LE DIRECT
Peter Doig Milky Way 1989-90 - Huile sur toile  152x204 cm - Scottish National Gallery of Modern Art

Expo : Jean-Marie Gallais "Peindre la nuit" / Justice : le droit de savoir / Iran : après les sanctions américaines, quelle marge de manœuvre ? / Lançon a désormais le visage de la France

1 min
À retrouver dans l'émission

Jean-Marie Gallais, commissaire de l'exposition "Peindre la nuit : de l'intime au cosmos", et Thierry Coville de l'Iran post-sanctions américaines. Les chroniques se penchent sur la justice des mineurs et Philippe Lançon.

Peter Doig Milky Way 1989-90 - Huile sur toile  152x204 cm - Scottish National Gallery of Modern Art
Peter Doig Milky Way 1989-90 - Huile sur toile 152x204 cm - Scottish National Gallery of Modern Art Crédits : © Peter Doig / Photo : Jochen Littkemann / ADAGP Paris, 2018

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Jean-Marie Gallais, commissaire de l'exposition "Peindre la nuit : de l'intime au cosmos" au musée Pompidou-Metz, présentée jusqu'au 15 avril 2019, nous entrons dans la célébration de la nuit. Ce voyage nocturne nous promène dans la peinture moderne et contemporaine, de la fin du 19ème siècle à nos jours, autour de l'idée de la nuit comme un commencement, comme un départ, plutôt que comme la fin d'une journée ou du travail. C'est la nuit des veilleurs, et la question semble bien être : que se passe-t-il quand nous choisissons de ne pas dormir ?

C'est une exposition pour laquelle j'ai essayé aussi de montrer des œuvres moins connues de certains artistes; il y a des Magritte, des Mondrian, mais ce ne sont pas forcément les tableaux qu'on attend de ces peintres-là. Ce sont soit des tableaux de jeunesse, soit des tableaux plus intérieurs, plus intimes, parce que la nuit c'est aussi ça, c'est sortir quelque chose de très profond, de très intime.

Augusto Giacometti, "Sternenhimmel (Milchstrasse)", 1917.
Augusto Giacometti, "Sternenhimmel (Milchstrasse)", 1917. Crédits : © Adagp, Paris 2018
Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Les juges pour enfants du tribunal de Bobigny lancent un « appel au secours » dans Le Monde sur l'état de la justice pour les mineurs.

Ils rappellent que s’ils s’occupent des délinquants, ils sont aussi juges des mineurs en danger et qu’à ce titre ils doivent « répondre à l'exigence de protection des enfants, parfois très jeunes, que leur situation familiale met en péril ». « Les mesures d'assistance éducative, exercées pour la plupart par le secteur associatif habilité, sont actuellement soumises à des délais de prise en charge inacceptables en matière de protection de l'enfance : il s'écoule jusqu'à dix-huit mois entre l'audience au cours de laquelle la décision est prononcée et l'affectation du suivi à un éducateur. » Les juges de Bobigny dénoncent « un manque flagrant de personnel, lié aux restrictions budgétaires », à commencer par le tribunal lui-même où les greffiers, en nombre insuffisant, ne peuvent remplir leurs missions : « leur absence aux audiences en assistance éducative, pourtant illégale, est à présent la norme ». Quant aux jugements pénaux, ils sont notifiés dans des délais d’environ un an, « ce qui leur ôte véritablement tout sens, dans un département – la Seine-Saint-Denis – où les actes de délinquance sont nombreux ». Dans son reportage publié sur le site de l’hebdomadaire Le Point – le quotidien d’un juge des enfants – Laurence Neuer montre bien cette double responsabilité car les jeunes victimes de maltraitance finissent souvent par basculer dans la délinquance s’ils ne sont pas correctement suivis. Elle insiste sur le rôle de l’éducateur, « acteur-clé de l’enfance en danger » et qui assiste le juge dans ses missions. Et sur la difficulté à choisir la mesure appropriée : assistance éducative en milieu ouvert (dans la famille et à l’école ou auprès du médecin de famille), placement au domicile de l’un des parents, ou en milieu fermé au sein d’un foyer, la décision la plus difficile… Car ce juge « hybride », qui protège ou sanctionne tour à tour, est aussi un juge « trois-en-un » : juge d’instruction, de tribunal et de l’application des peines.

Dans Mediapart, Laurent Mauduit élargit la focale sur le projet de loi de réforme de la justice qui a été voté au Sénat et dont l’examen à l’Assemblée devrait commencer le 14 novembre en séance publique, et dès le 7 novembre en commission. Il rappelle qu’une première loi sur le secret des affaires, validée le 26 juillet dernier par le Conseil constitutionnel, « a constitué une entrave grave pour les journalistes enquêtant sur la vie des affaires, et une menace pour les lanceurs d’alerte qui peuvent les aider ». Dans le projet de réforme qui arrive à l’Assemblée, ces dispositions sont confirmées : la publicité des audiences et des décisions de justice est remise en cause lorsqu’elle porte atteinte « au respect de la vie privée » ou au secret des affaires. En l’occurrence – souligne Laurent Mauduit – « la protection de la vie privée à bon dos, et c’est en vérité surtout le secret des affaires qui est ici en jeu ». Conclusion provisoire : « avec ces deux lois, ce sont deux principes démocratiques majeurs qui sont mis à mal : le droit de savoir des citoyens ; et le droit à une justice libre et indépendante, garantie par la publicité de ces audiences et de ses jugements ». C’est surtout le cas si ces jugements portent « sur des sujets majeurs d’intérêt public ». Dans la foulée de ces restrictions, une disposition vise à l’anonymat des magistrats. « Pourtant, le nom des juges est essentiel pour la démocratie, pour la confiance des citoyens dans la justice et pour prouver des cas de conflits d'intérêts. » Pratiquement aucun pays dans le monde, y compris la Chine, n’anonymise les noms des magistrats, à part la Russie. Et Laurent Mauduit rappelle que « dans l’Histoire de France, les seules juridictions à masquer les noms des magistrats furent les fameuses " sections spéciales ", c’est-à-dire les tribunaux d’exception sous Vichy ». 

C'est une tendance lourde analysée par Jacques Krynen dans son dernier livre, publié chez Gallimard sous le titre Le théâtre juridique. Une histoire de la construction du droit. L’enquête remonte à l’Antiquité pour déterminer les rôles respectifs des « trois forces créatrices de la normativité juridique » : la science du droit, la législation et la jurisprudence. Depuis la constitution de 1958 – observe-t-il – le concept de pouvoir législatif est devenu ambigu car « le Parlement n’a plus le monopole de la fonction législative ». Sans compter le recours aux décrets, aux ordonnances, l’arme du 49.3 ou celle du « vote bloqué », l’initiative revient le plus souvent au gouvernement. « En pratique, le Parlement est appelé à voter chaque année dix fois plus de lois issues d’un projet de texte gouvernemental que d’une proposition parlementaire. » Dans ces conditions, que devient la séparation des pouvoirs ? Car « le Parlement représentant la volonté générale n’est plus le maître de la loi ». Et aujourd’hui « la loi française se trouve sur une base constitutionnelle en grande partie entre les mains de ce pouvoir que nos révolutionnaires avaient nommé " exécutif ", destiné à n’en être que le bras armé et serviteur fidèle. »

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Les Etats-Unis ont rétabli hier la deuxième vague de leurs sanctions contre l’Iran : elles touchent notamment le pétrole et le gaz. Le siège économique et diplomatique se poursuit, Washington espère toujours renégocier l’accord sur le nucléaire : combien de temps l’Iran peut-il résister ?

Xavier Martinet s'entretient avec Thierry Coville, chercheur associé à l'IRIS et professeur à Novancia.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Et l’on évoque les gueules cassées aujourd’hui…

Les gueules cassées d’hier et celles d’aujourd’hui, hier celles de 14-18, auxquelles on rend hommage un peu partout en raison de la magie des chiffres ronds, et puis une autre gueule cassée bien plus proche, celle de Philippe Lançon, l’auteur de ce très beau livre, Le Lambeau, blessé dans l’attentat contre Charlie Hebdo.

Philippe Lançon a obtenu le prix Femina hier. Et l’ogre médiatique a eu ce qu’il voulait, une photo du visage de Lançon, puisque jusqu’ici, les seules photos de Lançon étaient celles antérieures à l’attentat, mais là, le lauréat du prix Femina a retrouvé un visage. Ce que l’on voulait c’était le lambeau incarné et il est là ce matin dans la presse. 

D’ailleurs, la présidente du prix Femina le dit avec candeur comme le rapporte le Figaro, je cite le Figaro, Chantal Thomas visiblement très émue avait les larmes aux yeux, c’est très bien qu’il soit venu, c’est courageux, car, ajoute le Figaro, on ne s’attendait pas à la venue du lauréat, qui ne s’est jamais montré à la télévision malgré les sollicitations. 

Le visage de Lançon est là, et j’imagine la déception aussi, on ne voit rien, l’homme se ressemble, on s’attendait à un Picasso ou à Bacon et finalement Lançon ressemble à Lançon, c’était bien la peine de chercher à voir le lambeau. 

Et oui, une nouvelle perversion est dans le monde, le porno terrorisme, cette pulsion qui pousse à faire du voyeurisme avec les attentats, pulsion que le visage de Lançon ne parviendra pas à satisfaire. 

Reste cet homme qui pose, lors de la réception du prix Femina. Son visage signifie plus que lui, il symbolise désormais les années qui viennent de s’écouler, les années d’attentats, de Merah jusqu’à Trebes, chacun formant des vœux pour que c’en soit désormais fini. 

Lançon a désormais le visage de la France, Lançon et son lambeau racontent une page de l’histoire contemporaine, avec un pays qui malgré les attentats a persisté à se ressembler.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H02
27 min

Le Réveil culturel

Jean-Marie Gallais : " La tombée de la nuit est un commencement et non la fin d'une journée "
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du mardi 06 novembre 2018
6H40
5 min

Le Journal des idées

Justice : le droit de savoir
6H45
11 min

Les Enjeux internationaux

Iran : après les sanctions américaines, quelle marge de manœuvre ?
6H57
1 min

L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Lançon a désormais le visage de la France
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......