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Servir le peuple, éditions Sarbacane.

BD : Alex Inker "Servir le peuple" / Éloge de la marche / Brexit : Theresa May, quitte ou double ? / L’effet pauvreté

59 min
À retrouver dans l'émission

Alex W. Inker vous parle de sa BD "Servir le peuple", et Pauline Schnapper des difficultés de Theresa May avec le Brexit. Les chroniques s'intéressent aux vertus de la marche sur la pensée et à l'effet pauvreté.

Servir le peuple, éditions Sarbacane.
Servir le peuple, éditions Sarbacane. Crédits : © Alex W. Inker

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Alex W. Inker, dessinateur et auteur de BD, qui choisit la Chine de Mao pour décor et sujet de sa bande dessinée, adaptant le roman de Yan Lianke, "Servir le peuple", censuré en Chine, publié aux éditions Picquier (2009), dans lequel un commandant de l'Armée populaire de libération a reçu pour ordre de satisfaire les besoins sexuels de la femme de son supérieur censé s'absenter durant deux mois.

C'est la première fois que je décidais d'adapter un roman, au-delà de l'idée de faire une BD sympa, je voulais tirer le message à l'écrit qu'il serait intéressant de placer dans les images. C'est pour ça que je suis allé chercher l'imagerie dans la propagande maoïste - ils font de très belles images - et dans la bande dessinée de tous ces héros du peuple, les petites BD qui présentent les héros du peuple. Et je voulais faire de mon personnage un anti-héros du peuple .

Servir le peuple, éditions Sarbacane.
Servir le peuple, éditions Sarbacane. Crédits : © Alex W. Inker

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

La météo prévoit un weekend ensoleillé et donc favorable aux balades… En prélude à la promenade, voici un point sur notre connaissance de cette activité élémentaire et salutaire.

Mettre un pied devant l’autre. Dans la dernière livraison des Carnets de science, la revue du CNRS, Francis Lecompte est allé enquêter dans différents laboratoires de neurosciences cognitives spécialisés dans l’étude de la marche et il s’avère que cette activité n’est pas pilotée par le cerveau mais qu’elle est commandée par un réseau de neurones autonomes situé dans la moelle épinière. Ce réseau est localisé dans le bas du dos – explique Frédéric Brocard, chercheur à l’Institut de neurosciences de La Timone à Marseille – et « il génère l’alternance droite-gauche des mouvements locomoteurs lors de la marche, ainsi que son rythme ». Le cerveau se contente d’initier le mouvement, de l’orienter ou de le stopper.

Dans le détail, parmi ces neurones marcheurs, il y a ceux qui commandent la contraction des muscles et ceux qui orchestrent le mouvement : les « excitateurs » impriment le rythme et les « inhibiteurs » assurent le maintien de l’alternance droite-gauche en ménageant ce moment aérien où nous décollons pour moitié, un pied en l’air en avant de l’autre. Les scientifiques appellent ce moment « oscillation », elle a lieu en moyenne au deux tiers du mouvement global. Mais la marche ne mobilise pas que nos deux jambes. La cinétique de la locomotion implique l’ensemble de la colonne vertébrale. « La marche, c’est une posture dynamique qui coordonne le tronc et les jambes », souligne Jean-René Cazalets, de l’université de Bordeaux, qui « observe une propagation, comme une vague, qui part du haut du dos et se propage le long des vertèbres : il ne s’agit pas d’un simple mouvement mécanique passif, c’est le résultat, là encore, du déroulement du programme moteur généré par les réseaux d’interneurones. » Outre les pathologies qu’elles permettent de mieux connaître, voire de soigner – dans le cas de personnes paraplégiques ou souffrant de Parkinson – ces recherches éclairent aussi le mystère de notre usage, unique dans le règne animal, de la bipédie. Et de l’évolution morphologique de nos pieds, capables en permanence de propulsion et plus seulement adaptés au grimper ou à la saisie d’objets. Cela s’est fait en ordre dispersé, « d’une marche chaotique vers une marche de plus en plus efficace. Toutes les espèces d’hominidés ont testé différents mécanismes de bipédie (rééquilibrage avec le mouvement alterné des bras, voussure du pied, genoux écartés ou non, fléchis ou non…). »

La marche est donc le propre de l’humain. C’est peut-être pourquoi Nietzsche recommandait de n’ajouter foi « à aucune pensée qui ne soit née en plein air », ajoutant dans Le Crépuscule des idoles que « seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose ». La marche, si elle est d’abord une activité tellurique, nous fait très vite basculer dans l’univers, en compagnons de route du soleil ou de la lune dont nous suivons les trajectoires de l’aube au crépuscule et dans la nuit étoilée jusqu’à l’aurore, exposés aux éléments, aux météores, et aux caprices du paysage. Vaillants et rivés à nos semelles, nous faisons alors l’épreuve heureuse de ce qu’Emmanuel Kant appelait le sublime : expérience concrète de la distance infinie entre notre petite humanité et la puissance de la nature, du caractère incommensurable des éléments naturels et de nos vies minuscules, nous qui prenons pourtant un profond plaisir à contempler le spectacle de cette démesure. En marchant, nous faisons aussi dans la foulée l’expérience du temps et de la durée, ainsi que de l’espace, particulièrement en montagne, là où l’horizontal et le vertical se combinent, se percutent ou se confondent pour littéralement déborder le regard. La dernière livraison de la revue Reliefs porte sur les sommets. Bernard Amy, alpiniste chevronné, y décrypte la puissante symbolique des hauteurs. Depuis la nuit des temps, la montagne représente « le pilier unissant la Terre et le Ciel ». Dans nos sociétés modernes, rationalistes et utilitaristes, cet imaginaire résiste au fond de notre inconscient collectif et ressurgit devant le spectacle des sommets. Le grimpeur céleste évoque notamment ce moment archétypique du « regard par dessus le col », ainsi désigné par Victor Segalen.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

"Cet accord n'est pas ce pour quoi les Britanniques ont voté", regrette un député britannique conservateur, qui espère qu'un nouveau référendum sera organisé. Et pourtant c'est un succès pour Theresa May, alors que personne ne la pensait capable d'aboutir à un accord...

Xavier Martinet s'entretient avec Pauline Schnapper, professeure de civilisation britannique à l’université Sorbonne Nouvelle.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Vous voulez nous parler de l’effet pauvreté…

Oui, évidemment en rapport avec la colère des gilets jaunes. Car les commentateurs rationalistes, et j’en suis, évoquent sans cesse le sentiment de pauvreté pour le distinguer de la vraie pauvreté. Là, en l’occurrence, ces commentateurs expliquent que le prix relatif de l’essence a déjà été plus élevé qu’aujourd’hui. En somme, ils ne comprennent pas pourquoi la colère est à son paroxysme alors que la situation a jadis été plus tendue. 

Eh bien j’ai cherché à comprendre auprès des drômois, c’est un département  représentatif après tout et puis il est suffisamment loin de Paris pour comprendre pourquoi on met un gilet jaune là-bas, alors qu’ici on comprend moins bien les choses.

Et voilà ce que j’en retiens : il y a un effet richesse, bien connu des économistes. Lorsque l’on vous dit par exemple que votre maison, si vous êtes propriétaire, est un bien qui voit sa valeur s’apprécier, vous vous sentez plus riche, même si vous ne vendez pas votre maison, et parfois même cela se ressent dans votre mode de vie. Eh bien aujourd’hui la hausse des prix du gazole joue comme un effet pauvreté a plusieurs niveaux. 

Première évidence, puisque le diesel va continuer à augmenter, votre voiture diesel vaudra automatiquement moins cher à la revente. Car la voiture n’est pas seulement un moyen de locomotion, c’est aussi un bien, un patrimoine, et celui-ci se voit donc entamé par la hausse des carburants. 

Seconde chose : la maison. Car, pour la plupart de ces ménages, être propriétaire, c’est être propriétaire en zone rurale. Donc, si les carburants augmentent, le coût d’utilisation de cette maison va augmenter, on redoute, ils redoutent, que sa valeur diminue. 

Et troisième élément — et là, c’est le coup de grâce — le système de chauffage de la maison, si c’est un chauffage au fuel est devenu du jour au lendemain obsolète, ce qui veut dire que la valeur de cette maison diminue plus encore dans l’esprit de ses propriétaires. 

Voilà, c’est comme si tout était fait pour donner l’impression aux Français qu’ils sont plus pauvres, peu importe que cela soit vrai ou pas, puisque ce qui compte dans ce domaine, c’est la règle suivante : lorsqu’une chose est perçue comme réelle elle le devient dans ses conséquences. 

@PetitsMatinsFC

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