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Pierre Lapointe

Musique : Pierre Lapointe "La science du cœur" / La condition carcérale / Quel horizon pour la "nouvelle Arménie" ? / C'est bête d'être intelligent

59 min
À retrouver dans l'émission

Pierre Lapointe vous parle de son dernier album, et Taline Ter Minassian de l'Arménie. Les chroniques s'intéressent au bilan de la politique carcérale en France et au fléau de l'intelligence.

Pierre Lapointe
Pierre Lapointe Crédits : © John Londono

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Pierre Lapointe, auteur compositeur interprète, star au Quebec, rockeur et romantique qui, après Paris Tristesse (2015) et une tournée piano voix, revient à Paris avec un nouvel album La science du cœur (2017) et une tournée de concerts en France, dont la Salle Pleyel, le 22 octobre à Paris.

J'ai un pied dans la pop très concentrée, un autre dans l'avant-garde, et je navigue entre les deux. J'ai fait du violon, enfant, pendant cinq ans - j'ai détesté - puis du piano pendant cinq ans quand j'étais au lycée, maintenant je ne lis toujours pas la musique. Je n'ai réussi à me cadrer dans aucun contexte scolaire, le jour où j'ai pu créer des musiques par moi-même, j'ai commencé à respirer.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Alors que le projet de loi de réforme de la justice est débattu depuis mardi au Sénat, le bilan de la politique carcérale en France pose question.

« Les chiffres du ministère de la justice font honte – estiment dans Le Monde la sénatrice Nathalie Delattre et l'avocat Pierre-Olivier Surtaux d'occupation moyen des maisons d'arrêt de 142 % ; proportion de détenus présumés innocents en attente de jugement de 28 % ; proportion de malades psychiatriques de 28 %. Et chaque année plus de suicides… » Faisant le constat d’une hausse du taux de récidive, ils suggèrent au regard de cette situation différentes pistes et d’abord de « réserver la détention provisoire avant jugement aux affaires criminelles les plus graves, qui sont les seules qui la justifient (terrorisme, assassinats, viols, atteintes sur enfants) » et qui constituent « moins de 10  % des condamnations prononcées après détention provisoire ». Si l’on excepte cette proportion des 28% de personnes en détention préventive, reste une population en attente de jugement qui pourrait libérer 17 000 places de prison… Idem pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques relevant plutôt du ministère de la santé. Des prisons moins surpeuplées permettraient de mettre en place un suivi adapté aux délinquants sexuels, dont on connaît la tendance fatale à la récidive en l’état. Bref, l’exemple de la Scandinavie, « qui a réussi, en limitant la détention provisoire et en favorisant les prisons " ouvertes " par un accompagnement des sorties, à diviser par deux le taux de détention et à faire baisser de manière significative les chiffres de la récidive » devrait donc inspirer le législateur. 

D’autant que la détention provisoire a une incidence avérée sur le taux de suicides, lancinant problème de la condition carcérale. C’est l’objet du dossier ouvert dans le dernier N° de la revue de l’OIP (Observatoire international des prisons), Dedans-Dehors. « On se suicide six fois plus en prison qu’à l’extérieur – souligne Anne-Charlotte Begeot – en 2017, près de deux décès sur trois survenus en détention étaient des suicides. » Un chiffre qui peut grimper en fonction des circonstances de la vie en détention : dans les quartiers disciplinaires, « le risque suicidaire est quinze fois supérieur à celui en cellule ordinaire ». Et c’est bien connu, « le quartier arrivant (QA) est également un lieu sensible (risque suicidaire deux fois plus élevé qu’en détention normale), en raison du choc carcéral auquel les nouveaux arrivants sont confrontés et de leur incertitude face à leur sort judiciaire, la plupart étant dans l’attente de leur jugement ». Un fait en dit long sur le caractère suicidogène de la prison et la nécessité de limiter le recours à la détention provisoire : « ce sont paradoxalement les détenus les plus insérés socialement, familialement et économiquement qui sont les plus exposés au suicide en milieu carcéral ». Tous les deux jours en France, il y a un mort en prison. Comme le rappelle Laure Anelli, l’administration ne ménage pas sa peine pour contrer ce phénomène. « Grille de repérage du risque suicidaire, mesures de surveillance renforcées, cellules de protection d’urgence – ces cellules lisses sans aucun point d’arrimage pour éviter les pendaisons – ou encore dispositifs de protection d’urgence (DPU), composés de pyjamas en papier déchirables et de couvertures ignifugées ». Mais « tout cet attirail » ne sert qu’à « supprimer la corde que l’on se passe au cou », déplore Jean-Marie Delarue dans les pages la revue. « Au lieu de considérer le besoin de soutien psychologique des personnes détenues, c’est toujours l’idée d’empêcher le passage à l’acte qui domine », regrette le psychiatre Philippe Carrière, qui avait participé, en 1996, à la rédaction du premier rapport sur le sujet. 

Un autre aspect est à souligner, à l’heure où l’on envisage de construire de nouvelles prisons surdimensionnées, c’est Damien Pellen, représentant du Syndicat national des directeurs pénitentiaires qui s’en inquiète : « On construit des super paquebots pour faire des économies d’échelle, mais quand on essaie de proposer des actions, on s’aperçoit qu’on touche une minorité des détenus. En réalité, on ne connaît que 10 % de la population. Les autres, on les oublie. » Et avec un surveillant pour cent détenus, combien de tentatives qui sont en fait des appels à l’aide, ont débouché sur la mort, faute d’intervention d’une équipe de nuit qui n’est jamais venue ? 

La revue Passe-murailles a consacré sa dernière livraison à la question des femmes incarcérées. En France, les femmes ne représentent que 10% des condamnations judiciaires et seulement 3,5% des presque 71000 personnes incarcérées. Genre et punition, le dossier explore la façon dont les femmes criminelles sont perçues par le système judiciaire. Les stéréotypes de genre fonctionnent à plein régime pour qualifier la transgression du modèle dominant : « ou bien ce sont des victimes, ou bien ce sont des monstres ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

L'Arménie, située à un carrefour entre l'Iran, la Turquie, le monde orthodoxe, la Méditerranée et l'Europe, profite d'un accord d'association avec l'Union européenne depuis un an, mais est aussi membre de la communauté économique Euro asiatique... Francophonie et politique intérieure mêlées pour le Premier Ministre Arménien Nikol Pachinian : c’est en exclusivité sur France 24 qu’il a annoncé il y a quelques heures sa démission et des élections anticipées, alors que commence aujourd’hui à Erevan le sommet de la Francophonie.

Xavier Martinet s'entretient avec Taline Ter Minassian, historienne, professeur à l'institut National des Langues et Civilisations Orientales, auteure de Les galaxies Markarian.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il faut en finir avec l’intelligence.

Oui, cela fait longtemps que l’intelligence, on n’en veut plus, mais c’est officiel depuis hier. Depuis cet article publié dans Le Canard enchaîné, où l’on apprend l’existence d’un fichier du personnel au sein du syndicat FO, bon jusque-là, fichier insultant, homophobe, bon rien de nouveau, mais où l’on découvre cette mention : « trop intelligent pour entrer au Bureau Confédéral ». Trop intelligent pour réussir, comprenez s’il avait été crétin on l’aurait promu. 

Cette vérité est écrite, ça l’est à Force Ouvrière, mais évidemment cette haine de l’intelligence est partagée par toutes les organisations qui luttent chaque matin, et de manière parfois admirable, pour organiser le règne de la bêtise collective, mais ne le disait pas jusqu’à présent. 

Au sein d’une entreprise, l’intelligence est un fléau, tout l’art du management consiste à détecter les hauts potentiels, Hannah Arendt et autres Einstein en puissance pour les empêcher de nuire, les mettre à la porte, avec leurs idées, leur velléités d’innovation, leur créativité. 

La glose autour du management explique que les idoles tutélaires de l’entreprise sont Steve Jobs, Leonard de Vinci et Alan Turing, mais pas du tout, chaque société recherche les Forrest Gump, les Bourvil de demain, les Ubu de demain. 

Pendant très longtemps, un mythe a voulu que les entreprises fonctionnent sur le mode du principe de Peter : chaque individu atteignait un jour son niveau d’incompétence, à force d’être promu, et pourrait ainsi détruire tranquillement de la valeur. Mais pas du tout, le principe de Peter a tout faux, les meilleurs dans les boîtes sont nés incompétents, ils sont crétins dès leur embauche, et c’est pourquoi l’organisation peut les employer comme bon lui semble. Vous pensez que c’est un hasard s’il est écrit dans la Bible « heureux les simples d’esprit » ? 

Lorsque La Boétie analyse les tyrannies, il estime qu’il suffit d’un tyran et de milliers d’obéissants pour créer un enfer – eh bien l’idéal du management c’est ça, un patron qui soit 1, avec plein de zéro derrière. 

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

C'est bête d'être intelligent
Intervenants
  • Auteur compositeur interprète
  • Historienne, professeure des universités à l’Inalco, directrice de l’Observatoire des Etats post-soviétiques
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