LE DIRECT
André Robillard.

Film : Henri-François Imbert "André Robillard, en compagnie" / Travail : les ambivalences de la motivation / Yémen : Hodeïda, reél tournant ou diversion ? / Gilets jaunes et diesel : Paris vs le reste de la France

59 min
À retrouver dans l'émission

Henri-François Imbert vous parle de son film "André Robillard, en compagnie", et François Frison-Roche de la situation au Yémen. Les chroniques s'intéressent à la recherche sur le travail et l’entreprise, et

André Robillard.
André Robillard. Crédits : Henri-François Imbert

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec avec le réalisateur Henri-François Imbert qui suit André Robillard depuis une trentaine d'années. Son troisième film consacré à l'artiste qui vit dans un hôpital psychiatrique depuis huit décennies sort au cinéma : André Robillard, en compagnie.

J'ai rencontré André Robillard au début des années 1990. Après ce premier film que j'avais fait sur lui, en 1993, "André Robillard, à coups de fusils ! ", on ne s'est jamais quittés, puisqu'on s'est revus régulièrement, et comme on avait initié ce travail de faire du cinéma ensemble, on a continué, dans un rapport amical, on conversait, je déjeunais chez lui, et en même temps, je le filmais. En 2013, cela a donné "André Robillard, en chemin ", et aujourd'hui : "André Robillard, en compagnie". En premier, ce qui m'a attiré chez lui, c'est cette rencontre avec un créateur un peu particulier, très sympathique, très affectueux, dans une énergie généreuse. Je m'intéressais déjà à l'art brut.  

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

André est arrivé à l'art brut par un parcours de vie un peu compliqué, enfant dans un internat pour enfants qu'on disait "caractériels ", où il a appris à dessiner, à lire, à écrire. Jusqu'à ce que son père le reprenne, un temps, puis comme cela se passait mal, son père ne sachant comment faire avec lui l'a ramené à l'hôpital, et André a commencé à vivre à l'hôpital. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Stress, burnout, fatigue, démotivation, ennui : les « risques psychosociaux » ont ouvert un domaine de recherche fécond sur le terrain du travail et de l’entreprise.

On parle même de « fatigue studies » dans le mensuel Sciences Humaines qui consacre un dossier à la motivation au travail. Philippe Zawieja, psychosociologue spécialiste de l’épuisement professionnel, explique que les phénomènes apparemment opposés du burnout lié au stress et du boreout lié à l’ennui de tâches dénuées de sens, trouvent leur dénominateur commun dans la fatigue, « que ce soit par sous-stimulation ou par surcharge ». La fatigue étant un vécu éminemment personnel, le chercheur en santé au travail à Mines-ParisTech plaide pour « une approche subjective et qualitative » contre la « tentation rationaliste, voire positiviste, d’absolument tout quantifier sur un sujet pareil ». D’autant que si les études sur le stress ou le burnout sont nombreuses, elles « ne sont pas facilement comparables ». D’où l’intérêt de l’approche des studies anglo-saxonnes, qui sont pluridisciplinaires. « Dire le travail » est le nom de la coopérative animée par Nathalie Bineau et Patrice Bride, et dont l’objectif est de mettre en lumière « le rapport subjectif que chacun entretient avec son travail ». Pour eux « s’exprimer sur le travail aide à prendre conscience de ses motivations ». Mais là est aussi le piège tendu par les « nouveaux codes du management ». Daniel Mercure analyse la montée en puissance de la DRH dans les entreprises : « De service fonctionnel voué à l’embauche et à la rémunération, elle est devenue l’un des pivots de la planification stratégique. » En particulier dans un contexte où celle-ci est commandée « par les exigences de rendement des actionnaires ». 

Flexibilité et polyvalence sont devenus les maîtres-mots de la « gestion en flux tendus ». Le sociologue décrit le passage du modèle fordiste de l’agent « mobilisé par des facteurs de motivation extrinsèques à la tâche : le salaire et les conditions de travail », à celui de « l’acteur assigné » qui développe « un lien étroit entre le développement personnel et celui de l’organisation », sur la base de « l’alignement des valeurs personnelles à la mission de l’entreprise ». S’il est vrai que certaines grandes entreprises, dans le domaine des technologies avancées ou de la communication, offrent à leur salariés une contrepartie à la flexibilité en termes de rémunération différenciée, d’avantages sociaux personnalisés, d’horaires et de localisations flexibles pour concilier la relation travail-vie privée, on sait que cela peut se traduire par une sujétion renforcée, et de nouvelles formes de contrôle très intrusives, dominées notamment par « l’autorité froide » des data control qui mesurent les performances : « la satisfaction du client, la mesure des coûts, le rendement, la qualité du service, les relations avec les collègues, l’évaluation des salariés à 360° (par les collègues, leurs supérieurs, les subordonnés et par soi-même) ». Des pratiques de mobilisation subjective au travail qui ont aussi pour effet de détourner chacun « des visées d’action collective des syndicats ». 

Dans Le Monde diplomatique Alain Deneault éclaire la face obscure du « new management ». C’est en effet pour les « partenaires » subalternes, l’injonction permanente à « atteindre des objectifs irréalistes, développer des méthodes de vente dégradantes, se donner des formations d’appoint, rivaliser pour se caser dans de nouveaux organigrammes, acquérir de nouvelles compétences sous peine d’être laissés sur le carreau ». L’auteur de Gouvernance. Le management totalitaire (Lux) revient sur l’affaire France Télécom lors de sa privatisation, avec les suicides de dizaines d’employés qui valent aujourd’hui à ses dirigeants de l’époque de comparaître devant la justice pour harcèlement moral. Le « petit chef déviant et toxique », sniper des ressources humaines nommé par eux pour mettre en œuvre la méthode du « ranking forcé », s’est depuis lors confié à des journalistes – notamment de notre chaîne. « Son métier consistait à pousser systématiquement vers la porte un certain pourcentage de son personnel jugé moins efficace. » Dans le jargon du new management, ça s’appelle « revitaliser »… « Concrètement, cela revient à pulvériser la conscience du salarié pour le réduire strictement à une série d’organes, d’aptitudes, de fonctions, de rendements. »

Conclusion : « Les salariés doivent désormais s’investir positivement dans leur travail. L’autorité ne se satisfait plus qu’ils se laissent enfermer dans des paramètres coercitifs : ils doivent les épouser frénétiquement et en faire authentiquement un objet de désir. » Dans son enquête sur l’évaluation dans l’entreprise, publiée chez Éres sous le titre Le travail, au delà de l’évaluation, Damien Collard étudie les cas des personnels au contact du public à la SNCF, dans une préfecture, ou encore le labyrinthe de l’évaluation des enseignants-chercheurs. Entre déni du travail et imposition de « normes de service » souvent absurdes, c’est la dissolution du salarié dans sa conscience de bien faire qui semble programmée.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

A Hodeïda, ville portuaire stratégique sur la mer Rouge, la victoire de l’alliance sunnite sauoudo-émiratie pro-occidentale contre les houthis chiites pro-iraniens ne fait aucun doute... reste à savoir combien de temps va durer le calvaire de la population ? Après plus de 3 ans de guerre, de nouveaux pourparlers sur le Yémen se tiendront en Norvège d'ici la fin du mois. La coalition a interrompu son offensive sur Hodeida : l'Arabie Saoudite a-t-elle cédé à la pression diplomatique ?

Xavier Martinet s'entretient avec François Frison-Roche, docteur en science politique, chercheur au CNRS, spécialiste du Yémen.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Hier dans les rues de Paris, j’ai fait un sondage.

La méthodologie était simple, j’étais sur mon scooter, et je comptais les gilets jaunes. Eh bien le résultat des courses je peux vous le révéler avec une grande précision : j’en ai compté un, un et un seul, il était confortablement installé sur la planche de bord d’une Twingo ancien modèle, laquelle Twingo était aussi dotée de l’affichette « le 17 novembre bloquons tout ». 

Une voiture, ou une personne donc, sur les centaines de voitures croisées hier dans la matinée, j’ai eu le temps de compter pratiquement toutes étaient arrêtées, mais ça c’est une autre histoire. Et pourtant ce matin encore les gilets jaunes font la une de la presse, preuve qu’ils sont très présents hors Paris. Je me souviens d’ailleurs que dans la Drôme, il y a 15 jours, une bonne poignée de voitures déjà arboraient leur gilet jaune, alors qu’à l’époque la mobilisation n’en était qu’à ses prémisses. 

Et je me suis dit que le problème était probablement là, un seul gilet jaune à Paris, une voiture égarée probablement, des centaines de l’autre côté du périphérique et plus encore après la Francilienne, autrement dit une nouvelle version de Paris vs le reste de la France. Et si la sociologie de Paris, cette sociologie qui tient à un chiffre : 10.000 — plus de 10000 euros le mètre carré — et si cette sociologie n’expliquait pas l’épidémie de jaune ? 

Car finalement elle veut dire cela, la phrase condescendante de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, cette phrase par laquelle il expliquait que la France qu’il veut ça n’est pas une France qui marche au diesel. Benjamin Griveaux ne veut plus de diesel puisqu’il ne sait même pas que le diesel existe. Le parisien n’a plus de voiture ou alors elle est immobile, le parisien n’a pas de problème de taxe, ou en tout cas pas de problème de taxe sur les carburants. 

Avant, l’ouvrage qui faisait date était de Jean-François Gravier et il s’intitulait Paris et le désert français. Voici, par Benjamin Griveaux, « Paris et le diesel français ».

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H02
26 min

Le Réveil culturel

Malade et artiste, André Robillard, figure majeure de l'art brut, se confie à Henri-François Imbert
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du mercredi 14 novembre 2018
6H40
5 min

Le Journal des idées

Travail : les ambivalences de la motivation
6H45
11 min

Les Enjeux internationaux

Yémen : Hodeida, réel tournant ou diversion ?
6H57
2 min

L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Gilets jaunes et diesel : Paris vs le reste de la France
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......