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Spirou, L'espoir malgré tout (éditions Dupuis)

BD : Emile Bravo "Spirou, L'espoir malgré tout" / Connaissance du désir / Sommet de la Francophonie / Emmanuel Laurentin, le roi des Rendez-vous de l'histoire de Blois

59 min
À retrouver dans l'émission

Emile Bravo vous parle de la BD "Spirou, L'espoir malgré tout", et Thierry Cornillet des tensions au Sommet de la Francophonie. Les chroniques s'intéressent au sentiment amoureux, et aux Rendez-vous de l'histoire de Blois.

Spirou, L'espoir malgré tout (éditions Dupuis)
Spirou, L'espoir malgré tout (éditions Dupuis) Crédits : © Emile Bravo

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Emile Bravo, auteur de bande-dessinée et illustrateur de Spirou, L'espoir malgré tout - premier volet d'une oeuvre en quatre volumes ou la jeunesse de Spirou dans les années 1940, paru aux éditions Dupuis. 

Mon propos c'était de faire revivre à Spirou mais aussi à Fantasio l'espoir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, c'était de parler de l'éveil d'un enfant en temps de guerre. Chaque fois que j'ai croisé un enfant qui avait vécu ça, j'ai eu besoin de lui poser la question. Le dessin est au service de l'histoire, je ne suis pas dans l'esthétisme. Le dessin n'est qu'un outil pour parler d'une histoire. Ce qui m'intéressait, c'était de me plonger dans cette époque de la Grande guerre à travers des écrits, des documents, sans jugement, factuel.  Il suffit de prendre ses personnages et de les faire vivre, survivre, entre la faim et la peur. C'est dans les pires moments qu'il faut avoir le sens de l'humour. Entre les larmes et le rire, il y a très peu de différence. J'ai commencé cet album il y a cinq ans. L'idée était de respecter le personnage.... On a l'impression que l'histoire se répète finalement.

Et la chronique de Sonia Déchamps, journaliste BD du magazine Casemate : portrait intime d'Emile Bravo.

Spirou, L'espoir malgré tout (éditions Dupuis)
Spirou, L'espoir malgré tout (éditions Dupuis) Crédits : © Emile Bravo
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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Le dernier livre du philosophe italien Giorgio Agamben vient de paraître. Il porte sur le sentiment amoureux dans la poésie et la philosophie médiévales.

Co-signé avec Jean-Baptiste Brenet – qui écrit le chapitre sur Averroès – et préfacé par Alain de Libéra, il est publié chez Verdier sous un titre saturé de résonnances : Intellect d’amour. Comme un subtil jeu de piste dans les références de grands auteurs de la philosophie médiévale, il s’attache à éclairer un poème réputé « obscur » de Guido Cavalcanti, l’ami de Dante : Donna me prega. Ce faisant, il aborde une question centrale à l’époque, celle du pouvoir de notre intelligence dans « l’entrelacement du désir de la connaissance et de la connaissance du désir », telle qu’elle constituait un horizon d’attente commun aux philosophes notamment arabes et aux poètes courtois du dolce stil novo

Pour le dire vite, c’est l’accord ou « l’adoption » par nos facultés intellectuelles de l’intelligence du monde qui déclenche la pensée. Celle-ci est en quelque sorte « illuminée » par des images. Mais « il ne suffit pas que les formes soient imaginées, il est nécessaire qu’elles soient désirées ». D’où l’importance paradigmatique du sentiment amoureux, modèle et sommet de cette fusion génératrice. « En désirant les images et en imaginant le désir – commente le philosophe – et qu’est-ce que la poésie amoureuse sinon cela ? – le sujet s’approprie la pensée qui, en ce sens, est toujours pensée d’amour ». Ce primat du désir renvoie également à la notion de fantasme, à sa prosopopée singulière, qu’on retrouve chez Dante avec la figure de Béatrice. « Le fantasme fait le plaisir propre au désir », écrivait Jacques Lacan dans Kant avec Sade. « En paraphrasant cette thèse limpide – ajoute Agamben – on peut dire que, selon Averroès et les poètes d’amour, le fantasme par le désir fait l’intelligible propre au sujet. La pensée m’appartient parce qu’elle a été imaginée et désirée. » Faire de l’amour « le lieu par excellence » de l’adoption de la pensée, l’idée est audacieuse, elle semble paradoxalement très en avant de nos horizons bornés. De même que celle d’une convergence de notre faculté de comprendre et de l’intelligence du monde. 

C’est pourtant ce que rejoint Hartmut Rosa, après avoir pensé la frénésie de l’accélération, dans son dernier livre au titre sobre de Résonance. Une sociologie de la relation au monde (La Découverte). Ici, ce n’est plus l’image qui suscite l’accord avec le monde, mais le son ou la voix. « Il suffit d’écouter le vent pour savoir si l’on est heureux » disait Adorno. Merleau-Ponty évoquait quant à lui le moment du réveil, « où le monde vous apparaît dépourvu de ses significations habituelles », dans une forme de résonnance originelle et déconcertante. Dans le dossier que Philosophie magazine lui a consacré, Martin Duru fait le tour des « bonnes vibrations » des classiques : l’harmonie avec le grand Tout chez Lao-Tseu, l’amitié chez Aristote, la nature chez Rousseau ou l’amour chez Spinoza… C’est une joie qui accompagne l’idée d’une cause extérieure, écrit-il more geometrico. Sinon, l’amour décuple la « puissance d’agir », soit la faculté d’être affecté, mais aussi d’affecter en retour. Logique : dans l’état amoureux on fait tout son possible « pour que l’autre nous considère aussi comme « la cause extérieure » de son élan vital ».

Retour au Moyen Âge pour une leçon de choses sur l’orgasme. Le site nonfiction.fr publie un article édifiant d’Estela Bonnafoux qui en réfère à Constantin l’Africain et son traité consacré au sujet, le Liber de coitu. Le célèbre médecin et traducteur du corpus arabe s’inspire notamment du _Canon de la médecine_d’Avicenne, où l’on peut lire plusieurs chapitres sur le coït. L’orgasme féminin y est considéré favorable à la procréation. Le philosophe persan insiste « sur l’importance du ludus (le jeu) entre l’homme et la femme, ce qu’on appellerait aujourd’hui les préliminaires ». Voyez plutôt : « Que l’homme prête aussi attention à ce chapitre, parce qu’il ne va pas de soi qu’avant la copulation, il lui faut, pendant environ une heure, jouer avec la femme, et inversement ; lui donner des baisers, lui toucher les seins, les mamelons et les parties génitales. Il faut occuper ce temps jusqu’à ce que l’homme voie la femme passer de pâle à rouge, que sa respiration devienne un court instant plus fréquente, et qu’il sente sous ses doigts un léger soubresaut autour des parties du bas-ventre et des mamelles. »

Outre la stimulation des zones érogènes – ajoute la docte doctorante à l’université de Tours – « les médecins encouragent tout ce qui peut stimuler l’imagination. Mots provocants – nos « dirty talks » – chansons, récits érotiques, tout y passe »… Comme quoi, pour l’essentiel, rien de nouveau sous la lune.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Un désistement sous la pression et une élection jouée d’avance : ce sont les deux événements majeurs du sommet d'OIF ouvert hier à Erevan. Alors qu'Emmanuel Macron veut "réinventer la francophonie", ce sommet inédit par son affluence l'est peut-être par ses fissures ou tensions.

Xavier Martinet s'entretient avec Thierry Cornillet, député du Parti Radical, auteur du rapport “Le rôle de la France dans la francophonie dynamique”, remis au président Emmanuel Macron.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Vous êtes donc en direct, Guillaume, des Rendez-vous de l'histoire de Blois... 

Absolument Xavier, Rendez-vous de l'histoire de Blois, mais cela c'est le nom familier de cet évènement, son vrai nom, c'est le festival de Laurentin, d'Emmanuel Laurentin, puisque depuis Fernand Braudel, que dis-je depuis la chanson de Roland, Laurentin est le roi de Blois, on a déjà eu l'occasion de faire l'histoire de cette histoire. 

L'égo histoire vous savez c'était très à la mode, je dis étais parce que maintenant hélas, ce sont plutôt les dystopies qui sont très à la mode, sur le thème, comment cela pourrait être pire. Chaque première page de journal ressemble désormais à une dernière, comme si c'était la dernière une jamais produite, comme si c'était la fin du monde. Et chaque semaine il y a une nouvelle fin du monde, si bien que l'on pourra faire dans le futur, aux Rendez-vous de l'histoire de Blois 2167, Laurentin trônant toujours en majesté, une histoire des fins du monde.

C'est en cela que Fukuyama s'est trompé, il a cru qu'il y avait une fin de l'histoire, absolument faux, comme vous le constatez chaque matin, il faut parler des fins de l'histoire au pluriel. Pour le dire brutalement, nous avons déjà été foutus des centaines de fois ou presque. 

Cela a commencé il y a quelques années avec le Brexit, puis il y eut l'élection de Donald Trump, et depuis il ne se passe pas une semaine sans que la fin du monde ne devienne évidente, aujourd'hui, par exemple, vous avez une fin du monde de choix avec la fin du monde brésilienne, tout cela grâce à Jair Bolsonaro, candidat qui propose tout naturellement de lutter contre les meurtres par arme à feu en multipliant les armes à feu. 

C'est simple, c'est clair, c'est efficace, il y a trop de mort par balles, il faut donc multiplier les balles, Jair Bolsonaro a beau être un candidat d'extrême droite, il a trop lu Montesquieu et il pense que le pouvoir arrête le pouvoir, ou en tout cas, que les balles arrêtent les balles. Jair Bolsonaro nous offre une belle fin du monde cette semaine, on peut le remercier, notamment si l'on songe à tous ceux qui pensaient que le Brésil était encore un refuge. Pendant la dernière guerre, certains s'étaient réfugiés au Brésil, eh bien si Bolsonaro est élu, Laurentin pourra en faire des émissions parce que cela appartiendra au passé. 

Alors je ne vous ai parlé que des fins du monde politique mais rassurez-vous il en existe de toutes sortes, écologiques, donc climatiques, économiques, dettes, hausse des taux, en somme personne ne peut se sentir à l'abri. 

Bientôt l'apocalypse, on a trouvé le visage de l’origine du monde, il ne nous manque plus que le visage de la fin du monde, et on sera au complet.

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner
A chaque jour sa fin de l'histoire
Intervenants
  • Auteur de bande dessinée et illustrateur
  • Co-directrice artistique du Festival International de bande dessinée d'Angoulême
  • député du Parti Radical, auteur du rapport “Le rôle de la France dans la francophonie dynamique”, remis au président Emmanuel Macron
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