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Électeurs votant pour les Midterms du 6 novembre 2018.

Cinéma : Claire Denis "High Life" / La Grande Guerre des écrivains / USA - Midterms : la Chambre bascule, les Démocrates en force pour 2020 ? / Un président qui cite Roland Barthes

1h01
À retrouver dans l'émission

Claire Denis vous parle de son film "High Life", et Marie-Cécile Naves des résultats des Mid-Terms aux USA. Les chroniques s'intéressent aux écrivains au front de la guerre de 14/18 et au contre-sens de Macron citant Barthes.

Électeurs votant pour les Midterms du 6 novembre 2018.
Électeurs votant pour les Midterms du 6 novembre 2018. Crédits : Brendan Smialowski - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec la cinéaste Claire Denis à l'occasion de la sortie de son film High life

Le nouveau film que nous offre Claire Denis, beau et déroutant, a la particularité de ne ressembler à aucun autre film de science-fiction. Splendeur noire, quête existentielle, nous sortons de notre système solaire le temps de cette émission.  

Ce sont des hommes et des femmes à qui on a proposé d'échanger leurs couloirs de la mort ou leurs prisons à vie contre un voyage dans l'espace sans retour dans lequel, ils le comprennent assez vite, ils sont pris comme cobayes pour des expériences qui vont servir la science. (...) Depuis que je suis petite j'aime la science-fiction, les nouvelles qui concernent l'espace. Mais je n'ai pas eu l'impression de faire un film de science-fiction, j'ai eu l'impression de raconter une histoire dans une prison, un pénitencier ou un sous-marin, un endroit où on sait que si on ouvre la fenêtre on ne peut pas s'échapper.

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Et la chronique de Michel Ciment, de Positif, autour d'En Liberté ! de Pierre Salvadori et de Kursk de Thomas Vinterberg.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

L’entrée prochaine de Maurice Genevoix au Panthéon, annoncée en cette semaine de célébration du centenaire de la fin de la guerre de 14/18, est l’occasion d’évoquer le regard porté sur elle par les écrivains au front.

« Combien de vos gestes passés aurai-je perdus, chaque demain, et de vos paroles vivantes, et de tout ce qui était vous ? écrit pour conclure l’auteur de Ceux de 14. Il ne me reste plus que moi, et l’image de vous que vous m’avez donnée. Presque rien : trois sourires sur une toute petite photo, un vivant entre deux morts, la main posée sur leur épaule. » Les souvenirs de guerre de Maurice Genevoix ne seront publiés dans leur intégralité qu’en 1949 sous ce titre de Ceux de 14, d’où le regard rétrospectif en forme d’hommage à tous les disparus. Sur le site Libération.fr, Christophe Forcari évoque l’après-guerre de ces témoins hantés par la mémoire. Maurice Genevoix entre à l’Académie française en 1946 et il en devient le secrétaire perpétuel en 1958. Roland Dorgelès, publie les Croix de bois en 1919, ces croix fichées en terre qui semblent guetter « la relève des vivants ». Il présidera l’Académie Goncourt – où il est entré en 1929 – de 1954 à 1973, année de sa mort. Tous deux cette « incarnent cette figure de l’écrivain respectable, institutionnalisé ». À l’opposé d’Henri Barbusse, compagnon de route du Parti communiste français et qui « mourra d’ailleurs à Moscou en 1935 où il participait à la préparation du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture ». 

Dans son livre sur Les écrivains et la politique en France. De l’Affaire Dreyfus à la Guerre d’Algérie (Seuil), Gisèle Sapiro décrit l’émergence durant la Grande Guerre d’un genre littéraire nouveau, entre témoignage et engagement, rompant avec la tradition épique de l’héroïsme guerrier et du sentiment patriotique. Le modèle c’est Le Feu. Journal d’une escouade d’Henri Barbusse, qui paraît – censuré – en feuilleton avant d’obtenir le Goncourt 1916 et de connaître « l’un des plus grands succès de librairie de l’époque ». Marqués par la prééminence du vécu, la démystification de la guerre et de son absurdité, des romans désabusés diffusent « une vision du monde pacifiste » et « leur recherche esthétique se caractérise par la quête d’un cadre de référence, d’un système éthique, afin de parvenir à penser l’événement ». Dans le registre du réalisme, rien n’échappe à la plume acérée par l’événement. « Le dialogue y occupe une place prépondérante, épicé d’argot militaire dont l’effet comique tranche avec la description naturaliste (et souvent pittoresque) des conditions de vie bestiales, de l’insalubrité, des réalités physiques de la mort, comme dans Civilisation (1918), où Georges Duhamel rapporte, en une peinture poignante, son expérience des hôpitaux de l’arrière. »écrit Gisèle Sapiro.

C’est là, dans un hôpital de Nantes où André Breton a été envoyé comme infirmier militaire que Jacques Vaché fait sa connaissance, vers la fin 1915. Cette figure mythique, dont Breton fera le précurseur du mouvement dans son Manifeste du surréalisme, n’est alors qu’un jeune homme de vingt ans, animateur avant-guerre d’une éphémère revue de potaches de génie, intitulée en hommage à Verlaine En route mauvaise troupe – tout un programme… Jacques Vaché a été blessé par les grenades qu’il porte, explosées par une balle adverse. Avant de l’évacuer on lui retire sur place les éclats plantés dans les jambes – sans endormir précise-t-il dans une lettre à son père, où il ajoute qu’il a tenu jusqu’au dernier éclat avant de crier. « Mais quelles souffrances – écrit-il. Vraiment ceux qui se font couper la jambe en fumant une cigarette sont prodigieux. » De fait, ce sont ces lettres qui constituent à la fois son récit de la guerre au jour le jour, et le texte qui, publié par Breton en 1919, accède à la dimension littéraire de témoignage poétique. Aujourd’hui les éditions Gallimard les publient dans leur intégralité. Patrice Allain, qui en a établi et annoté l’édition avec Thomas Guillemin, insiste dans sa préface sur le registre lexical de ces lettres, commun à Apollinaire ou à « d’autres poètes qui tentèrent de restituer ce sentiment ambigu, mêlant horreur et fascination, face au spectacle de la guerre ». À commencer par la boue des tranchées, « cette sorte de mayonnaise tournée, très liquide et pas chaude, qui chante des bruits creux sous vous » et « qui change vos bottes en blocs de glaise ». Les explosions d’obus – les marmites dans le jargon de la troupe : « c’était amusant de voir la tulipe énorme de feu soulever le sol et se changer en gros tire-bouchon de suie lourde sur le couchant ». Une constante dans ces lettres : la distance que ménage l’écriture et l’humour, que Jacques Vaché avait thématisé comme « umour » sans h, lui qui était devenu interprète auprès du contingent britannique. « J'objecte à être tué en temps de guerre » disait-il quelque temps avant sa mort, en novembre 1918, des propos rapportés par Breton dans l'Anthologie de l'humour noir. « Il avait vingt-trois ans et la guerre allait nous le rendre » écrit-t-il à Tristan Tzara en avril 1919. Le 6 janvier, une overdose d’opium devait l’emporter, celle qu’il désignait dans l’argot du front comme la « toufiane », et dont l’usage avait été généralisé par la Pharmacie centrale des armées.

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Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Une Chambre Démocrate, un Sénat Républicain. Les Midterms n'ont finalement produit ni de "vague bleue" Démocrate, ni le triomphe espéré par Donald Trump : le 116ème Congrès américain sera classiquement bi-partitionné et annonce une âpre bataille institutionnelle avant 2020.

Même sans les résultats finaux, la victoire Démocrate à la Chambre des Représentants est nette avec plus de 23 sièges gagnés. Les Républicains résistent au Sénat, pour lequel les Démocrates remettaient plus de sièges en jeu.

Donald Trump perd donc son plébiscite sur sa personne et le vote inédit par ses allures de campagne présidentielle se résout dans une cohabitation classique pour la vie politique américaine : s'agit-il du vote-contrepoids habituel aux Midterms, ou d'une renaissance des Démocrates ?

Xavier Martinet s'entretient avec Marie-Cécile Naves, docteure en science politique, chercheuse à l’IRIS, vice-présidente du think tank "Sport et Citoyenneté".

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Nous avons donc un président qui cite Roland Barthes…

Et oui, hier Emmanuel Macron, évoquant la polémique sur les prix du carburant, a laché « Quand Roland Barthes écrit Mythologies, la DS est en couverture ». Cette évocation de la couverture des mythologies représente une inflexion par rapport à d’autres présidents qui ne savaient pas prononcer le nom de Roland et l’appelaient « Barthesse », je veux parler de Nicolas Sarkozy. 

Pour autant, le texte auquel Emmanuel Macron fait référence n’est pas du tout une ode à la bagnole, c’est même à peu près l’inverse, un texte ironique de part en part où Barthes souligne l’inflexion, la courbure, que la sortie de la nouvelle DS Citroën au salon de l’auto. Car, comme le rappelle justement BFM TV, Roland Barthes, je cite BFM TV, ce n’est pas tous les jours, Roland Barthes est « un sémiologue ayant connu son pic de notoriété dans les années 60 et 70 ». Un sémiologue autrement dit un décrypteur de signes, quelqu’un qui tente de distinguer le signifiant du signifié. 

Et c’est ce que Barthes fait avec la DS, laquelle devient un signifié de la civilisation petite bourgeoise. Pour Barthes, les visiteurs du salon de l’auto qui pelotent la DS, c’est le verbe qu’il emploie, prostituent cet objet, le transfigurant au travers d’une opération magique, le mouvement même de la promotion petite bourgeoise. Car Barthes n’aime pas la DS. Pour lui, elle représente un affadissement de l’art automobile. En citant Barthes sur la DS, Emmanuel Macron commet donc un contre sens. 

Avec la DS, nous dit Barthes, une page de l’histoire automobile se tourne, jusqu’ici la voiture était superlative, j’imagine que le sémiologue pensait à une voiture comme la Jaguar Type E,  une sculpture minérale et angulaire, tandis que la DS est ronde et molle, car avec la DS, poursuit Barthes, la voiture est « plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l’ustensilité que l’on retrouve dans nos arts ménagers contemporains ». 

Et que signifie cette transformation petite bourgeoise de la bagnole ? Eh bien que les voitures deviennent semblables aux grandes cathédrales gothiques selon Barthes, autrement dit des créations collectives, mais aussi des édifices aussi vastes et inutiles, comme si la voiture avait vocation à devenir un monument historique, un chef d’œuvre en péril. 

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Un président qui cite Roland Barthes
Intervenants
  • réalisatrice
  • critique de cinéma, écrivain, producteur de radio
  • Politologue, spécialiste des Etats-Unis. Directrice de recherche à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques) où elle dirige l’Observatoire Genre et Géopolitique.
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