LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
L'ïle au Trésor, de Robert-Louis Stevenson, nouvelle traduction de Jean-Jacques Greif

Livre : Jean-Jacques Greif - Tristan Savin / Karl Kraus, l’enragé / Allemagne : Angela Merkel résistera-t-elle au test bavarois ? / Bouteille de Romanée Conti : somme record de pratiquement 500.000 euros

1h01
À retrouver dans l'émission

Jean-Jacques Greif vous parle de sa traduction de "L'ÎIe au Trésor", Tristan Savin de la revue Long Cours, et Hélène Miard-Delacroix de l'élection régionale en Bavière. Les chroniques s'intéressent au parcours de Karl Kraus et aux marchés de singularité.

L'ïle au Trésor, de Robert-Louis Stevenson, nouvelle traduction de Jean-Jacques Greif
L'ïle au Trésor, de Robert-Louis Stevenson, nouvelle traduction de Jean-Jacques Greif Crédits : © Editions Tristam

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le journaliste écrivain Jean-Jacques Greif, traducteur de la nouvelle version de L'ÎIe au Trésor, de Robert-Louis Stevenson, parue aux éditions Tristram, et Tristan Savin, rédacteur en chef de la revue Long Cours.

J'étais un jour en promenade dans les Cévennes, suivant les pas de Stevenson. J'ai lu le livre qu'il avait écrit sur les Cévennes, j'ai eu envie de relire "L'Île au Trésor ". J'ai découvert que chez Stevenson comme pour d'autres auteurs anglais, la langue est triturée en anglais, mais je sais que ça ne se fait pas en français. Je me suis dit : voyons ce que ça donne. J'ai voulu traduire comme c'était écrit, avec un parler populaire, avec les pirates qui parlent mal, comme parlent les enfants, mais aussi pas seulement parce que ce sont des pirates mais parce que ce sont des gens du peuple. Jean-Jacques Greif

Ce n'est pas une question de retraduire, il faut réinventer quand on traduit, il faut chercher des équivalents. C'est un roman qui date de 1880 à peu près, c'est un enfant qui raconte l'histoire, ça parle de façon assez simple. C'est en même temps, une langue assez soutenue, car c'est un grand styliste, Stevenson, avec une langue extraordinaire. Jean-Jacques Greif

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Long Cours, est la revue des écrivains voyageurs. L'intérêt, ce n'est pas tant l'aventure en soi que la façon dont elle est racontée, un style à soi qui fait la différence. Et la différence entre un journaliste et celui qui va sur le terrain, c'est ça la littérature. Stevenson, après Melville, pour moi est le premier écrivain voyageur. Il a été toute sa vie aventurier, est parti en bateau, a fait les îles du Pacifique... Tristan Savin

Numéro 9 de Long Cours
Numéro 9 de Long Cours Crédits : © Long Cours

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Une biographie de Karl Kraus par Jacques Le Rider vient de paraître aux éditions du Seuil, qui retrace le parcours de cette figure centrale de la Vienne fin de siècle, pamphlétaire redouté et pourfendeur des compromissions de la presse inféodée au pouvoir de l’argent.

« Un enragé », le terme est de Walter Benjamin qui lui a consacré un essai, publié en quatre livraisons dans la Frankfurter Zeitung en mars 1931 et depuis peu disponible en français aux éditions Allia. On peut s’étonner avec Jacques Le Rider qu’un journal, l’un des plus prestigieux en Allemagne, ait accepté « un texte si long, si dense et si critique envers la presse. » Walter Benjamin y écrit au sujet de Kraus que « le simple nom d’opinion publique suffit à lui faire froid dans le dos. Les opinions sont affaire privée. Le public ne s’intéresse qu’à juger. Or c’est justement le rôle de l’opinion publique fabriquée par la presse que de dépouiller le public de sa capacité de juger ». La presse ajoute-t-il « n’exige pas seulement que le véritable événement soit la nouvelle de l’événement ; elle provoque cette identité inquiétante qui donne systématiquement l’impression que l’annonce des faits précède leur accomplissement ». À quoi s’ajoute selon Jacques Le Rider que « le journalisme est la colonie pénitentiaire de la langue où celle-ci est réduite à un usage communicationnel et informatif et se dégrade en bavardage, en verbiage, en phraséologie »… 

La Grande guerre lui apporte une terrible confirmation du rôle manipulateur de la presse, qui a permis « d’amener l’humanité à ce niveau d’absolu manque d’imagination qui l’a rendue capable de déclencher une guerre d’extermination contre elle-même ». Et le conflit mondial lui impose momentanément le silence : sa célèbre revue Die Fackel suspend sa parution, ce qu’il justifie en dénonçant l’engagement volontaire des écrivains, coupables d’avoir eu « l’héroïque pensée de se réfugier là où, aujourd’hui, on est le plus à l’abri : dans la phraséologie ». 

Pour lui, la déflagration est « une apocalypse annoncée » depuis la Belle Époque : « la presse, la politique et la modernisation capitaliste ont répandu dans la culture, et d’abord dans la langue, des poisons mortels… La guerre mondiale n’est que l’aboutissement, l’accélération et l’intensification de la machine infernale de destruction du monde » qu’il s’emploie à dénoncer depuis longtemps, résume Jacques Le Rider. Vienne est alors minée par les conflits sociaux, le nationalisme et l’antisémitisme, les libéraux qui soutiennent la position hégémonique des Allemands d’Autriche n’ont pas pris la mesure de la question des nationalités dans l’empire des Habsbourg. Dans un article prémonitoire sur la mort de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, Karl Kraus désigne l’Autriche comme « la station d’essais de la fin du monde ». L’hécatombe lui inspire l’un des textes les plus singuliers qui lui soient consacrés : Les Derniers Jours de l’humanité, une pièce d’un genre nouveau – la tragédie satirique – où le montage de « passages méditatifs et métaphysiques » et de coupures de journaux ou d’extraits de discours officiels voisinent avec « des tableaux de farce grotesque et grinçante, à mi-chemin entre le Grand-Guignol et Ubu Roi ». 

Dans la trajectoire météorique de Karl Kraus, un autre registre d’écriture tient une grande place : celui de l’aphorisme assassin. À cet égard, Roland Barthes a pu le comparer à Léon Bloy, notre « entrepreneur de démolitions », notamment sur ce point commun : « l’érotique du langage, pratiquée avec fureur, dont ils nous font encore aujourd’hui partager l’emportement ». Avant la grande presse libérale, la première cible de Karl Kraus fut le milieu littéraire de la Jeune Vienne, autour des figures d’Hofmannsthal, de Schnitzler, Hermann Bahr et quelques autres. Dans son pamphlet La Littérature démolie, au-delà de ce qu’on pouvait dénigrer comme « du snobisme ou de l’affèterie », il s’en prend à la posture de la décadence : « Vienne est le territoire spirituel de ces poètes choyés par un destin bienveillant qui mit dans leur berceau la grisette des faubourgs, et si parcimonieux qu’ils espèrent pouvoir se contenter toute leur vie avec quelques touches d’atmosphère viennoise.  »

Ailleurs, il raille les rencontres au café Griensteidl de « notre jeune Autriche où les talents sont assis tellement serrés autour d’une table qu’ils s’empêchent mutuellement de grandir »… Mais comme le montre Jacques Le Rider, le principal combat de Karl Kraus fut celui qu’il mena au nom de la langue contre les manipulations et l’asservissement qu’elle permet. Sur un ton plus léger que les anathèmes dont il est coutumier, voici une recommandation à méditer : « Les notices d’utilisation de la langue devraient être écrite de manière assez illisible pour qu’elle inspirent un peu de respect au locuteur, comme une ordonnance au patient. Avec le doute, qui est le meilleur des maîtres, on aurait déjà beaucoup gagné : plus d’une parole resterait inexprimée. »

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Les Conservateurs privés de leur majorité absolue, la gauche laminée, l'entrée de l'extrême droite au Parlement : l'élection régionale en Bavière confirme la tendance nationale et met Berlin sous pression. Un an après une victoire nationale à l’arrachée, est-ce déjà le crépuscule d’Angela Merkel ? 

Xavier Martinet s'entretient avec Hélène Miard-Delacroix, professeur des universités à la Sorbonne, spécialiste de l'Allemagne contemporaine.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

C’est de plus en plus facile de boire avec modération… 

Si l’on a décidé en tout cas de ne boire que du Romanée Conti. C’est ainsi que ce weekend end une bouteille de Romanée Conti a atteint la somme ma foi assez robuste de pratiquement 500.000 euros, un record, y compris pour une bouteille de 1945. Auparavant, les autres bouteilles les plus chères se traînaient, même pas 250.000 dollars pour un Château Laffitte 1869 – l’adjudication du Romanée Conti 1945 s’est faite à 17 fois son estimation.

Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien, ce que le sociologue Lucien Karpik a rappelé : les marchés de singularité se portent en ce moment à merveille. Un marché de singularité, c’est un marché qui ne fonctionne pas sur des bases économiques, autrement dit un marché qui repose d’abord sur la qualité et seulement de manière marginale autour de leur prix : si une bouteille dépasse 17 fois son estimation, autrement dit 17 fois son prix du point de vue de l’offre et la demande, cela signifie que son prix au fond n’a aucune importance, que les consommateurs prêts à acheter ce type de bien sont, au bout du compte, prêts à débourser n’importe quelle somme. 

Et dans ces marchés de singularité, la disproportion est la règle – autrement dit les différences entre les prix d’une bouteille de Romanée Conti et une bouteille de Château Laffitte est d’autant plus grande que l’on se situe au sommet de la hiérarchie des qualités : ce sont des prix, désormais très largement incommensurables, tout simplement parce que le prix n’est qu’une fonction secondaire de la qualité des produits. 

A l’avenir ces marchés de singularité sont amenés à se multiplier, il y aura de plus en plus de bouteilles de vin millionnaires, de tableaux milliardaires qu’ils soient déchiquetés ou non. 

La recherche de l’ostentatoire conduit les capitalistes à désirer par-dessus tout un certain nombre de biens, des biens qu’ils achètent avec leur argent mais qui n’ont absolument plus de prix. Et comme le prouve cette bouteille de Romanée Conti, ce qui n’a plus de prix, vaut des millions ou presque. 

@PetitsMatinsFC

Chroniques
6H02
26 min
Le Réveil culturel
Jean-Jacques Greif : "Traduire c'est inventer un peu "
6H30
10 min
Journal de 6h30
JOURNAL DE 6H30 du lundi 15 octobre 2018
6H40
5 min
Le Journal des idées
Karl Kraus, l’enragé
6H45
10 min
Les Enjeux internationaux
Allemagne : Angela Merkel résistera-t-elle au test bavarois?
6H57
2 min
L'Humeur du matin par Guillaume Erner
Une bouteille de Romanée Conti a atteint la somme record de pratiquement 500.000 euros
Intervenants
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......