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Aurélie Razimbaud.

Roman : Aurélie Razimbaud "Une vie de pierres chaudes" / Kavanaugh à la Cour suprême, l’Amérique déchirée / Brésil / La disparition de "L'Etudiant"

59 min
À retrouver dans l'émission

Aurélie Razimbaud vous parle de son premier roman "Une vie de pierres chaudes", et Olivier Dabène des élections au Brésil. Les chroniques s'intéressent à la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême et à la disparition du journal L'Etudiant.

Aurélie Razimbaud.
Aurélie Razimbaud. Crédits : @ Alexis Chauffert-Yvart @ Albin Michel

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec la romancière Aurélie Razimbaud, pour Une vie de pierres chaudes, un premier roman paru aux Editions Albin Michel. 

Dans ce récit enfiévré, qui raconte l’Algérie avant, pendant et après l’indépendance, Aurélie Razimbaud tisse les liens subtils et poignants entre l’amour et l’abandon. Qu’il s’agisse des pays ou des êtres, comment aller dans le sens d’une réconciliation, comment panser les plaies, comment éviter qu’elles ne s’ouvrent ? L’indépendance d’un pays, les liens d’un homme, des histoires qui se croisent : un premier roman porté par le souffle tiède de la Méditerranée, une mer-maîtresse en coups de théâtre. [présentation de l'éditeur]

Mon roman s'inspire d'une histoire familiale. Le point de départ, c'est le silence de mon grand-père autour de sa guerre d'Algérie. J'ai voulu essayer de rendre la parole à ceux qui se sont tus, avant, pendant et après la guerre d'Algérie. C'est plus un roman sur après la guerre - la guerre qui continue, même lorsqu'elle est terminée - que pendant la guerre. Ça prend la forme d'abord d'une guerre intérieure à travers le personnage de Louis, envoyé à vingt ans dans cette guerre, et qui en revient traumatisé.

"Une vie de pierres chaudes" d'Aurélie Razimbaud.
"Une vie de pierres chaudes" d'Aurélie Razimbaud. Crédits : © Editions Albin Michel
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Oriane Jeancourt, partenaire  de la revue Transfuge, évoque dans sa chronique mensuelle ses trois coups de cœur de premiers romans de cette rentrée littéraire :

Anton Beraber, La grande idée, paru aux éditions Gallimard ;

Alice Dieudonné, La vraie vie éditions Iconoclaste ;

Tadzio Koelb, Made in Trenton, éditions Buchet-Chastel.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Avec l’élection à la Cour suprême du juge ultra conservateur accusé d’agressions sexuelles Brett Kavanaugh, l’Amérique apparaît plus divisée que jamais.

« Au terme de vingt jours d’un drame en plusieurs actes – résume Matthieu Magnaudeix dans Mediapart : l’audition au Sénat de son accusatrice, d’autres femmes sorties du bois, sa défense hargneuse, un délai d’une semaine pour permettre au FBI d’enquêter, puis un vote au Sénat, acquis de justesse ce samedi 6 octobre, par 50 voix contre 48 – la droite américaine et le président Donald Trump obtiennent une victoire par K.O. » Le correspondant du site d’information évoque les manifestations à Washington et à New York, les « survivantes » d’agressions sexuelles qui ont interpellé les sénateurs jusque dans les ascenseurs et les couloirs du Capitole et la montée d’une vague d’indignation. Il rappelle l’ambiguïté de la position du juge sur l’avortement, sa défense de la « liberté religieuse » chère aux conservateurs, du port d’armes, de la surveillance et des lois électorales restrictives qui, dans certains États, limitent l’accès des minorités au vote. « Il a aussi une vision étendue des prérogatives présidentielles, ce qui pourrait s’avérer utile à l’avenir pour Donald Trump, cerné par plusieurs enquêtes judiciaires. »

Dans le New York Times, plus de 2 400 juristes ont estimé que « le comportement rude, incendiaire et partial » de Kavanaugh le jour de l’audition au Sénat le « disqualifie pour n’importe quel tribunal, et encore plus pour la juridiction la plus importante du pays ». Dans The Nation, l’activiste Phyllis Bennis et le révérend William Barber, un pasteur noir à l’origine de la « campagne des pauvres » – le mouvement qui s’inspire du combat de Martin Luther King – rappellent les lois Jim Crow promulguées à la fin du XIXe par les tribunaux et la Cour suprême, un arsenal juridique qui a réduit à néant l’héritage de la Reconstruction (1865-1877), cette courte période d’égalité des droits pour les Afro-Américains qui a suivi la guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage. « 140 ans plus tard, la nomination de Kavanaugh fait planer le risque d’un renversement similaire de nombreuses victoires pour les droits des femmes, contre le racisme, pour limiter le pouvoir des grandes entreprises, pour l’environnement, contre la torture et la surveillance de masse pour le droit des immigrés et des réfugiés. »

Gilles Paris évoque dans Le Monde « le passage en force coûteux de Donald Trump », qui « va laisser une Amérique toujours plus divisée ». Le correspondant du quotidien à Washington analyse une « victoire obtenue dans ces conditions controversées » et qui aura « plus d’un revers ». L’image du Sénat, notamment, « autrefois bastion des compromis », n’en sort pas grandie. Le juge le plus mal approuvé dans l’histoire l’aura été au prix de manœuvres comme l’abaissement du seuil de confirmation de soixante à cinquante voix. 

Dans Les Echos, Dominique Moïsi insiste sur la crise politique ouverte aux Etats-Unis : « L’audition de Brett Kavanaugh par une commission du Sénat a donné lieu à des échanges choquants. Il ne s’agissait plus, en effet, de la poursuite de la vérité ou du choix de l’homme qui serait – dans cette fonction essentielle pour l’équilibre de la démocratie – le meilleur pour l’Amérique. » Et de pointer la montée de ce que l’historien Arthur Schlesinger Jr. appelait « la République impériale », un renversement de l’équilibre des pouvoirs au bénéfice de l’exécutif et au détriment du législatif et du judiciaire. À moins d’un mois des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, cette dérive « nous concerne tous », estime le politologue. « Depuis la guerre civile jamais l’opinion publique américaine n’a été à ce point divisée. Républicains contre démocrates, ultras contre modérés, Etats ruraux contre Etats urbains, Blancs contre Noirs, sinon hommes contre femmes… »

La controverse née du fait que, malgré le mouvement #MeToo, un candidat publiquement accusé d’agressions sexuelles est nommé à la Cour suprême pourrait bien avoir des conséquences sur le vote, notamment des femmes. Dans les pages idées de Libération, Sandra Laugier fait le lien avec l’affaire Clarence Thomas, le juge mis en cause par Anita Hill pour harcèlement alors qu’il briguait en 1991 une nomination à la Cour suprême. Kavanaugh confirmé « malgré les hésitations de plusieurs républicains et l’effet désastreux de son audition pour l’image de la justice, il ne reste plus qu’à se rappeler que quelques mois après l’humiliation d’Anita Hill, des dizaines de femmes, portées par l’indignité du spectacle, furent élues au Congrès américain ».

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Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Brésil : après le triomphe de Jair Bolsonaro, combien de divisions ?

147 millions d’électeurs brésiliens étaient attendus pour le premier tour de la présidentielle. Sept millions d'entre eux vivent dans les favelas... Jair Bolsonaro confirme sa domination avec 46,06 % des voix. Le relatif bon score de Fernando Haddad (29,24 %) et l'abstention d'environ 30 % rendent la bataille du second tour incertaine. Face à un candidat ultra-clivant, Haddad pourra-t-il construire un "front républicain" ?

Xavier Martinet s'entretient avec Olivier Dabène, professeur des Universités en science politique à Sciences-Po Paris, président de l'Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Et un journal de moins, cette fois c’est l’étudiant qui disparaît…

Mais oui, souvenez-vous, le journal L’Etudiant, celui que vous avez probablement lu si vous avez été étudiant dans les années 80 ou 90, eh bien ce journal n’est pas en train de disparaître, il a disparu, dans la grande indifférence de tous. 

Plus précisément, la marque L’Etudiant existe toujours, comme on dit joliment, mais il n’y a plus de magazine papier, plus de magazine PDF non plus. L’Etudiant est devenu une marque spécialisée dans l’organisation de salons. Son nouveau propriétaire explique qu’auparavant L’Etudiant gagnait de l’argent en organisant des salons pour les étudiants, cela ne change donc guère, sauf qu’auparavant, si tel était le cas, cet argent gagné servait à financer un journal. 

En somme L’Etudiant n’est plus, un exemple de plus non pas de la crise de la presse, mais de son agonie. C’est pour cela que la disparition de L’Etudiant ne fait aucun bruit, s’en émouvoir ce serait un peu comme s’étonner de la mort d’un soldat en 14-18. 

La vérité c’est que la presse écrite, qu’elle soit écrite sur papier ou sur écran d’ailleurs, la presse écrite en France est en train de disparaître, à l’exception d’une poignée de titres, tout le reste est ou bien en soins palliatifs ou bien en réanimation. Cette situation est bien entendu liée à la mévente de ces titres, mais cette mévente ne vient pas de nulle part, elle a un nom et s’appelle « internet ». Avec internet, la presse a eu une étrange idée : donner ce qu’elle vendait – comme si un jour les pompistes décidaient de donner l’essence au lieu de le vendre, en expliquant qu’ils cherchent un nouveau modèle économique. 

Concurrencée directement et indirectement par internet, la presse est au fond d’une tombe qu’elle a contribué à creuser. Reste une question, la presse traditionnelle disparaît, mais rien de solide ne la remplace. Plus personne ne s’intéresse à ses parutions, comme à sa disparution. 

@PetitsMatinsFC

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