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"Le Chat du Rabbin, tome 8, Petit panier aux amandes", de Joann Sfar, Editions Dargaud.

BD : Joann Sfar "Le Chat du rabbin" tome 8 / Le continent des revues / Russie – USA : Soyouz, coup de semonce pour la coopération spatiale ? / Le wagon de Rethondes, wagon de malheur

1h
À retrouver dans l'émission

Joann Sfar vous parle du tome 8 du "Chat du rabbin", et Isabelle Sourbès-Verger de la coopération spatiale entre la Russie et les USA. Les chroniques s'intéressent au Salon des revues et au wagon où fut signé l'Armistice du 11 novembre 1918.

"Le Chat du Rabbin, tome 8, Petit panier aux amandes", de Joann Sfar, Editions Dargaud.
"Le Chat du Rabbin, tome 8, Petit panier aux amandes", de Joann Sfar, Editions Dargaud. Crédits : © Joann Sfar

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Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Joann Sfar, romancier, auteur et dessinateur de bande dessinée, pour  la sortie du tome 8 du Chat du rabbin, Petit panier aux amandes, publié aux éditions Dargaud.

Ils s'aiment. Lui est juif, elle est catholique. Ils vivent à Alger, et un jour, le Rabbin voit arriver cette jeune femme qui, pour mieux s'intégrer et faire plaisir à son futur époux, veut se convertir au judaïsme. La stupeur le dispute à l'incompréhension : pourquoi vouloir embrasser une foi si compliquée, si irrationnelle, si pénible ? Le Chat et Zlabya sont tous d'accord pour la dissuader, et vont trouver en Knidelette une alliée inattendue... [Présentation de l'éditeur]

L'héroïne, c'est une jeune femme catholique qui veut devenir juive pour faire plaisir à son compagnon, mais les rabbins sont pas très favorables, et le Chat va lui compliquer la vie. J'ai voulu faire un vaudeville sur une question qui n'est pas seulement juive mais qui touche toutes les grandes religions, c'est la conversion d'une religion à l'autre, qui fait beaucoup de blessures dans les familles quand deux jeunes gens s'aiment.

Planche de "Le chat du Rabbin, tome 8, Petit panier aux amandes" de Joann Sfar, Editions Dargaud.
Planche de "Le chat du Rabbin, tome 8, Petit panier aux amandes" de Joann Sfar, Editions Dargaud. Crédits : © Joann Sfar

J'ai besoin que chaque album soit différent pour me donner un défi, et là, le défi ça a été de faire un vaudeville, avec des portes qui claquent, des jupes qui volent, des disputes etc. Je voulais trois personnages féminins très présents, donc j'ai fait venir des comédiennes à la maison pour jouer ces personnages, et je les ai fait poser, on a loué des robes des années 20,30, je les ai dessinées. Et à partir de ces séances de pose, j'ai fait la bande dessinée. 

Entre les romans, les très nombreuses bandes dessinées et livres d'illustrations sortis cette année, Sonia Déchamps, du magazine Casemate, tente d'esquisser, dans sa chronique mensuelle le portrait du très prolixe dessinateur de la série culte Le Chat du Rabbin.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Ce weekend se tient à la Halle des Blancs-Manteaux, à Paris, la 28ème édition du Salon de la revue. L’occasion de consacrer intégralement aux revues ce Journal des idées, où elles sont par ailleurs toujours bienvenues.

Car ce sont des pourvoyeuses naturelles d’idées et de débats. La dernière livraison de la Revue du Crieur l’illustre parfaitement, avec l’article coécrit par l’anthropologue David Graeber et l’archéologue David Wengrow qui mettent en cause le récit dominant de l’évolution des sociétés humaines selon lequel nous serions passés de l’organisation tribale et égalitaire des chasseurs-cueilleurs, à des sociétés plus complexes, avec l’agriculture et la production de surplus permettant à certains l’accumulation de richesses et d’influence, puis avec l’émergence des villes, et l’apparition de nouvelles classes de bureaucrates et de guerriers-politiciens qui accaparent le pouvoir et perpétuent les inégalités. L’idée sous-jacente, c’est que les inégalités sont un mal nécessaire, le fruit naturel d’une évolution qui nous a apporté par ailleurs la civilisation et l’écriture, et la perspective du progrès technique. Or, affirment les auteurs, rien ne permet de prouver ce scénario qui recycle la thèse rousseauiste de l’état de nature, dont ils rappellent qu’elle était chez l’auteur du Discours sur l’origine de l’inégalité, une hypothèse de travail. Bien au contraire, les preuves s’accumulent aujourd’hui pour mettre à mal ce récit linéaire, et montrer l’imagination dont de nombreuses sociétés préhistoriques ont été capables, faisant et défaisant les mondes politiques, même après l’apparition des villes. 

L’enjeu intellectuel et politique du débat ouvert par Graeber et Wengrow, c’est de faire un sort aux « prophéties lugubres selon lesquelles n’importe quelle forme "complexe" d’organisation sociale nécessite forcément que de petites élites prennent en charge les ressources clés avant de piétiner le reste du monde », et de commencer « à réfléchir à ce que pourrait être une version non biblique de l’histoire de l’humanité ». D’autant que traiter la question politique en termes d’inégalités revient selon eux à la biaiser. « À la différence de termes comme "capital" ou "pouvoir de classe", le mot "inégalité" semble conçu de façon à ne conduire qu’à des demi-mesures et à des compromis. On peut envisager de renverser le capitalisme ou de briser le pouvoir d’Etat ; mais il est très compliqué de concevoir l’élimination de l’"inégalité". » 

Ne serait-ce que parce que nous sommes tous différents… Parmi les nombreux exemples, issus de recherches récentes, qui mettent en cause le récit traditionnel de l’histoire du monde, les « techniques avancées de reconstruction climatique » et « la datation chronométrique » ont mis en évidence des variations en termes d’organisation sociale suivant le cycle des saisons, avec des formes alternatives de communauté. Des royautés éphémères, à l’image des constructions monumentales érigées « pour être ensuite rapidement démolies » à l’issue d’un grand festin s’apparentant à un gigantesque potlatch (les temples de pierre de Göbekli Tepe, à la frontière turco-syrienne). Ou encore, des villes dont les conseils municipaux conservaient une autonomie réelle face à l’Etat impérial, comme dans l’ancien Mexique, celle Tlaxcala, dirigée par « un conseil élu dont les membres étaient régulièrement fouettés par leurs électeurs afin de leur rappeler qui était, en fin de compte, responsable ». 

La dernière livraison de la revue Europe est consacrée à Joseph Delteil, un écrivain paysan, un temps proche des surréalistes, attaché à une géographie où l’Ariège familiale, notamment celle des grottes lui donne de remonter le temps pour célébrer « le paléolithique », « maître-mot de sa philosophie et point d’arrivée de son exploration du monde, de lui-même, des hommes et au delà », écrit Marie-Françoise Lemonnier-Delpy. La Cuisine paléolithique, titre de l'un de ses livres, est un manifeste – pour « la cuisine brute comme il y a de l’art brut » – et une ode à l’alimentation naturelle, avec de savoureuses descriptions : les raisins
« Humides de rosée, peinturlurés d’aurore, avec leur odeur de nuit, leur volume ailé, et cette sensation dans la main de seins, de seins à vin et dans la bouche cette abondance fondante, ce gorgement voluptueux ! On a l’impression de manger le matin. »

La revue Europe est présente au Salon, et son directeur, Jean-Baptiste Para, signe dans La Revue des revues un article sur ses liens forts avec l’Espagne, dès ses premiers numéros, au début des années 20 et pendant toute la durée de la guerre civile. Avec notamment les contributions de celui qui allait mener le Frente popular à la victoire en 1936 et être élu président de la République : Manuel Azaña. Sous la dictature de Primo de Rivera, alors qu’il est directeur du journal d’opposition fondé par José Ortega y Gasset, España, la revue Europe publie les textes d’un auteur anonyme « particulièrement bien informé » sur la dictature, dont tout laisse à penser que c’est lui. Il parle du « messianisme » d’un « peuple inexpérimenté » qui, « pour obtenir la ponctualité des fonctionnaires, une administration municipale régulière et une certaine politique du ravitaillement » s’expose à la nécessité de « défaire la constitution, de supprimer la liberté de la presse, de proclamer la loi martiale et se confier aux inspirations d’un général ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Pour succéder à l'actuelle Station spatiale internationale (ISS), en orbite depuis 20 ans déjà, et préparer des missions humaines vers Mars, une alliance a été crée entre la Nasa, l'ESA et les autres membres de l'ISS, qui ont décidé d'envoyer une station baptisée LOP-G sur une orbite cislunaire...

La fusée Soyouz qui a décollé le 11 octobre 2018 transportait l'astronaute américain Nick Hague et le cosmonaute russe Alexeï Ovtchinine vers la Station spatiale internationale (ISS). Une défaillance du moteur a contraint l'équipage à éjecter leur vaisseau pour revenir sur Terre.  Les systèmes de sécurité, qui n’avaient encore jamais été déclenchés jusqu’ici, ont pourtant parfaitement fonctionné et, après quelques minutes d'incertitude, les deux membres sont rentrés vivants sur terre...

Xavier Martinet s'entretient avec Isabelle Sourbès-Verger, géographe, chercheur au CNRS Centre Alexandre Koyré, spécialiste des questions de géopolitique de l'espace et des politiques spatiales.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Ici tout est symbole et c'est bien cela le problème.

Je suis en face d’un wagon, le wagon de Rethondes, à 75 km de Paris, et 1000 de Berlin, le wagon le plus terrible du plus terrible des siècles où périrent des millions d'innocents, un wagon parmi tous ces autres wagons de malheur, du wagon plombé de Lénine aux wagons de déportés. Mais ce wagon là, c'est différent, c'est le wagon princeps et à lui seul il constitue un symbole. 

Symbole d'une drôle de paix, cette paix de 1918 qui fut accueillie avec soulagement par nos aînés, et comme on les comprend. On gagna la guerre, mais comme le dit Clémenceau, on ne parvint pas à gagner la paix. De 1918 à 1939 ce ne fut qu'une trêve dans ce cauchemar, cette autre guerre de Trente Ans. On fit donc la paix dans un wagon, ici même où je me trouve, un 11 novembre 1018 avec un temps semblable à celui-ci, c'était pour en finir avec la mort, la nuit, le sang. 

Oui mais voilà, ensuite ce wagon même devint un enjeu, et la revanche d'Hitler se trouve toute entière inscrite dans cette pauvre clairière éloignée de tout, des regards, de la ville, soumise de temps à autres à la curiosité des animaux de la forêt. Hitler n'eut de cesse que de détruire cette clairière, la plaque que l'on y avait apposé, les statues qui y étaient disposées, les statues, toutes les statues qui y étaient toutes sauf une, celle du Maréchal Foch. Hitler voulait son moment seul face à Foch et tant pis si c'était un Foch de pierre, il ne voulait plus aucune mention de ceux de 14, puis Hitler déménagea ce wagon et le donna à voir aux foules nazis, un wagon particulièrement chamarré lors des journées de la Wehrmacht.

Un wagon utilisé à Rethondes non loin de Compiègne qui fit le trajet à Berlin pour satisfaire le fétichisme nazi, un wagon qui causa la mort de millions d'hommes, et quelle mort, pour la première fois tant d'hommes de l'Atlantique à la Baltique découvrirent qu'il y avait pire que la mort. 

La symbolique c'est la politique à la portée des imbéciles, ceux qui pensent que l'on peut faire la guerre pour l'honneur alors que la guerre est le pire des déshonneurs. C’est ce que nous rappelle ce wagon de malheur.

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Intervenants
  • Auteur de bande dessinée, illustrateur, romancier et réalisateur
  • géographe, directrice de recherches CNRS Centre Alexandre Koyré, spécialiste des questions de géopolitique de l'espace et des politiques spatiales.
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