS
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