LE DIRECT
De gauche à droite : le Secrétaire Général des Nations Unies Antonio Guterres, le président français Emmanuel Macron, chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Putin et le premier ministre canadien Justin Trudeau. 11/11/2018

Livre : Marc Dugain "Intérieur Jour"/ 11 novembre, le jour d’après / UE - USA : quelle autonomie pour la Défense européenne ? / A quoi servent les commémorations ?

1h
À retrouver dans l'émission

Marc Dugain vous parle de son récit "Intérieur Jour", et Jean-Pierre Maulny de la défense européenne. Les chroniques s'intéressent aux circonstances de l’armistice du 11 novembre 1918 et aux commémorations.

De gauche à droite : le Secrétaire Général des Nations Unies Antonio Guterres, le président français Emmanuel Macron, chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Putin et le premier ministre canadien Justin Trudeau. 11/11/2018
De gauche à droite : le Secrétaire Général des Nations Unies Antonio Guterres, le président français Emmanuel Macron, chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Putin et le premier ministre canadien Justin Trudeau. 11/11/2018 Crédits : Yoan VALAT / POOL - AFP

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le romancier Marc Dugain, pour la publication de son récit Intérieur Jour, paru aux éditions Robert Laffont, où il revient sur son adaptation pour le cinéma du roman d’un autre écrivain, Chantal Thomas, L'échange des princesses ( éditions Seuil 2013 ), évoque le tournage, mêlant à sa manière, épisodes historiques et résonances personnelles avec sa propre histoire.

Je trouve toujours intéressant la démarche de la causalité de la création. Où est-ce qu'on va puiser en soi pour faire quelque chose, quel est le ressort intime qui nous amène à cela ? Quand quelque chose me plaît j'y vais, et je me dis que je saurais pourquoi je le fais au moment où je le fais.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Au moment de signer l’armistice, de nombreux officiers de l’état-major – à commencer par Foch – poussaient à la poursuite de la guerre.

C’est ce que rappelle Pierre-Yves Hénin sur le site de l’hebdomadaire Le Point. Face à une Allemagne affaiblie, l’opportunité d’une offensive en Lorraine, où le front est dégarni, apparaît comme un moyen de transformer l’avantage militaire en victoire politique : « la bataille n’ayant pas été portée sur leur sol, les militaires allemands peuvent convaincre l’opinion que leur armée n’a pas été réellement vaincue et que les Alliés ne sont pas fondés à leur imposer des conditions trop lourdes ». Pour Raymond Poincaré, le président de la République, « seule une occupation d’une partie de l’Allemagne laverait l’humiliation de la défaite de 1870 ». La préparation de l’offensive est planifiée mais la signature de l’armistice va finalement l’annuler. L’historien relève que les partisans d’une poursuite de la guerre ont alors négligé un élément important : « depuis le 9 novembre, la révolution a gagné Berlin. Une nouvelle offensive aurait transformé en déroute la retraite allemande, laissant les troupes en débandade à la merci des comités de soldats. Comme Bismarck face à la Commune, les alliés eux-mêmes, peu désireux de voir s’installer un pouvoir spartako-bolchevique, auraient dû aider à la reconstitution de l’armée allemande ! » 

Outre-Rhin, en effet, les mutineries de marins de la base de Kiel, où l’état-major avait ordonné fin octobre une opération « pour l’honneur », donnent le coup d’envoi d’un vaste mouvement qui aboutira à la révolution spartakiste. Courrier international publie la une du quotidien allemand Frankfurter Zeitung le 11 novembre 1918. S’il se réjouit de la fin des combats, il s’alarme des conditions imposées par les Alliés et fait état d’une note adressée par le gouvernement allemand au secrétaire d’État américain, Robert Lansing : « si le blocus se poursuit et qu’en même temps se durcissent les restrictions aux transports et la pénurie de vivres », alors « le chaos politique sera aussi total qu’inévitable ». Et « l’Allemagne souffrirait, mais souffriraient aussi les hommes qui, emportés par l’ivresse de la victoire, ne prêteraient pas attention aux dangers qui menacent leurs propres peuples si l’Allemagne, l’empire qui semblait le plus solide, se muait en centre du bolchevisme mondial. » Le journal en appelle à préserver la toute jeune République et dénonce l’acharnement des alliés. « Quoi que fassent les puissances ennemies pour mettre des chaînes à l’Allemagne, elles ne le font plus pour se protéger d’un ancien régime dont le premier représentant s’est enfui en Hollande ; non, elles le font contre la démocratie allemande et contre les valeurs qu’elles ont toujours prétendu défendre. »

Côté austro-hongrois, l’effondrement de l’Empire a des conséquences territoriales considérables, qui vont redessiner la carte de l’Europe centrale jusqu’aux crises et conflits de la fin du XXe siècle. L’irrédentisme, des Serbes, des Tchèques ou des Roumains s’affirme au détriment de la Hongrie, notamment, et d’une manière générale la mosaïque de mixité culturelle, linguistique et confessionnelle qui caractérise la région constitue une bombe à retardement. Comme le souligne l’historienne Catherine Horel dans le Figarovox en rappelant que les « pangermanistes autrichiens lorgnaient vers le Reich », c’est « la difficulté pour l'Autriche de définir une identité propre qui soit allemande par la langue et la culture, mais non par l'attachement à l'Allemagne, [qui] a été peut-être plus préjudiciable à la monarchie que son impossibilité à trouver une solution au problème posé par les autres groupes nationaux. » 

Pour Dominique Moïsi, dans Les Echos, c’est l’une des leçons à tirer de la Grande Guerre, à l’occasion de cette commémoration de 1918 : « On peut se conduire comme Clemenceau pour gagner la guerre, mais pas pour gagner la paix, et le nationalisme dans ses excès conduit de manière directe ou indirecte à la guerre. » D’où sa défense et illustration du multilatéralisme, rejeté aujourd’hui par Trump comme hier par l’Amérique d’après le président Wilson : poussée par un mouvement isolationniste, elle « laissa l’Europe face à elle-même et à la montée suicidaire en son sein de mouvements populistes et irrédentistes ». « Le 11 novembre 2018, un rendez-vous manqué pour la paix ? », titre L’Humanité sa page Débats&Controverses. Pauline Tétillon dénonce notamment, à l’occasion de la tenue du Forum de Paris sur la paix, l’attitude de la France qui s’accommode des manquements aux droits humains dans des pays auxquels elle vend des armes. 

La coprésidente de l’association Survie, qui se mobilise contre la Françafrique, rappelle que de nombreux chefs d’états invités à la commémoration du 11 novembre « sont responsables des conflits dans le monde », et que notre pays a précipité dans la guerre de 14 « des milliers d’hommes recrutés de force dans son Empire colonial ». C’est à ces soldats que rend hommage la statue inaugurée à Reims la semaine dernière et dont le parcours mouvementé est symbolique des méandres du cours de l’histoire. Conçue en 1921, contre la haine et la campagne de calomnies visant les « soldats de couleur » dans les territoires allemands occupés après la Grande Guerre, elle fut détruite par les nazis. Dans les pages Idées de Libération, Alain Mabanckou et Pascal Blanchard racontent cet arrière plan qui remet en lumière l’engagement de centaines de milliers de combattants africains.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Donald Trump était absent lors du forum pour la paix hier à Paris, consacré à la sauvegarde du multilatéralisme : en froid avec Emmanuel Macron, le président américain l’accusait vendredi de promouvoir "une armée européenne" concurrente des Etats-Unis et de l’OTAN. "Insultants" pour le président Trump, les propos d'Emmanuel Macron qui réclamait mardi dernier ne "armée européenne" ont créé un certain trouble.

L’Europe de la Défense a récemment enregistré des avancées, avec deux nouveaux mécanismes dans le cadre de l’UE : la Coopération structurée permanente et le Fonds européen de défense. Avec le Brexit et les incertitudes sur le gouvernement italien, la France est relativement isolée dans sa volonté de promouvoir une Europe de la défense industrielle. Si le Royaume-Uni devrait continuer à participer à certains projets (drone MALE, JSEF), Paris compte beaucoup sur l'Allemagne avec qui elle a signé deux memorandum d'accord en juin sur un avion et un char européen. L'horizon est cependant assez lointain : 2045, et les nécessités de renouvellement de matériel plus pressantes : 2025 pour la flotte de combat allemande.

Xavier Martinet s'entretient avec Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS, responsable des questions liées à l'industrie d'armement et aux ventes d'armes.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

A quoi servent les commémorations ?

Commémorer la guerre au nom de la paix, n’est-ce pas comme militer contre le cancer au nom de la santé ? Car faire de la guerre de 14-18 une conséquence du nationalisme, c’est aussi plat et général que d’analyser la guerre comme une conséquence de la méchanceté. 

Alors pourquoi la Guerre de 14-18 ? Eh bien, si l’on en croit l’historien australien Christopher Clark, nos ancêtres marchèrent vers la guerre à la manière de somnambules. Des somnambules, les hommes font l’histoire mais ils ne savent toujours pas l’histoire qu’ils font… Des somnambules parce qu’aucun dirigeant européen dans les années 1910 ne savait véritablement qui étaient ses adversaires. Des somnambules parce qu’aucune raison claire ne mène à l’assassinat de l’archiduc d’Autriche François Ferdinand par un nationaliste serbe de Bosnie, rien ne mène de cet assassinat à 16 millions de morts… 

Et à quoi servent les commémorations si elles ne nous permettent pas de comprendre ce qui a déclenché cette guerre ? Rendre hommage à nos morts bien sûr, mais nos morts voudraient ils que nous soyons aussi somnambules qu’ils l’ont été… En refusant de réfléchir aux responsabilités des uns et des autres, en s’intéressant presqu’exclusivement à une histoire sociale et culture de la guerre de 14, on a fini par oublier l’histoire diplomatique et stratégique qui, seule, peut nous permettre de comprendre les causes du premier conflit mondial. 

Pour Christopher Clarke, la cause de la guerre de 14-18 est d’abord à chercher dans l’expansionnisme serbe. A l’aube de la guerre, entre 1912 et 1913, la Serbie a doublé son territoire lors des deux guerres balkaniques, son président, Nikolas Pasic, court après les extrémistes de son pays… 

La Serbie était belliciste, la Russie aussi, tout comme la France… sans oublier évidemment l’Allemagne. Chacun de ces pays à une bonne raison, autrement dit estime avoir une bonne raison d’entrer dans le conflit, et ce d’autant plus que chacun de ces responsables politique sait que la guerre va être courte et victorieuse. 

La leçon de 14-18 c’est cela : aucun des futurs belligérants n’a voulu une telle horreur et tous y ont contribué. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H02
26 min

Le Réveil culturel

Marc Dugain : " L'âge adulte c'est en grande partie comprendre ce qui s'est passé pendant notre enfance "
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du lundi 12 novembre 2018
6H40
4 min

Le Journal des idées

11 novembre, le jour d’après
6H45
10 min

Les Enjeux internationaux

UE - USA : quelle autonomie pour la Défense européenne ?
6H57
2 min

L'Humeur du matin par Guillaume Erner

A quoi servent les commémorations ?
Intervenants
  • Écrivain et réalisateur
  • directeur adjoint de l'IRIS, responsable des questions liées à l'industrie d'armement et aux ventes d'armes
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......